Art de vivre et mentalité
Les notions de personnalité, tempérament et caractère peuvent prêter à confusion tout en jouant un rôle essentiel dans les considérations sur l’art de vivre. Je pense qu’il faut ajouter la notion de mentalité dans ce contexte. Dans quelle mesure la mentalité peut-elle influencer les considérations d’une personne sur l’art de vivre ?
La mentalité reste cependant un
concept assez vague. On peut la considérer comme un contexte de tout et de rien
car la notion semble un peu volatile et embrasse beaucoup de sujets et domaines.
En effet, les recherches actuelles dont plutôt multidimensionnelles et
multidisciplinaires.
Signalons d’emblée que la notion de
mentalité s’applique aussi bien à l’individu qu’à une collectivité.
Le mot mentalité dérive du latin « mens, mentis » = esprit et du suffixe « -al ». Le suffixe al peut avoir plusieurs rôles. Dans notre contexte, le suffixe est ajouté à un mot pour indiquer que quelque chose est lié ou pertinent à ce mot, donc que cette chose = mentalité est liée à l’esprit. Mais vouloir expliquer la mentalité avec la notion « esprit » devient chose impossible eu égard aux nombreuses significations de ce mot dans les divers contextes, scientifiques ou non. Ainsi par exemple, on distingue la psychologie de l’esprit de la philosophie de l’esprit. On n’est pas sorti de l’auberge en empruntant cette voie.
Ainsi, La philosophie de l'esprit
est la branche de la philosophie qui s'intéresse aux questions fondamentales
sur la nature de l'esprit, de la conscience, et des états mentaux. Elle cherche
à comprendre ce qu'est l'esprit, comment il se rapporte au corps, et comment
les processus mentaux (comme la pensée, la perception, l'intentionnalité)
fonctionnent. Elle s'intéresse à des questions abstraites et conceptuelles sur
la nature de l'esprit, de la conscience, et des états mentaux.
La psychologie de l'esprit, en
revanche, fait généralement référence à l'étude scientifique des processus
mentaux et du comportement. Elle relève de la psychologie cognitive, de la neuropsychologie,
ou encore de la psychologie développementale. L'objectif de la psychologie est
d'étudier comment fonctionne l'esprit à travers des recherches empiriques en
élaborant des modèles. Elle étudie empiriquement les mécanismes des processus
mentaux, comme la mémoire, la perception, ou le raisonnement, en utilisant des méthodes
scientifiques.
Je me suis toujours demandé si la
philosophie de l’esprit, de nature essentiellement spéculative par nature, ne
devient pas de plus en plus désuète en fonction des avancées de la psychologie
de l’esprit. L'esprit, pour les philosophes grecs anciens (Platon, Aristote, Zénon
de Kition et Épicure par exemple), est un concept riche et multidimensionnel,
mais de nature spéculative au plus haut degré. Qu'il soit vu comme une entité
immatérielle, une partie de l'ordre cosmique ou une structure matérielle et
rationnelle, il est au cœur de leurs réflexions sur la nature humaine et la
réalité. Dans ce contexte s’intercalent, entre les anciens et les plus
contemporains, des philosophes comme Locke, Kant, Hume et Hegel (à titre
d’exemple). Depuis le vingtième siècle, cette branche de la philosophie s’est
fortement développée avec Putman, Chalmers, Dennet, Ryle, Wittgenstein, Fodor,
Krippke, Schiffer, Davidson, Millikan, Nagel et bien d’autres encore.
Cependant, la philosophie de l'esprit
peut jouer un rôle important dans la formulation d'hypothèses de recherche pour
la psychologie de l'esprit. Ainsi, la philosophie de l'esprit s'intéresse à des
concepts fondamentaux tels que la conscience, l'intentionnalité, les qualia, et
le libre arbitre. En clarifiant ces concepts, les philosophes peuvent aider les
psychologues à définir précisément les phénomènes qu'ils étudient. Par exemple,
une meilleure compréhension philosophique de la conscience peut aider les
psychologues à concevoir des expériences pour tester des hypothèses sur la
nature de la conscience. Par ailleurs, la philosophie de l'esprit explore
également des questions épistémologiques sur la manière dont nous pouvons
connaître et mesurer les états mentaux. Cela peut influencer la méthodologie en
psychologie, en suggérant des façons de concevoir des expériences ou d'interpréter
les données. Par exemple, les débats philosophiques sur la nature des qualia
peuvent mener à des recherches sur la manière dont les expériences subjectives
peuvent être évaluées de manière empirique. Et finalement, la philosophie de
l'esprit encourage une approche interdisciplinaire qui intègre la psychologie,
la neurologie, la linguistique, et même l'intelligence artificielle. Cela peut
enrichir les hypothèses de recherche en psychologie en apportant des perspectives
et des méthodes de différentes disciplines.
Il y a donc à boire et à manger dans
la spéculation et l’étude sur l’esprit😊.
If n’y a donc pas une mais des définitions
de la mentalité si on part des multiples aspects de l’esprit. En voici quelques-unes
à titre d’exemple .
- Relatif aux fonctions intellectuelles, au psychisme
- Ce qui se passe exclusivement dans l’esprit, intérieurement, sans s’exprimer ou se manifester extérieurement
- Disposition psychologique caractérisée par l’ensemble des attitudes, opinions, croyances et autres
- Ce qui se fait, s’exécute dans l’esprit, dans l’entendement (faculté de comprendre)
- Ensemble des facultés intellectuelles
- ………
Si on examine les synonymes du mot
esprit, la confusion ne devient pas moindre : état d’esprit, caractère,
complexion (notion qui fait entre autres référence à l’attitude d’une personne
et qui dénonce ses humeurs), constitution, esprit, idéologie, idiosyncrasie (manière
d'être particulière à chaque individu qui l'amène à avoir tel type de réaction,
de comportement qui lui est propre), mœurs, moralité, nature, opinion publique,
disposition, tempérament, personnalité, ……. Personnellement, je ne vois pas des
synonymes qui refléteraient entièrement la notion de mentalité.
Je me suis demandé si des ouvrages
publiés en rapport avec la mentalité pourraient apporter des
éclaircissements ? La confusion ne diminue pas, au contraire. Pour la
galerie :
- Harari : Sapiens, une brève histoire de l’humanité
- Lipovetsky : L’ère du vide : essai sur l’individualisme contemporain
- Kahnemann : Penser, vite et lentement
- Lévi-Strauss : Les structures élémentaires de la parenté et la mentalité primitive
- Robert Musil : L’homme sans qualités
- Charles Duhigg : Le pouvoir des habitudes : changer un rien pour tout changer
- Elias : La civilisation des mœurs
- Polany :La mentalité de marché est obsolète
- Zinn : La mentalité américaines : Au-delà de Barack Oboma
- Tertus : Mentalité, le pouvoir d’une attitude positive
- Agasse : La mentalité de richesse
- Zinga : Le chantier de la mentalité : nourrir son rêve, gérer l’échec, prendre soin de soi, protéger son mind-set, bien sélectionner son entourage
- Palante : La mentalité du révolté
- Böenke : Les racines de la résilience, comment cultiver une mentalité de gagnant pour réussir dans la vie
- Blanchard : Puissance et résilience : développer une mentalité inébranlable
- Et bien d’autres
Cette énumération a pour seul but de
montrer les divergences d’attribution de sens et de domaines en matière de
mentalité.
En psychologie et neurosciences, l’adjectif
mental se réfère généralement à tout ce qui est lié à l’esprit, à la pensée et
aux processus cognitifs comme par exemple la perception, la mémoire, le
raisonnement, la pensée, la réflexion, les émotions, la réflexion, la prise de
décision et autres.
En philosophie, la notion de mental peut se
rapporter à la conscience ou à l'esprit en tant qu'entité distincte du corps
physique. Les philosophes débattent souvent de la nature de l'esprit, des
pensées, des sensations et de la manière dont ces éléments sont reliés à la
réalité physique (le dualisme, par exemple).
Dans ce contexte, rappelons certaines
approches de l’art de vivre. L'art de vivre désigne le mode de vie ou la
manière de vivre qui incarne des valeurs esthétiques, éthiques, et
philosophiques. C'est une approche de la vie qui cherche à maximiser le
bien-être, la beauté, le bonheur et l'harmonie dans le quotidien.
Si on se réfère à certains énoncés, il
semble pertinent d’inclure la mentalité dans les considérations sur l’art de vivre.
Par exemple : la mentalité se réfère à l'ensemble des croyances, des
valeurs, des attitudes, des préjugés, des comportements et des perceptions qui
façonnent la vision du monde d'une personne ou d'un groupe social. Elle
influence la manière dont les individus pensent, se comportent, et interprètent
les événements qui les entourent. La mentalité peut être le produit de facteurs
culturels, historiques, sociaux, et économiques, et elle évolue souvent en
réponse à des changements dans ces domaines. Elle guide la manière dont une
personne ou un groupe interprète et réagit aux événements, aux situations et
aux interactions avec autrui. Ce sont tous des facteurs qui peuvent jouer un
rôle dans l’élaboration d’un art de vivre. N’oublions pas qu’une constellation
d’un état de mentalité (constituant en soi un sous-ensemble organisé et
spécifique du vécu personnel) à un moment donné dans une situation donnée
constitue une nouvelle information (voir l’article mémoire et pensée) qui sera
stockée dans la mémoire à côté de l’existant et pourra être rappelée par
l’hippocampe dans la mémoire de travail dans un nouveau contexte donné, comme
par exemple lors de réflexions sur l’art de vivre.
Si la personnalité désigne les traits
caractéristiques, les comportements, les émotions et les motivations qui sont
relativement stables et durables au fil du temps et qui distinguent un individu
des autres, la mentalité peut être plus flexible et susceptible de
changer en fonction des expériences, des influences et des contextes. C’est en
quelque sorte une attitude mentale habituelle ou caractéristique mais évolutive
qui détermine la façon dont on interprète les situations.
Dans ce sens, une personne peut avoir
plusieurs mentalités en fonction des contextes et des situations qu'elle
rencontre. On y retrouve l’idée de plusieurs rôles qu’une personne peut
endosser dans sa vie en fonction de son environnement et de ses relations.
Ainsi la mentalité de travail peut être une autre que la mentalité familiale.
On pourrait aussi le formuler autrement. La mentalité comme principe d’orientation
à un moment donné est un sous-ensemble des émanations de l’esprit en fonction
des contextes et situations.
Par ailleurs, au cours de sa vie, une
personne peut voir ses mentalités évoluer en fonction de ses expériences, de
son éducation et des situations qu'elle rencontre. Le vécu personnel s’enrichit
et il semble logique que l’évolution change, du moins en partie, la mentalité pour
l’adapter aux nouveaux contextes exigeant de nouvelles réactions et actions.
Une personne peut même avoir des
mentalités qui semblent contradictoires. Par exemple, quelqu'un peut valoriser
la liberté personnelle tout en reconnaissant l'importance des règles et de la
structure dans certains aspects de sa vie.
On peut donc envisager de considérer
que la(les) mentalité(s) sont en quelque sorte une émanation de la
structuration des processus cérébraux, des facultés mentales, de la
personnalité et autres consolidations du vécu personnel en fonction des
situations et contextes que la personne rencontre. Par exemple, on peut
considérer qu’une personne ait une mentalité de battant parce qu’elle a
acquis au courant de sa vie une résilience solide et une autodétermination
prononcée pour ne pas se laisser abattre par des contretemps et obstacles et de
mener l’action projetée jusqu’au bout.
Il y a bien des études portant sur la
mentalité, mais elles sont moins nombreuses que celles dans d’autres domaines
de recherche concernant l’homme.
Mais signalons d’abord que la
mentalité a connu sa propre histoire par un courant historiographique du XXe siècle
qui étudie l’histoire de toutes formes de pensées, croyances et sentiments,
comme étant constitutifs de la vision du monde propre à une époque. Son approche
prend tantôt la forme d’une psychologie collective, tantôt celle d’une étude de
type sociologique. La mentalité est donc une notion vague; ce qui peut constituer
un problème au niveau épistémologique
(épistémologie = étude critique des sciences, théorie de la connaissance et
autres), mais offre de la liberté pour ses pratiquants qui leur permet
d’explorer divers champs d’investigations à travers les sciences sociales.
Si on fait des recherches sur le Web
concernant des théories éventuelles concernant la mentalité, les réponses sont
plutôt pauvres. La mentalité semble vraiment être une entité plutôt
insaisissable.
Si on part de la notion d’état mental,
on est immergé dans un amalgame pratiquement intraçable et inextractible.
L’état mental est défini comme suit : il est une condition ou une
situation psychologique qui décrit la manière dont une personne se sent, pense,
ou perçoit son environnement à un moment donné. Cela peut inclure une gamme
de phénomènes tels que des émotions (comme la joie, la tristesse), des pensées,
des croyances, des perceptions, des intentions, des désirs, et des niveaux de
conscience (comme être éveillé, endormi, attentif, ou distrait). Les états
mentaux peuvent être influencés par des facteurs internes (comme les hormones,
la santé mentale) et externes (comme l'environnement, les événements récents).
Il se pose alors la question si la
mentalité peut être perçue comme une entité opérationnelle stable ou comme une méta-description
virtuelle d’un ensemble de processus agissant ensemble à un moment donné dans
un certain contexte. Il y a 3 points de vue qui peuvent avoir leur pertinence.
- Dans les domaines de la psychologie et de la neuroscience, la mentalité peut être considérée comme une structure stable de croyances, d'attitudes, de dispositions émotionnelles et cognitives. Ces éléments forment une base sur laquelle reposent les actions, les réactions et les décisions d'un individu. La stabilité de cette entité permet aux personnes de naviguer dans le monde avec une certaine cohérence et continuité. Au niveau collectif, la mentalité d'une communauté ou d'une société peut être vue comme une entité relativement stable qui guide les normes, les valeurs et les comportements partagés. Cette stabilité permet aux membres de cette société de fonctionner ensemble de manière harmonieuse et prévisible.
- D'un point de vue plus abstrait, la mentalité peut être envisagée comme une construction conceptuelle, un ensemble de traits ou de tendances observées et décrites pour expliquer le comportement d'un individu ou d'un groupe. Dans cette optique, elle n'existe pas comme une entité autonome mais plutôt comme une représentation théorique utilisée pour donner un sens aux actions et aux interactions.
- Selon certaines théories, ce que l'on appelle "mentalité" pourrait être simplement le résultat de l'interaction dynamique de différents processus cognitifs et affectifs, sans qu'il y ait une entité stable ou fixe qui les sous-tend.
Ces perspectives ne sont pas nécessairement exclusives et peuvent coexister selon le contexte ou le cadre théorique adopté.
Essayons autrement : Est-ce que
la mentalité d'une personne est constituée par les différents états mentaux se
manifestant au cours de sa vie ? ChatGPT donne la réponse suivante : La
mentalité d'une personne peut être influencée par les différents états mentaux
qu'elle traverse, mais elle n'est pas strictement constituée de ceux-ci. La
mentalité fait référence à une structure psychologique plus stable, englobant
les attitudes, les croyances, les valeurs, les dispositions, et les schémas de
pensée qui caractérisent une personne sur le long terme.
Les états mentaux,
quant à eux, sont des expériences temporaires qui varient en fonction des
circonstances, des émotions, et des événements. Ces états peuvent influencer et
parfois modifier la mentalité d'une personne, surtout s'ils sont récurrents ou
intenses. Par exemple, des expériences répétées de stress ou de joie peuvent
façonner les attitudes et croyances d'une personne sur le monde.
Cependant, la
mentalité est plus que la simple somme des états mentaux. Elle inclut également
des éléments de personnalité, des expériences passées, des apprentissages, et
des influences culturelles qui interagissent de manière complexe pour former
une vision globale de la vie et du monde.
Cette réponse fait du sens, mais n'est qu’une parmi d’autres possibles.
Et si on posait l’hypothèse que la
mentalité attribuée à une personne est en quelque sorte une
« distillation » (comme avec un bon cognac qui mature sur des années
dans ses différents fûts en s’enrichissant à chaque année) des différents états
mentaux se suivant dans les moments d’une vie, peut-être avec une certaine
redondance pour certains états? Une autre analogie amusante par rapport au
cognac pourrait être faite. Un très bon cognac XO est la plupart du temps un
mélange de différents cognacs de territoires différents, de méthodes de
distillation différentes, d’âges différents et autres variables : Les
eaux-de-vie utilisées dans Hennessy Paradis ont généralement entre 25 et 130
ans, ce qui leur confère une profondeur et une complexité exceptionnelles. Ce
long vieillissement se fait dans des fûts de chêne, ce qui permet au cognac de
développer des arômes riches et subtils. Hennessy Paradis est composé de plus
de 100 eaux-de-vie soigneusement sélectionnées par les maîtres de chai de la
maison Hennessy. Ces eaux-de-vie proviennent principalement des quatre grandes
régions de production du cognac : Grande Champagne, Petite Champagne,
Borderies, et Fins Bois, bien que les crus de Grande Champagne et Petite
Champagne soient souvent privilégiés pour leur finesse et leur potentiel de
vieillissement. L'art de l'assemblage est crucial dans la création du Hennessy
Paradis. Le maître de chai assemble les différentes eaux-de-vie pour obtenir un
équilibre parfait entre puissance et élégance, avec des arômes de fruits mûrs,
d'épices, de fleurs séchées, et de bois de chêne.
Mais cette analogie a cependant ses
limites suite à une des théories sur la mentalité qui distingue la mentalité
de croissance vs. mentalité fixe. Ce concept, popularisé, par la
psychologue Carol Dweck, distingue donc entre :
- une mentalité de croissance consiste dans la conviction que les compétences et l'intelligence peuvent être développées : les individus avec une mentalité de croissance acceptent les défis, sont résilients face aux obstacles, sont réceptives à la critiques et sont inspirées par les autres.
- une mentalité fixe consiste dans la croyance que les capacités sont innées et immuables : les personnes avec une mentalité fixe évitent les défis par peur de l’échec, abandonnent face aux obstacles, sont sensibles à la critique et se comparent fréquemment avec les autres.
Pour la galerie : la mentalité de croissance correspond dans la mesure d’une certaine analogie au mélange de cognacs qui maturent dans le fût avec parfois des rectifications en cours de route par des ajoutes de cognac ou le transfert dans d’autres chais selon l’humidité adéquate ou encore le transvasement dans des fûts d’un âge différent. Et puis il y a encore le rôle de la part des anges pendant l’élaboration du cognac. Cette notion est utilisée dans la production du cognac (et des spiritueux en général) pour décrire la portion de liquide qui s'évapore pendant le vieillissement en fût. Lorsque le cognac (ou tout autre spiritueux) est stocké dans des fûts de chêne pour vieillir, une petite quantité d'alcool et d'eau s'évapore chaque année à travers les pores du bois. Pendant le vieillissement, le cognac interagit avec le bois du fût, ce qui lui confère des arômes et des saveurs complexes. La part des anges est une conséquence naturelle de ce processus. Elle contribue à l'évolution du caractère du cognac. Bien que cela entraîne une perte de volume, cela permet également de concentrer et d'affiner les arômes, ce qui est essentiel pour obtenir un cognac de haute qualité. La mentalité fixe est, par anaalaogie, le produit final mis en bouteille et bouchonné pour ne plus laisser passer l’air, permettant de stabiliser le cognac aussi longtemps que la bouteille n’est pas ouverte. Si la bouteille est ouverte, il faut boire le cognac dans un certain délai car il se détériore suite à l’oxydation. C’est plutôt tiré par les cheveux 😀
Une autre théorie va aussi dans ce
sens, à savoir celle de Milton Rokeach. Il a exploré la manière dont les
individus structurent leur système de croyances, les valeurs humaines et les
attitudes et comment cet ensemble de facteurs influence leur ouverture d'esprit.
Sa théorie n’est pas axée fondamentalement sur la mentalité, mais a aussi pour
objet l’étude de la manière dont les valeurs et croyances d'une personne
structurent sa vision du monde et influencent son comportement. Rappelons que
tout comportement est le côté visible d’une action résultant des valeurs et
croyances d’une personne. Selon Rokeach, les valeurs humaines sont des
croyances profondément enracinées qui agissent comme des principes directeurs
(= mentalité) dans la vie d'une
personne. Il a distingué deux types de valeurs :
- Valeurs terminales : Ce sont
des objectifs finaux ou des états de vie souhaitables que les individus
cherchent à atteindre comme par exemple, la paix intérieure, le bonheur, la
liberté, la sagesse ou autres buts.
- Valeurs instrumentales : Ce sont
des modes de comportement préférés ou des moyens pour atteindre les valeurs
terminales comme l'honnêteté, l'ambition, l'indépendance ou la responsabilité.
Il distingue :
- Mentalité fermée : Les personnes
avec une mentalité fermée ont des croyances rigides et sont résistantes aux
nouvelles idées ou informations qui pourraient remettre en question leurs
croyances existantes.
- Mentalité ouverte : Les personnes
avec une mentalité ouverte sont plus réceptives aux nouvelles idées, prêtes à
réévaluer leurs croyances en fonction de nouvelles preuves.
Rokeach a également proposé que les
valeurs, croyances et attitudes d'une personne sont organisées en un système
hiérarchique où les valeurs les plus importantes influencent fortement les
attitudes et les comportements. Ce système de croyances est relativement stable
mais peut changer à travers des expériences de vie significatives ou des
interventions sociales. La théorie de Rokeach peut être directement liée à la
notion de mentalité dans la mesure où elle explore comment les croyances et
valeurs forment une vision globale du monde. Ainsi, la mentalité d'une personne
peut être considérée comme la manifestation extérieure de ce système de valeurs
et de croyances. Selon Rokeach, les croyances les plus centrales et les plus
profondément enracinées sont les plus résistantes au changement, ce qui
pourrait expliquer pourquoi certaines mentalités deviennent plus rigides avec
le temps. Rokeach s'est également intéressé à la manière dont les croyances et
les valeurs peuvent changer. Il a suggéré que des changements significatifs
dans les croyances centrales peuvent se produire lorsque les personnes sont
confrontées à des incohérences dans leur système de croyances ou à des
expériences qui défient leurs valeurs fondamentales. Ce processus peut être
lent et nécessite souvent une intervention délibérée.
Les notions de mentalité fermée et de mentalité
fixe ont suscité la question dans quelle mesure l’âge peut influencer la
mentalité d’une personne ? Il est souvent observé que la mentalité peut
devenir plus rigide avec l'âge, mais cela n'est pas une règle absolue.
Plusieurs facteurs influencent la flexibilité mentale au fil du temps. Ainsi,
avec l'âge, les gens accumulent des expériences de vie qui renforcent
leurs croyances, valeurs et attitudes. Mais l’inverse peut aussi être vrai. Cela
peut rendre plus difficile l'ouverture à de nouvelles idées ou perspectives,
car les individus peuvent être plus enclins à s'appuyer sur ce qu'ils
connaissent et ce qu'ils ont trouvé efficace dans le passé. Par ailleurs, les habitudes
et les routines se renforcent avec le temps, ce qui peut entraîner une
certaine résistance au changement. Les personnes âgées peuvent préférer des
schémas de pensée et de comportement établis, qui leur apportent confort et
sécurité. Sur le plan physiologique, la plasticité cérébrale, ou la
capacité du cerveau à se réorganiser en réponse à de nouvelles expériences,
tend à diminuer avec l'âge. Cela peut rendre l'apprentissage de nouvelles
compétences ou l'adaptation à de nouvelles situations plus difficile. En outre,
avec l’âge, certaines personnes choisissent de se concentrer sur les aspects de
la vie qui leur sont devenus plus significatifs par une élimination de
l’accessoire, ce qui peut les amener à privilégier des croyances ou des
valeurs bien établies et plus confortables par l’habitude et à être ainsi moins
réceptifs aux nouvelles idées.
Je me suis permis de reprendre l’idée
de croyances centrales en cherchant une allégorie fantaisiste et je me
suis posé la question si un clan de fantômes « dominants » (croyances
centrales) peut recourir à des sous-fantômes. J’ai pensé que ce serait une
colle pour ChatGPT, mais la réponse était plutôt amusante :
« L'idée qu'un fantôme puisse avoir des sous-fantômes est
une notion intrigante mais relève principalement de la fiction ou de
l'imaginaire populaire, plutôt que d'une croyance ou d'une théorie largement
acceptée dans les traditions sur les fantômes. Il y a plusieurs interprétations
possibles dans un cadre fictif ou imaginaire :
Hiérarchie Fantomatique : Dans un univers fictif, la mentalité est un
méta-concept construi. On pourrait imaginer un système où certains fantômes
plus puissants ou anciens ont la capacité de "créer" ou de
"contrôler" des sous-fantômes, des entités moins puissantes ou
dérivées de leur propre essence. Ces sous-fantômes pourraient agir comme des
extensions de la volonté du fantôme principal ou avoir des fonctions
spécifiques, comme hanter un lieu en particulier ou interagir avec certaines
personnes.
Fragmentation de l'Âme : Une autre interprétation pourrait être celle d'un
fantôme dont l'esprit ou l'âme est fragmenté en plusieurs parties, chacune
devenant un sous-fantôme. Le fantôme serait alors affecté par le trouble de la
personnalité multiple 😊 Ces sous-fantômes pourraient représenter différentes
émotions, souvenirs, ou aspects de la personnalité du fantôme principal.
Égrégores ou Manifestations Multiples : Dans certaines croyances ésotériques, il existe des
concepts comme les égrégores, des entités créées par des énergies collectives.
Un fantôme puissant pourrait générer des manifestations multiples ou des
sous-entités qui sont liées à lui, mais qui opèrent de manière
semi-indépendante. (Un égrégore est un concept désignant un esprit de groupe
constitué par l'agrégation des intentions, des énergies et des désirs de
plusieurs individus unis dans un but bien défini. Je ne connaissais pas ce
terme).
D'un point de vue psychologique ou métaphorique, les
"sous-fantômes" pourraient être interprétés comme des aspects d'une expérience
traumatique ou des émotions réprimées qui hantent une personne. Par
exemple, quelqu'un pourrait être "hanté" par des souvenirs douloureux
(les sous-fantômes) liés à un événement majeur (le fantôme principal).
Le concept de mentalité, par sa
volatilité, pourrait être comparé à un fantôme 😊.
Où ranger les mentalités d’un taliban,
d’un islamiste, d’un membre du Hamas, d’un Poutine, de notre pape et d’autres
personnalités « ambiguës » . Est-ce qu’il y a des chances que leurs
mentalités puissent évoluer ?
Soyons modeste et réfléchissant à
notre propre mentalité. Comment pourrait en la saisir. On devrait peut-être
commencer par un exercice phénoménologique pour explorer et comprendre les
structures de l'expérience vécue, en se concentrant sur la manière dont les
phénomènes apparaissent à la conscience. Cet exercice vise à suspendre les
jugements préconçus et les interprétations pour se concentrer uniquement sur la
description pure des phénomènes tels qu'ils sont perçus. Cet exercice devrait
se concentrer sur une description détaillée de ce qui est vécu. Cela inclut les
sensations, les émotions, les perceptions et les pensées associées à un
phénomène particulier. En psychologie, les exercices phénoménologiques sont
souvent utilisés pour explorer des expériences subjectives, comme la perception
de la douleur, les émotions, ou les états de conscience altérés. Les
chercheurs peuvent utiliser cette approche pour recueillir des descriptions
détaillées des expériences vécues par les participants, afin de comprendre les
structures sous-jacentes de ces expériences. Les états de conscience altérés
désignent des états mentaux distincts de l'état de veille ordinaire ou de la
conscience normale. Ces états peuvent être induits de manière volontaire ou
involontaire par diverses méthodes, substances ou circonstances. Ils modifient
la perception, la cognition, les émotions, et souvent le sens de soi ou du
temps. Les états de conscience altérés peuvent être le rêve et le rêve lucide,
un état méditatif, consommation de substances psychoactives, transe et
expériences mystiques, privation sensorielle, expérience de mort éminente,
fatigue extrême et privation de sommeil et autres.
On peut énumérer comme outils un
certain nombre de démarches comme l’autoréflexion et l’introspection en tenant
peut-être un journal et en se posant des questions introspectives. Je peux
aussi demander l’avis des autres et/ou écouter des critiques, qu’elles soient
constructives ou non. On peut aussi utiliser des questionnaires sur les
mentalités comme :
- Questionnaire sur les valeurs de Rokeach (Rokeach Value Survey - RVS) dont l’objectif est d’évaluer les valeurs terminales (objectifs de vie) et instrumentales (modes de comportement) d’une personne.
- Mindset Questionnaire de Carol Dweck dont le but est de mesurer si une personne a une mentalité de croissance ou fixe.
- Echelle des croyances irrationnelles d'Ellis (Irrational Beliefs Inventory - IBI) dont le but est d’évaluer les croyances irrationnelles ou dysfonctionnelles qui peuvent affecter la mentalité d'une personne.
- Questionnaire sur les attitudes religieuses (Religious Orientation Scale - ROS) dont le but est d’évaluer les attitudes d'une personne envers la religion, qu'elle soit intrinsèquement religieuse (religion comme fin en soi) ou extrinsèquement religieuse (religion comme moyen d'atteindre d'autres fins).
- Échelle des croyances en un monde juste (Just World Belief Scale) pour mesurer la croyance d'une personne que le monde est fondamentalement juste et que les gens obtiennent ce qu'ils méritent.
- Tests de personnalité.
De surcroît, on peut observer ses
propres comportements, par exemple ses réactions aux défis ainsi que la propre manière
de gérer les échecs et autres méthodes.
L’examen personnel des valeurs est un
autre exercice en s’appuyant par exemple sur des listes de valeurs.
Mais quelle que soit la manière dont
on aborde cet exercice, il restera toujours incomplet par la diversité des
données qu’on pourrait recueillir.
Cependant, nos réflexions jusqu’à ce
stade ont porté sur la mentalité de l’individu. Mais la littérature des
sciences humaines traite aussi des mentalités dépassant l’individu et a généré
un certain nombre de théories sur la mentalité collective. Cette
distinction fait du sens car il semble évident qu’une mentalité collective ait
une incidence sur la mentalité individuelle pour les membres de la collectivité
et vice-versa. La mentalité individuelle et la mentalité collective peuvent
être en constante interaction. Elles peuvent coexister, parfois
harmonieusement, parfois de manière conflictuelle. Cette coexistence est
essentielle à la dynamique des cultures et des sociétés, car elle permet à la
fois la préservation des traditions et l'innovation. Ainsi, la mentalité
collective, qui englobe les croyances, valeurs, et modes de pensée partagés par
un groupe social, influence fortement la mentalité individuelle. Dès le jeune
âge, les individus sont socialisés dans une culture particulière, adoptant ses
normes, ses valeurs, et ses façons de penser. Cependant, l'individu ne se
contente pas de reproduire passivement cette mentalité collective. Il peut
l'interpréter, la modifier, ou même la rejeter partiellement en fonction de ses
propres expériences, réflexions et interactions. Mais la coexistence de ces
deux niveaux de mentalité peut parfois entraîner des tensions. Un individu peut
ressentir un décalage entre ses propres convictions personnelles et celles du
groupe auquel il appartient. Par exemple, une personne peut avoir des croyances
religieuses personnelles qui diffèrent de celles majoritairement acceptées dans
sa communauté, ou elle peut encore développer des opinions politiques
divergentes. Par ailleurs, un individu appartient souvent à plusieurs groupes
(famille, communauté religieuse, groupe professionnel, nation, etc.), chacun
ayant sa propre mentalité collective. Ces différentes appartenances peuvent
influencer la mentalité individuelle de manières diverses et parfois
contradictoires. L'individu navigue alors entre ces différentes mentalités
collectives, ce qui enrichit et complexifie sa mentalité personnelle.
L’anthropologue Lévy-Bruhl a
popularisé la notion de « mentalité primitive ». Il la distingue dans
son livre de la mentalité civilisée. Il emprunte à Emile Durkheim l’idée
que plus les sociétés sont simples, plus l’emprise des représentations
collectives et les contraintes sociales y sont plus grandes. Chez Lucien
Lévy-Bruhl, le terme "mentalité" désigne un ensemble de
dispositions mentales, de croyances, de modes de pensée et de perceptions qui
caractérisent un groupe humain particulier. Pour lui, la mentalité n'est pas simplement une
caractéristique individuelle, mais plutôt un phénomène collectif. Elle se
réfère à une manière de penser partagée par l'ensemble d'un groupe social ou
culturel. C'est une sorte de conscience collective qui façonne la manière dont
les membres d'un groupe perçoivent et comprennent le monde. La mentalité, selon
Lévy-Bruhl, est fortement influencée par les croyances, les mythes, et les
pratiques culturelles d'une société. Ces éléments sont intégrés dans la
mentalité collective et déterminent comment les individus de ce groupe
interprètent les expériences et les événements.
La théorie de l’esprit est aussi
mise en relation avec la mentalité. Elle explore la capacité de comprendre et
de prédire les pensées, croyances, intentions et émotions des autres. La
mentalité d'une personne, qui inclut ses croyances, attitudes et valeurs,
influence la manière dont elle interprète les pensées et les intentions des
autres. Elle a son importance dans les jugements sociaux, l’empathie et
l’anticipation des mentalités des autres.
La théorie des représentations
sociales de Serge Moscovivi reprend également cette idée d’interrelation
entre l’individu et la collectivité. Cette théorie a pour but d’expliquer comment
les mentalités collectives se forment et influencent la perception de la
réalité au sein d'une société. Ce sont des systèmes de valeurs, d'idées et de
pratiques qui permettent aux individus de comprendre et d'interpréter la
réalité sociale. Elles façonnent la mentalité d'un groupe et influencent les comportements
collectifs. C’est une approche clé pour comprendre comment les idées, les
connaissances et les croyances se forment, se diffusent et se transforment au
sein des sociétés. Cette théorie explore la manière dont les individus et les
groupes construisent une compréhension collective de la réalité sociale. Les
représentations sociales sont des systèmes de croyances, de valeurs, de normes
et de pratiques partagées par un groupe social. Elles se forment à travers les
interactions sociales et permettent aux individus de comprendre et de
communiquer sur des aspects complexes du monde qui les entoure. Elles jouent un
rôle central dans la façon dont les groupes interprètent la réalité, attribuent
des significations aux événements, et orientent leurs comportements. Elles
aident aussi les individus à comprendre et à donner un sens au monde. Elles
fournissent ainsi un cadre de référence partagé. L’ancrage y joue aussi un
rôle. C'est le processus par lequel les nouvelles idées sont intégrées dans des
cadres de référence préexistants. Une nouvelle information ou une idée
étrangère est comparée, adaptée et transformée pour correspondre aux croyances
et aux connaissances déjà établies. Les représentations sociales servent aussi à
justifier les actions et les croyances d'un groupe. Elles légitiment les
comportements sociaux et les décisions collectives en les ancrant dans un
système de valeurs partagé. Les représentations sociales ne sont pas statiques;
elles évoluent au fil du temps à mesure que les contextes sociaux, politiques,
économiques et culturels changent. Elles peuvent se transformer sous
l'influence de nouvelles informations, de débats sociaux, ou de l'évolution des
normes et des valeurs. De plus, elles peuvent varier d'un groupe social à un
autre, en fonction des expériences, des intérêts et des besoins spécifiques des
groupes. La théorie des représentations sociales de Moscovici est essentielle
pour comprendre comment les sociétés et les groupes sociaux créent du sens
collectivement. Cette théorie a également une dimension critique, car elle
montre comment certaines représentations peuvent maintenir des rapports de
pouvoir ou des inégalités sociales en légitimant certaines croyances ou en
stigmatisant certaines pratiques.
La théorie de Moscovici me fait penser
au rôle de l’église catholique au Luxembourg au 20ième siècle avec
un conditionnement religieux de fer des enfants pour baliser leur future
mentalité religieuse et politique : baptême, communion, confirmation,
obligation de participer aux messes (et pas seulement le dimanche) et vêpres,
mariage à l’église et autres manipulations. Ce conditionnement féroce s’est
atténué à la fin du 20ième siècle. Mais le parti le plus populaire
au Luxembourg, presque toujours au pouvoir avec leur premier ministre, était
sous l’obédience de l’ église catholique, cette dernière se faisant bien
sucrer par l’Etat. Une nouvelle loi sur l’euthanasie avait failli générer une
crise constitutionnelle, notre Grand-Duc, toujours bienvenu au Vatican, s’y
opposant farouchement par conviction personnelle (ce qui est à son honneur).
Selon le Figaro : « Pour le très fervent catholique grand-duc de
Luxembourg, il n'était pas question de donner son aval à un projet de loi
légalisant l'euthanasie. Alors, en son âme et conscience, Henri a tranché. Il a
consulté son premier ministre, Jean-Claude Juncker, puis, dans un geste tout à
fait inhabituel, a convoqué tour à tour au Palais les présidents des cinq
groupes parlementaires du Luxembourg. Silencieux, ces derniers ont écouté le
monarque leur annoncer qu'il n'apposerait pas sa signature au bas d'un texte
dont le but est d'aider un malade à en finir avec la vie. Refusant d'abdiquer,
il a alors soufflé à ses interlocuteurs la seule solution qui lui permettrait
de rester fidèle à ses idées, tout en permettant au projet, voté par les députés,
d'entrer en application : une modification de l'article 34 de la
Constitution, qui date de 150 ans, et que chaque fonctionnaire
luxembourgeois connaît sur le bout des doigts : Le souverain n'aura plus
pour pouvoir de «sanctionner» les lois (les accepter), mais simplement de les
«promulguer».
Comment évaluer la mentalité de notre
Grand-Henri dans cette affaire. Il semble difficile de lui attribuer une
mentalité ouverte. Mais même de nos jours, les institution religieuses gardent
un pouvoir énorme et sont à la base de nombreuses guerres.
Un autre point épineux a été la
séparation entre l’Église et l’État (réforme en 2015) , chose devenue seulement
possible lorsque le parti CSV (le parti chrétien-social du Luxembourg) ne
faisait plus partie de la coalition gouvernementale. Une certaine mentalité
collective, « imposée » par l’église catholique pendant des siècles,
est donc partie en fumée au début du XXIième siècle.
Une autre approche concernant la mentalité peut être faite par les considérations sur la motivation. Il semble probable qu’une personne démotivée ait une autre mentalité qu’une personne motivée à bloc. Ce contexte est repris dans la théorie de l’orientation de but (Goal Orientation Theory). Cette théorie examine comment les objectifs, que les individus se fixent, influencent leur motivation et leurs comportements. Elle distingue deux grandes orientations principales de but :
L’orientation
de maîtrise concerne les individus qui sont motivés par le désir
d'apprendre, de comprendre, de développer de nouvelles compétences, et
d'améliorer leurs performances personnelles. Leur objectif principal est la
croissance personnelle et l'amélioration continue. 598Ils sont plus enclins à
persévérer face aux défis, à voir les erreurs comme des opportunités
d'apprentissage, et à apprécier l'effort comme un moyen de progresser.
Les
individus avec une orientation de performance sont motivés par le désir
de démontrer leurs compétences et d'obtenir des évaluations positives des
autres. Leur objectif principal est de prouver leur compétence par rapport aux
autres. Ils peuvent éviter les tâches où ils risquent d'échouer ou d'apparaître
moins compétents, et ils sont plus préoccupés par les jugements externes que
par l'apprentissage lui-même. On peut encore distinguer deux sous-types de
l’orientation de performance :
Dans l’orientation de
performance-approche, les individus cherchent activement à démontrer leur
compétence et à surpasser les autres. Leur motivation est liée à l'obtention de
succès visibles.
Dans l’orientation de
performance-évitement : Les individus cherchent à éviter de paraître
incompétents ou de subir des échecs. Ils évitent les situations où leur
compétence pourrait être mise en question.
Cette théorie a des connotations avec
la théorie de l’auto-détermination (voir l’article à ce sujet) et les théories
de l’attribution.
La connotation est l'ensemble
des significations secondaires, souvent subjectives, qu'un mot ou une
expression peut évoquer en plus de son sens littéral ou objectif (dénotation).
Ces significations supplémentaires peuvent être influencées par le contexte
culturel, les émotions, les expériences personnelles ou les associations
d'idées. La dénotation désigne le sens littéral, objectif ou premier
d'un mot, c'est-à-dire la signification de base qui ne dépend pas du contexte
ou des associations personnelles. Contrairement à la connotation, qui fait
référence aux significations secondaires ou émotionnelles, la dénotation est le
sens direct et universellement reconnu d'un terme.
L’autodétermination fait
référence à la capacité d'un individu à prendre des décisions et à diriger sa
propre vie de manière autonome, en se basant sur ses propres choix et
motivations, plutôt que sur des influences externes ou des contraintes
imposées. La théorie de l’attribution explore comment les individus
interprètent et expliquent les causes de leurs propres comportements et ceux
des autres. Elle offre un cadre utile pour comprendre comment les individus
expliquent les causes de leurs succès et échecs et comment ces explications
influencent leur comportement, leur motivation et leurs émotions. En analysant
les attributions, on peut mieux comprendre les dynamiques de la motivation et
de l'auto-perception, ainsi que la manière dont ces perceptions influencent les
interactions sociales et les performances individuelles. Les attributions
sont les processus par lesquels les individus tentent de comprendre les raisons
derrière les événements ou les comportements. Par exemple, après avoir échoué à
un examen, une personne peut attribuer son échec à son manque de préparation ou
à des questions injustes. On distingue encore les attributions
internes/externes, stables/instables.et contrôlables/incontrôlables. Certaines
théories vont encore plus loin en mettant l'accent sur les émotions et les
comportements résultant des attributions.
Il faut encore mentionner la théorie
des mentalités de classes de Karl Marx qui examine comment la position
socio-économique des individus influence leur mentalité et leurs perspectives
du monde. Il me semble fort probable que le fils d’un ouvrier ait une autre
mentalité que le fils d’un banquier car leurs vécus personnels et leurs moyens
d’aborder la vie sont très différents.
Selon Karl Marx, les classes sociales
sont des groupes sociaux définis principalement par leur position dans le
système de production économique, c'est-à-dire par leur relation aux moyens de production.
Il distingue principalement 2 classes sociales :
- La bourgeoisie est la classe qui possède les moyens de production (usines, terres, capitaux, machines). Elle contrôle les ressources économiques et tire ses revenus du profit généré par l'exploitation du travail des autres.
- Le prolétariat est la classe qui ne possède pas de moyens de production et qui, pour survivre, doit vendre sa force de travail à la bourgeoisie en échange d'un salaire.
Marx distingue encore de classes
subalternes, à savoir :
- La petite bourgeoisie qui est cette classe intermédiaire qui comprend les petits commerçants, artisans, et paysans qui possèdent de petits moyens de production. Elle se situe entre la bourgeoisie et le prolétariat et tend à être instable, soit aspirée vers le prolétariat en cas de faillite, soit vers la bourgeoisie en cas de succès économique.
- Le « Lumpenprolétariat » qui comprend les éléments les plus démunis de la société, tels que les mendiants, les criminels, et les chômeurs chroniques, qui ne jouent pas un rôle productif dans l'économie capitaliste.
Ces classes sociales subsistent de nos
jours, mais peut-être sous des noms différents. Il y a d’autres catégories qui
se sont ajoutées. Si le terme capitalisme est toujours d’usage, le capitalisme
financier, électron libre sans aucune utilité pour l’économie réelle, est
devenu omniprésent, comme par ailleurs les multinationales qui font parfois
plus la loi que les gouvernements ou les organisations internationales comme
l’OECD, l’Union européenne et autres entités de ce genre. En ce qui concerne la
bourgeoisie, on parle de nos jours plutôt de classes moyennes avec différentes
émanations. Concernant la lutte des classes, l’apparition des syndicats
a en partie changé la donne. Et puis il y a des mouvements « libres »
comme par exemple les « gilets jaunes », sans parler des ONG de
toutes sortes, omniprésentes dans tous les domaines. N’oublions pas le volet
écologique ayant pris une envergure internationale à cause des nouvelles
urgences de « survie » pour notre terre. Et finalement, il y a une
grande scission, à savoir entre les riches et les pauvres dont
l’écart ne cesse de grandir, en aspirant les classes moyennes soit vers le bas soit
rarement vers le haut.
Il me semble que l’appartenance à une
ou plusieurs de ces catégories va certainement imprégner la mentalité des gens.
De nouveaux chantiers de recherche en sociologie, psychologie et autres
domaines des sciences humaines vont s’ouvrir avec une spécialisation croissante
à cause de la complexité grandissante de notre société et de notre monde en
général.
Avoir grandi dans une de ces catégories
sociales ne peut laisser que des traces concernant la consolidation des
mentalités. Ces classes et sous-classes laissent transparaître des
situations de domination et d’indépendance/dépendance sinon d’impuissance face
aux exigences urgentes qui vont certainement marquer les esprits des gens.
L’abstention aux élections peut dénoter une fatigue politique. Cependant, il y
a aussi des pays où une menace d’extrémisme incite les citoyens à voter en plus
grand nombre comme en Pologne et en France récemment pour contrecarrer les
tendances extrémistes qui font quand même peur.
Par ailleurs, la notion de dépression
écologique a fait son apparition. Elle fait généralement référence à
l'impact psychologique et émotionnel négatif que les individus ressentent face
aux problèmes environnementaux, tels que le changement climatique, la perte de
biodiversité, la pollution et la dégradation des écosystèmes. Cette expression
désigne un état de tristesse, d'anxiété, ou de désespoir qui peut survenir chez
des individus en raison de leur prise de conscience des crises
environnementales actuelles ou à venir. Elle est souvent liée à un sentiment
d'impuissance face à l'ampleur des problèmes écologiques, ce qui peut entraîner
une perte d'espoir ou de motivation. Le terme solastalgie, introduit par
le philosophe australien Glenn Albrecht, décrit une forme de stress émotionnel
causé par les changements environnementaux perçus comme menaçants ou
dévastateurs dans l'environnement local, tels que la déforestation,
l'urbanisation, ou la dégradation des terres. L'éco-anxiété est
l'anxiété chronique liée à la perception de l'environnement global en crise,
notamment face au changement climatique. Elle peut se manifester par des
sentiments de peur, d'inquiétude, et d'incertitude quant à l'avenir de la
planète. Les individus qui souffrent de dépression écologique peuvent éprouver
des symptômes similaires à ceux d'une dépression classique, tels que la
tristesse persistante, la fatigue, la perte d'intérêt pour les activités
quotidiennes et des troubles du sommeil. Toutefois, dans ce contexte, ces
symptômes sont spécifiquement déclenchés ou exacerbés par des préoccupations
environnementales.
Pour certaines personnes, la
dépression écologique peut mener à un sentiment de paralysie ou de retrait ou à
la position « après moi le
déluge ». Cette expression renvoie à une indifférence totale aux
conséquences des actions futures, souvent pour des raisons de refus de changer
des comportements confortables. C'est une position qui priorise le présent et
le bien-être personnel au détriment des générations futures. Cette dernière
attitude peut être rencontrée auprès des personnes plus âgées n’ayant plus la
motivation de réagir et ayant l’impression « d’avoir donné »
(c’est-à-dire avoir déjà fait sa part, à avoir accompli ce qui a été être le
devoir ou l’obligation). L’adoption d’une telle attitude peut aussi refléter
une certaine fatigue sinon un épuisement, surtout si on s’est beaucoup investi
et qu’on s’est rendu compte que les résultats ne correspondaient pas aux
attentes. Pour d'autres, cela peut être un moteur de militantisme et
d'engagement dans des actions visant à protéger l'environnement. La manière
dont cette dépression est vécue peut dépendre de nombreux facteurs, tels que le
soutien social, l'accès à des informations et des ressources, et la perception
de l'efficacité des actions individuelles et collectives.
Si les classes possédantes aux
leviers des décisions n’ont aucune raison de changer quoi que ce soit à cette
situation, il n’en est rien pour le « reste du monde » où les
attitudes, réactions et actions peuvent être très différentes selon les
situations. Les classes possédantes ont le pouvoir de décision sur la
production, la distribution, et l'allocation des ressources économiques. Elles
influencent les politiques économiques et sociales en raison de leur contrôle
sur les ressources clés. Ces classes accumulent et concentrent la richesse, ce
qui leur permet de maintenir et renforcer leur position dominante. La richesse
leur donne également un accès privilégié à l'éducation, à la culture, au luxe et
aux réseaux de pouvoir. Les classes possédantes exercent souvent une influence
politique disproportionnée, soit directement (par l'exercice du pouvoir
politique), soit indirectement (par le financement de campagnes politiques, le
lobbying, etc.). Elles peuvent aussi dominer les institutions culturelles et
médiatiques, façonnant ainsi les normes et les valeurs sociales. Rappelons que
la fortune personnelle de Yasser Arafat se chiffrait en centaines de millions
de dollars, voire plus d’un milliard. La richesse d'Arafat provenait en grande
partie de fonds internationaux destinés à soutenir la cause palestinienne, dont
une partie était apparemment sous son contrôle direct. Une partie de cette
richesse était supposément placée dans des comptes bancaires personnels à
l'étranger, dans des investissements, ou utilisée pour soutenir des opérations
secrètes et pour maintenir son influence politique.
Dans nos sociétés modernes
développées, l’hyperconsommation et les divertissements engourdissent
facilement les esprits pour autant qu’un minimum de moyens financiers soit
disponibles pour ces excès. Tel n’est pas le cas pour les (plus) pauvres, même
dans les pays considérés comme riches, et qui ne peuvent participer à ces
« orgies ». Il semble que le Luxembourgeois parte en moyenne 5 fois
par an en vacances. Et que dire de notre hypermobilité (produisant du CO2 en
masse dans le monde entier) pour un oui ou pour un non qui semble normale dans
les pays occidentaux, la Chine nous suivant de près dans cette habitude. Et que
dire des acheteurs de voiture qui optent pour des voitures haut de gamme avec
des émissions de CO2 non négligeables au lieu de se tourner vers des voitures
plus petites adaptées aux déplacements nécessaires. Cette attitude dépensière
est décrite par la notion de mentalité d’abondance incitant les
personnes ayant cette mentalité à voir le monde comme un lieu plein de
possibilités, avec des ressources suffisantes pour tout le monde. Elles
oublient cependant que notre monde est un monde fini dont les ressources ne se
renouvellent plus proportionnellement par rapport à leur consommation.
L’empreinte écologique du petit Luxembourg est une des plus élevée du monde. En
2023, l'empreinte écologique par habitant au Luxembourg était d'environ 15,8
hectares globaux (hag), bien au-dessus de la moyenne mondiale qui se situe
autour de 2,7 hag. La biocapacité représente la capacité d'un territoire
à produire des ressources biologiques renouvelables (comme les cultures, les
forêts, et les pêcheries) et à absorber les déchets, en particulier le dioxyde
de carbone, en utilisant les écosystèmes naturels. En 2023, la biocapacité du
Luxembourg était d'environ 1,4 hectares globaux (hag) par habitant (une
population assez élevée pour un petit territoire : 672.050 résidents +
230.000 frontaliers pour une superficie de 2.586 km2) à comparer aux 15,8 hag
de l’empreinte écologique. Cela signifie que chaque habitant dispose de cette petite
superficie théorique pour produire les ressources qu'il consomme et absorber
ses déchets. Donc, pour compenser sa consommation excessive, chaque habitant du
Luxembourg devrait disposer de 11,3 fois plus de surface que le petit
Luxembourg ne peut pas lui mettre à disposition. Le Luxembourg est devenu un
pays d’accueil après avoir été pendant longtemps une terre d’émigration.
Qu’est-ce qu’on peut déduire de ces
chiffres en ce qui concerne la mentalité luxembourgeoise ? Si on prend les
différentes typologies de mentalité, qu’en est-il pour le Luxembourg : . mentalité
fixe vs. mentalité de croissance, mentalité
collective vs. mentalité individualiste, mentalité d'abondance vs. mentalité de
rareté, ,mentalité d'entrepreneur vs. mentalité de salarié, mentalité
conservatrice vs. mentalité progressiste, mentalité orientée vers le long terme
vs. Mentalité orientée vers le court terme, mentalité collective vs. mentalité Individualiste,
mentalité d'infériorité vs. mentalité de supériorité, mentalité de mérite vs. mentalité
de déterminisme et autres ?
Est-ce qu’on peut faire des déductions
sur base d’études sur les valeurs du Luxembourg : Voici les résultats
d’une étude du CEPS/INSTEAD publiée en décembre 2012 (j’en ai pas trouvé
de plus récente) :
Qu’est-ce qu’on peut déduire de ce palmarès de valeurs par rapport aux mentalités au Luxembourg, sachant que les résidents étrangers sont un peu moins nombreux que les résidents luxembourgeois. 47.3 %. Des résidents sont des étrangers. Il y a environ 180 nationalités différentes représentées au Luxembourg.
D’autres études ont attribué au Luxembourg les traits caractéristiques suivantes de mentalité :
- Ouverture et multiculturalisme
- Pragmatisme et discrétion
- Attachement aux traditions et à la famille
- Sens du devoir et de la responsabilité
- Multilinguisme
- Stabilité et sécurité
- Soutien à l'innovation et à l'Europe
Est-ce que le lecteur luxembourgeois
se retrouve dans ces caractéristiques ?
Selon la position où un individu se
situe, il me semble évident que sa mentalité soit conditionnée par son
environnement personnel ? Je n’ai pas trouvé d’études et des recherches
concernant la dépression écologique et l’éco-anxiété au Luxembourg. Je n’ai
jamais connu dans mon entourage des personnes abordant ce sujet.
Nous devons encore mentionner une
autre théorie, à savoir celle des mentalités culturelles développée par Geert
Hofstede. Il me semble évident que l’environnement culturel d’une personne
va fortement imprégner sa mentalité, et donc art de vivre que la personne
essaie de mettre (éventuellement) en place. Tout dépend évidemment de la
définition des dimensions culturelles retenues. Hofstede en a retenu six :
- Distance
hiérarchique (Power Distance Index – PDI : : Cette dimension
mesure le degré d'acceptation des inégalités de pouvoir au sein d'une société.
Dans les cultures avec une forte distance hiérarchique, les inégalités sont
acceptées comme normales, et le respect de l'autorité est fortement valorisé.
Dans les cultures avec une faible distance hiérarchique, l'égalité et la
décentralisation du pouvoir sont préférées. Ainsi les pays nordiques auraient
une distance faible.
- Individualisme vs.
Collectivisme (IDV) : Cette dimension évalue l'importance accordée à l'individu
par rapport au groupe. Les cultures individualistes privilégient
l'indépendance, l'autonomie personnelle, et les accomplissements individuels.
Les cultures collectivistes mettent l'accent sur l'appartenance à un groupe,
l'interdépendance, et la loyauté envers le groupe. Les États-Unis et le
Royaume-Uni sont des exemples de sociétés très individualistes, tandis que des
pays comme la Chine et la Corée du Sud sont davantage collectivistes.
- Les sociétés individualistes mettent l’accent sur la réussite et les droits individuels, en se concentrant sur les besoins de soi-même et de sa famille proche. L’image de soi d’une personne dans cette catégorie est définie comme « Je ». Ce « Je » est cerné par l’autonomie, l’individu se sentant capable de prendre ses propres décisions, de tracer son propre chemin et de gérer sa propre vie sans dépendre excessivement des autres. L'individu est souvent tenu responsable de ses succès et de ses échecs. Il doit se prendre en charge, tant sur le plan matériel que moral. L'individu a le droit de poursuivre ses propres aspirations, parfois même au détriment des normes collectives ou des attentes de la communauté. L'individualisme valorise l'authenticité et la capacité de chaque personne à exprimer librement ses pensées, ses sentiments et ses croyances. Il peut encourager la compétition entre les individus, car chacun est encouragé à se démarquer et à maximiser ses propres intérêts. Le "Je" cherche souvent à être reconnu pour ses accomplissements individuels. La reconnaissance sociale, le succès professionnel, et l'accomplissement personnel sont des objectifs importants dans une société où l'individualisme est valorisé.
- En revanche, les sociétés collectivistes accordent une plus grande importance aux objectifs et au bien-être du groupe, l’image de soi d’une personne dans cette catégorie étant plus proche d’un « Nous ». » Enfin, la communication tend à être plus directe dans les sociétés individualistes et plus indirecte dans les sociétés collectivistes. Le "Nous" est prioritaire par rapport à l'individu. Les besoins, les objectifs, et les intérêts du groupe priment sur ceux des individus. Chaque membre de la société est encouragé à se voir comme une partie intégrante d'un tout plus large, et à subordonner ses aspirations personnelles à celles du groupe. Dans une société collectiviste, l'identité individuelle est largement définie par l'appartenance au groupe. Les individus se perçoivent avant tout comme membres d'une famille, d'une communauté, d'une organisation, ou d'une nation. Le sens de soi est étroitement lié aux rôles sociaux et aux relations avec les autres membres du groupe. Le "Nous" implique une forte solidarité entre les membres du groupe. La coopération est valorisée, et chacun est attendu à contribuer au bien-être collectif. Les réussites sont souvent vues comme le résultat d'efforts communs plutôt que d'accomplissements individuels, et les échecs sont également partagés au niveau du groupe. Dans une société collectiviste, la responsabilité est partagée. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les actions individuelles, le groupe assume collectivement la responsabilité du bien-être de ses membres. Cela se traduit par un soutien mutuel, où l'entraide et le sacrifice personnel pour le bien du groupe sont valorisés. Les relations sociales dans une société collectiviste sont souvent structurées par des hiérarchies et des obligations clairement définies. Le respect des aînés, des autorités, et des traditions joue un rôle crucial. Les obligations envers la famille, la communauté ou l'État sont souvent plus importantes que les désirs individuels. Le "Nous" met en avant l'interdépendance des membres du groupe. Chacun dépend des autres pour son bien-être et son succès, et il existe une reconnaissance mutuelle de cette dépendance. Les liens sociaux sont donc très forts, et il y a un grand sens de la loyauté et de l'engagement envers le groupe.
- Contrôle de l'incertitude (Uncertainty Avoidance Index -
UAI) : Cette dimension, encore connue sous la notion d’indice
d’évitement de l’incertitude, mesure le degré de tolérance face à l'incertitude
et l'ambiguïté. Les cultures avec un fort contrôle de l'incertitude préfèrent
des règles claires, la stabilité et évitent les risques. Cette dimension
reflète la mesure dans laquelle les membres d’une société tentent de faire face
à leur anxiété en réduisant l’incertitude au minimum. Dans sa forme la plus
simplifiée, l’évitement de l’incertitude fait référence à la menace que
représente le changement pour une culture. Un indice élevé d’évitement de
l’incertitude indique une faible tolérance à l’incertitude, à l’ambiguïté et à
la prise de risque. Les institutions et les individus de ces sociétés cherchent
à minimiser l’inconnu par des règles strictes, des règlements, etc. À
l’inverse, les personnes appartenant à des cultures à faible évitement de
l’incertitude acceptent et se sentent à l’aise dans des situations non
structurées ou des environnements changeants et essaient d’avoir le moins de règles
possibles. Cela signifie que les personnes appartenant à ces cultures ont
tendance à être plus tolérantes au changement. L’inconnu est plus ouvertement
accepté, et des règles et règlements moins stricts peuvent en découler.
Celles avec un faible contrôle sont plus ouvertes à l'inconnu, prennent plus de risques, et sont plus tolérantes face aux opinions divergentes. : La Grèce et le Japon ont un fort contrôle de l'incertitude, tandis que Singapour et le Danemark ont un faible contrôle.
Masculinité vs. Féminité (Masculinity vs. Femininity - MAS) : Cette dimension, également connue sous le nom de différenciation des rôles de genre, différencie les cultures selon la distribution des rôles sociaux entre les sexes. Elle décrit la manière dont les sociétés attribuent des rôles, des comportements, des responsabilités, et des attentes distincts aux individus en fonction de leur genre, c'est-à-dire leur identification en tant qu'homme ou femme (ou dans certains cas, d'autres identités de genre). Cette différenciation repose souvent sur des normes culturelles et sociales qui définissent ce qui est considéré comme "approprié" ou "typique" pour chaque genre. Les rôles de genre prescrivent souvent des comportements et des fonctions spécifiques aux hommes et aux femmes. Par exemple, dans de nombreuses cultures traditionnelles, les hommes sont souvent associés à des rôles liés au travail rémunéré, à la protection et à la prise de décisions, tandis que les femmes sont davantage associées aux soins de la famille, à l'entretien du foyer et à l'éducation des enfants. Les attentes sociales dictent comment les individus doivent se comporter en fonction de leur genre. Cette différenciation est souvent renforcée par des stéréotypes de genre, qui sont des généralisations simplifiées sur les caractéristiques ou les aptitudes des hommes et des femmes. La différenciation des rôles de genre peut entraîner des inégalités où les rôles et les contributions des hommes sont valorisés différemment de ceux des femmes. Cela peut se traduire par des disparités en termes de salaire, d'accès aux opportunités professionnelles, de participation à la prise de décisions, ou de reconnaissance sociale.
Mais les choses commencent à changer
dans certaines sociétés. Il y a par exemple en Europe une lutte contre le
gendering (désigne le processus par lequel les individus, les objets, les
comportements et les rôles sociaux sont associés ou assignés à un genre
spécifique, souvent de manière implicite ou explicite), mais pas tous pays
participent également à cette démarche d’égalité comme par exemple la Pologne
(influence de l’église catholique) ou la Hongrie qui soutient des rôles
de genre traditionnels, notamment en valorisant la famille
"traditionnelle" et en limitant les discussions sur le genre et la
sexualité dans les écoles. En Italie des stéréotypes de genre persistants
influencent encore les rôles domestiques et professionnels. Les femmes sont
souvent attendues de jouer un rôle central dans la gestion de la maison et de
la famille, même lorsqu'elles travaillent à l'extérieur.
Bien que les rôles de genre
traditionnels soient encore présents dans de nombreuses sociétés, il y a un
mouvement croissant vers l'égalité des genres, qui remet en question ces rôles
différenciés. La Suède et la Norvège semble être des plus actifs dans la lutte
contre le gendering. Dans les pays plus ouverts à l’anti-gendering, les femmes
participent de plus en plus à des domaines autrefois dominés par les hommes, et
les hommes prennent un rôle plus actif dans les tâches domestiques et les soins
aux enfants.
La compréhension contemporaine des
rôles de genre reconnaît également la diversité des identités de genre, au-delà
du binaire masculin-féminin. Cela inclut les personnes non-binaires,
transgenres, et d'autres identités qui ne correspondent pas nécessairement aux
rôles de genre traditionnels. En Europe il y a des mouvements de plus en plus
larges pour l'égalité des genres, les droits des femmes, et les droits des
personnes LGBTQ+ (lesbiennes, gay, bisexuel, transgenre, queer, questioning et
« + » ce signe incluant toutes les autres identités de genre et
orientations sexuelles qui ne sont pas explicitement mentionnées dans
l'acronyme, comme les personnes intersexuées, asexuelles, pansexuelles, et
autres). Cette lutte vise à déconstruire les stéréotypes de genre, à promouvoir
une éducation et une socialisation sans biais de genre, et à encourager des
politiques publiques qui favorisent l'égalité et l'inclusion. Le terme LGBTQ+
est utilisé pour reconnaître et affirmer la diversité des identités et
orientations au sein de la société. Il souligne l'importance de la visibilité,
de l'acceptation et des droits des personnes qui ne s'identifient pas au modèle
hétéronormatif (c'est-à-dire l'idée que l'hétérosexualité est la seule
orientation sexuelle ou la seule normale) ou cisnormatif (c'est-à-dire l'idée
que l'identité de genre doit correspondre au sexe assigné à la naissance). Malheureusement,
il existe encore de nombreux pays dans le monde où les personnes LGBTQ+ sont
persécutées, discriminées, ou criminalisées. À titre d’exemple : Nigéria, Ouganda, Arabie Saoudite, Iran, Émirats arabes
unis, Yémen, Afghanistan, Pakistan, Brunei, Malaisie, Jamaïque, Barbade
(Caraïbes), Papouasie-Nouvelle-Guinée et peut-être d’autres encore.
- Orientation à long terme vs. Orientation à court terme (Long-Term Orientation vs. Short-Term Orientation - LTO) : Cette dimension mesure le degré auquel une culture valorise la persévérance et les récompenses futures par rapport au respect des traditions et des obligations présentes. Elle fait référence à la mesure dans laquelle les cultures encouragent le report de la gratification ou des besoins matériels, sociaux et émotionnels de leurs membres Ces sociétés ont donc tendance à se concentrer sur l’avenir d’une manière qui retarde le succès à court terme en faveur du succès à long terme. Les cultures avec une orientation à long terme planifient sur de longues périodes, valorisent l'épargne et la persévérance, la croissance à long terme et la capacité d’adaptation. Celles avec une orientation à court terme privilégient le respect des traditions et des normes sociales établies. L’orientation à court terme d’une société, en revanche, indique une focalisation sur l’avenir proche, implique une réussite ou une gratification à court terme et met davantage l’accent sur le présent que sur l’avenir. Le résultat final de cette orientation est l’accent mis sur les résultats rapides et le respect de la tradition. Les valeurs d’une société à court terme sont liées au passé et au présent et peuvent entraîner des dépenses effrénées, souvent en réponse à la pression sociale ou écologique. La Chine est un exemple typique de culture à long terme, tandis que les États-Unis sont davantage orientés à court terme.
- Indulgence vs. Restriction (Indulgence vs. Restraint - IVR) : Cette dimension examine la façon dont les sociétés gèrent la gratification des désirs humains. Elle considère l’étendue et la tendance d’une société à satisfaire ses désirs. En d’autres termes, cette dimension est une mesure du contrôle des impulsions et des désirs au sein de la société. Des niveaux élevés d’indulgence indiquent que la société permet une gratification relativement libre. Les cultures indulgentes permettent la libre satisfaction des besoins humains relatifs au plaisir et à la jouissance de la vie. Dans une société très indulgente, les gens peuvent avoir tendance à dépenser plus d’argent pour des produits de luxe et à jouir d’une plus grande liberté en ce qui concerne les activités de loisir. En revanche, les cultures de restriction régulent ces désirs à travers des normes sociales strictes. La retenue indique que la société tend à supprimer la satisfaction des besoins et à les réguler par des normes sociales. Dans une société restreinte, les gens sont plus susceptibles d’économiser de l’argent et de se concentrer sur les besoins pratiques.
Distance
hiérarchique (Power Distance Index – PDI : : Cette dimension
mesure le degré d'acceptation des inégalités de pouvoir au sein d'une société.
Dans les cultures avec une forte distance hiérarchique, les inégalités sont
acceptées comme normales, et le respect de l'autorité est fortement valorisé.
Dans les cultures avec une faible distance hiérarchique, l'égalité et la
décentralisation du pouvoir sont préférées. Ainsi les pays nordiques auraient
une distance faible.
Individualisme vs.
Collectivisme (IDV) : Cette dimension évalue l'importance accordée à l'individu
par rapport au groupe. Les cultures individualistes privilégient
l'indépendance, l'autonomie personnelle, et les accomplissements individuels.
Les cultures collectivistes mettent l'accent sur l'appartenance à un groupe,
l'interdépendance, et la loyauté envers le groupe. Les États-Unis et le
Royaume-Uni sont des exemples de sociétés très individualistes, tandis que des
pays comme la Chine et la Corée du Sud sont davantage collectivistes.
Les sociétés
individualistes mettent l’accent sur la réussite et les droits
individuels, en se concentrant sur les besoins de soi-même et de sa famille
proche. L’image de soi d’une personne dans cette catégorie est définie comme
« Je ». Ce « Je » est cerné par l’autonomie, l’individu se
sentant capable de prendre ses propres décisions, de tracer son propre chemin
et de gérer sa propre vie sans dépendre excessivement des autres. L'individu
est souvent tenu responsable de ses succès et de ses échecs. Il doit se prendre
en charge, tant sur le plan matériel que moral. L'individu a le droit de
poursuivre ses propres aspirations, parfois même au détriment des normes
collectives ou des attentes de la communauté. L'individualisme valorise
l'authenticité et la capacité de chaque personne à exprimer librement ses
pensées, ses sentiments et ses croyances. Il peut encourager la compétition
entre les individus, car chacun est encouragé à se démarquer et à maximiser ses
propres intérêts. Le "Je" cherche souvent à être reconnu pour ses
accomplissements individuels. La reconnaissance sociale, le succès
professionnel, et l'accomplissement personnel sont des objectifs importants
dans une société où l'individualisme est valorisé.
En revanche, les sociétés
collectivistes accordent une plus grande importance aux objectifs et au
bien-être du groupe, l’image de soi d’une personne dans cette catégorie étant
plus proche d’un « Nous ». » Enfin, la communication tend à être
plus directe dans les sociétés individualistes et plus indirecte dans les
sociétés collectivistes. Le "Nous" est prioritaire par rapport à
l'individu. Les besoins, les objectifs, et les intérêts du groupe priment sur
ceux des individus. Chaque membre de la société est encouragé à se voir comme
une partie intégrante d'un tout plus large, et à subordonner ses aspirations
personnelles à celles du groupe. Dans une société collectiviste, l'identité
individuelle est largement définie par l'appartenance au groupe. Les individus
se perçoivent avant tout comme membres d'une famille, d'une communauté, d'une
organisation, ou d'une nation. Le sens de soi est étroitement lié aux rôles
sociaux et aux relations avec les autres membres du groupe. Le "Nous"
implique une forte solidarité entre les membres du groupe. La coopération est
valorisée, et chacun est attendu à contribuer au bien-être collectif. Les
réussites sont souvent vues comme le résultat d'efforts communs plutôt que
d'accomplissements individuels, et les échecs sont également partagés au niveau
du groupe. Dans une société collectiviste, la responsabilité est partagée.
Plutôt que de se concentrer uniquement sur les actions individuelles, le groupe
assume collectivement la responsabilité du bien-être de ses membres. Cela se
traduit par un soutien mutuel, où l'entraide et le sacrifice personnel pour le
bien du groupe sont valorisés. Les relations sociales dans une société
collectiviste sont souvent structurées par des hiérarchies et des obligations
clairement définies. Le respect des aînés, des autorités, et des traditions
joue un rôle crucial. Les obligations envers la famille, la communauté ou
l'État sont souvent plus importantes que les désirs individuels. Le
"Nous" met en avant l'interdépendance des membres du groupe. Chacun
dépend des autres pour son bien-être et son succès, et il existe une
reconnaissance mutuelle de cette dépendance. Les liens sociaux sont donc très
forts, et il y a un grand sens de la loyauté et de l'engagement envers le
groupe.
Contrôle de l'incertitude (Uncertainty Avoidance Index -
UAI) : Cette dimension, encore connue sous la notion d’indice
d’évitement de l’incertitude, mesure le degré de tolérance face à l'incertitude
et l'ambiguïté. Les cultures avec un fort contrôle de l'incertitude préfèrent
des règles claires, la stabilité et évitent les risques. Cette dimension
reflète la mesure dans laquelle les membres d’une société tentent de faire face
à leur anxiété en réduisant l’incertitude au minimum. Dans sa forme la plus
simplifiée, l’évitement de l’incertitude fait référence à la menace que
représente le changement pour une culture. Un indice élevé d’évitement de
l’incertitude indique une faible tolérance à l’incertitude, à l’ambiguïté et à
la prise de risque. Les institutions et les individus de ces sociétés cherchent
à minimiser l’inconnu par des règles strictes, des règlements, etc. À
l’inverse, les personnes appartenant à des cultures à faible évitement de
l’incertitude acceptent et se sentent à l’aise dans des situations non
structurées ou des environnements changeants et essaient d’avoir le moins de règles
possibles. Cela signifie que les personnes appartenant à ces cultures ont
tendance à être plus tolérantes au changement. L’inconnu est plus ouvertement
accepté, et des règles et règlements moins stricts peuvent en découler.
Celles avec un faible contrôle sont
plus ouvertes à l'inconnu, prennent plus de risques, et sont plus tolérantes
face aux opinions divergentes. : La Grèce et le Japon ont un fort contrôle de
l'incertitude, tandis que Singapour et le Danemark ont un faible contrôle.
Masculinité vs.
Féminité (Masculinity vs. Femininity - MAS) : Cette dimension, également
connue sous le nom de différenciation des rôles de genre, différencie les
cultures selon la distribution des rôles sociaux entre les sexes. Elle décrit
la manière dont les sociétés attribuent des rôles, des comportements, des
responsabilités, et des attentes distincts aux individus en fonction de leur
genre, c'est-à-dire leur identification en tant qu'homme ou femme (ou dans
certains cas, d'autres identités de genre). Cette différenciation repose
souvent sur des normes culturelles et sociales qui définissent ce qui est
considéré comme "approprié" ou "typique" pour chaque genre.
Les rôles de genre prescrivent souvent des comportements et des fonctions
spécifiques aux hommes et aux femmes. Par exemple, dans de nombreuses cultures
traditionnelles, les hommes sont souvent associés à des rôles liés au travail
rémunéré, à la protection et à la prise de décisions, tandis que les femmes
sont davantage associées aux soins de la famille, à l'entretien du foyer et à
l'éducation des enfants. Les attentes sociales dictent comment les individus
doivent se comporter en fonction de leur genre. Cette différenciation est
souvent renforcée par des stéréotypes de genre, qui sont des généralisations
simplifiées sur les caractéristiques ou les aptitudes des hommes et des femmes.
La différenciation des rôles de genre peut entraîner des inégalités où les
rôles et les contributions des hommes sont valorisés différemment de ceux des
femmes. Cela peut se traduire par des disparités en termes de salaire, d'accès
aux opportunités professionnelles, de participation à la prise de décisions, ou
de reconnaissance sociale.
Mais les choses commencent à changer
dans certaines sociétés. Il y a par exemple en Europe une lutte contre le
gendering (désigne le processus par lequel les individus, les objets, les
comportements et les rôles sociaux sont associés ou assignés à un genre
spécifique, souvent de manière implicite ou explicite), mais pas tous pays
participent également à cette démarche d’égalité comme par exemple la Pologne
(influence de l’église catholique) ou la Hongrie qui soutient des rôles
de genre traditionnels, notamment en valorisant la famille
"traditionnelle" et en limitant les discussions sur le genre et la
sexualité dans les écoles. En Italie des stéréotypes de genre persistants
influencent encore les rôles domestiques et professionnels. Les femmes sont
souvent attendues de jouer un rôle central dans la gestion de la maison et de
la famille, même lorsqu'elles travaillent à l'extérieur.
Bien que les rôles de genre
traditionnels soient encore présents dans de nombreuses sociétés, il y a un
mouvement croissant vers l'égalité des genres, qui remet en question ces rôles
différenciés. La Suède et la Norvège semble être des plus actifs dans la lutte
contre le gendering. Dans les pays plus ouverts à l’anti-gendering, les femmes
participent de plus en plus à des domaines autrefois dominés par les hommes, et
les hommes prennent un rôle plus actif dans les tâches domestiques et les soins
aux enfants.
La compréhension contemporaine des
rôles de genre reconnaît également la diversité des identités de genre, au-delà
du binaire masculin-féminin. Cela inclut les personnes non-binaires,
transgenres, et d'autres identités qui ne correspondent pas nécessairement aux
rôles de genre traditionnels. En Europe il y a des mouvements de plus en plus
larges pour l'égalité des genres, les droits des femmes, et les droits des
personnes LGBTQ+ (lesbiennes, gay, bisexuel, transgenre, queer, questioning et
« + » ce signe incluant toutes les autres identités de genre et
orientations sexuelles qui ne sont pas explicitement mentionnées dans
l'acronyme, comme les personnes intersexuées, asexuelles, pansexuelles, et
autres). Cette lutte vise à déconstruire les stéréotypes de genre, à promouvoir
une éducation et une socialisation sans biais de genre, et à encourager des
politiques publiques qui favorisent l'égalité et l'inclusion. Le terme LGBTQ+
est utilisé pour reconnaître et affirmer la diversité des identités et
orientations au sein de la société. Il souligne l'importance de la visibilité,
de l'acceptation et des droits des personnes qui ne s'identifient pas au modèle
hétéronormatif (c'est-à-dire l'idée que l'hétérosexualité est la seule
orientation sexuelle ou la seule normale) ou cisnormatif (c'est-à-dire l'idée
que l'identité de genre doit correspondre au sexe assigné à la naissance). Malheureusement,
il existe encore de nombreux pays dans le monde où les personnes LGBTQ+ sont
persécutées, discriminées, ou criminalisées. À titre d’exemple : Nigéria, Ouganda, Arabie Saoudite, Iran, Émirats arabes
unis, Yémen, Afghanistan, Pakistan, Brunei, Malaisie, Jamaïque, Barbade
(Caraïbes), Papouasie-Nouvelle-Guinée et peut-être d’autres encore.
Orientation à long terme vs. Orientation à court terme (Long-Term Orientation vs. Short-Term Orientation - LTO) : Cette dimension mesure le degré auquel une culture valorise la persévérance et les récompenses futures par rapport au respect des traditions et des obligations présentes. Elle fait référence à la mesure dans laquelle les cultures encouragent le report de la gratification ou des besoins matériels, sociaux et émotionnels de leurs membres Ces sociétés ont donc tendance à se concentrer sur l’avenir d’une manière qui retarde le succès à court terme en faveur du succès à long terme. Les cultures avec une orientation à long terme planifient sur de longues périodes, valorisent l'épargne et la persévérance, la croissance à long terme et la capacité d’adaptation. Celles avec une orientation à court terme privilégient le respect des traditions et des normes sociales établies. L’orientation à court terme d’une société, en revanche, indique une focalisation sur l’avenir proche, implique une réussite ou une gratification à court terme et met davantage l’accent sur le présent que sur l’avenir. Le résultat final de cette orientation est l’accent mis sur les résultats rapides et le respect de la tradition. Les valeurs d’une société à court terme sont liées au passé et au présent et peuvent entraîner des dépenses effrénées, souvent en réponse à la pression sociale ou écologique.
Restraint - IVR) : Cette dimension examine la façon dont les sociétés gèrent la gratification des désirs humains. Elle considère l’étendue et la tendance d’une société à satisfaire ses désirs. En d’autres termes, cette dimension est une mesure du contrôle des impulsions et des désirs au sein de la société. Des niveaux élevés d’indulgence indiquent que la société permet une gratification relativement libre. Les cultures indulgentes permettent la libre satisfaction des besoins humains relatifs au plaisir et à la jouissance de la vie. Dans une société très indulgente, les gens peuvent avoir tendance à dépenser plus d’argent pour des produits de luxe et à jouir d’une plus grande liberté en ce qui concerne les activités de loisir. En revanche, les cultures de restriction régulent ces désirs à travers des normes sociales strictes. La retenue indique que la société tend à supprimer la satisfaction des besoins et à les réguler par des normes sociales. Dans une société restreinte, les gens sont plus susceptibles d’économiser de l’argent et de se concentrer sur les besoins pratiques.La Suède a une culture indulgente tandis que la Russie et la Chine ont une culture restrictive.
- Collectives : Les valeurs culturelles sont partagées par les membres d'un groupe ou d'une société. Elles ne sont pas uniquement le produit d'individus isolés, mais émergent de l'expérience collective et des interactions au sein de la communauté.
- Durables : Elles tendent à être stables sur le long terme, même
si elles peuvent évoluer avec le temps. Elles forment le fondement de la
culture et sont souvent ancrées dans les traditions, les croyances religieuses,
et les systèmes de pensée.
- Elle constituent des guides de comportement : Les valeurs culturelles influencent les comportements et les décisions des individus. Elles déterminent ce qui est considéré comme acceptable ou inacceptable, important ou secondaire, juste ou injuste au sein d'une culture.
- Contextuelles : Elles varient d'une culture à
l'autre. Ce qui est valorisé dans une culture peut ne pas l'être dans une
autre. Par exemple, l'individualisme est une valeur centrale dans de nombreuses
cultures occidentales, tandis que le collectivisme est plus valorisé dans de
nombreuses cultures asiatiques.
- Abstraites : Les valeurs culturelles sont des
concepts abstraits, comme la liberté, l'égalité, la solidarité, l'honneur, la
famille, ou la réussite et autres encore. Elles ne se manifestent pas
directement, mais à travers les comportements, les symboles, les normes et les
institutions.
Les valeurs culturelles jouent un rôle crucial dans la
cohésion sociale, l'identité collective, et la transmission des normes
sociales. Elles influencent les politiques publiques, les lois, les systèmes
éducatifs, et les pratiques commerciales. Dans un contexte interculturel,
comprendre les valeurs culturelles d'une autre société est essentiel pour
éviter les malentendus, renforcer la coopération et favoriser des interactions
respectueuses et efficaces. En somme, les valeurs culturelles sont les piliers
invisibles mais puissants qui façonnent la vie quotidienne des individus au
sein de leurs sociétés, influençant tout, des choix personnels aux structures
sociales et aux relations internationales.
La théorie de Hofstede est largement
utilisée pour comprendre comment les différences culturelles peuvent influencer
divers aspects de la vie.
Rappelons encore les recherches du
psychologue social Shalom H. Schwartz et de
ses collègues qui ont identifié 19 valeurs individuelles fondamentales
qui, selon leur théorie, incluraient l'ensemble des valeurs et seraient
universelles (se retrouveraient dans toutes les sociétés). Ce modèle a été
traité dans l’article « Plaisir et bonheur ».
Peter Stockinger aborde le problème
des valeurs culturelles et élargit les dimensions. Voici le résumé de sa
démarche : « Dans cet
article, nous explorons la problématique des valeurs culturelles que sont des
objets au sens le plus large du terme formant le cadre de référence aux
agissements d’un acteur humain ou anthropomorphe (personne, groupe social,
institution, personnage de fiction, …). Ce sont des objets aussi bien matériels
que symboliques, inanimés ou animés, naturels ou artificiels (au sens de produits,
de réalisations) qui servent de normes, de traditions, de visions partagées, de
pensées de groupe, de doctrines, de savoir-faire (de « bonnes pratiques »),
d’exemples (au sens d’exemplum), de textes de référence, de récits de
référence, etc. La fonction principale de ces « objets » lato sensu est de
former l’identité (toujours mouvante) d’un acteur (individuel ou collectif)
comprise à la fois comme une position dans un espace social qui constitue
l’environnement (la « Umwelt ») de l’acteur et comme une frontière (une «
interface ») par rapport aux autres acteurs. L’acteur occupe et organise un
territoire (pas exclusivement physique) qui lui est propre et qu’on appelle
monde de vie. En se référant à, en « utilisant » les objets comme standards
dans son faire (dans sa pratique), l’acteur crée, produit « son » monde – aussi
bien matériel que symbolique, social qu’historique. En même temps, les objets
composant les valeurs culturelles de l’acteur, lui permettent une certaine
image, crée, produit une certaine expression de lui (de sa « vie intérieure »).
Cette « image » analogiquement parlant correspond à ce que le sociologue Ervin
Goffman a appelé la face sociale, la face sociale étant à la fois la frontière
séparant un acteur d’autres acteurs et l’interface au sens d’un texte vivant et
multi-sensoriel qui exprime, qui s’exprime d’une manière plus ou moins
appropriée aux contextes spécifiques.
Dont acte😊
Les dimensions des différents modèles,
tous pertinents dans l’analyse de la constitution des mentalités individuelles
et collectives, ne tiennent cependant pas compte d’autres domaines de la
culture pouvant certainement influencer la construction d’un art de vivre. En
effet, un contact plus poussé avec certains domaines de la culture a de fortes
chances de pousser les démarches et les efforts dans certaines directions en ce
qui concerne l’élaboration d’un art de vivre. On peut s’imaginer qu’un enfant
vivant dans une famille de musiciens aura peut-être une autre orientation de
son art de vivre que le fils d’un sportif connu ou d’un écrivain ou autre. Mais
toutes les personnes n’ont pas la chance de baigner très tôt dans un milieu
culturel riche et d’avoir les moyens pour explorer plus ou moins en profondeur
certains domaines. En principe, les contacts avec les domaines de la culture
devraient enrichir et diversifier le vécu personnel, à moins d’avoir acquis,
peut-être malgré soi, une mentalité restreinte et fermée. Cela vaut la peine de
présenter une certaine structure (il y en a certainement d’autres) des domaines
de la culture. Voici quelques-uns des principaux domaines entrant dans la
culture :
La culture est un concept très large
qui englobe une variété de domaines et d'aspects de la vie humaine. Voici
quelques-uns des principaux domaines entrant dans la culture :
- Arts :
- Arts visuels : peinture,
sculpture, photographie, cinéma, architecture.
- Arts du spectacle : théâtre,
danse, musique, opéra.
- Littérature : poésie,
roman, essai, bande dessinée.
- Cinéma et audiovisuel : films,
documentaires, séries, vidéos.
- Langue et linguistique : Langues
parlées, écriture, dialectes, linguistique.
- Traditions et coutumes : Rituels,
fêtes, célébrations, pratiques religieuses, coutumes locales.
- Autres ?
- Patrimoine
- Patrimoine matériel : monuments, sites
archéologiques, musées.
- Patrimoine immatériel : savoir-faire, légendes,
contes, musique traditionnelle.
- Éducation et connaissances : Systèmes
éducatifs, philosophies, sciences humaines et sociales, histoire.
- Valeurs et croyances : Valeurs
morales, idéologies, systèmes de croyances, religions.
- Mode de vie :
Alimentation, habillement, habitation, modes de vie quotidienne.
- Communication et médias : Presse,
médias numériques, réseaux sociaux, radio, télévision.
- Sciences et technologies : Innovations
scientifiques, technologies, développement technique.
- Sports et loisirs : Sports,
jeux, loisirs, activités de plein air.
- Économie et travail : Métiers,
artisanat, commerce, économie, etc.
- Autres ?
Ces domaines interagissent souvent
entre eux et contribuent ensemble à façonner l'identité culturelle d'une
société.
Nous voudrions approfondir un peu les relations entre la
mentalité et les beaux-arts. Est-ce que l'art influence la mentalité ou
vice-versa ? Je pense qu’on peut affirmer que l’art et la mentalité
s'influencent mutuellement de plusieurs façons.
- Ainsi, les œuvres d'art peuvent modeler les attitudes et les comportements des individus et des groupes. Par exemple, un film ou une œuvre littéraire qui explore des thèmes comme l'égalité ou la justice peut sensibiliser le public à ces questions et influencer les attitudes sociales.
- Les artistes peuvent introduire de nouveaux idéaux et valeurs à travers leurs œuvres. Le mouvement impressionniste a bouleversé les conventions artistiques établies et a ouvert la voie à de nouvelles manières de percevoir et d'apprécier la réalité, influençant ainsi la manière dont les gens voient le monde.
- L'art peut inspirer les gens à réfléchir différemment sur leur propre vie et leur société. Par exemple, les œuvres d'art engagées politiquement peuvent encourager les spectateurs à s'impliquer davantage dans les questions sociales et politiques.
- L'art est souvent un reflet des valeurs, des croyances et des préoccupations d'une époque. Les artistes s'inspirent des contextes sociaux, politiques et culturels dans lesquels ils vivent, ce qui influence le contenu et la forme de leurs œuvres.
- Les changements dans la mentalité collective peuvent se traduire par de nouveaux styles et mouvements artistiques. Par exemple, l'art moderne a émergé en réponse aux changements sociaux et technologiques du début du XXe siècle, reflétant une nouvelle vision du monde.
- Les normes et les attentes culturelles influencent également la production artistique. Les artistes travaillent souvent dans le cadre des conventions et des tendances de leur époque, ce qui façonne le type d'art qui est produit et comment il est reçu.
L'art et la mentalité se nourrissent l'un de l'autre. Les
œuvres d'art peuvent influencer la manière dont les gens pensent et ressentent,
tout en étant également façonnées par les attitudes, les croyances et les
circonstances de leur époque. Cette interaction dynamique fait partie de la
richesse et de la complexité de la relation entre l'art et la société.
Par ailleurs, il est possible d'inférer certains aspects
de la mentalité d'une époque et d'une nation à partir de l'analyse de ses arts.
Les arts reflètent souvent les valeurs, les préoccupations, les croyances et
les attitudes d'une société à un moment donné. Voici quelques façons dont
l'analyse des arts peut révéler la mentalité d'une époque :
- Valeurs et croyances : Les œuvres
artistiques peuvent illustrer les valeurs culturelles et les croyances
dominantes d'une époque. Par exemple, l'art de la Renaissance européenne est
souvent associé à un humanisme croissant, à la redécouverte des valeurs
antiques et à une préoccupation pour la nature humaine et la science.
- Réactions aux événements historiques : Les
œuvres artistiques peuvent également refléter les réactions des sociétés face à
des événements historiques majeurs, comme les guerres, les révolutions ou les
changements sociaux. Par exemple, l'art expressionniste du début du XXe siècle
en Allemagne peut être vu comme une réponse aux bouleversements sociaux et
politiques de l'époque.
- Normes et idéaux esthétiques : L'évolution des
styles et des formes artistiques peut indiquer des changements dans les idéaux
esthétiques et les normes sociales. Les changements dans les styles artistiques
peuvent révéler des modifications dans les perceptions de la beauté, de la moralité
et de la société.
- Conflits et tensions : Les œuvres d'art
peuvent également exprimer des tensions sociales, politiques ou économiques.
Par exemple, le surréalisme du XXe siècle a souvent abordé des thèmes de
rébellion contre les normes établies et les conventions sociales.
- Identité culturelle : Les arts jouent un rôle clé dans la formation et la préservation de l'identité culturelle. Les artistes peuvent explorer et célébrer des aspects spécifiques de leur culture, ce qui permet de mieux comprendre les aspects essentiels de cette culture et de son époque.
Cependant, il est important de noter que l'art ne donne
qu'un aperçu partiel et parfois subjectif de la mentalité d'une époque. Les
œuvres d'art sont créées par des individus et peuvent refléter des perspectives
diverses, parfois contradictoires. Pour obtenir une compréhension complète, il
est souvent nécessaire de combiner l'analyse des arts avec d'autres sources
historiques et sociales.
On peut aussi observer des tensions
entre certaines mentalités et certaines orientations de l’art. À titre
d’exemple, il me semble probable qu’une mentalité conservatrice ne soit pas
en harmonie avec le néo-expressionisme. Ainsi, le néo-expressionnisme,
avec son approche souvent provocatrice et ses thèmes dérangeants, peut entrer
en conflit avec une mentalité conservatrice qui valorise l'ordre et la
stabilité. Par ailleurs, certaines œuvres néo-expressionnistes pourraient être
perçues comme une critique des valeurs conservatrices, notamment lorsqu'elles abordent
des thèmes sociaux ou politiques de manière critique. Les néo-expressionnistes
reviennent à la peinture figurative, en adoptant un style violemment émotif, et
une iconographie volontairement provocatrice.
Jean-Michel Basquiat : 1981
Fishing
Ou
David Lynch : Two tongue Johnny, 2012
ChatGPT : « Interpréter le tableau "Two Tongue
Johnny" de David Lynch
demande une compréhension de l'univers singulier de l'artiste, connu pour ses
œuvres souvent énigmatiques et dérangeantes. Voici quelques pistes
d'interprétation basées sur les thématiques récurrentes dans son travail :
1. Ambiguïté et Dissonance : Le tableau pourrait représenter une figure ou un
personnage marqué par une dualité intérieure, symbolisée par les deux langues.
Cette image pourrait suggérer un conflit entre deux facettes de l'identité ou
deux forces opposées. Les deux langues peuvent évoquer une lutte entre dire la
vérité et mentir, ou entre deux impulsions contradictoires.
2. Le Corps Déformé : Lynch explore fréquemment des représentations du corps
humain altéré ou grotesque, symbolisant des tensions psychologiques profondes.
Dans "Two Tongue Johnny", la déformation du visage ou l'ajout
d'éléments anormaux, comme les deux langues, pourrait refléter une perturbation
mentale ou émotionnelle, une sorte de désintégration de l'ego.
3. Inquiétante Étrangeté : Lynch aime jouer avec l'étrangeté du quotidien, créant
des images à la fois familières et perturbantes. Le personnage de "Two
Tongue Johnny" pourrait incarner cette idée d'une présence à la fois
humaine et monstrueuse, qui met mal à l'aise parce qu'elle défie les attentes
de normalité.
4. Critique Sociale ou Psychologique : Les œuvres de Lynch contiennent souvent des
commentaires implicites sur la société ou la condition humaine. Les deux
langues pourraient symboliser la duplicité sociale, l'hypocrisie ou la
difficulté à communiquer sincèrement dans un monde complexe et ambigu.
5. Influences Surréalistes : L'imagerie de Lynch est souvent influencée par le surréalisme,
qui cherche à représenter l'irrationnel et le subconscient. "Two Tongue
Johnny" pourrait être une manifestation visuelle de pensées ou de
sentiments refoulés, échappant aux règles de la logique et de la réalité
conventionnelle.
En
résumé, "Two Tongue Johnny" est une œuvre qui invite à une réflexion
sur la complexité de l'identité, la communication, et les tensions internes qui
peuvent déformer notre perception de nous-mêmes et des autres. Le tableau se
prête à des interprétations multiples, chaque spectateur pouvant y projeter ses
propres inquiétudes ou questionnements. »
Il est intéressant de poursuivre par
un questionnement du surréalisme dont le message cadre bien avec des idées
émergentes de son époque. Une telle interrogation montre bien l’impact d’une
nouvelle orientation artistique sur le contexte sociétaire d’une époque Le
surréalisme s’inscrit dans un mouvement de libération des années 1920. Son
objectif principal est de libérer l'esprit humain des contraintes imposées par
la société, la logique, la morale et les conventions culturelles. Voici comment
le surréalisme participe à cette dynamique de libération (ChatGPT) :
1. « Libération de l'inconscient : Le surréalisme cherche à donner la parole à
l'inconscient, une partie de l'esprit que les surréalistes considèrent comme
réprimée par les normes sociales et la rationalité. En explorant les rêves, les
fantasmes et les pensées irrationnelles, les surréalistes entendent libérer
l'imagination des contraintes logiques et morales, permettant ainsi une
expression plus authentique et spontanée de l'individu.
2. Rébellion contre les normes sociales : Le surréalisme est profondément subversif, cherchant à
remettre en question et à renverser les normes sociales et culturelles
établies. En perturbant les catégories traditionnelles de l'art et de la
pensée, les surréalistes visent à provoquer une prise de conscience et à
encourager une révolte contre les structures oppressives de la société. Le
surréalisme cherche donc à explorer et à exprimer les profondeurs de
l'inconscient, une dimension de l'esprit humain qui échappe à la rationalité.
Influencé par les théories de Sigmund Freud, le mouvement surréaliste valorise
les rêves, les fantasmes, et les pensées irrationnelles comme des sources
d'inspiration authentiques.
3. Libération de la créativité : Les techniques surréalistes, comme l'écriture
automatique, le collage et le cadavre exquis, sont conçues pour libérer la
créativité des contraintes imposées par la logique et la raison. Ces méthodes
permettent aux artistes et écrivains de se connecter à des sources
d'inspiration plus profondes et moins conventionnelles, ouvrant ainsi de
nouvelles voies d'expression artistique. Pour les
surréalistes, l'acte créatif doit être libéré des conventions sociales et des
restrictions imposées par la logique. Ils prônent une forme
d'art spontané.
4. Union du rêve et de la réalité : En cherchant à fusionner le monde du rêve avec celui
de la réalité, le surréalisme vise à créer une "surréalité" qui
dépasse les limitations du quotidien. Cette démarche est une forme de
libération de la pensée, qui refuse de se soumettre aux dichotomies
traditionnelles entre le réel et l'irréel, le conscient et l'inconscient. L'un
des objectifs du surréalisme est de fusionner le monde du rêve et celui de la
réalité, créant ainsi une "surréalité" où les opposés se rejoignent.
Cela se traduit souvent par des images ou des situations paradoxales, où le
réel et l'irréel se mélangent de manière inattendue.
5. Engagement politique : Certains surréalistes, comme André Breton, le
fondateur du mouvement, ont également vu le surréalisme comme une forme de
révolution sociale et politique. Ils ont cherché à associer l'art à une
transformation radicale de la société, inspirée par des idéaux libertaires et
parfois marxistes, dans le but de libérer l'humanité des oppressions
économiques et politiques.
6. Libération sexuelle : Le surréalisme prône également une libération des
mœurs, en particulier dans le domaine de la sexualité. En explorant les désirs,
les fantasmes et l'érotisme, les surréalistes défient les tabous et les
conventions morales, affirmant le droit à une expression libre et sans censure
des pulsions humaines.
7. Révolution intérieure et extérieure : Le surréalisme n'est pas seulement un mouvement
artistique, mais aussi une philosophie de vie qui prône la transformation
intérieure des individus. Cette transformation passe par la rébellion contre
les contraintes mentales et matérielles, avec l'espoir d'une révolution plus
large dans la société.
8. L'amour et le désir comme forces motrices : L'amour, et en particulier l'amour fou, est central
dans la pensée surréaliste. Il est vu comme une force libératrice qui permet de
transcender les limites du quotidien et de découvrir de nouvelles dimensions de
l'existence.
En
somme, le surréalisme est bien plus qu'un simple courant artistique ; c'est un
mouvement de libération globale, visant à émanciper l'esprit humain des
diverses formes de répression, qu'elles soient internes ou externes, mentales
ou sociales. Il invite à une reconfiguration radicale de la perception, de la
pensée, et de la société. »
Dans un autre courant artistique, Jane
Kallir (galeriste, historienne de l’art et auteur) parle d’onanisme
pictural qui est à ranger dans les courant expressionniste et moderniste. On
peut prendre à titre d’exemple Schiele.
Wikipédia : « Schiele, cet « observateur maniaque de
sa propre personne paraît en quête de lui-même : sur certains
tableaux il se dédouble, sur d'autres il peint seulement son visage, ses mains,
ses jambes, ou des membres amputés, sur d'autres encore il est en pleine érection. Ses autoportraits nus semblent enregistrer ses pulsions à la manière d'un sismographe. Narcissisme, voire exhibitionnisme, efforts pour canaliser ses démons érotiques dans une
société répressive : mais, comme dans ses lettres et poèmes ésotériques, sa préoccupation majeure serait l'expérience de
son moi, de sa spiritualité, de son être
au monde »
Schiele :
Autoportraits se masturbant :
Schiele s’intéresse à l’homme et à ses
tourments. Son premier sujet, c'est lui. Viennent ensuite les fous et les
femmes: ses modèles, ses maîtresses, mais aussi des enfants ou des prostituées.
Ses autoportraits le représentent, au sens propre et figuré, comme un écorché
vif. La couleur de la peau est celle d'une chair en décomposition. Plus encore
que les courbes ou les muscles, Schiele s'attarde sur les nerfs, cordes de
douleur, et les lignes de torsions du corps. Des cheveux fous, un regard
fiévreux, de longues mains tordues aux articulations enflées, un corps sec à la
peau parcheminée, l'artiste accepte et renvoie une terrible image de lui.
La mentalité d'Egon Schiele peut donc être vue comme celle d'un artiste
profondément introspectif, provocateur, et obsédé par les réalités les plus
intimes et souvent sombres de l'existence humaine. Son œuvre reflète une lutte
constante pour comprendre et exprimer les complexités de l'âme humaine, en
dépit des normes et des attentes de la société de son temps. L'œuvre de Schiele
est profondément introspective et explore des thèmes tels que l'identité, la
mort, l'isolement, et la sexualité. Son approche a ouvert la voie à des
artistes et des mouvements qui ont cherché à exprimer les dimensions
psychologiques et émotionnelles de l'existence humaine, comme les surréalistes
et certains artistes contemporains. Schiele a inspiré de nombreux artistes
modernistes par son audace et son non-conformisme. Son influence se fait sentir
chez des artistes comme Francis Bacon, qui a également exploré la déformation
du corps et les thèmes de la souffrance et de l'aliénation. De nombreux
artistes contemporains continuent d'explorer les thèmes chers à Schiele,
notamment la vulnérabilité humaine et la complexité des émotions. Les œuvres de Schiele, souvent
marquées par une sexualité crue et sans fard, ont contribué à redéfinir l'art
érotique. Son approche directe et parfois choquante de la sexualité a permis de
repousser les limites de ce qui pouvait être représenté dans l'art, influençant
des artistes qui ont exploré des sujets similaires avec une franchise
comparable.
Il est donc tout à fait plausible que
les beaux-arts peuvent influencer la formation de la mentalité individuelle sur
plusieurs plans en agissant sur les perceptions esthétiques, les valeurs,
les émotions, et l'identité personnelle, tout en stimulant la réflexion
critique et la conscience sociale.
À l’inverse, les beaux-arts, en tant
qu'expression artistique et culturelle, sont un miroir puissant des valeurs,
des croyances et des idées d'une société. Analyser les œuvres d'art, telles que
la peinture, la sculpture, l'architecture, la musique, et la littérature, permet
de comprendre les valeurs culturelles qui sous-tendent une époque ou un groupe
spécifique. Les beaux-arts
offrent donc une fenêtre précieuse sur les valeurs culturelles, permettant une
analyse à travers diverses expressions artistiques. Toutefois, il est crucial
de contextualiser ces œuvres pour comprendre pleinement les valeurs qu'elles
véhiculent. Ainsi, les beaux-arts ne sont pas seulement un reflet passif des
valeurs culturelles, mais aussi un outil actif de critique, de transmission, et
de transformation de ces valeurs.
On peut se demander si littérature,
par sa forme, ne serait pas spécialement destinée pour former et/ou représenter
les valeurs culturelles d’une époque ? La littérature ne raconte pas
seulement des histoires. Elle peut avoir encore d’autres fonctions comme
une fonction esthétique, une fonction cognitive et éducative (un puissant outil
de connaissance), une fonction morale et éthique, une fonction sociale et
politique, une fonction de divertissement, une fonction thérapeutique, une
fonction expérimentale, une fonction mémorielle et autres.
Ainsi le roman Les misérables
de Victor Hugo dépeint les luttes sociales et économiques de la France du XIXe
siècle. L’auteur y expose les injustices sociales, la pauvreté et la misère
tout en explorant des thèmes comme la rédemption, la justice et l'amour.
L’œuvre Germinal de Zola cherchait
à représenter la réalité sociale de manière objective et scientifique. Ce roman
se concentre sur les conditions de vie des mineurs dans le nord de la France et
dénonce les injustices sociales, les luttes de classe et les conditions de
travail déplorables. Il reflète la montée des idées socialistes et les tensions
sociales de l'époque.
Le roman 1984 d’Orwell reflète
les craintes profondes de l'époque concernant le totalitarisme, la surveillance
de masse et la manipulation des faits par l'État. Écrit dans le contexte de la
montée des régimes totalitaires en Europe, ce roman est une critique virulente
des dangers du pouvoir absolu et de la suppression des libertés individuelles.
Les idées d’Orwell sont absolument applicables à la Chine d’aujourd’hui qui
devient de plus en plus une dystopie. Rappelons qu’une dystopie est un genre de
récit, souvent présent dans la littérature, le cinéma, et la télévision, qui
dépeint une société imaginaire dans laquelle les conditions de vie sont
extrêmement mauvaises ou oppressives. Cette société est généralement
caractérisée par un gouvernement autoritaire, un contrôle social rigide, une
absence de liberté individuelle ou une dégradation sévère des conditions
environnementales, sociales ou économiques. Ainsi, le romain 1984 de George Orwell et la
Chine actuelle présentent plusieurs parallèles : surveillance de masse, contrôle
de l'information, propagande et endoctrinement, répression de la dissidence, contrôle
social et de la conformité ainsi que la manipulation de la réalité.
Ainsi, la littérature est
effectivement un puissant vecteur de représentation et de transmission des
valeurs culturelles d'une époque. Elle joue un rôle crucial dans
l'imprégnation des mentalités en influençant les pensées, les attitudes et les
croyances des gens. Toutefois, elle va au-delà de cette fonction, en offrant aussi
une critique des valeurs établies, en conservant la mémoire collective et en
proposant de nouvelles visions du monde. Par conséquent, la littérature est à
la fois un miroir de la société et un moteur de changement social et culturel.
Les amateurs de littérature trouvent
certainement des inspirations lors de l’élaboration de leur art de vivre. Cela
dépend évidemment du choix de leur lecture. Mais il y a de fortes chances que
la lecture puisse provoquer des changements de mentalité du lecteur selon les
œuvres choisies ou du moins l’inciter à réfléchir à certains aspects, sachant que
la réflexion peut être un puissant outil de changement personnel.
La littérature, en relation avec les
valeurs culturelles et les mentalités individuelles, pourrait constituer une
recherche importante en soi. Mais tel n’est pas le sujet principal de cet
article.
La mentalité n’est pas seulement une
description d’un état d’esprit, une manière de penser ou d’aborder les
situations, mais elle remplit aussi plusieurs fonctions qui influencent
les comportements, les décisions, la pensée et réflexion, les interactions et
autres aspects de la vie. Ainsi elle guide les actions en influençant la façon
dont une personne perçoit les situations et prend des décisions. La mentalité
agit aussi comme un filtre cognitif qui détermine quelles informations sont
perçues comme importantes ou pertinentes. La mentalité affecte également la
façon dont une personne interagit avec les autres. Une mentalité ouverte et/ou
de croissance encourage la curiosité, la créativité et l'amélioration continue.
Cet aspect est essentiel pour le développement personnel, car il incite à
acquérir de nouvelles compétences et à s'adapter aux changements. Finalement,
la mentalité contribue à la formation de l'image de soi (voir à ce sujet les articles :
image de soi et preuve de l’existence, image de soi et société du spectacle, auto-perception
et image de soi) et de la vision du monde. Ces fonctions ont certainement leur
utilité dans l’élaboration d’un art de vivre.
Malgré toutes les informations
recueillies, j’ai toujours l’impression que la notion de mentalité
m’échappe dans une certaine mesure et reste en partie fuyante. Alors je
m’essaie à un autre essai de clarification, et cela risque de ne pas être le
dernier : La mentalité est un facteur de prise de décision descriptif et
de synthèse, presque de nature holistique pour gérer d’une certaine manière une
situation donnée. Il se construit sur base de processus mentaux et donc
neuronaux ayant leur origine dans le vécu personnel et en puisant, par l’intervention
de l’hippocampe, des informations pertinentes stockées dans la mémoire à long
terme. L’opération mentale est de taille car tous les facteurs et processus
pour « définir » à un moment donné la mentalité sont très nombreux.
Rappelons que l’'hippocampe joue un
rôle crucial dans la formation, l'organisation et la récupération des
souvenirs. Il agit comme un hub où les informations sont temporairement
stockées avant d'être consolidées dans des régions spécifiques du cortex
cérébral pour un stockage à long terme. Lorsqu'une opération mentale spécifique
est exécutée (comme se souvenir d'un événement particulier ou apprendre une
nouvelle information), l'hippocampe aide à sélectionner et à récupérer les
informations pertinentes en fonction de plusieurs facteurs : pertinence
contextuelle, association sémantique, importance émotionnelle, répétition et
renforcement des informations et priorité cognitive.
Si je vois tout cet amalgame en œuvre
dans le travail de la mentalité, avec très peu d’informations et d’opérations
conscientes, est-ce que je dois me considérer comme une victime de ma mentalité
ou est-ce que je peux y remédier dans une certaine mesure. Est-ce que
l’adoption d’un art de vivre, évolutif car tout change, peut contribuer à une
évolution de ma mentalité.
- Pensées négatives répétées /
répétitives ("Répétitif" qualifie quelque chose qui
se caractérise par des répétitions fréquentes, souvent avec une connotation
d'ennui ou de monotonie en se concentrant sur ce qui ne va pas ou en
s’attendant toujours au pire.
- Auto-sabotage : on a une
tendance qui empêche à accomplir des choses, à procrastiner ou à abandonner
rapidement dès que quelque chose devient difficile.
- Attitude défaitiste : on
accepte la défaite avant même de commencer ou on se dit souvent "à quoi
bon essayer » ?
- Critique Excessive de Soi et des
Autres : Être excessivement critique envers vous-même ou
envers les autres peut être un signe que vous avez une mentalité négative ou
rigide. Cela peut vous empêcher de voir le bon côté des choses ou d'accepter
les erreurs comme des opportunités d'apprentissage.
- Manque de Motivation et de But : Si vous
vous sentez constamment démotivé, sans direction claire, ou si vous avez
l'impression de tourner en rond sans jamais avancer, cela peut indiquer que
votre mentalité est bloquée dans un état de stagnation.
- Tendance à Blâmer les Autres : Si vous
avez tendance à toujours blâmer les autres ou les circonstances extérieures
pour vos problèmes, sans jamais regarder ce que vous pourriez changer en
vous-même, cela peut révéler une mentalité victimaire ou irresponsable.
- Peu de Résilience face aux
Difficultés : Si chaque obstacle ou défi vous semble insurmontable et
que vous abandonnez facilement, cela peut être un signe que votre mentalité est
trop fragile ou que vous manquez de résilience.
- Relations Toxiques ou Conflictuelles :
Si vous remarquez que vos relations sont souvent tendues, pleines de
conflits ou de ressentiments, cela peut être un signe que votre mentalité
contribue à un environnement toxique.
- Croyances Limitantes : Des
croyances telles que "je ne suis pas assez bon", "je n'y
arriverai jamais", ou "je suis destiné à échouer" sont des
signaux clairs d'une mentalité qui vous freine.
- Résistance au Changement : Une forte
résistance à toute forme de changement ou d'évolution peut être le signe d'une
mentalité rigide, qui a peur de l'inconnu ou qui s'accroche aux zones de
confort même si elles ne sont pas bénéfiques.
- Sentiment de Vide ou de
Non-Satisfaction Permanente : Si vous avez l'impression que rien ne
vous satisfait vraiment, que vous n'êtes jamais heureux, ou que vous êtes
constamment à la recherche de quelque chose de plus sans jamais vous sentir
comblé, cela peut être un signe que votre mentalité vous empêche de trouver la
paix intérieure.
- Autres ? (certainement)
Les raisons pour lesquelles on
voudrait changer sa mentalité peuvent être nombreuses : surmonter
des limites personnelles, améliorer la qualité de vie, faire face aux
changements, atteindre ses objectifs, réduire le stress et l’anxiété, améliorer
les relations, accroître la résilience, promouvoir le développement personnel,
éviter la stagnation, cultiver la paix intérieure et bien d’autres encore.
Si je veux changer ma mentalité, je
dois changer moi-même et je sais que c’est chose difficile avec peu de
chances de réussir : « chasser le naturel et il revient au
galop ». Ce n’est pas pour rien que nos sociétés manquent-de thérapeutes face
à une demande croissante. Changer sa mentalité, ou son état d'esprit, est un
processus de transformation interne qui nécessite du temps, de la réflexion et
des efforts conscients. Il est fort possible qu’on n’arrive pas à changer
grande chose, malgré tous les efforts entrepris. Pour commencer, il faudrait
essayer de reconnaître et à comprendre les croyances et les schémas de pensée
qui constituent la propre mentalité actuelle. Il faudra évaluer alors ce qui ne
va pas. Une nouvelle étape consistera à définir les changements qu’on voudrait
mettre en place et être prêt à ces changements. Selon l’envergure des
changements nécessaires, cette décision ne sera pas aisée. Il faudra éliminer
les pensées négatives et limitantes pour adopter des croyances plus
constructives. Selon la situation il faudrait changer éventuellement son
environnement, chose difficile, si on doit opérer une rupture totale. Il faudra
encore mettre en place de nouvelles habitudes et comportements qui permettent
de renforcer les changements envisagés. Le changement de mentalité peut être
inconfortable, car il force à sortir de la zone de confort. Dans ce parcours,
il faudra éviter de se comparer de manière négative aux autres et se concentrer
plutôt sur son propre cheminement( « Lao Tseu : Le but n’est pas
le but, c’est la voie » ?). Entreprendre un changement personnel
est un processus de longue haleine nécessitant de la persévérance sans faillir
aux motivations. Du soutien extérieur peut s’avérer nécessaire car il est fort
probable que les propres mécanismes de défense vont entrer en action malgré la
volonté d’un changement. N’oublions pas que nos mécanismes de défense
sont des stratégies psychologiques inconscientes utilisées par l'individu pour
protéger le "moi" (ou "ego") contre des pensées, des
sentiments ou des réalités qui sont perçus comme menaçants ou stressants. Ces
mécanismes ont pour but de préserver l'intégrité psychique du "moi"
en réduisant l'anxiété et en maintenant l'équilibre émotionnel. Les mécanismes
de défense agissent pour réduire ou éviter l'anxiété qui pourrait survenir si
l'individu était confronté directement à des pensées ou émotions inconfortables.
Certains mécanismes de défense, comme le refoulement ou la rationalisation
aident à préserver une image de soi cohérente et stable. Si une situation ou
une émotion menace cette image, ces mécanismes interviennent pour minimiser
l'impact de la menace. Par ailleurs, la sublimation permet de canaliser
des pulsions potentiellement destructrices en activités socialement
acceptables. Le "moi" utilise encore les mécanismes de défense pour
protéger l'estime de soi contre les menaces. Le déni, par exemple, peut
être utilisé pour rejeter la réalité d'une situation difficile, maintenant
ainsi une illusion de contrôle ou de bien-être. Mais les mécanismes de défense
ne sont pas toujours négatifs. Ils peuvent aussi jouer un rôle adaptatif en
permettant à l'individu de fonctionner malgré des situations difficiles. Par
exemple, l'humour est un mécanisme de défense qui permet de faire face
aux situations stressantes en les transformant en quelque chose de plus
gérable. La plupart des mécanismes de défense opèrent de manière inconsciente,
ce qui signifie que l'individu n'est pas toujours conscient de leur activation
ou de leur rôle dans la protection du "moi". Cela peut rendre ces
mécanismes difficiles à identifier et à changer, même s'ils ne sont plus
adaptés.
Même si on sait que des choses ne vont
pas, il y a des risques qu’on n’arrive pas à se dépasser pour les
surmonter. On peut avoir des peurs inconscientes comme la peur de
l’échec ou la peur du changement. On peut cependant ressentir que quelque chose
ne va pas, mais on n’est pas à même d’identifier clairement ce malaise, donc ne
sachant pas d’emblée comment les corriger. Le manque de clarté ou
d'objectifs spécifiques peut donc rendre difficile la mise en œuvre de
changements. Il se peut aussi qu’on manque de motivation à cause d’une
fatigue mentale ou émotionnelle, une dépression ou un manque d’une vision
claire des bénéfices du changement. On peut par ailleurs être limité dans
ses croyances avec des pensées comme "je ne peux pas changer",
"c'est trop difficile", ou "je suis condamné à rester comme ça ».
Il m’arrive de rencontrer assez souvent ce genre de réflexions auprès de
certaines de mes connaissances plus âgées. On sait que les habitudes
sont parfois difficiles à changer, surtout si elles ont été renforcées pendant
de nombreuses années. Même si on reconnaît qu'une habitude est nuisible,
l'inertie et le confort qu'elle procure malgré tout peuvent rendre le
changement difficile. Être épuisé ou proche du burnout peut saper
l’énergie nécessaire au changement. Finalement une autocritique sévère peut
saper la confiance en soi en laissant douter des capacités personnelles. Cela
peut créer un cercle vicieux où la peur de ne pas réussir peut empêcher de
prendre les mesures nécessaires. Une autocritique sévère peut aussi
saper la confiance en soi et donc la capacité de changer. Cela peut créer un
cercle vicieux où la peur de ne pas réussir peut empêcher de prendre les
mesures nécessaires. Le processus de changement est donc souvent long et semé
d'embûches.
Il y a une relation entre autocritique
et perfectionnisme. L’autocritique consiste dans une tendance à juger et
à critiquer sévèrement ses propres actions, comportements ou caractéristiques
personnelles. Elle peut conduire à des sentiments de culpabilité,
d'inadéquation ou d'insatisfaction personnelle. Le perfectionnisme est
une tendance à rechercher des standards extrêmement élevés, souvent
irréalistes, et à se fixer des objectifs perfectionnistes. Il implique une
pression constante pour atteindre des niveaux parfaits ou presque parfaits dans
divers aspects de la vie. Le perfectionnisme peut avoir des conséquences
psychiques néfastes. Il peut créer des troubles de l’anxiété, mener à la
dépression ou à l’épuisement et au burnout. Le perfectionniste peut développer des
comportements obsessionnels ou compulsifs pour s’assurer que tout est fait de
manière « parfaite ». Cela peut inclure des rituels répétitifs ou des
vérifications constantes. Par ailleurs, la rigidité des normes perfectionnistes
peut entraîner des conflits avec les autres. Les perfectionnistes peuvent avoir
des attentes irréalistes envers les autres, ce qui peut générer des tensions et
des disputes. Le besoin
de répondre à des standards élevés peut amener les perfectionnistes à se
retirer des relations sociales ou à éviter les interactions par peur de ne pas
être à la hauteur. Les
perfectionnistes peuvent encore avoir du mal à prendre des décisions en raison
de la peur de faire des erreurs ou de ne pas atteindre le niveau parfait. Cela
peut entraîner une procrastination ou une indécision chronique. Les
perfectionnistes peuvent se sentir constamment inadéquats, indépendamment de
leurs réalisations. Le fait de ne jamais être satisfait de leurs
accomplissements contribue à une faible estime de soi.
Cependant, l’autocritique peut aussi agir
comme moteur du perfectionnisme comme par ailleurs le perfectionnisme peut
alimenter l’autocritique. Ainsi un cercle vicieux peut s’installer. L’autocritique
renforce les croyances perfectionnistes en accentuant les sentiments d'échec
lorsque les attentes ne sont pas atteintes. À son tour, le perfectionnisme
pousse l’individu à continuer à se critiquer sévèrement en raison de
l'incapacité à atteindre des standards toujours plus élevés.
La mentalité peut devenir l’objet d’une
réflexion inépuisable. Malgré les nombreuses facettes relevées, il y en a
certainement encore un tas qui n’ont pas été touchées. Comme déjà dit quelque
part, « on ne sait pas ce qu’on ne sait pas ». Mais le peu qu’on a
tant soit peu analysé nous montre la complexité de la mentalité et le rôle
éminent qu’elle joue dans la vie des gens, malgré une certaine volatilité
conceptuelle.
Résumons très succinctement. Il y a
donc d’abord la personnalité, déjà une construction de pleins de facteurs (voir
l’article La personnalité, le
tempérament, le caractère et les systèmes de valeurs) sur
laquelle se greffe ensuite la mentalité. D’une certaine manière, la mentalité
caractérise comment une personne avec sa personnalité et autres attributs aborde
les moments de sa vie et, par accommodation et redondance, crée les habitudes
de son esprit. Mais la personnalité d’une personne (voir typologies de la
personnalité) influence et oriente les mécanismes qui sont à la base de la
constitution de la mentalité.
La mentalité peut être façonnée par
divers facteurs tels que l'éducation, l'environnement culturel, les expériences
personnelles et les trajectoires de la vie, l’apprentissage et la
socialisation, le développement cognitif, les influences/normes sociales et les
pressions. Le contexte historique, les événements sociaux, politiques et
économiques, ainsi que les expériences collectives, façonnent également la
mentalité en influençant les attitudes, les perspectives et les réactions des
individus et des groupes (voir le mouvement hippie et les soixante-huitards à
titre d’exemple). L'identification à un groupe, une communauté ou une culture
et le sentiment d'appartenance influencent la manière dont une personne perçoit
le monde, se positionne et interagit avec les autres.
La mentalité est donc en quelque sorte
la réaction de l’individu aux aléas du vécu personnel, l’individu adoptant des
habitudes (de toutes sortes) pour évoluer dans son milieu en agissant et en s’adaptant
continuellement. Ceci induit automatiquement une évolution de la mentalité.
Dans ce sens, on ne peut pas
s’imaginer que la mentalité n’ait pas d’influence sur la manière d’aborder
l’art de vivre.
Commentaires
Enregistrer un commentaire