Déconstruction de l’art de vivre : importance des facteurs externes
On va approfondir ultérieurement tous ces
aspects désenchanteurs de l’art de vivre dans le cadre des conditions
(dé)favorables, des (im)possibilités pour élaborer un art de vivre, pour
constater que ce cheminement des réflexions va aboutir en partie à une
déconstruction de l’art de vivre. Dans le cadre de ce désenchantement, on va
trouver des facteurs internes liées aux choix et décisions de l’acteur, mais
aussi des facteurs externes qui imposent un certain cours des choses. Si
l’acteur n’est pas nécessairement démuni face aux facteurs internes dont il a (du
moins en partie) la responsabilité, il pourra cependant moins influencer les
facteurs externes (si c’est du moins possible en partie) s’il ne dispose pas
d’un minimum de moyens. Par exemple, une personne licenciée (disons un cadre)
peut réagir différemment s’il a une réserve financière qu’un ouvrier qui a
travaillé pour le salaire minimum et qui n’a rien pu mettre de l’argent de
côté, sans parler éventuellement de dettes et d’une absence totale de
qualifications professionnelles pour trouver facilement un nouvel emploi.
Pour les personnes « démunies », l’art de vivre risque de
devenir une chimère, une idée irrationnelle produite par l'imagination ou le
désir d’intellectuels (qui ont, par exemple, un bon poste à l’université et qui
sont peut-être professeur-enseignant la philosophie sans jamais avoir publié un
livre avec leur propre philosophie.), un fantasme irréalisable, une illusion
fabuleuse. Pour d’autres, qui ont plein de moyens, la réflexion sur l’art de
vivre devient en quelque sorte une activité de luxe. On va revenir à cet aspect
en détail.
En commençant ce questionnement sur l’art de vivre, je
n’étais pas conscient de sa complexité. Au fil des réflexions, dont beaucoup
sont nées d’associations d’idées, d’analogies, de recherches et d’autres
processus cognitifs (souvent inconscients), le champ de réflexions s’est
élargi. Les résultats de recherches sur certaines idées ont encore augmenté la
complexité du sujet.
Revenons à un certain point de départ. On n’élabore pas un art de vivre pour vivre mal. On veut mener une bonne/belle vie, éviter le déplaisir/souffrance et passer son temps avec plaisir en se sentant bien dans sa peau. Alors, quelle vie vaut la peine d’être vécue ? Il faut bien une réponse à cette question pour savoir comment on élabore son art de vivre, pour autant qu’on se dise qu’il est utile de recourir à un art de vivre. Mais il y a des philosophes qui abordent le sujet à la négative, comme par exemple Schopenhauer. Il pense qu’il est inutile de chercher le bonheur. Pour lui, l’art de vivre consiste à tout faire pour éviter la souffrance, la douleur ou le déplaisir.
Pour la suite j’énonce une hypothèse
de base : L’art de vivre sert à vivre mieux, à mener une bonne sinon une
meilleure vie et à éviter le déplaisir, la souffrance, le désintérêt, le flegme
ou l’indifférence d’une vie morne. En allant plus loin, l’art de vivre peut
être associé à la recherche du sens de la vie. Il y a beaucoup de manières
différentes de trouver un sens à la vie et certaines motivations pour le faire peuvent
même revêtir un caractère psychopathologique. Même si tel était le cas, il n’y
a rien à redire car la personne vit son flow et en est heureux, même si la sens
de sa vie se réduit à des victoires de son club de football.
S'il n'y a plus aucune latitude, par des facteurs externes et/internes imposés/existants, de faire des choix pour une bonne vie, l'art de vivre ne pourrait consister qu'à élaborer des stratégies pour éviter au mieux la souffrance sous toutes ses formes malgré des conditions/circonstances désastreuses. Mais il faudra alors une grande force de l'âme pour une telle attitude/action si les situations de vie sont déastreuses. Si on ne trouve pas du sens à la vie et si les capacités de résilience sont réduites sinon existâtes, un tel exercice devient difficile et pratiquement impossible.
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