Un questionnement intuitif pour préparer le terrain, sans aucune réponse a priori

Mais d’emblée on peut se poser intuitivement et tous azimuts certaines questions ou retenir certains éléments dans ce contexte, pour ouvrir (délimiter) le contexte de réflexion, tout en ne sachant pas vraiment ce qu’est l’art de vivre. Le questionnement tourne fondamentalement autour du concept d’une bonne/belle/heureuse vie :

·          D’abord, à quel moment parle-t-on d’art de vivre ?
·         Chacun a sa manière de vivre, nolens volens. Quand est-ce que cette manière de vivre devient-elle un art de vivre ? Est-ce utile de poser cette question ?
·         Peut-on vivre une vie (bien/belle) sans recourir à la non notion d’)un art de vivre ?
·         Ou faut-il un art de vivre pour pouvoir mener une bonne vie ?
·         Si on estime qu’on mène une bonne vie, est-ce qu’on applique inconsciemment un art de vivre sans penser en termes d’art de vivre ?
·         En termes de gradation, est-ce que l’art de vivre est un affinement (comme pour un fromage 😊) d’une manière de vivre « normale » qui a déjà procuré une bonne vie ? Donc, avec l’art de vivre, on transformerait une (déjà) bonne vie en une vie encore meilleure.
·         Si on réfléchit en termes d’art de vivre, doit-on devenir actif pour construire et maintenir et faire évoluer son art de vivre ? Ou risque-t-on de s’enliser une fois qu’on a pensé avoir conçu (proactif) ou trouvé (réactif par rapport aux circonstances/opportunités de la vie) son art de vivre ?
·         Par quels paramètres un art de vivre peut-il se définir : par son contenu ou par sa forme ou par les activités découlant de cette configuration virtuelle d’un art de vivre ou encore d’autres paramètres ? Est-ce que raisonner en termes de paramètres permet de mieux trouver son art de vivre ? L’art de vivre serait donc constitué d’éléments structurés dans une approche systémique.
·         Comment se manifeste l’art de vivre ? En observant une certaine personne dans sa manière de vivre, peut-on légitimement évaluer à certains signes qu’elle a développé un certain art de vivre au risque que cette personne n’ait jamais raisonné en termes d’art de vivre ?
·         À quel âge peut-on parler décemment en termes d’art de vivre : enfant, adolescent, jeune adulte, adulte dans la fleur de l’âge, l’adulte déclinant en approchant le 3ième âge, le « vrai » senior et le quatrième âge. Dans quelle mesure l’art de vivre peut-il évoluer selon les étapes d’une vie ?
·         Y a-t-il un avantage (ou désavantage) à vivre une vie sans recourir à un art de vivre ?
·         Est-ce qu’on peut choisir sa manière de vivre sans réfléchir à un art de vivre, sans exclure cependant que cette manière de vivre est peut-être déjà un art de vivre ?
·         Est-ce qu’il y a des moments dans la vie où il n’y a pas un art de vivre qui se manifeste?
·         Est-ce qu’un art de vivre doit prédominer tous les moments de la vie ou est-ce qu’on recourt seulement à l’art de vivre si on dispose du temps et des moyens nécessaires pour vivre son art de vivre selon les opportunités qui se présentent ?
·         Est-ce que l’art de vivre peut se transposer à toutes les activités nécessaires/utiles pour (sur)vivre ?
·         Est-ce que l’art de vivre peut/doit fournir un sens à la vie  ou, à l’inverse, le sens de la vie consiste à vivre un maximum de sa vie selon un certain art ?
·         Si on pense qu’on a trouvé d’une certaine manière son art de vivre, comment se sent-on à certains moments où on s’aperçoit qu’on n’applique (ou ne peut appliquer) son art de vivre qu’on s’est concocté.

Ces considérations/questionnements nous amènent à essayer de comprendre un peu mieux la notion d’art de vivre et ses paramètres/constituants et à se demander même si l’art de vivre est d’une quelconque utilité. Certaines considérations s’imposent à ce stade.

On peut s’imaginer que le choix de vivre peut être fait consciemment ou non ou d’une façon hybride. Ce choix de vivre est nécessairement individuel à moins de résulter de la stricte observation de préceptes culturels comme par exemple les valeurs et comportements imposés par les talibans. La société des talibans ne permet plus d’autonomie dans le choix d’ un potentiel art de vivre. Il serait difficile d’attribuer leurs concepts de mode de vie à la notion d’un art de vivre car tout est prédéterminé d’une manière absolument rigide et autoritaire. Il me semble que la construction et le choix d’un art de vivre libre et autonome ne peut se faire de nos jours que dans des démocraties évoluées et des sociétés de droit respectant entre autres la charte des droits de l’hommes. La liberté est certainement moins importante dans la réalité de ces démocraties en gestation car elles doivent encore trouver leur chemin.

Les choix individuels sont fonction de l’environnement et du vécu de la personne concernée. Certaines personnes choisissent délibérément leur art de vivre en réfléchissant consciemment à leurs valeurs, à leurs objectifs, et aux aspects importants de la vie. Ils peuvent prendre des décisions basées sur une compréhension réfléchie de ce qui est important pour eux et de la manière dont ils souhaitent vivre. Mais elles doivent disposer d’autonomie et de liberté pour le faire. Cela devient très difficile dans une société traditionnelle contraignante. Si on ne suit pas les préceptes imposés des modes de vie (obligation de porter le fichu ou le voile) de ces sociétés traditionnelles, on risque d’être rejeté de la société sinon même mis au ban ou même emprisonné.

Mais l’art de vie n’est pas nécessairement stable pendant la vie car les expériences vont changer éventuellement les points de vue admis à un certain stade et les personnes adaptent leur manière de vivre en fonction de l’enrichissement de leur vécu personnel.

L’art de vivre se concrétise dans un certain mode de vie à travers des comportements individuels et des attitudes. Le mode de vie peut être influencé par de nombreux facteurs tels que la personnalité, le tempérament, la culture, l’environnement social, les activités de loisirs, la santé, la situation financière et autres. Le mode de vie peut donc changer en fonction des contraintes externes et peut par la même influencer l’art de vivre qu’on s’est construit. Il englobe les habitudes, les comportements, les choix de consommation, les préférences alimentaires, les activités de loisirs, les habitudes de travail, et d'autres aspects pratiques et concrets de la vie quotidienne.

L’art de vivre structure encore en quelque sorte le mode vie par une approche plus « philosophique » de la vie selon les valeurs personnelles, les croyances, l’éthique/morale, les priorités personnelles et souvent la quête pour un sens de la vie (mais pas nécessairement car plein de gens vivent sur leurs rails sans se poser ces questions). L’art de vivre est une dimension plus intérieure et conceptuelle guidée par les intentions qui conditionnent les actions d’une personne. L’art de vivre recherche entre autres un bien-être émotionnel, rendu plus facile si on n’est pas affecté par des dysfonctionnements corporels. Mais l’art de vivre conditionne évidemment les comportements concrets. Le mode de vie et l’art de vivre doivent être en quelque sorte en concordance. Par exemple, une personne pour qui la propriété privée est sacrosainte ne sera probablement pas un voleur. L’art de vivre est en quelque sorte holistique qui va au-delà des aspects matériels et coiffe le mode de la vie. Mode de vie et art de vivre (conscient ou inconscient ou les deux) constituent un tout.

L’art de vivre est par définition un art, sinon on aurait créé une autre dénomination pour utiliser ce concept. Pour exercer un art, il faut des conditions favorables et des compétences. Est-ce qu’on exerce un art de vivre ou est-ce qu’on l’élabore en l’adaptant continuellement et on le vivant pleinement ? Il faut peut-être d’abord approfondir la notion d’art avant de transférer cette notion dans le domaine de l’art de vivre. Arrivé à ce point des interrogations, il faudrait alors examiner quelles sont les conditions et compétences nécessaire pour exercer l’art de vivre. Ceci exige aussi de définir l’objet de l’art de vivre, sachant d’avance qu’il peut être multiple et finalement très individuel.


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