Art de vivre et mentalité

 Les notions de personnalité, tempérament et caractère peuvent prêter à confusion tout en jouant un rôle essentiel dans les considérations sur l’art de vivre. Je pense qu’il faut ajouter la notion de mentalité dans ce contexte. Dans quelle mesure la mentalité peut-elle influencer les considérations d’une personne sur l’art de vivre ?

La mentalité reste cependant un concept assez vague. On peut la considérer comme un contexte de tout et de rien car la notion semble un peu volatile et embrasse beaucoup de sujets et domaines. En effet, les recherches actuelles dont plutôt multidimensionnelles et multidisciplinaires.

Signalons d’emblée que la notion de mentalité s’applique aussi bien à l’individu qu’à une collectivité.

Le mot mentalité dérive du latin « mens, mentis » = esprit et du suffixe « -al ». Le suffixe al peut avoir plusieurs rôles. Dans notre contexte, le suffixe est ajouté à un mot pour indiquer que quelque chose est lié ou pertinent à ce mot, donc que cette chose = mentalité est liée à l’esprit. Mais vouloir expliquer la mentalité avec la notion « esprit » devient chose impossible eu égard aux nombreuses significations de ce mot dans les divers contextes, scientifiques ou non. Ainsi par exemple, on distingue la psychologie de l’esprit de la philosophie de l’esprit. On n’est pas sorti de l’auberge en empruntant cette voie.


Ainsi, La philosophie de l'esprit est la branche de la philosophie qui s'intéresse aux questions fondamentales sur la nature de l'esprit, de la conscience, et des états mentaux. Elle cherche à comprendre ce qu'est l'esprit, comment il se rapporte au corps, et comment les processus mentaux (comme la pensée, la perception, l'intentionnalité) fonctionnent. Elle s'intéresse à des questions abstraites et conceptuelles sur la nature de l'esprit, de la conscience, et des états mentaux.

La psychologie de l'esprit, en revanche, fait généralement référence à l'étude scientifique des processus mentaux et du comportement. Elle relève de la psychologie cognitive, de la neuropsychologie, ou encore de la psychologie développementale. L'objectif de la psychologie est d'étudier comment fonctionne l'esprit à travers des recherches empiriques en élaborant des modèles. Elle étudie empiriquement les mécanismes des processus mentaux, comme la mémoire, la perception, ou le raisonnement, en utilisant des méthodes scientifiques.

Je me suis toujours demandé si la philosophie de l’esprit, de nature essentiellement spéculative par nature, ne devient pas de plus en plus désuète en fonction des avancées de la psychologie de l’esprit. L'esprit, pour les philosophes grecs anciens (Platon, Aristote, Zénon de Kition et Épicure par exemple), est un concept riche et multidimensionnel, mais de nature spéculative au plus haut degré. Qu'il soit vu comme une entité immatérielle, une partie de l'ordre cosmique ou une structure matérielle et rationnelle, il est au cœur de leurs réflexions sur la nature humaine et la réalité. Dans ce contexte s’intercalent, entre les anciens et les plus contemporains, des philosophes comme Locke, Kant, Hume et Hegel (à titre d’exemple). Depuis le vingtième siècle, cette branche de la philosophie s’est fortement développée avec Putman, Chalmers, Dennet, Ryle, Wittgenstein, Fodor, Krippke, Schiffer, Davidson, Millikan, Nagel et bien d’autres encore.

Cependant, la philosophie de l'esprit peut jouer un rôle important dans la formulation d'hypothèses de recherche pour la psychologie de l'esprit. Ainsi, la philosophie de l'esprit s'intéresse à des concepts fondamentaux tels que la conscience, l'intentionnalité, les qualia, et le libre arbitre. En clarifiant ces concepts, les philosophes peuvent aider les psychologues à définir précisément les phénomènes qu'ils étudient. Par exemple, une meilleure compréhension philosophique de la conscience peut aider les psychologues à concevoir des expériences pour tester des hypothèses sur la nature de la conscience. Par ailleurs, la philosophie de l'esprit explore également des questions épistémologiques sur la manière dont nous pouvons connaître et mesurer les états mentaux. Cela peut influencer la méthodologie en psychologie, en suggérant des façons de concevoir des expériences ou d'interpréter les données. Par exemple, les débats philosophiques sur la nature des qualia peuvent mener à des recherches sur la manière dont les expériences subjectives peuvent être évaluées de manière empirique. Et finalement, la philosophie de l'esprit encourage une approche interdisciplinaire qui intègre la psychologie, la neurologie, la linguistique, et même l'intelligence artificielle. Cela peut enrichir les hypothèses de recherche en psychologie en apportant des perspectives et des méthodes de différentes disciplines.

Il y a donc à boire et à manger dans la spéculation et l’étude sur l’esprit😊.

If n’y a donc pas une mais des définitions de la mentalité si on part des multiples aspects de l’esprit. En voici quelques-unes à titre d’exemple .

  • Relatif aux fonctions intellectuelles, au psychisme
  • Ce qui se passe exclusivement dans l’esprit, intérieurement, sans s’exprimer ou se manifester extérieurement
  • Disposition psychologique caractérisée par l’ensemble des attitudes, opinions, croyances et autres
  • Ce qui se fait, s’exécute dans l’esprit, dans l’entendement (faculté de comprendre)
  • Ensemble des facultés intellectuelles
  • ………

Si on examine les synonymes du mot esprit, la confusion ne devient pas moindre : état d’esprit, caractère, complexion (notion qui fait entre autres référence à l’attitude d’une personne et qui dénonce ses humeurs), constitution, esprit, idéologie, idiosyncrasie (manière d'être particulière à chaque individu qui l'amène à avoir tel type de réaction, de comportement qui lui est propre), mœurs, moralité, nature, opinion publique, disposition, tempérament, personnalité, ……. Personnellement, je ne vois pas des synonymes qui refléteraient entièrement la notion de mentalité.

Je me suis demandé si des ouvrages publiés en rapport avec la mentalité pourraient apporter des éclaircissements ? La confusion ne diminue pas, au contraire. Pour la galerie :

  • Harari : Sapiens, une brève histoire de l’humanité
  • Lipovetsky : L’ère du vide : essai sur l’individualisme contemporain
  • Kahnemann : Penser, vite et lentement
  • Lévi-Strauss : Les structures élémentaires de la parenté et la mentalité primitive
  • Robert Musil : L’homme sans qualités
  • Charles Duhigg : Le pouvoir des habitudes : changer un rien pour tout changer
  • Elias : La civilisation des mœurs
  • Polany :La mentalité de marché est obsolète
  • Zinn : La mentalité américaines : Au-delà de Barack Oboma
  • Tertus : Mentalité, le pouvoir d’une attitude positive
  • Agasse : La mentalité de richesse
  • Zinga : Le chantier de la mentalité : nourrir son rêve, gérer l’échec, prendre soin de soi, protéger son mind-set, bien sélectionner son entourage
  • Palante : La mentalité du révolté
  • Böenke : Les racines de la résilience, comment cultiver une mentalité de gagnant pour réussir dans la vie
  • Blanchard : Puissance et résilience : développer une mentalité inébranlable
  • Et bien d’autres

Cette énumération a pour seul but de montrer les divergences d’attribution de sens et de domaines en matière de mentalité.

En psychologie et neurosciences, l’adjectif mental se réfère généralement à tout ce qui est lié à l’esprit, à la pensée et aux processus cognitifs comme par exemple la perception, la mémoire, le raisonnement, la pensée, la réflexion, les émotions, la réflexion, la prise de décision et autres.

En philosophie, la notion de mental peut se rapporter à la conscience ou à l'esprit en tant qu'entité distincte du corps physique. Les philosophes débattent souvent de la nature de l'esprit, des pensées, des sensations et de la manière dont ces éléments sont reliés à la réalité physique (le dualisme, par exemple).

Dans ce contexte, rappelons certaines approches de l’art de vivre. L'art de vivre désigne le mode de vie ou la manière de vivre qui incarne des valeurs esthétiques, éthiques, et philosophiques. C'est une approche de la vie qui cherche à maximiser le bien-être, la beauté, le bonheur et l'harmonie dans le quotidien.

Si on se réfère à certains énoncés, il semble pertinent d’inclure la mentalité dans les considérations sur l’art de vivre. Par exemple : la mentalité se réfère à l'ensemble des croyances, des valeurs, des attitudes, des préjugés, des comportements et des perceptions qui façonnent la vision du monde d'une personne ou d'un groupe social. Elle influence la manière dont les individus pensent, se comportent, et interprètent les événements qui les entourent. La mentalité peut être le produit de facteurs culturels, historiques, sociaux, et économiques, et elle évolue souvent en réponse à des changements dans ces domaines. Elle guide la manière dont une personne ou un groupe interprète et réagit aux événements, aux situations et aux interactions avec autrui. Ce sont tous des facteurs qui peuvent jouer un rôle dans l’élaboration d’un art de vivre. N’oublions pas qu’une constellation d’un état de mentalité (constituant en soi un sous-ensemble organisé et spécifique du vécu personnel) à un moment donné dans une situation donnée constitue une nouvelle information (voir l’article mémoire et pensée) qui sera stockée dans la mémoire à côté de l’existant et pourra être rappelée par l’hippocampe dans la mémoire de travail dans un nouveau contexte donné, comme par exemple lors de réflexions sur l’art de vivre.

Si la personnalité désigne les traits caractéristiques, les comportements, les émotions et les motivations qui sont relativement stables et durables au fil du temps et qui distinguent un individu des autres, la mentalité peut être plus flexible et susceptible de changer en fonction des expériences, des influences et des contextes. C’est en quelque sorte une attitude mentale habituelle ou caractéristique mais évolutive qui détermine la façon dont on interprète les situations.

Dans ce sens, une personne peut avoir plusieurs mentalités en fonction des contextes et des situations qu'elle rencontre. On y retrouve l’idée de plusieurs rôles qu’une personne peut endosser dans sa vie en fonction de son environnement et de ses relations. Ainsi la mentalité de travail peut être une autre que la mentalité familiale. On pourrait aussi le formuler autrement. La mentalité comme principe d’orientation à un moment donné est un sous-ensemble des émanations de l’esprit en fonction des contextes et situations.

Par ailleurs, au cours de sa vie, une personne peut voir ses mentalités évoluer en fonction de ses expériences, de son éducation et des situations qu'elle rencontre. Le vécu personnel s’enrichit et il semble logique que l’évolution change, du moins en partie, la mentalité pour l’adapter aux nouveaux contextes exigeant de nouvelles réactions et actions.

Une personne peut même avoir des mentalités qui semblent contradictoires. Par exemple, quelqu'un peut valoriser la liberté personnelle tout en reconnaissant l'importance des règles et de la structure dans certains aspects de sa vie.

On peut donc envisager de considérer que la(les) mentalité(s) sont en quelque sorte une émanation de la structuration des processus cérébraux, des facultés mentales, de la personnalité et autres consolidations du vécu personnel en fonction des situations et contextes que la personne rencontre. Par exemple, on peut considérer qu’une personne ait une mentalité de battant parce qu’elle a acquis au courant de sa vie une résilience solide et une autodétermination prononcée pour ne pas se laisser abattre par des contretemps et obstacles et de mener l’action projetée jusqu’au bout.

Il y a bien des études portant sur la mentalité, mais elles sont moins nombreuses que celles dans d’autres domaines de recherche concernant l’homme.

Mais signalons d’abord que la mentalité a connu sa propre histoire par un courant historiographique du XXe siècle qui étudie l’histoire de toutes formes de pensées, croyances et sentiments, comme étant constitutifs de la vision du monde propre à une époque. Son approche prend tantôt la forme d’une psychologie collective, tantôt celle d’une étude de type sociologique. La mentalité est donc une notion vague; ce qui peut constituer un problème au niveau épistémologique (épistémologie = étude critique des sciences, théorie de la connaissance et autres), mais offre de la liberté pour ses pratiquants qui leur permet d’explorer divers champs d’investigations à travers les sciences sociales.

Si on fait des recherches sur le Web concernant des théories éventuelles concernant la mentalité, les réponses sont plutôt pauvres. La mentalité semble vraiment être une entité plutôt insaisissable.

Si on part de la notion d’état mental, on est immergé dans un amalgame pratiquement intraçable et inextractible. L’état mental est défini comme suit : il est une condition ou une situation psychologique qui décrit la manière dont une personne se sent, pense, ou perçoit son environnement à un moment donné. Cela peut inclure une gamme de phénomènes tels que des émotions (comme la joie, la tristesse), des pensées, des croyances, des perceptions, des intentions, des désirs, et des niveaux de conscience (comme être éveillé, endormi, attentif, ou distrait). Les états mentaux peuvent être influencés par des facteurs internes (comme les hormones, la santé mentale) et externes (comme l'environnement, les événements récents).

Il se pose alors la question si la mentalité peut être perçue comme une entité opérationnelle stable ou comme une méta-description virtuelle d’un ensemble de processus agissant ensemble à un moment donné dans un certain contexte. Il y a 3 points de vue qui peuvent avoir leur pertinence.

  • Dans les domaines de la psychologie et de la neuroscience, la mentalité peut être considérée comme une structure stable de croyances, d'attitudes, de dispositions émotionnelles et cognitives. Ces éléments forment une base sur laquelle reposent les actions, les réactions et les décisions d'un individu. La stabilité de cette entité permet aux personnes de naviguer dans le monde avec une certaine cohérence et continuité. Au niveau collectif, la mentalité d'une communauté ou d'une société peut être vue comme une entité relativement stable qui guide les normes, les valeurs et les comportements partagés. Cette stabilité permet aux membres de cette société de fonctionner ensemble de manière harmonieuse et prévisible.
  • D'un point de vue plus abstrait, la mentalité peut être envisagée comme une construction conceptuelle, un ensemble de traits ou de tendances observées et décrites pour expliquer le comportement d'un individu ou d'un groupe. Dans cette optique, elle n'existe pas comme une entité autonome mais plutôt comme une représentation théorique utilisée pour donner un sens aux actions et aux interactions.
  • Selon certaines théories, ce que l'on appelle "mentalité" pourrait être simplement le résultat de l'interaction dynamique de différents processus cognitifs et affectifs, sans qu'il y ait une entité stable ou fixe qui les sous-tend.

Ces perspectives ne sont pas nécessairement exclusives et peuvent coexister selon le contexte ou le cadre théorique adopté.

Essayons autrement : Est-ce que la mentalité d'une personne est constituée par les différents états mentaux se manifestant au cours de sa vie ? ChatGPT donne la réponse suivante : La mentalité d'une personne peut être influencée par les différents états mentaux qu'elle traverse, mais elle n'est pas strictement constituée de ceux-ci. La mentalité fait référence à une structure psychologique plus stable, englobant les attitudes, les croyances, les valeurs, les dispositions, et les schémas de pensée qui caractérisent une personne sur le long terme.

Les états mentaux, quant à eux, sont des expériences temporaires qui varient en fonction des circonstances, des émotions, et des événements. Ces états peuvent influencer et parfois modifier la mentalité d'une personne, surtout s'ils sont récurrents ou intenses. Par exemple, des expériences répétées de stress ou de joie peuvent façonner les attitudes et croyances d'une personne sur le monde.

Cependant, la mentalité est plus que la simple somme des états mentaux. Elle inclut également des éléments de personnalité, des expériences passées, des apprentissages, et des influences culturelles qui interagissent de manière complexe pour former une vision globale de la vie et du monde.

Cette réponse fait du sens, mais n'est qu’une parmi d’autres possibles.

Et si on posait l’hypothèse que la mentalité attribuée à une personne est en quelque sorte une « distillation » (comme avec un bon cognac qui mature sur des années dans ses différents fûts en s’enrichissant à chaque année) des différents états mentaux se suivant dans les moments d’une vie, peut-être avec une certaine redondance pour certains états? Une autre analogie amusante par rapport au cognac pourrait être faite. Un très bon cognac XO est la plupart du temps un mélange de différents cognacs de territoires différents, de méthodes de distillation différentes, d’âges différents et autres variables : Les eaux-de-vie utilisées dans Hennessy Paradis ont généralement entre 25 et 130 ans, ce qui leur confère une profondeur et une complexité exceptionnelles. Ce long vieillissement se fait dans des fûts de chêne, ce qui permet au cognac de développer des arômes riches et subtils. Hennessy Paradis est composé de plus de 100 eaux-de-vie soigneusement sélectionnées par les maîtres de chai de la maison Hennessy. Ces eaux-de-vie proviennent principalement des quatre grandes régions de production du cognac : Grande Champagne, Petite Champagne, Borderies, et Fins Bois, bien que les crus de Grande Champagne et Petite Champagne soient souvent privilégiés pour leur finesse et leur potentiel de vieillissement. L'art de l'assemblage est crucial dans la création du Hennessy Paradis. Le maître de chai assemble les différentes eaux-de-vie pour obtenir un équilibre parfait entre puissance et élégance, avec des arômes de fruits mûrs, d'épices, de fleurs séchées, et de bois de chêne.

Mais cette analogie a cependant ses limites suite à une des théories sur la mentalité qui distingue la mentalité de croissance vs. mentalité fixe. Ce concept, popularisé, par la psychologue Carol Dweck, distingue donc entre :

  • une mentalité de croissance consiste dans la conviction que les compétences et l'intelligence peuvent être développées : les individus avec une mentalité de croissance acceptent les défis, sont résilients face aux obstacles, sont réceptives à la critiques et sont inspirées par les autres.
  • une mentalité fixe consiste dans la croyance que les capacités sont innées et immuables : les personnes avec une mentalité fixe évitent les défis par peur de l’échec, abandonnent face aux obstacles, sont sensibles à la critique et se comparent fréquemment avec les autres.

Pour la galerie : la mentalité de croissance correspond dans la mesure d’une certaine analogie au mélange de cognacs qui maturent dans le fût avec parfois des rectifications en cours de route par des ajoutes de cognac ou le transfert dans d’autres chais selon l’humidité adéquate ou encore le transvasement dans des fûts d’un âge différent. Et puis il y a encore le rôle de la part des anges pendant l’élaboration du cognac. Cette notion est utilisée dans la production du cognac (et des spiritueux en général) pour décrire la portion de liquide qui s'évapore pendant le vieillissement en fût. Lorsque le cognac (ou tout autre spiritueux) est stocké dans des fûts de chêne pour vieillir, une petite quantité d'alcool et d'eau s'évapore chaque année à travers les pores du bois. Pendant le vieillissement, le cognac interagit avec le bois du fût, ce qui lui confère des arômes et des saveurs complexes. La part des anges est une conséquence naturelle de ce processus. Elle contribue à l'évolution du caractère du cognac. Bien que cela entraîne une perte de volume, cela permet également de concentrer et d'affiner les arômes, ce qui est essentiel pour obtenir un cognac de haute qualité. La mentalité fixe est, par anaalaogie, le produit final mis en bouteille et bouchonné pour ne plus laisser passer l’air, permettant de stabiliser le cognac aussi longtemps que la bouteille n’est pas ouverte. Si la bouteille est ouverte, il faut boire le cognac dans un certain délai car il se détériore suite à l’oxydation. C’est plutôt tiré par les cheveux 😀

Une autre théorie va aussi dans ce sens, à savoir celle de Milton Rokeach. Il a exploré la manière dont les individus structurent leur système de croyances, les valeurs humaines et les attitudes et comment cet ensemble de facteurs influence leur ouverture d'esprit. Sa théorie n’est pas axée fondamentalement sur la mentalité, mais a aussi pour objet l’étude de la manière dont les valeurs et croyances d'une personne structurent sa vision du monde et influencent son comportement. Rappelons que tout comportement est le côté visible d’une action résultant des valeurs et croyances d’une personne. Selon Rokeach, les valeurs humaines sont des croyances profondément enracinées qui agissent comme des principes directeurs (= mentalité)  dans la vie d'une personne. Il a distingué deux types de valeurs :

  • Valeurs terminales : Ce sont des objectifs finaux ou des états de vie souhaitables que les individus cherchent à atteindre comme par exemple, la paix intérieure, le bonheur, la liberté, la sagesse ou autres buts.
  • Valeurs instrumentales : Ce sont des modes de comportement préférés ou des moyens pour atteindre les valeurs terminales comme l'honnêteté, l'ambition, l'indépendance ou la responsabilité.

Il distingue :

  • Mentalité fermée : Les personnes avec une mentalité fermée ont des croyances rigides et sont résistantes aux nouvelles idées ou informations qui pourraient remettre en question leurs croyances existantes.
  • Mentalité ouverte : Les personnes avec une mentalité ouverte sont plus réceptives aux nouvelles idées, prêtes à réévaluer leurs croyances en fonction de nouvelles preuves.

Rokeach a également proposé que les valeurs, croyances et attitudes d'une personne sont organisées en un système hiérarchique où les valeurs les plus importantes influencent fortement les attitudes et les comportements. Ce système de croyances est relativement stable mais peut changer à travers des expériences de vie significatives ou des interventions sociales. La théorie de Rokeach peut être directement liée à la notion de mentalité dans la mesure où elle explore comment les croyances et valeurs forment une vision globale du monde. Ainsi, la mentalité d'une personne peut être considérée comme la manifestation extérieure de ce système de valeurs et de croyances. Selon Rokeach, les croyances les plus centrales et les plus profondément enracinées sont les plus résistantes au changement, ce qui pourrait expliquer pourquoi certaines mentalités deviennent plus rigides avec le temps. Rokeach s'est également intéressé à la manière dont les croyances et les valeurs peuvent changer. Il a suggéré que des changements significatifs dans les croyances centrales peuvent se produire lorsque les personnes sont confrontées à des incohérences dans leur système de croyances ou à des expériences qui défient leurs valeurs fondamentales. Ce processus peut être lent et nécessite souvent une intervention délibérée.

Les notions de mentalité fermée et de mentalité fixe ont suscité la question dans quelle mesure l’âge peut influencer la mentalité d’une personne ? Il est souvent observé que la mentalité peut devenir plus rigide avec l'âge, mais cela n'est pas une règle absolue. Plusieurs facteurs influencent la flexibilité mentale au fil du temps. Ainsi, avec l'âge, les gens accumulent des expériences de vie qui renforcent leurs croyances, valeurs et attitudes. Mais l’inverse peut aussi être vrai. Cela peut rendre plus difficile l'ouverture à de nouvelles idées ou perspectives, car les individus peuvent être plus enclins à s'appuyer sur ce qu'ils connaissent et ce qu'ils ont trouvé efficace dans le passé. Par ailleurs, les habitudes et les routines se renforcent avec le temps, ce qui peut entraîner une certaine résistance au changement. Les personnes âgées peuvent préférer des schémas de pensée et de comportement établis, qui leur apportent confort et sécurité. Sur le plan physiologique, la plasticité cérébrale, ou la capacité du cerveau à se réorganiser en réponse à de nouvelles expériences, tend à diminuer avec l'âge. Cela peut rendre l'apprentissage de nouvelles compétences ou l'adaptation à de nouvelles situations plus difficile. En outre, avec l’âge, certaines personnes choisissent de se concentrer sur les aspects de la vie qui leur sont devenus plus significatifs par une élimination de l’accessoire, ce qui peut les amener à privilégier des croyances ou des valeurs bien établies et plus confortables par l’habitude et à être ainsi moins réceptifs aux nouvelles idées.

Je me suis permis de reprendre l’idée de croyances centrales en cherchant une allégorie fantaisiste et je me suis posé la question si un clan de fantômes « dominants » (croyances centrales) peut recourir à des sous-fantômes. J’ai pensé que ce serait une colle pour ChatGPT, mais la réponse était plutôt amusante :

« L'idée qu'un fantôme puisse avoir des sous-fantômes est une notion intrigante mais relève principalement de la fiction ou de l'imaginaire populaire, plutôt que d'une croyance ou d'une théorie largement acceptée dans les traditions sur les fantômes. Il y a plusieurs interprétations possibles dans un cadre fictif ou imaginaire :

Hiérarchie Fantomatique : Dans un univers fictif, la mentalité est un méta-concept construi. On pourrait imaginer un système où certains fantômes plus puissants ou anciens ont la capacité de "créer" ou de "contrôler" des sous-fantômes, des entités moins puissantes ou dérivées de leur propre essence. Ces sous-fantômes pourraient agir comme des extensions de la volonté du fantôme principal ou avoir des fonctions spécifiques, comme hanter un lieu en particulier ou interagir avec certaines personnes.

Fragmentation de l'Âme : Une autre interprétation pourrait être celle d'un fantôme dont l'esprit ou l'âme est fragmenté en plusieurs parties, chacune devenant un sous-fantôme. Le fantôme serait alors affecté par le trouble de la personnalité multiple 😊 Ces sous-fantômes pourraient représenter différentes émotions, souvenirs, ou aspects de la personnalité du fantôme principal.

Égrégores ou Manifestations Multiples : Dans certaines croyances ésotériques, il existe des concepts comme les égrégores, des entités créées par des énergies collectives. Un fantôme puissant pourrait générer des manifestations multiples ou des sous-entités qui sont liées à lui, mais qui opèrent de manière semi-indépendante. (Un égrégore est un concept désignant un esprit de groupe constitué par l'agrégation des intentions, des énergies et des désirs de plusieurs individus unis dans un but bien défini. Je ne connaissais pas ce terme).

D'un point de vue psychologique ou métaphorique, les "sous-fantômes" pourraient être interprétés comme des aspects d'une expérience traumatique ou des émotions réprimées qui hantent une personne. Par exemple, quelqu'un pourrait être "hanté" par des souvenirs douloureux (les sous-fantômes) liés à un événement majeur (le fantôme principal).

Le concept de mentalité, par sa volatilité, pourrait être comparé à un fantôme 😊.

Où ranger les mentalités d’un taliban, d’un islamiste, d’un membre du Hamas, d’un Poutine, de notre pape et d’autres personnalités « ambiguës » . Est-ce qu’il y a des chances que leurs mentalités puissent évoluer ?

Soyons modeste et réfléchissant à notre propre mentalité. Comment pourrait en la saisir. On devrait peut-être commencer par un exercice phénoménologique pour explorer et comprendre les structures de l'expérience vécue, en se concentrant sur la manière dont les phénomènes apparaissent à la conscience. Cet exercice vise à suspendre les jugements préconçus et les interprétations pour se concentrer uniquement sur la description pure des phénomènes tels qu'ils sont perçus. Cet exercice devrait se concentrer sur une description détaillée de ce qui est vécu. Cela inclut les sensations, les émotions, les perceptions et les pensées associées à un phénomène particulier. En psychologie, les exercices phénoménologiques sont souvent utilisés pour explorer des expériences subjectives, comme la perception de la douleur, les émotions, ou les états de conscience altérés. Les chercheurs peuvent utiliser cette approche pour recueillir des descriptions détaillées des expériences vécues par les participants, afin de comprendre les structures sous-jacentes de ces expériences. Les états de conscience altérés désignent des états mentaux distincts de l'état de veille ordinaire ou de la conscience normale. Ces états peuvent être induits de manière volontaire ou involontaire par diverses méthodes, substances ou circonstances. Ils modifient la perception, la cognition, les émotions, et souvent le sens de soi ou du temps. Les états de conscience altérés peuvent être le rêve et le rêve lucide, un état méditatif, consommation de substances psychoactives, transe et expériences mystiques, privation sensorielle, expérience de mort éminente, fatigue extrême et privation de sommeil et autres.

On peut énumérer comme outils un certain nombre de démarches comme l’autoréflexion et l’introspection en tenant peut-être un journal et en se posant des questions introspectives. Je peux aussi demander l’avis des autres et/ou écouter des critiques, qu’elles soient constructives ou non. On peut aussi utiliser des questionnaires sur les mentalités comme :

  • Questionnaire sur les valeurs de Rokeach (Rokeach Value Survey - RVS) dont l’objectif est d’évaluer les valeurs terminales (objectifs de vie) et instrumentales (modes de comportement) d’une personne.
  • Mindset Questionnaire de Carol Dweck dont le but est de mesurer si une personne a une mentalité de croissance ou fixe.
  • Echelle des croyances irrationnelles d'Ellis (Irrational Beliefs Inventory - IBI) dont le but est d’évaluer les croyances irrationnelles ou dysfonctionnelles qui peuvent affecter la mentalité d'une personne.
  • Questionnaire sur les attitudes religieuses (Religious Orientation Scale - ROS) dont le but est d’évaluer les attitudes d'une personne envers la religion, qu'elle soit intrinsèquement religieuse (religion comme fin en soi) ou extrinsèquement religieuse (religion comme moyen d'atteindre d'autres fins).
  • Échelle des croyances en un monde juste (Just World Belief Scale) pour mesurer la croyance d'une personne que le monde est fondamentalement juste et que les gens obtiennent ce qu'ils méritent.
  • Tests de personnalité.

De surcroît, on peut observer ses propres comportements, par exemple ses réactions aux défis ainsi que la propre manière de gérer les échecs et autres méthodes.

L’examen personnel des valeurs est un autre exercice en s’appuyant par exemple sur des listes de valeurs.

Mais quelle que soit la manière dont on aborde cet exercice, il restera toujours incomplet par la diversité des données qu’on pourrait recueillir.

Cependant, nos réflexions jusqu’à ce stade ont porté sur la mentalité de l’individu. Mais la littérature des sciences humaines traite aussi des mentalités dépassant l’individu et a généré un certain nombre de théories sur la mentalité collective. Cette distinction fait du sens car il semble évident qu’une mentalité collective ait une incidence sur la mentalité individuelle pour les membres de la collectivité et vice-versa. La mentalité individuelle et la mentalité collective peuvent être en constante interaction. Elles peuvent coexister, parfois harmonieusement, parfois de manière conflictuelle. Cette coexistence est essentielle à la dynamique des cultures et des sociétés, car elle permet à la fois la préservation des traditions et l'innovation. Ainsi, la mentalité collective, qui englobe les croyances, valeurs, et modes de pensée partagés par un groupe social, influence fortement la mentalité individuelle. Dès le jeune âge, les individus sont socialisés dans une culture particulière, adoptant ses normes, ses valeurs, et ses façons de penser. Cependant, l'individu ne se contente pas de reproduire passivement cette mentalité collective. Il peut l'interpréter, la modifier, ou même la rejeter partiellement en fonction de ses propres expériences, réflexions et interactions. Mais la coexistence de ces deux niveaux de mentalité peut parfois entraîner des tensions. Un individu peut ressentir un décalage entre ses propres convictions personnelles et celles du groupe auquel il appartient. Par exemple, une personne peut avoir des croyances religieuses personnelles qui diffèrent de celles majoritairement acceptées dans sa communauté, ou elle peut encore développer des opinions politiques divergentes. Par ailleurs, un individu appartient souvent à plusieurs groupes (famille, communauté religieuse, groupe professionnel, nation, etc.), chacun ayant sa propre mentalité collective. Ces différentes appartenances peuvent influencer la mentalité individuelle de manières diverses et parfois contradictoires. L'individu navigue alors entre ces différentes mentalités collectives, ce qui enrichit et complexifie sa mentalité personnelle.

L’anthropologue Lévy-Bruhl a popularisé la notion de « mentalité primitive ». Il la distingue dans son livre de la mentalité civilisée.  Il emprunte à Emile Durkheim l’idée que plus les sociétés sont simples, plus l’emprise des représentations collectives et les contraintes sociales y sont plus grandes. Chez Lucien Lévy-Bruhl, le terme "mentalité" désigne un ensemble de dispositions mentales, de croyances, de modes de pensée et de perceptions qui caractérisent un groupe humain particulier. Pour lui, la mentalité n'est pas simplement une caractéristique individuelle, mais plutôt un phénomène collectif. Elle se réfère à une manière de penser partagée par l'ensemble d'un groupe social ou culturel. C'est une sorte de conscience collective qui façonne la manière dont les membres d'un groupe perçoivent et comprennent le monde. La mentalité, selon Lévy-Bruhl, est fortement influencée par les croyances, les mythes, et les pratiques culturelles d'une société. Ces éléments sont intégrés dans la mentalité collective et déterminent comment les individus de ce groupe interprètent les expériences et les événements.

La théorie de l’esprit est aussi mise en relation avec la mentalité. Elle explore la capacité de comprendre et de prédire les pensées, croyances, intentions et émotions des autres. La mentalité d'une personne, qui inclut ses croyances, attitudes et valeurs, influence la manière dont elle interprète les pensées et les intentions des autres. Elle a son importance dans les jugements sociaux, l’empathie et l’anticipation des mentalités des autres.

La théorie des représentations sociales de Serge Moscovivi reprend également cette idée d’interrelation entre l’individu et la collectivité. Cette théorie a pour but d’expliquer comment les mentalités collectives se forment et influencent la perception de la réalité au sein d'une société. Ce sont des systèmes de valeurs, d'idées et de pratiques qui permettent aux individus de comprendre et d'interpréter la réalité sociale. Elles façonnent la mentalité d'un groupe et influencent les comportements collectifs. C’est une approche clé pour comprendre comment les idées, les connaissances et les croyances se forment, se diffusent et se transforment au sein des sociétés. Cette théorie explore la manière dont les individus et les groupes construisent une compréhension collective de la réalité sociale. Les représentations sociales sont des systèmes de croyances, de valeurs, de normes et de pratiques partagées par un groupe social. Elles se forment à travers les interactions sociales et permettent aux individus de comprendre et de communiquer sur des aspects complexes du monde qui les entoure. Elles jouent un rôle central dans la façon dont les groupes interprètent la réalité, attribuent des significations aux événements, et orientent leurs comportements. Elles aident aussi les individus à comprendre et à donner un sens au monde. Elles fournissent ainsi un cadre de référence partagé. L’ancrage y joue aussi un rôle. C'est le processus par lequel les nouvelles idées sont intégrées dans des cadres de référence préexistants. Une nouvelle information ou une idée étrangère est comparée, adaptée et transformée pour correspondre aux croyances et aux connaissances déjà établies. Les représentations sociales servent aussi à justifier les actions et les croyances d'un groupe. Elles légitiment les comportements sociaux et les décisions collectives en les ancrant dans un système de valeurs partagé. Les représentations sociales ne sont pas statiques; elles évoluent au fil du temps à mesure que les contextes sociaux, politiques, économiques et culturels changent. Elles peuvent se transformer sous l'influence de nouvelles informations, de débats sociaux, ou de l'évolution des normes et des valeurs. De plus, elles peuvent varier d'un groupe social à un autre, en fonction des expériences, des intérêts et des besoins spécifiques des groupes. La théorie des représentations sociales de Moscovici est essentielle pour comprendre comment les sociétés et les groupes sociaux créent du sens collectivement. Cette théorie a également une dimension critique, car elle montre comment certaines représentations peuvent maintenir des rapports de pouvoir ou des inégalités sociales en légitimant certaines croyances ou en stigmatisant certaines pratiques.

La théorie de Moscovici me fait penser au rôle de l’église catholique au Luxembourg au 20ième siècle avec un conditionnement religieux de fer des enfants pour baliser leur future mentalité religieuse et politique : baptême, communion, confirmation, obligation de participer aux messes (et pas seulement le dimanche) et vêpres, mariage à l’église et autres manipulations. Ce conditionnement féroce s’est atténué à la fin du 20ième siècle. Mais le parti le plus populaire au Luxembourg, presque toujours au pouvoir avec leur premier ministre, était sous l’obédience de l’ église catholique, cette dernière se faisant bien sucrer par l’Etat. Une nouvelle loi sur l’euthanasie avait failli générer une crise constitutionnelle, notre Grand-Duc, toujours bienvenu au Vatican, s’y opposant farouchement par conviction personnelle (ce qui est à son honneur).

Selon le Figaro : « Pour le très fervent catholique grand-duc de Luxembourg, il n'était pas question de donner son aval à un projet de loi légalisant l'euthanasie. Alors, en son âme et conscience, Henri a tranché. Il a consulté son premier ministre, Jean-Claude Juncker, puis, dans un geste tout à fait inhabituel, a convoqué tour à tour au Palais les présidents des cinq groupes parlementaires du Luxembourg. Silencieux, ces derniers ont écouté le monarque leur annoncer qu'il n'apposerait pas sa signature au bas d'un texte dont le but est d'aider un malade à en finir avec la vie. Refusant d'abdiquer, il a alors soufflé à ses interlocuteurs la seule solution qui lui permettrait de rester fidèle à ses idées, tout en permettant au projet, voté par les députés, d'entrer en application : une modification de l'article 34 de la Constitution, qui date de 150 ans, et que chaque fonctionnaire luxembourgeois connaît sur le bout des doigts : Le souverain n'aura plus pour pouvoir de «sanctionner» les lois (les accepter), mais simplement de les «promulguer».

Comment évaluer la mentalité de notre Grand-Henri dans cette affaire. Il semble difficile de lui attribuer une mentalité ouverte. Mais même de nos jours, les institution religieuses gardent un pouvoir énorme et sont à la base de nombreuses guerres.

Un autre point épineux a été la séparation entre l’Église et l’État (réforme en 2015) , chose devenue seulement possible lorsque le parti CSV (le parti chrétien-social du Luxembourg) ne faisait plus partie de la coalition gouvernementale. Une certaine mentalité collective, « imposée » par l’église catholique pendant des siècles, est donc partie en fumée au début du XXIième siècle.

Une autre approche concernant la mentalité peut être faite par les considérations sur la motivation. Il semble probable qu’une personne démotivée ait une autre mentalité qu’une personne motivée à bloc. Ce contexte est repris dans la théorie de l’orientation de but (Goal Orientation Theory). Cette théorie examine comment les objectifs, que les individus se fixent, influencent leur motivation et leurs comportements. Elle distingue deux grandes orientations principales de but :

L’orientation de maîtrise concerne les individus qui sont motivés par le désir d'apprendre, de comprendre, de développer de nouvelles compétences, et d'améliorer leurs performances personnelles. Leur objectif principal est la croissance personnelle et l'amélioration continue. 598Ils sont plus enclins à persévérer face aux défis, à voir les erreurs comme des opportunités d'apprentissage, et à apprécier l'effort comme un moyen de progresser.

Les individus avec une orientation de performance sont motivés par le désir de démontrer leurs compétences et d'obtenir des évaluations positives des autres. Leur objectif principal est de prouver leur compétence par rapport aux autres. Ils peuvent éviter les tâches où ils risquent d'échouer ou d'apparaître moins compétents, et ils sont plus préoccupés par les jugements externes que par l'apprentissage lui-même. On peut encore distinguer deux sous-types de l’orientation de performance :

Dans l’orientation de performance-approche, les individus cherchent activement à démontrer leur compétence et à surpasser les autres. Leur motivation est liée à l'obtention de succès visibles.

Dans l’orientation de performance-évitement : Les individus cherchent à éviter de paraître incompétents ou de subir des échecs. Ils évitent les situations où leur compétence pourrait être mise en question.

Cette théorie a des connotations avec la théorie de l’auto-détermination (voir l’article à ce sujet) et les théories de l’attribution.

La connotation est l'ensemble des significations secondaires, souvent subjectives, qu'un mot ou une expression peut évoquer en plus de son sens littéral ou objectif (dénotation). Ces significations supplémentaires peuvent être influencées par le contexte culturel, les émotions, les expériences personnelles ou les associations d'idées. La dénotation désigne le sens littéral, objectif ou premier d'un mot, c'est-à-dire la signification de base qui ne dépend pas du contexte ou des associations personnelles. Contrairement à la connotation, qui fait référence aux significations secondaires ou émotionnelles, la dénotation est le sens direct et universellement reconnu d'un terme.

L’autodétermination fait référence à la capacité d'un individu à prendre des décisions et à diriger sa propre vie de manière autonome, en se basant sur ses propres choix et motivations, plutôt que sur des influences externes ou des contraintes imposées. La théorie de l’attribution explore comment les individus interprètent et expliquent les causes de leurs propres comportements et ceux des autres. Elle offre un cadre utile pour comprendre comment les individus expliquent les causes de leurs succès et échecs et comment ces explications influencent leur comportement, leur motivation et leurs émotions. En analysant les attributions, on peut mieux comprendre les dynamiques de la motivation et de l'auto-perception, ainsi que la manière dont ces perceptions influencent les interactions sociales et les performances individuelles. Les attributions sont les processus par lesquels les individus tentent de comprendre les raisons derrière les événements ou les comportements. Par exemple, après avoir échoué à un examen, une personne peut attribuer son échec à son manque de préparation ou à des questions injustes. On distingue encore les attributions internes/externes, stables/instables.et contrôlables/incontrôlables. Certaines théories vont encore plus loin en mettant l'accent sur les émotions et les comportements résultant des attributions.

Il faut encore mentionner la théorie des mentalités de classes de Karl Marx qui examine comment la position socio-économique des individus influence leur mentalité et leurs perspectives du monde. Il me semble fort probable que le fils d’un ouvrier ait une autre mentalité que le fils d’un banquier car leurs vécus personnels et leurs moyens d’aborder la vie sont très différents.

Selon Karl Marx, les classes sociales sont des groupes sociaux définis principalement par leur position dans le système de production économique, c'est-à-dire par leur relation aux moyens de production. Il distingue principalement 2 classes sociales :

  • La bourgeoisie est la classe qui possède les moyens de production (usines, terres, capitaux, machines). Elle contrôle les ressources économiques et tire ses revenus du profit généré par l'exploitation du travail des autres.
  • Le prolétariat est la classe qui ne possède pas de moyens de production et qui, pour survivre, doit vendre sa force de travail à la bourgeoisie en échange d'un salaire.

Marx distingue encore de classes subalternes, à savoir :

  • La petite bourgeoisie qui est cette classe intermédiaire qui comprend les petits commerçants, artisans, et paysans qui possèdent de petits moyens de production. Elle se situe entre la bourgeoisie et le prolétariat et tend à être instable, soit aspirée vers le prolétariat en cas de faillite, soit vers la bourgeoisie en cas de succès économique.
  • Le « Lumpenprolétariat » qui comprend les éléments les plus démunis de la société, tels que les mendiants, les criminels, et les chômeurs chroniques, qui ne jouent pas un rôle productif dans l'économie capitaliste. 

Ces classes sociales subsistent de nos jours, mais peut-être sous des noms différents. Il y a d’autres catégories qui se sont ajoutées. Si le terme capitalisme est toujours d’usage, le capitalisme financier, électron libre sans aucune utilité pour l’économie réelle, est devenu omniprésent, comme par ailleurs les multinationales qui font parfois plus la loi que les gouvernements ou les organisations internationales comme l’OECD, l’Union européenne et autres entités de ce genre. En ce qui concerne la bourgeoisie, on parle de nos jours plutôt de classes moyennes avec différentes émanations. Concernant la lutte des classes, l’apparition des syndicats a en partie changé la donne. Et puis il y a des mouvements « libres » comme par exemple les « gilets jaunes », sans parler des ONG de toutes sortes, omniprésentes dans tous les domaines. N’oublions pas le volet écologique ayant pris une envergure internationale à cause des nouvelles urgences de « survie » pour notre terre. Et finalement, il y a une grande scission, à savoir entre les riches et les pauvres dont l’écart ne cesse de grandir, en aspirant les classes moyennes soit vers le bas soit rarement vers le haut.

Il me semble que l’appartenance à une ou plusieurs de ces catégories va certainement imprégner la mentalité des gens. De nouveaux chantiers de recherche en sociologie, psychologie et autres domaines des sciences humaines vont s’ouvrir avec une spécialisation croissante à cause de la complexité grandissante de notre société et de notre monde en général.

Avoir grandi dans une de ces catégories sociales ne peut laisser que des traces concernant la consolidation des mentalités. Ces classes et sous-classes laissent transparaître des situations de domination et d’indépendance/dépendance sinon d’impuissance face aux exigences urgentes qui vont certainement marquer les esprits des gens. L’abstention aux élections peut dénoter une fatigue politique. Cependant, il y a aussi des pays où une menace d’extrémisme incite les citoyens à voter en plus grand nombre comme en Pologne et en France récemment pour contrecarrer les tendances extrémistes qui font quand même peur.

Par ailleurs, la notion de dépression écologique a fait son apparition. Elle fait généralement référence à l'impact psychologique et émotionnel négatif que les individus ressentent face aux problèmes environnementaux, tels que le changement climatique, la perte de biodiversité, la pollution et la dégradation des écosystèmes. Cette expression désigne un état de tristesse, d'anxiété, ou de désespoir qui peut survenir chez des individus en raison de leur prise de conscience des crises environnementales actuelles ou à venir. Elle est souvent liée à un sentiment d'impuissance face à l'ampleur des problèmes écologiques, ce qui peut entraîner une perte d'espoir ou de motivation. Le terme solastalgie, introduit par le philosophe australien Glenn Albrecht, décrit une forme de stress émotionnel causé par les changements environnementaux perçus comme menaçants ou dévastateurs dans l'environnement local, tels que la déforestation, l'urbanisation, ou la dégradation des terres. L'éco-anxiété est l'anxiété chronique liée à la perception de l'environnement global en crise, notamment face au changement climatique. Elle peut se manifester par des sentiments de peur, d'inquiétude, et d'incertitude quant à l'avenir de la planète. Les individus qui souffrent de dépression écologique peuvent éprouver des symptômes similaires à ceux d'une dépression classique, tels que la tristesse persistante, la fatigue, la perte d'intérêt pour les activités quotidiennes et des troubles du sommeil. Toutefois, dans ce contexte, ces symptômes sont spécifiquement déclenchés ou exacerbés par des préoccupations environnementales.

Pour certaines personnes, la dépression écologique peut mener à un sentiment de paralysie ou de retrait ou à la position  « après moi le déluge ». Cette expression renvoie à une indifférence totale aux conséquences des actions futures, souvent pour des raisons de refus de changer des comportements confortables. C'est une position qui priorise le présent et le bien-être personnel au détriment des générations futures. Cette dernière attitude peut être rencontrée auprès des personnes plus âgées n’ayant plus la motivation de réagir et ayant l’impression « d’avoir donné » (c’est-à-dire avoir déjà fait sa part, à avoir accompli ce qui a été être le devoir ou l’obligation). L’adoption d’une telle attitude peut aussi refléter une certaine fatigue sinon un épuisement, surtout si on s’est beaucoup investi et qu’on s’est rendu compte que les résultats ne correspondaient pas aux attentes. Pour d'autres, cela peut être un moteur de militantisme et d'engagement dans des actions visant à protéger l'environnement. La manière dont cette dépression est vécue peut dépendre de nombreux facteurs, tels que le soutien social, l'accès à des informations et des ressources, et la perception de l'efficacité des actions individuelles et collectives.

Si les classes possédantes aux leviers des décisions n’ont aucune raison de changer quoi que ce soit à cette situation, il n’en est rien pour le « reste du monde » où les attitudes, réactions et actions peuvent être très différentes selon les situations. Les classes possédantes ont le pouvoir de décision sur la production, la distribution, et l'allocation des ressources économiques. Elles influencent les politiques économiques et sociales en raison de leur contrôle sur les ressources clés. Ces classes accumulent et concentrent la richesse, ce qui leur permet de maintenir et renforcer leur position dominante. La richesse leur donne également un accès privilégié à l'éducation, à la culture, au luxe et aux réseaux de pouvoir. Les classes possédantes exercent souvent une influence politique disproportionnée, soit directement (par l'exercice du pouvoir politique), soit indirectement (par le financement de campagnes politiques, le lobbying, etc.). Elles peuvent aussi dominer les institutions culturelles et médiatiques, façonnant ainsi les normes et les valeurs sociales. Rappelons que la fortune personnelle de Yasser Arafat se chiffrait en centaines de millions de dollars, voire plus d’un milliard. La richesse d'Arafat provenait en grande partie de fonds internationaux destinés à soutenir la cause palestinienne, dont une partie était apparemment sous son contrôle direct. Une partie de cette richesse était supposément placée dans des comptes bancaires personnels à l'étranger, dans des investissements, ou utilisée pour soutenir des opérations secrètes et pour maintenir son influence politique.

Dans nos sociétés modernes développées, l’hyperconsommation et les divertissements engourdissent facilement les esprits pour autant qu’un minimum de moyens financiers soit disponibles pour ces excès. Tel n’est pas le cas pour les (plus) pauvres, même dans les pays considérés comme riches, et qui ne peuvent participer à ces « orgies ». Il semble que le Luxembourgeois parte en moyenne 5 fois par an en vacances. Et que dire de notre hypermobilité (produisant du CO2 en masse dans le monde entier) pour un oui ou pour un non qui semble normale dans les pays occidentaux, la Chine nous suivant de près dans cette habitude. Et que dire des acheteurs de voiture qui optent pour des voitures haut de gamme avec des émissions de CO2 non négligeables au lieu de se tourner vers des voitures plus petites adaptées aux déplacements nécessaires. Cette attitude dépensière est décrite par la notion de mentalité d’abondance incitant les personnes ayant cette mentalité à voir le monde comme un lieu plein de possibilités, avec des ressources suffisantes pour tout le monde. Elles oublient cependant que notre monde est un monde fini dont les ressources ne se renouvellent plus proportionnellement par rapport à leur consommation. L’empreinte écologique du petit Luxembourg est une des plus élevée du monde. En 2023, l'empreinte écologique par habitant au Luxembourg était d'environ 15,8 hectares globaux (hag), bien au-dessus de la moyenne mondiale qui se situe autour de 2,7 hag. La biocapacité représente la capacité d'un territoire à produire des ressources biologiques renouvelables (comme les cultures, les forêts, et les pêcheries) et à absorber les déchets, en particulier le dioxyde de carbone, en utilisant les écosystèmes naturels. En 2023, la biocapacité du Luxembourg était d'environ 1,4 hectares globaux (hag) par habitant (une population assez élevée pour un petit territoire : 672.050 résidents + 230.000 frontaliers pour une superficie de 2.586 km2) à comparer aux 15,8 hag de l’empreinte écologique. Cela signifie que chaque habitant dispose de cette petite superficie théorique pour produire les ressources qu'il consomme et absorber ses déchets. Donc, pour compenser sa consommation excessive, chaque habitant du Luxembourg devrait disposer de 11,3 fois plus de surface que le petit Luxembourg ne peut pas lui mettre à disposition. Le Luxembourg est devenu un pays d’accueil après avoir été pendant longtemps une terre d’émigration.

Qu’est-ce qu’on peut déduire de ces chiffres en ce qui concerne la mentalité luxembourgeoise ? Si on prend les différentes typologies de mentalité, qu’en est-il pour le Luxembourg : . mentalité fixe vs. mentalité de croissance,  mentalité collective vs. mentalité individualiste, mentalité d'abondance vs. mentalité de rareté, ,mentalité d'entrepreneur vs. mentalité de salarié, mentalité conservatrice vs. mentalité progressiste, mentalité orientée vers le long terme vs. Mentalité orientée vers le court terme, mentalité collective vs. mentalité Individualiste, mentalité d'infériorité vs. mentalité de supériorité, mentalité de mérite vs. mentalité de déterminisme et autres ?

Est-ce qu’on peut faire des déductions sur base d’études sur les valeurs du Luxembourg : Voici les résultats d’une étude du CEPS/INSTEAD publiée en décembre 2012  (j’en ai pas trouvé de plus récente) :

Qu’est-ce qu’on peut déduire de ce palmarès de valeurs par rapport aux mentalités au Luxembourg, sachant que les résidents étrangers sont un peu moins nombreux que les résidents luxembourgeois. 47.3 %. Des résidents sont des étrangers. Il y a environ 180 nationalités différentes représentées au Luxembourg.

D’autres études ont attribué au Luxembourg les traits caractéristiques suivantes de mentalité :

  • Ouverture et multiculturalisme
  • Pragmatisme et discrétion
  • Attachement aux traditions et à la famille
  • Sens du devoir et de la responsabilité
  • Multilinguisme
  • Stabilité et sécurité
  • Soutien à l'innovation et à l'Europe

Est-ce que le lecteur luxembourgeois se retrouve dans ces caractéristiques ?

Selon la position où un individu se situe, il me semble évident que sa mentalité soit conditionnée par son environnement personnel ? Je n’ai pas trouvé d’études et des recherches concernant la dépression écologique et l’éco-anxiété au Luxembourg. Je n’ai jamais connu dans mon entourage des personnes abordant ce sujet.

Nous devons encore mentionner une autre théorie, à savoir celle des mentalités culturelles développée par Geert Hofstede. Il me semble évident que l’environnement culturel d’une personne va fortement imprégner sa mentalité, et donc art de vivre que la personne essaie de mettre (éventuellement) en place. Tout dépend évidemment de la définition des dimensions culturelles retenues. Hofstede en a retenu six :

  • Distance hiérarchique (Power Distance Index – PDI : : Cette dimension mesure le degré d'acceptation des inégalités de pouvoir au sein d'une société. Dans les cultures avec une forte distance hiérarchique, les inégalités sont acceptées comme normales, et le respect de l'autorité est fortement valorisé. Dans les cultures avec une faible distance hiérarchique, l'égalité et la décentralisation du pouvoir sont préférées. Ainsi les pays nordiques auraient une distance faible.
  • Individualisme vs. Collectivisme (IDV) : Cette dimension évalue l'importance accordée à l'individu par rapport au groupe. Les cultures individualistes privilégient l'indépendance, l'autonomie personnelle, et les accomplissements individuels. Les cultures collectivistes mettent l'accent sur l'appartenance à un groupe, l'interdépendance, et la loyauté envers le groupe. Les États-Unis et le Royaume-Uni sont des exemples de sociétés très individualistes, tandis que des pays comme la Chine et la Corée du Sud sont davantage collectivistes.
    • Les sociétés individualistes mettent l’accent sur la réussite et les droits individuels, en se concentrant sur les besoins de soi-même et de sa famille proche. L’image de soi d’une personne dans cette catégorie est définie comme « Je ». Ce « Je » est cerné par l’autonomie, l’individu se sentant capable de prendre ses propres décisions, de tracer son propre chemin et de gérer sa propre vie sans dépendre excessivement des autres. L'individu est souvent tenu responsable de ses succès et de ses échecs. Il doit se prendre en charge, tant sur le plan matériel que moral. L'individu a le droit de poursuivre ses propres aspirations, parfois même au détriment des normes collectives ou des attentes de la communauté. L'individualisme valorise l'authenticité et la capacité de chaque personne à exprimer librement ses pensées, ses sentiments et ses croyances. Il peut encourager la compétition entre les individus, car chacun est encouragé à se démarquer et à maximiser ses propres intérêts. Le "Je" cherche souvent à être reconnu pour ses accomplissements individuels. La reconnaissance sociale, le succès professionnel, et l'accomplissement personnel sont des objectifs importants dans une société où l'individualisme est valorisé.
    • En revanche, les sociétés collectivistes accordent une plus grande importance aux objectifs et au bien-être du groupe, l’image de soi d’une personne dans cette catégorie étant plus proche d’un « Nous ». » Enfin, la communication tend à être plus directe dans les sociétés individualistes et plus indirecte dans les sociétés collectivistes. Le "Nous" est prioritaire par rapport à l'individu. Les besoins, les objectifs, et les intérêts du groupe priment sur ceux des individus. Chaque membre de la société est encouragé à se voir comme une partie intégrante d'un tout plus large, et à subordonner ses aspirations personnelles à celles du groupe. Dans une société collectiviste, l'identité individuelle est largement définie par l'appartenance au groupe. Les individus se perçoivent avant tout comme membres d'une famille, d'une communauté, d'une organisation, ou d'une nation. Le sens de soi est étroitement lié aux rôles sociaux et aux relations avec les autres membres du groupe. Le "Nous" implique une forte solidarité entre les membres du groupe. La coopération est valorisée, et chacun est attendu à contribuer au bien-être collectif. Les réussites sont souvent vues comme le résultat d'efforts communs plutôt que d'accomplissements individuels, et les échecs sont également partagés au niveau du groupe. Dans une société collectiviste, la responsabilité est partagée. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les actions individuelles, le groupe assume collectivement la responsabilité du bien-être de ses membres. Cela se traduit par un soutien mutuel, où l'entraide et le sacrifice personnel pour le bien du groupe sont valorisés. Les relations sociales dans une société collectiviste sont souvent structurées par des hiérarchies et des obligations clairement définies. Le respect des aînés, des autorités, et des traditions joue un rôle crucial. Les obligations envers la famille, la communauté ou l'État sont souvent plus importantes que les désirs individuels. Le "Nous" met en avant l'interdépendance des membres du groupe. Chacun dépend des autres pour son bien-être et son succès, et il existe une reconnaissance mutuelle de cette dépendance. Les liens sociaux sont donc très forts, et il y a un grand sens de la loyauté et de l'engagement envers le groupe.
  • Contrôle de l'incertitude (Uncertainty Avoidance Index - UAI) : Cette dimension, encore connue sous la notion d’indice d’évitement de l’incertitude, mesure le degré de tolérance face à l'incertitude et l'ambiguïté. Les cultures avec un fort contrôle de l'incertitude préfèrent des règles claires, la stabilité et évitent les risques. Cette dimension reflète la mesure dans laquelle les membres d’une société tentent de faire face à leur anxiété en réduisant l’incertitude au minimum. Dans sa forme la plus simplifiée, l’évitement de l’incertitude fait référence à la menace que représente le changement pour une culture. Un indice élevé d’évitement de l’incertitude indique une faible tolérance à l’incertitude, à l’ambiguïté et à la prise de risque. Les institutions et les individus de ces sociétés cherchent à minimiser l’inconnu par des règles strictes, des règlements, etc. À l’inverse, les personnes appartenant à des cultures à faible évitement de l’incertitude acceptent et se sentent à l’aise dans des situations non structurées ou des environnements changeants et essaient d’avoir le moins de règles possibles. Cela signifie que les personnes appartenant à ces cultures ont tendance à être plus tolérantes au changement. L’inconnu est plus ouvertement accepté, et des règles et règlements moins stricts peuvent en découler.

Celles avec un faible contrôle sont plus ouvertes à l'inconnu, prennent plus de risques, et sont plus tolérantes face aux opinions divergentes. : La Grèce et le Japon ont un fort contrôle de l'incertitude, tandis que Singapour et le Danemark ont un faible contrôle.


  • Masculinité vs. Féminité (Masculinity vs. Femininity - MAS) :
    Cette dimension, également connue sous le nom de différenciation des rôles de genre, différencie les cultures selon la distribution des rôles sociaux entre les sexes. Elle décrit la manière dont les sociétés attribuent des rôles, des comportements, des responsabilités, et des attentes distincts aux individus en fonction de leur genre, c'est-à-dire leur identification en tant qu'homme ou femme (ou dans certains cas, d'autres identités de genre). Cette différenciation repose souvent sur des normes culturelles et sociales qui définissent ce qui est considéré comme "approprié" ou "typique" pour chaque genre. Les rôles de genre prescrivent souvent des comportements et des fonctions spécifiques aux hommes et aux femmes. Par exemple, dans de nombreuses cultures traditionnelles, les hommes sont souvent associés à des rôles liés au travail rémunéré, à la protection et à la prise de décisions, tandis que les femmes sont davantage associées aux soins de la famille, à l'entretien du foyer et à l'éducation des enfants. Les attentes sociales dictent comment les individus doivent se comporter en fonction de leur genre. Cette différenciation est souvent renforcée par des stéréotypes de genre, qui sont des généralisations simplifiées sur les caractéristiques ou les aptitudes des hommes et des femmes. La différenciation des rôles de genre peut entraîner des inégalités où les rôles et les contributions des hommes sont valorisés différemment de ceux des femmes. Cela peut se traduire par des disparités en termes de salaire, d'accès aux opportunités professionnelles, de participation à la prise de décisions, ou de reconnaissance sociale.

Mais les choses commencent à changer dans certaines sociétés. Il y a par exemple en Europe une lutte contre le gendering (désigne le processus par lequel les individus, les objets, les comportements et les rôles sociaux sont associés ou assignés à un genre spécifique, souvent de manière implicite ou explicite), mais pas tous pays participent également à cette démarche d’égalité comme par exemple la Pologne (influence de l’église catholique) ou la Hongrie qui soutient des rôles de genre traditionnels, notamment en valorisant la famille "traditionnelle" et en limitant les discussions sur le genre et la sexualité dans les écoles. En Italie des stéréotypes de genre persistants influencent encore les rôles domestiques et professionnels. Les femmes sont souvent attendues de jouer un rôle central dans la gestion de la maison et de la famille, même lorsqu'elles travaillent à l'extérieur.

Bien que les rôles de genre traditionnels soient encore présents dans de nombreuses sociétés, il y a un mouvement croissant vers l'égalité des genres, qui remet en question ces rôles différenciés. La Suède et la Norvège semble être des plus actifs dans la lutte contre le gendering. Dans les pays plus ouverts à l’anti-gendering, les femmes participent de plus en plus à des domaines autrefois dominés par les hommes, et les hommes prennent un rôle plus actif dans les tâches domestiques et les soins aux enfants.

La compréhension contemporaine des rôles de genre reconnaît également la diversité des identités de genre, au-delà du binaire masculin-féminin. Cela inclut les personnes non-binaires, transgenres, et d'autres identités qui ne correspondent pas nécessairement aux rôles de genre traditionnels. En Europe il y a des mouvements de plus en plus larges pour l'égalité des genres, les droits des femmes, et les droits des personnes LGBTQ+ (lesbiennes, gay, bisexuel, transgenre, queer, questioning et « + » ce signe incluant toutes les autres identités de genre et orientations sexuelles qui ne sont pas explicitement mentionnées dans l'acronyme, comme les personnes intersexuées, asexuelles, pansexuelles, et autres). Cette lutte vise à déconstruire les stéréotypes de genre, à promouvoir une éducation et une socialisation sans biais de genre, et à encourager des politiques publiques qui favorisent l'égalité et l'inclusion. Le terme LGBTQ+ est utilisé pour reconnaître et affirmer la diversité des identités et orientations au sein de la société. Il souligne l'importance de la visibilité, de l'acceptation et des droits des personnes qui ne s'identifient pas au modèle hétéronormatif (c'est-à-dire l'idée que l'hétérosexualité est la seule orientation sexuelle ou la seule normale) ou cisnormatif (c'est-à-dire l'idée que l'identité de genre doit correspondre au sexe assigné à la naissance). Malheureusement, il existe encore de nombreux pays dans le monde où les personnes LGBTQ+ sont persécutées, discriminées, ou criminalisées. À titre d’exemple : Nigéria, Ouganda, Arabie Saoudite, Iran, Émirats arabes unis, Yémen, Afghanistan, Pakistan, Brunei, Malaisie, Jamaïque, Barbade (Caraïbes), Papouasie-Nouvelle-Guinée et peut-être d’autres encore.

 

  • Orientation à long terme vs. Orientation à court terme (Long-Term Orientation vs. Short-Term Orientation - LTO) : Cette dimension mesure le degré auquel une culture valorise la persévérance et les récompenses futures par rapport au respect des traditions et des obligations présentes. Elle fait référence à la mesure dans laquelle les cultures encouragent le report de la gratification ou des besoins matériels, sociaux et émotionnels de leurs membres Ces sociétés ont donc tendance à se concentrer sur l’avenir d’une manière qui retarde le succès à court terme en faveur du succès à long terme. Les cultures avec une orientation à long terme planifient sur de longues périodes, valorisent l'épargne et la persévérance, la croissance à long terme et la capacité d’adaptation. Celles avec une orientation à court terme privilégient le respect des traditions et des normes sociales établies. L’orientation à court terme d’une société, en revanche, indique une focalisation sur l’avenir proche, implique une réussite ou une gratification à court terme et met davantage l’accent sur le présent que sur l’avenir. Le résultat final de cette orientation est l’accent mis sur les résultats rapides et le respect de la tradition. Les valeurs d’une société à court terme sont liées au passé et au présent et peuvent entraîner des dépenses effrénées, souvent en réponse à la pression sociale ou écologique. La Chine est un exemple typique de culture à long terme, tandis que les États-Unis sont davantage orientés à court terme.
  • Indulgence vs. Restriction (Indulgence vs. Restraint - IVR) : Cette dimension examine la façon dont les sociétés gèrent la gratification des désirs humains. Elle considère l’étendue et la tendance d’une société à satisfaire ses désirs. En d’autres termes, cette dimension est une mesure du contrôle des impulsions et des désirs au sein de la société. Des niveaux élevés d’indulgence indiquent que la société permet une gratification relativement libre. Les cultures indulgentes permettent la libre satisfaction des besoins humains relatifs au plaisir et à la jouissance de la vie. Dans une société très indulgente, les gens peuvent avoir tendance à dépenser plus d’argent pour des produits de luxe et à jouir d’une plus grande liberté en ce qui concerne les activités de loisir. En revanche, les cultures de restriction régulent ces désirs à travers des normes sociales strictes. La retenue indique que la société tend à supprimer la satisfaction des besoins et à les réguler par des normes sociales. Dans une société restreinte, les gens sont plus susceptibles d’économiser de l’argent et de se concentrer sur les besoins pratiques. 

Distance hiérarchique (Power Distance Index – PDI : : Cette dimension mesure le degré d'acceptation des inégalités de pouvoir au sein d'une société. Dans les cultures avec une forte distance hiérarchique, les inégalités sont acceptées comme normales, et le respect de l'autorité est fortement valorisé. Dans les cultures avec une faible distance hiérarchique, l'égalité et la décentralisation du pouvoir sont préférées. Ainsi les pays nordiques auraient une distance faible.

Individualisme vs. Collectivisme (IDV) : Cette dimension évalue l'importance accordée à l'individu par rapport au groupe. Les cultures individualistes privilégient l'indépendance, l'autonomie personnelle, et les accomplissements individuels. Les cultures collectivistes mettent l'accent sur l'appartenance à un groupe, l'interdépendance, et la loyauté envers le groupe. Les États-Unis et le Royaume-Uni sont des exemples de sociétés très individualistes, tandis que des pays comme la Chine et la Corée du Sud sont davantage collectivistes.

Les sociétés individualistes mettent l’accent sur la réussite et les droits individuels, en se concentrant sur les besoins de soi-même et de sa famille proche. L’image de soi d’une personne dans cette catégorie est définie comme « Je ». Ce « Je » est cerné par l’autonomie, l’individu se sentant capable de prendre ses propres décisions, de tracer son propre chemin et de gérer sa propre vie sans dépendre excessivement des autres. L'individu est souvent tenu responsable de ses succès et de ses échecs. Il doit se prendre en charge, tant sur le plan matériel que moral. L'individu a le droit de poursuivre ses propres aspirations, parfois même au détriment des normes collectives ou des attentes de la communauté. L'individualisme valorise l'authenticité et la capacité de chaque personne à exprimer librement ses pensées, ses sentiments et ses croyances. Il peut encourager la compétition entre les individus, car chacun est encouragé à se démarquer et à maximiser ses propres intérêts. Le "Je" cherche souvent à être reconnu pour ses accomplissements individuels. La reconnaissance sociale, le succès professionnel, et l'accomplissement personnel sont des objectifs importants dans une société où l'individualisme est valorisé.

En revanche, les sociétés collectivistes accordent une plus grande importance aux objectifs et au bien-être du groupe, l’image de soi d’une personne dans cette catégorie étant plus proche d’un « Nous ». » Enfin, la communication tend à être plus directe dans les sociétés individualistes et plus indirecte dans les sociétés collectivistes. Le "Nous" est prioritaire par rapport à l'individu. Les besoins, les objectifs, et les intérêts du groupe priment sur ceux des individus. Chaque membre de la société est encouragé à se voir comme une partie intégrante d'un tout plus large, et à subordonner ses aspirations personnelles à celles du groupe. Dans une société collectiviste, l'identité individuelle est largement définie par l'appartenance au groupe. Les individus se perçoivent avant tout comme membres d'une famille, d'une communauté, d'une organisation, ou d'une nation. Le sens de soi est étroitement lié aux rôles sociaux et aux relations avec les autres membres du groupe. Le "Nous" implique une forte solidarité entre les membres du groupe. La coopération est valorisée, et chacun est attendu à contribuer au bien-être collectif. Les réussites sont souvent vues comme le résultat d'efforts communs plutôt que d'accomplissements individuels, et les échecs sont également partagés au niveau du groupe. Dans une société collectiviste, la responsabilité est partagée. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les actions individuelles, le groupe assume collectivement la responsabilité du bien-être de ses membres. Cela se traduit par un soutien mutuel, où l'entraide et le sacrifice personnel pour le bien du groupe sont valorisés. Les relations sociales dans une société collectiviste sont souvent structurées par des hiérarchies et des obligations clairement définies. Le respect des aînés, des autorités, et des traditions joue un rôle crucial. Les obligations envers la famille, la communauté ou l'État sont souvent plus importantes que les désirs individuels. Le "Nous" met en avant l'interdépendance des membres du groupe. Chacun dépend des autres pour son bien-être et son succès, et il existe une reconnaissance mutuelle de cette dépendance. Les liens sociaux sont donc très forts, et il y a un grand sens de la loyauté et de l'engagement envers le groupe.

Contrôle de l'incertitude (Uncertainty Avoidance Index - UAI) : Cette dimension, encore connue sous la notion d’indice d’évitement de l’incertitude, mesure le degré de tolérance face à l'incertitude et l'ambiguïté. Les cultures avec un fort contrôle de l'incertitude préfèrent des règles claires, la stabilité et évitent les risques. Cette dimension reflète la mesure dans laquelle les membres d’une société tentent de faire face à leur anxiété en réduisant l’incertitude au minimum. Dans sa forme la plus simplifiée, l’évitement de l’incertitude fait référence à la menace que représente le changement pour une culture. Un indice élevé d’évitement de l’incertitude indique une faible tolérance à l’incertitude, à l’ambiguïté et à la prise de risque. Les institutions et les individus de ces sociétés cherchent à minimiser l’inconnu par des règles strictes, des règlements, etc. À l’inverse, les personnes appartenant à des cultures à faible évitement de l’incertitude acceptent et se sentent à l’aise dans des situations non structurées ou des environnements changeants et essaient d’avoir le moins de règles possibles. Cela signifie que les personnes appartenant à ces cultures ont tendance à être plus tolérantes au changement. L’inconnu est plus ouvertement accepté, et des règles et règlements moins stricts peuvent en découler.

Celles avec un faible contrôle sont plus ouvertes à l'inconnu, prennent plus de risques, et sont plus tolérantes face aux opinions divergentes. : La Grèce et le Japon ont un fort contrôle de l'incertitude, tandis que Singapour et le Danemark ont un faible contrôle.

Masculinité vs. Féminité (Masculinity vs. Femininity - MAS) : Cette dimension, également connue sous le nom de différenciation des rôles de genre, différencie les cultures selon la distribution des rôles sociaux entre les sexes. Elle décrit la manière dont les sociétés attribuent des rôles, des comportements, des responsabilités, et des attentes distincts aux individus en fonction de leur genre, c'est-à-dire leur identification en tant qu'homme ou femme (ou dans certains cas, d'autres identités de genre). Cette différenciation repose souvent sur des normes culturelles et sociales qui définissent ce qui est considéré comme "approprié" ou "typique" pour chaque genre. Les rôles de genre prescrivent souvent des comportements et des fonctions spécifiques aux hommes et aux femmes. Par exemple, dans de nombreuses cultures traditionnelles, les hommes sont souvent associés à des rôles liés au travail rémunéré, à la protection et à la prise de décisions, tandis que les femmes sont davantage associées aux soins de la famille, à l'entretien du foyer et à l'éducation des enfants. Les attentes sociales dictent comment les individus doivent se comporter en fonction de leur genre. Cette différenciation est souvent renforcée par des stéréotypes de genre, qui sont des généralisations simplifiées sur les caractéristiques ou les aptitudes des hommes et des femmes. La différenciation des rôles de genre peut entraîner des inégalités où les rôles et les contributions des hommes sont valorisés différemment de ceux des femmes. Cela peut se traduire par des disparités en termes de salaire, d'accès aux opportunités professionnelles, de participation à la prise de décisions, ou de reconnaissance sociale.

Mais les choses commencent à changer dans certaines sociétés. Il y a par exemple en Europe une lutte contre le gendering (désigne le processus par lequel les individus, les objets, les comportements et les rôles sociaux sont associés ou assignés à un genre spécifique, souvent de manière implicite ou explicite), mais pas tous pays participent également à cette démarche d’égalité comme par exemple la Pologne (influence de l’église catholique) ou la Hongrie qui soutient des rôles de genre traditionnels, notamment en valorisant la famille "traditionnelle" et en limitant les discussions sur le genre et la sexualité dans les écoles. En Italie des stéréotypes de genre persistants influencent encore les rôles domestiques et professionnels. Les femmes sont souvent attendues de jouer un rôle central dans la gestion de la maison et de la famille, même lorsqu'elles travaillent à l'extérieur.

Bien que les rôles de genre traditionnels soient encore présents dans de nombreuses sociétés, il y a un mouvement croissant vers l'égalité des genres, qui remet en question ces rôles différenciés. La Suède et la Norvège semble être des plus actifs dans la lutte contre le gendering. Dans les pays plus ouverts à l’anti-gendering, les femmes participent de plus en plus à des domaines autrefois dominés par les hommes, et les hommes prennent un rôle plus actif dans les tâches domestiques et les soins aux enfants.

La compréhension contemporaine des rôles de genre reconnaît également la diversité des identités de genre, au-delà du binaire masculin-féminin. Cela inclut les personnes non-binaires, transgenres, et d'autres identités qui ne correspondent pas nécessairement aux rôles de genre traditionnels. En Europe il y a des mouvements de plus en plus larges pour l'égalité des genres, les droits des femmes, et les droits des personnes LGBTQ+ (lesbiennes, gay, bisexuel, transgenre, queer, questioning et « + » ce signe incluant toutes les autres identités de genre et orientations sexuelles qui ne sont pas explicitement mentionnées dans l'acronyme, comme les personnes intersexuées, asexuelles, pansexuelles, et autres). Cette lutte vise à déconstruire les stéréotypes de genre, à promouvoir une éducation et une socialisation sans biais de genre, et à encourager des politiques publiques qui favorisent l'égalité et l'inclusion. Le terme LGBTQ+ est utilisé pour reconnaître et affirmer la diversité des identités et orientations au sein de la société. Il souligne l'importance de la visibilité, de l'acceptation et des droits des personnes qui ne s'identifient pas au modèle hétéronormatif (c'est-à-dire l'idée que l'hétérosexualité est la seule orientation sexuelle ou la seule normale) ou cisnormatif (c'est-à-dire l'idée que l'identité de genre doit correspondre au sexe assigné à la naissance). Malheureusement, il existe encore de nombreux pays dans le monde où les personnes LGBTQ+ sont persécutées, discriminées, ou criminalisées. À titre d’exemple : Nigéria, Ouganda, Arabie Saoudite, Iran, Émirats arabes unis, Yémen, Afghanistan, Pakistan, Brunei, Malaisie, Jamaïque, Barbade (Caraïbes), Papouasie-Nouvelle-Guinée et peut-être d’autres encore.

 

Orientation à long terme vs. Orientation à court terme (Long-Term Orientation vs. Short-Term Orientation - LTO) : Cette dimension mesure le degré auquel une culture valorise la persévérance et les récompenses futures par rapport au respect des traditions et des obligations présentes. Elle fait référence à la mesure dans laquelle les cultures encouragent le report de la gratification ou des besoins matériels, sociaux et émotionnels de leurs membres Ces sociétés ont donc tendance à se concentrer sur l’avenir d’une manière qui retarde le succès à court terme en faveur du succès à long terme. Les cultures avec une orientation à long terme planifient sur de longues périodes, valorisent l'épargne et la persévérance, la croissance à long terme et la capacité d’adaptation. Celles avec une orientation à court terme privilégient le respect des traditions et des normes sociales établies. L’orientation à court terme d’une société, en revanche, indique une focalisation sur l’avenir proche, implique une réussite ou une gratification à court terme et met davantage l’accent sur le présent que sur l’avenir. Le résultat final de cette orientation est l’accent mis sur les résultats rapides et le respect de la tradition. Les valeurs d’une société à court terme sont liées au passé et au présent et peuvent entraîner des dépenses effrénées, souvent en réponse à la pression sociale ou écologique.

Restraint - IVR) : Cette dimension examine la façon dont les sociétés gèrent la gratification des désirs humains. Elle considère l’étendue et la tendance d’une société à satisfaire ses désirs. En d’autres termes, cette dimension est une mesure du contrôle des impulsions et des désirs au sein de la société. Des niveaux élevés d’indulgence indiquent que la société permet une gratification relativement libre. Les cultures indulgentes permettent la libre satisfaction des besoins humains relatifs au plaisir et à la jouissance de la vie. Dans une société très indulgente, les gens peuvent avoir tendance à dépenser plus d’argent pour des produits de luxe et à jouir d’une plus grande liberté en ce qui concerne les activités de loisir. En revanche, les cultures de restriction régulent ces désirs à travers des normes sociales strictes. La retenue indique que la société tend à supprimer la satisfaction des besoins et à les réguler par des normes sociales. Dans une société restreinte, les gens sont plus susceptibles d’économiser de l’argent et de se concentrer sur les besoins pratiques.La Suède a une culture indulgente tandis que la Russie et la Chine ont une culture restrictive.

La théorie de Geert Hofstede est une des théories les plus influentes en matière de compréhension des différences culturelles dans le monde. Elle repose sur l'analyse des valeurs culturelles et comment elles influencent le comportement des individus dans différentes sociétés. Nul doute que ces dimensions peuvent avoir une incidence sur les mentalités individuelles et donc sur le mode de vie vécue en fonction d’un art de vivre. Onpeut définir plusieurs caractéristiques des valeurs culturelles. elles sont :
    • Collectives : Les valeurs culturelles sont partagées par les membres d'un groupe ou d'une société. Elles ne sont pas uniquement le produit d'individus isolés, mais émergent de l'expérience collective et des interactions au sein de la communauté.
    • Durables : Elles tendent à être stables sur le long terme, même si elles peuvent évoluer avec le temps. Elles forment le fondement de la culture et sont souvent ancrées dans les traditions, les croyances religieuses, et les systèmes de pensée.
    • Elle constituent des guides de comportement : Les valeurs culturelles influencent les comportements et les décisions des individus. Elles déterminent ce qui est considéré comme acceptable ou inacceptable, important ou secondaire, juste ou injuste au sein d'une culture.
    • Contextuelles : Elles varient d'une culture à l'autre. Ce qui est valorisé dans une culture peut ne pas l'être dans une autre. Par exemple, l'individualisme est une valeur centrale dans de nombreuses cultures occidentales, tandis que le collectivisme est plus valorisé dans de nombreuses cultures asiatiques.
    • Abstraites : Les valeurs culturelles sont des concepts abstraits, comme la liberté, l'égalité, la solidarité, l'honneur, la famille, ou la réussite et autres encore. Elles ne se manifestent pas directement, mais à travers les comportements, les symboles, les normes et les institutions.

Les valeurs culturelles jouent un rôle crucial dans la cohésion sociale, l'identité collective, et la transmission des normes sociales. Elles influencent les politiques publiques, les lois, les systèmes éducatifs, et les pratiques commerciales. Dans un contexte interculturel, comprendre les valeurs culturelles d'une autre société est essentiel pour éviter les malentendus, renforcer la coopération et favoriser des interactions respectueuses et efficaces. En somme, les valeurs culturelles sont les piliers invisibles mais puissants qui façonnent la vie quotidienne des individus au sein de leurs sociétés, influençant tout, des choix personnels aux structures sociales et aux relations internationales.

La théorie de Hofstede est largement utilisée pour comprendre comment les différences culturelles peuvent influencer divers aspects de la vie.

Rappelons encore les recherches du psychologue social Shalom H. Schwartz et de ses collègues qui ont identifié 19 valeurs individuelles fondamentales qui, selon leur théorie, incluraient l'ensemble des valeurs et seraient universelles (se retrouveraient dans toutes les sociétés). Ce modèle a été traité dans l’article « Plaisir et bonheur ».

Peter Stockinger aborde le problème des valeurs culturelles et élargit les dimensions. Voici le résumé de sa démarche : « Dans cet article, nous explorons la problématique des valeurs culturelles que sont des objets au sens le plus large du terme formant le cadre de référence aux agissements d’un acteur humain ou anthropomorphe (personne, groupe social, institution, personnage de fiction, …). Ce sont des objets aussi bien matériels que symboliques, inanimés ou animés, naturels ou artificiels (au sens de produits, de réalisations) qui servent de normes, de traditions, de visions partagées, de pensées de groupe, de doctrines, de savoir-faire (de « bonnes pratiques »), d’exemples (au sens d’exemplum), de textes de référence, de récits de référence, etc. La fonction principale de ces « objets » lato sensu est de former l’identité (toujours mouvante) d’un acteur (individuel ou collectif) comprise à la fois comme une position dans un espace social qui constitue l’environnement (la « Umwelt ») de l’acteur et comme une frontière (une « interface ») par rapport aux autres acteurs. L’acteur occupe et organise un territoire (pas exclusivement physique) qui lui est propre et qu’on appelle monde de vie. En se référant à, en « utilisant » les objets comme standards dans son faire (dans sa pratique), l’acteur crée, produit « son » monde – aussi bien matériel que symbolique, social qu’historique. En même temps, les objets composant les valeurs culturelles de l’acteur, lui permettent une certaine image, crée, produit une certaine expression de lui (de sa « vie intérieure »). Cette « image » analogiquement parlant correspond à ce que le sociologue Ervin Goffman a appelé la face sociale, la face sociale étant à la fois la frontière séparant un acteur d’autres acteurs et l’interface au sens d’un texte vivant et multi-sensoriel qui exprime, qui s’exprime d’une manière plus ou moins appropriée aux contextes spécifiques.

Dont acte😊

Les dimensions des différents modèles, tous pertinents dans l’analyse de la constitution des mentalités individuelles et collectives, ne tiennent cependant pas compte d’autres domaines de la culture pouvant certainement influencer la construction d’un art de vivre. En effet, un contact plus poussé avec certains domaines de la culture a de fortes chances de pousser les démarches et les efforts dans certaines directions en ce qui concerne l’élaboration d’un art de vivre. On peut s’imaginer qu’un enfant vivant dans une famille de musiciens aura peut-être une autre orientation de son art de vivre que le fils d’un sportif connu ou d’un écrivain ou autre. Mais toutes les personnes n’ont pas la chance de baigner très tôt dans un milieu culturel riche et d’avoir les moyens pour explorer plus ou moins en profondeur certains domaines. En principe, les contacts avec les domaines de la culture devraient enrichir et diversifier le vécu personnel, à moins d’avoir acquis, peut-être malgré soi, une mentalité restreinte et fermée. Cela vaut la peine de présenter une certaine structure (il y en a certainement d’autres) des domaines de la culture. Voici quelques-uns des principaux domaines entrant dans la culture :

La culture est un concept très large qui englobe une variété de domaines et d'aspects de la vie humaine. Voici quelques-uns des principaux domaines entrant dans la culture :

  1. Arts :
    • Arts visuels : peinture, sculpture, photographie, cinéma, architecture.
    • Arts du spectacle : théâtre, danse, musique, opéra.
    • Littérature : poésie, roman, essai, bande dessinée.
    • Cinéma et audiovisuel : films, documentaires, séries, vidéos.
    • Langue et linguistique : Langues parlées, écriture, dialectes, linguistique.
    • Traditions et coutumes : Rituels, fêtes, célébrations, pratiques religieuses, coutumes locales.
    • Autres ?
  2. Patrimoine
    • Patrimoine matériel : monuments, sites archéologiques, musées.
    • Patrimoine immatériel : savoir-faire, légendes, contes, musique traditionnelle.
  3. Éducation et connaissances : Systèmes éducatifs, philosophies, sciences humaines et sociales, histoire.
  4. Valeurs et croyances : Valeurs morales, idéologies, systèmes de croyances, religions.
  5. Mode de vie : Alimentation, habillement, habitation, modes de vie quotidienne.
  6. Communication et médias : Presse, médias numériques, réseaux sociaux, radio, télévision.
  7. Sciences et technologies : Innovations scientifiques, technologies, développement technique.
  8. Sports et loisirs : Sports, jeux, loisirs, activités de plein air.
  9. Économie et travail : Métiers, artisanat, commerce, économie, etc.
  10. Autres ?

Ces domaines interagissent souvent entre eux et contribuent ensemble à façonner l'identité culturelle d'une société.

Nous voudrions approfondir un peu les relations entre la mentalité et les beaux-arts. Est-ce que l'art influence la mentalité ou vice-versa ? Je pense qu’on peut affirmer que l’art et la mentalité s'influencent mutuellement de plusieurs façons.

  • Ainsi, les œuvres d'art peuvent modeler les attitudes et les comportements des individus et des groupes. Par exemple, un film ou une œuvre littéraire qui explore des thèmes comme l'égalité ou la justice peut sensibiliser le public à ces questions et influencer les attitudes sociales.
  • Les artistes peuvent introduire de nouveaux idéaux et valeurs à travers leurs œuvres. Le mouvement impressionniste a bouleversé les conventions artistiques établies et a ouvert la voie à de nouvelles manières de percevoir et d'apprécier la réalité, influençant ainsi la manière dont les gens voient le monde.
  • L'art peut inspirer les gens à réfléchir différemment sur leur propre vie et leur société. Par exemple, les œuvres d'art engagées politiquement peuvent encourager les spectateurs à s'impliquer davantage dans les questions sociales et politiques.
  • L'art est souvent un reflet des valeurs, des croyances et des préoccupations d'une époque. Les artistes s'inspirent des contextes sociaux, politiques et culturels dans lesquels ils vivent, ce qui influence le contenu et la forme de leurs œuvres.
  • Les changements dans la mentalité collective peuvent se traduire par de nouveaux styles et mouvements artistiques. Par exemple, l'art moderne a émergé en réponse aux changements sociaux et technologiques du début du XXe siècle, reflétant une nouvelle vision du monde.
  • Les normes et les attentes culturelles influencent également la production artistique. Les artistes travaillent souvent dans le cadre des conventions et des tendances de leur époque, ce qui façonne le type d'art qui est produit et comment il est reçu.

L'art et la mentalité se nourrissent l'un de l'autre. Les œuvres d'art peuvent influencer la manière dont les gens pensent et ressentent, tout en étant également façonnées par les attitudes, les croyances et les circonstances de leur époque. Cette interaction dynamique fait partie de la richesse et de la complexité de la relation entre l'art et la société.

Par ailleurs, il est possible d'inférer certains aspects de la mentalité d'une époque et d'une nation à partir de l'analyse de ses arts. Les arts reflètent souvent les valeurs, les préoccupations, les croyances et les attitudes d'une société à un moment donné. Voici quelques façons dont l'analyse des arts peut révéler la mentalité d'une époque :

  • Valeurs et croyances : Les œuvres artistiques peuvent illustrer les valeurs culturelles et les croyances dominantes d'une époque. Par exemple, l'art de la Renaissance européenne est souvent associé à un humanisme croissant, à la redécouverte des valeurs antiques et à une préoccupation pour la nature humaine et la science.
  • Réactions aux événements historiques : Les œuvres artistiques peuvent également refléter les réactions des sociétés face à des événements historiques majeurs, comme les guerres, les révolutions ou les changements sociaux. Par exemple, l'art expressionniste du début du XXe siècle en Allemagne peut être vu comme une réponse aux bouleversements sociaux et politiques de l'époque.
  • Normes et idéaux esthétiques : L'évolution des styles et des formes artistiques peut indiquer des changements dans les idéaux esthétiques et les normes sociales. Les changements dans les styles artistiques peuvent révéler des modifications dans les perceptions de la beauté, de la moralité et de la société.
  • Conflits et tensions : Les œuvres d'art peuvent également exprimer des tensions sociales, politiques ou économiques. Par exemple, le surréalisme du XXe siècle a souvent abordé des thèmes de rébellion contre les normes établies et les conventions sociales.
  • Identité culturelle : Les arts jouent un rôle clé dans la formation et la préservation de l'identité culturelle. Les artistes peuvent explorer et célébrer des aspects spécifiques de leur culture, ce qui permet de mieux comprendre les aspects essentiels de cette culture et de son époque.

Cependant, il est important de noter que l'art ne donne qu'un aperçu partiel et parfois subjectif de la mentalité d'une époque. Les œuvres d'art sont créées par des individus et peuvent refléter des perspectives diverses, parfois contradictoires. Pour obtenir une compréhension complète, il est souvent nécessaire de combiner l'analyse des arts avec d'autres sources historiques et sociales.

On peut aussi observer des tensions entre certaines mentalités et certaines orientations de l’art. À titre d’exemple, il me semble probable qu’une mentalité conservatrice ne soit pas en harmonie avec le néo-expressionisme. Ainsi, le néo-expressionnisme, avec son approche souvent provocatrice et ses thèmes dérangeants, peut entrer en conflit avec une mentalité conservatrice qui valorise l'ordre et la stabilité. Par ailleurs, certaines œuvres néo-expressionnistes pourraient être perçues comme une critique des valeurs conservatrices, notamment lorsqu'elles abordent des thèmes sociaux ou politiques de manière critique. Les néo-expressionnistes reviennent à la peinture figurative, en adoptant un style violemment émotif, et une iconographie volontairement provocatrice.




Jean-Michel Basquiat : 1981 Fishing

Ou David Lynch : Two tongue Johnny, 2012


ChatGPT : « Interpréter le tableau "Two Tongue Johnny" de David Lynch demande une compréhension de l'univers singulier de l'artiste, connu pour ses œuvres souvent énigmatiques et dérangeantes. Voici quelques pistes d'interprétation basées sur les thématiques récurrentes dans son travail :

1.     Ambiguïté et Dissonance : Le tableau pourrait représenter une figure ou un personnage marqué par une dualité intérieure, symbolisée par les deux langues. Cette image pourrait suggérer un conflit entre deux facettes de l'identité ou deux forces opposées. Les deux langues peuvent évoquer une lutte entre dire la vérité et mentir, ou entre deux impulsions contradictoires.

2.     Le Corps Déformé : Lynch explore fréquemment des représentations du corps humain altéré ou grotesque, symbolisant des tensions psychologiques profondes. Dans "Two Tongue Johnny", la déformation du visage ou l'ajout d'éléments anormaux, comme les deux langues, pourrait refléter une perturbation mentale ou émotionnelle, une sorte de désintégration de l'ego.

3.     Inquiétante Étrangeté : Lynch aime jouer avec l'étrangeté du quotidien, créant des images à la fois familières et perturbantes. Le personnage de "Two Tongue Johnny" pourrait incarner cette idée d'une présence à la fois humaine et monstrueuse, qui met mal à l'aise parce qu'elle défie les attentes de normalité.

4.     Critique Sociale ou Psychologique : Les œuvres de Lynch contiennent souvent des commentaires implicites sur la société ou la condition humaine. Les deux langues pourraient symboliser la duplicité sociale, l'hypocrisie ou la difficulté à communiquer sincèrement dans un monde complexe et ambigu.

5.     Influences Surréalistes : L'imagerie de Lynch est souvent influencée par le surréalisme, qui cherche à représenter l'irrationnel et le subconscient. "Two Tongue Johnny" pourrait être une manifestation visuelle de pensées ou de sentiments refoulés, échappant aux règles de la logique et de la réalité conventionnelle.

En résumé, "Two Tongue Johnny" est une œuvre qui invite à une réflexion sur la complexité de l'identité, la communication, et les tensions internes qui peuvent déformer notre perception de nous-mêmes et des autres. Le tableau se prête à des interprétations multiples, chaque spectateur pouvant y projeter ses propres inquiétudes ou questionnements. »

Il est intéressant de poursuivre par un questionnement du surréalisme dont le message cadre bien avec des idées émergentes de son époque. Une telle interrogation montre bien l’impact d’une nouvelle orientation artistique sur le contexte sociétaire d’une époque Le surréalisme s’inscrit dans un mouvement de libération des années 1920. Son objectif principal est de libérer l'esprit humain des contraintes imposées par la société, la logique, la morale et les conventions culturelles. Voici comment le surréalisme participe à cette dynamique de libération  (ChatGPT) :

1.     « Libération de l'inconscient : Le surréalisme cherche à donner la parole à l'inconscient, une partie de l'esprit que les surréalistes considèrent comme réprimée par les normes sociales et la rationalité. En explorant les rêves, les fantasmes et les pensées irrationnelles, les surréalistes entendent libérer l'imagination des contraintes logiques et morales, permettant ainsi une expression plus authentique et spontanée de l'individu.

2.     Rébellion contre les normes sociales : Le surréalisme est profondément subversif, cherchant à remettre en question et à renverser les normes sociales et culturelles établies. En perturbant les catégories traditionnelles de l'art et de la pensée, les surréalistes visent à provoquer une prise de conscience et à encourager une révolte contre les structures oppressives de la société. Le surréalisme cherche donc à explorer et à exprimer les profondeurs de l'inconscient, une dimension de l'esprit humain qui échappe à la rationalité. Influencé par les théories de Sigmund Freud, le mouvement surréaliste valorise les rêves, les fantasmes, et les pensées irrationnelles comme des sources d'inspiration authentiques.

3.     Libération de la créativité : Les techniques surréalistes, comme l'écriture automatique, le collage et le cadavre exquis, sont conçues pour libérer la créativité des contraintes imposées par la logique et la raison. Ces méthodes permettent aux artistes et écrivains de se connecter à des sources d'inspiration plus profondes et moins conventionnelles, ouvrant ainsi de nouvelles voies d'expression artistique. Pour les surréalistes, l'acte créatif doit être libéré des conventions sociales et des restrictions imposées par la logique. Ils prônent une forme d'art spontané.

4.     Union du rêve et de la réalité : En cherchant à fusionner le monde du rêve avec celui de la réalité, le surréalisme vise à créer une "surréalité" qui dépasse les limitations du quotidien. Cette démarche est une forme de libération de la pensée, qui refuse de se soumettre aux dichotomies traditionnelles entre le réel et l'irréel, le conscient et l'inconscient. L'un des objectifs du surréalisme est de fusionner le monde du rêve et celui de la réalité, créant ainsi une "surréalité" où les opposés se rejoignent. Cela se traduit souvent par des images ou des situations paradoxales, où le réel et l'irréel se mélangent de manière inattendue.

5.     Engagement politique : Certains surréalistes, comme André Breton, le fondateur du mouvement, ont également vu le surréalisme comme une forme de révolution sociale et politique. Ils ont cherché à associer l'art à une transformation radicale de la société, inspirée par des idéaux libertaires et parfois marxistes, dans le but de libérer l'humanité des oppressions économiques et politiques.

6.     Libération sexuelle : Le surréalisme prône également une libération des mœurs, en particulier dans le domaine de la sexualité. En explorant les désirs, les fantasmes et l'érotisme, les surréalistes défient les tabous et les conventions morales, affirmant le droit à une expression libre et sans censure des pulsions humaines.

7.     Révolution intérieure et extérieure : Le surréalisme n'est pas seulement un mouvement artistique, mais aussi une philosophie de vie qui prône la transformation intérieure des individus. Cette transformation passe par la rébellion contre les contraintes mentales et matérielles, avec l'espoir d'une révolution plus large dans la société.

8.     L'amour et le désir comme forces motrices : L'amour, et en particulier l'amour fou, est central dans la pensée surréaliste. Il est vu comme une force libératrice qui permet de transcender les limites du quotidien et de découvrir de nouvelles dimensions de l'existence.

En somme, le surréalisme est bien plus qu'un simple courant artistique ; c'est un mouvement de libération globale, visant à émanciper l'esprit humain des diverses formes de répression, qu'elles soient internes ou externes, mentales ou sociales. Il invite à une reconfiguration radicale de la perception, de la pensée, et de la société. »

Dans un autre courant artistique, Jane Kallir (galeriste, historienne de l’art et auteur) parle d’onanisme pictural qui est à ranger dans les courant expressionniste et moderniste. On peut prendre à titre d’exemple Schiele.

Wikipédia : «  Schiele, cet « observateur maniaque de sa propre personne paraît en quête de lui-même : sur certains tableaux il se dédouble, sur d'autres il peint seulement son visage, ses mains, ses jambes, ou des membres amputés, sur d'autres encore il est en pleine érection. Ses autoportraits nus semblent enregistrer ses pulsions à la manière d'un sismographeNarcissisme, voire exhibitionnisme, efforts pour canaliser ses démons érotiques dans une société répressive : mais, comme dans ses lettres et poèmes ésotériques, sa préoccupation majeure serait l'expérience de son moi, de sa spiritualité, de son être au monde »

Schiele : Autoportraits se masturbant :


Schiele s’intéresse à l’homme et à ses tourments. Son premier sujet, c'est lui. Viennent ensuite les fous et les femmes: ses modèles, ses maîtresses, mais aussi des enfants ou des prostituées. Ses autoportraits le représentent, au sens propre et figuré, comme un écorché vif. La couleur de la peau est celle d'une chair en décomposition. Plus encore que les courbes ou les muscles, Schiele s'attarde sur les nerfs, cordes de douleur, et les lignes de torsions du corps. Des cheveux fous, un regard fiévreux, de longues mains tordues aux articulations enflées, un corps sec à la peau parcheminée, l'artiste accepte et renvoie une terrible image de lui.  La mentalité d'Egon Schiele peut donc être vue comme celle d'un artiste profondément introspectif, provocateur, et obsédé par les réalités les plus intimes et souvent sombres de l'existence humaine. Son œuvre reflète une lutte constante pour comprendre et exprimer les complexités de l'âme humaine, en dépit des normes et des attentes de la société de son temps. L'œuvre de Schiele est profondément introspective et explore des thèmes tels que l'identité, la mort, l'isolement, et la sexualité. Son approche a ouvert la voie à des artistes et des mouvements qui ont cherché à exprimer les dimensions psychologiques et émotionnelles de l'existence humaine, comme les surréalistes et certains artistes contemporains. Schiele a inspiré de nombreux artistes modernistes par son audace et son non-conformisme. Son influence se fait sentir chez des artistes comme Francis Bacon, qui a également exploré la déformation du corps et les thèmes de la souffrance et de l'aliénation. De nombreux artistes contemporains continuent d'explorer les thèmes chers à Schiele, notamment la vulnérabilité humaine et la complexité des émotions. Les œuvres de Schiele, souvent marquées par une sexualité crue et sans fard, ont contribué à redéfinir l'art érotique. Son approche directe et parfois choquante de la sexualité a permis de repousser les limites de ce qui pouvait être représenté dans l'art, influençant des artistes qui ont exploré des sujets similaires avec une franchise comparable.

Il est donc tout à fait plausible que les beaux-arts peuvent influencer la formation de la mentalité individuelle sur plusieurs plans en agissant sur les perceptions esthétiques, les valeurs, les émotions, et l'identité personnelle, tout en stimulant la réflexion critique et la conscience sociale.

À l’inverse, les beaux-arts, en tant qu'expression artistique et culturelle, sont un miroir puissant des valeurs, des croyances et des idées d'une société. Analyser les œuvres d'art, telles que la peinture, la sculpture, l'architecture, la musique, et la littérature, permet de comprendre les valeurs culturelles qui sous-tendent une époque ou un groupe spécifique. Les beaux-arts offrent donc une fenêtre précieuse sur les valeurs culturelles, permettant une analyse à travers diverses expressions artistiques. Toutefois, il est crucial de contextualiser ces œuvres pour comprendre pleinement les valeurs qu'elles véhiculent. Ainsi, les beaux-arts ne sont pas seulement un reflet passif des valeurs culturelles, mais aussi un outil actif de critique, de transmission, et de transformation de ces valeurs.

On peut se demander si littérature, par sa forme, ne serait pas spécialement destinée pour former et/ou représenter les valeurs culturelles d’une époque ? La littérature ne raconte pas seulement des histoires. Elle peut avoir encore d’autres fonctions comme une fonction esthétique, une fonction cognitive et éducative (un puissant outil de connaissance), une fonction morale et éthique, une fonction sociale et politique, une fonction de divertissement, une fonction thérapeutique, une fonction expérimentale, une fonction mémorielle et autres.

Ainsi le roman Les misérables de Victor Hugo dépeint les luttes sociales et économiques de la France du XIXe siècle. L’auteur y expose les injustices sociales, la pauvreté et la misère tout en explorant des thèmes comme la rédemption, la justice et l'amour.

L’œuvre Germinal de Zola cherchait à représenter la réalité sociale de manière objective et scientifique. Ce roman se concentre sur les conditions de vie des mineurs dans le nord de la France et dénonce les injustices sociales, les luttes de classe et les conditions de travail déplorables. Il reflète la montée des idées socialistes et les tensions sociales de l'époque.

Le roman 1984 d’Orwell reflète les craintes profondes de l'époque concernant le totalitarisme, la surveillance de masse et la manipulation des faits par l'État. Écrit dans le contexte de la montée des régimes totalitaires en Europe, ce roman est une critique virulente des dangers du pouvoir absolu et de la suppression des libertés individuelles. Les idées d’Orwell sont absolument applicables à la Chine d’aujourd’hui qui devient de plus en plus une dystopie. Rappelons qu’une dystopie est un genre de récit, souvent présent dans la littérature, le cinéma, et la télévision, qui dépeint une société imaginaire dans laquelle les conditions de vie sont extrêmement mauvaises ou oppressives. Cette société est généralement caractérisée par un gouvernement autoritaire, un contrôle social rigide, une absence de liberté individuelle ou une dégradation sévère des conditions environnementales, sociales ou économiques.  Ainsi, le romain 1984 de George Orwell et la Chine actuelle présentent plusieurs parallèles : surveillance de masse, contrôle de l'information, propagande et endoctrinement, répression de la dissidence, contrôle social et de la conformité ainsi que la manipulation de la réalité.

Ainsi, la littérature est effectivement un puissant vecteur de représentation et de transmission des valeurs culturelles d'une époque. Elle joue un rôle crucial dans l'imprégnation des mentalités en influençant les pensées, les attitudes et les croyances des gens. Toutefois, elle va au-delà de cette fonction, en offrant aussi une critique des valeurs établies, en conservant la mémoire collective et en proposant de nouvelles visions du monde. Par conséquent, la littérature est à la fois un miroir de la société et un moteur de changement social et culturel.

Les amateurs de littérature trouvent certainement des inspirations lors de l’élaboration de leur art de vivre. Cela dépend évidemment du choix de leur lecture. Mais il y a de fortes chances que la lecture puisse provoquer des changements de mentalité du lecteur selon les œuvres choisies ou du moins l’inciter à réfléchir à certains aspects, sachant que la réflexion peut être un puissant outil de changement personnel.

La littérature, en relation avec les valeurs culturelles et les mentalités individuelles, pourrait constituer une recherche importante en soi. Mais tel n’est pas le sujet principal de cet article.

La mentalité n’est pas seulement une description d’un état d’esprit, une manière de penser ou d’aborder les situations, mais elle remplit aussi plusieurs fonctions qui influencent les comportements, les décisions, la pensée et réflexion, les interactions et autres aspects de la vie. Ainsi elle guide les actions en influençant la façon dont une personne perçoit les situations et prend des décisions. La mentalité agit aussi comme un filtre cognitif qui détermine quelles informations sont perçues comme importantes ou pertinentes. La mentalité affecte également la façon dont une personne interagit avec les autres. Une mentalité ouverte et/ou de croissance encourage la curiosité, la créativité et l'amélioration continue. Cet aspect est essentiel pour le développement personnel, car il incite à acquérir de nouvelles compétences et à s'adapter aux changements. Finalement, la mentalité contribue à la formation de l'image de soi (voir à ce sujet les articles : image de soi et preuve de l’existence, image de soi et société du spectacle, auto-perception et image de soi) et de la vision du monde. Ces fonctions ont certainement leur utilité dans l’élaboration d’un art de vivre.

Malgré toutes les informations recueillies, j’ai toujours l’impression que la notion de mentalité m’échappe dans une certaine mesure et reste en partie fuyante. Alors je m’essaie à un autre essai de clarification, et cela risque de ne pas être le dernier : La mentalité est un facteur de prise de décision descriptif et de synthèse, presque de nature holistique pour gérer d’une certaine manière une situation donnée. Il se construit sur base de processus mentaux et donc neuronaux ayant leur origine dans le vécu personnel et en puisant, par l’intervention de l’hippocampe, des informations pertinentes stockées dans la mémoire à long terme. L’opération mentale est de taille car tous les facteurs et processus pour « définir » à un moment donné la mentalité sont très nombreux.

Rappelons que l’'hippocampe joue un rôle crucial dans la formation, l'organisation et la récupération des souvenirs. Il agit comme un hub où les informations sont temporairement stockées avant d'être consolidées dans des régions spécifiques du cortex cérébral pour un stockage à long terme. Lorsqu'une opération mentale spécifique est exécutée (comme se souvenir d'un événement particulier ou apprendre une nouvelle information), l'hippocampe aide à sélectionner et à récupérer les informations pertinentes en fonction de plusieurs facteurs : pertinence contextuelle, association sémantique, importance émotionnelle, répétition et renforcement des informations et priorité cognitive.

Si je vois tout cet amalgame en œuvre dans le travail de la mentalité, avec très peu d’informations et d’opérations conscientes, est-ce que je dois me considérer comme une victime de ma mentalité ou est-ce que je peux y remédier dans une certaine mesure. Est-ce que l’adoption d’un art de vivre, évolutif car tout change, peut contribuer à une évolution de ma mentalité.

Une question peut-être importante : est-ce que je peux me rendre compte que j’ai une « mentalité de merde » (être ou chose méprisable, sans valeur) : quid de Poutine ou Bachar el-Assad, par exemple. Il y a toujours des signes possibles, mais encore faut-il vouloir les reconnaître. Est-ce qu’un Poutine serait capable de s’interroger sur sa personne et se rendre compte des misères qu’il crée à d’autres personnes. Pour le commun des mortels, il y a bien des outils et des signes pour réfléchir sur sa personne du moment qu’il sent que quelque chose va de travers : 
 

  • Pensées négatives répétées / répétitives ("Répétitif" qualifie quelque chose qui se caractérise par des répétitions fréquentes, souvent avec une connotation d'ennui ou de monotonie en se concentrant sur ce qui ne va pas ou en s’attendant toujours au pire.
  • Auto-sabotage : on a une tendance qui empêche à accomplir des choses, à procrastiner ou à abandonner rapidement dès que quelque chose devient difficile.
  • Attitude défaitiste : on accepte la défaite avant même de commencer ou on se dit souvent "à quoi bon essayer » ?
  • Critique Excessive de Soi et des Autres : Être excessivement critique envers vous-même ou envers les autres peut être un signe que vous avez une mentalité négative ou rigide. Cela peut vous empêcher de voir le bon côté des choses ou d'accepter les erreurs comme des opportunités d'apprentissage.
  • Manque de Motivation et de But : Si vous vous sentez constamment démotivé, sans direction claire, ou si vous avez l'impression de tourner en rond sans jamais avancer, cela peut indiquer que votre mentalité est bloquée dans un état de stagnation.
  • Tendance à Blâmer les Autres : Si vous avez tendance à toujours blâmer les autres ou les circonstances extérieures pour vos problèmes, sans jamais regarder ce que vous pourriez changer en vous-même, cela peut révéler une mentalité victimaire ou irresponsable.
  • Peu de Résilience face aux Difficultés : Si chaque obstacle ou défi vous semble insurmontable et que vous abandonnez facilement, cela peut être un signe que votre mentalité est trop fragile ou que vous manquez de résilience.
  • Relations Toxiques ou Conflictuelles : Si vous remarquez que vos relations sont souvent tendues, pleines de conflits ou de ressentiments, cela peut être un signe que votre mentalité contribue à un environnement toxique.
  • Croyances Limitantes : Des croyances telles que "je ne suis pas assez bon", "je n'y arriverai jamais", ou "je suis destiné à échouer" sont des signaux clairs d'une mentalité qui vous freine.
  • Résistance au Changement : Une forte résistance à toute forme de changement ou d'évolution peut être le signe d'une mentalité rigide, qui a peur de l'inconnu ou qui s'accroche aux zones de confort même si elles ne sont pas bénéfiques.
  • Sentiment de Vide ou de Non-Satisfaction Permanente : Si vous avez l'impression que rien ne vous satisfait vraiment, que vous n'êtes jamais heureux, ou que vous êtes constamment à la recherche de quelque chose de plus sans jamais vous sentir comblé, cela peut être un signe que votre mentalité vous empêche de trouver la paix intérieure.
  • Autres ? (certainement)


Les raisons pour lesquelles on voudrait changer sa mentalité peuvent être nombreuses : surmonter des limites personnelles, améliorer la qualité de vie, faire face aux changements, atteindre ses objectifs, réduire le stress et l’anxiété, améliorer les relations, accroître la résilience, promouvoir le développement personnel, éviter la stagnation, cultiver la paix intérieure et bien d’autres encore.

Si je veux changer ma mentalité, je dois changer moi-même et je sais que c’est chose difficile avec peu de chances de réussir : « chasser le naturel et il revient au galop ». Ce n’est pas pour rien que nos sociétés manquent-de thérapeutes face à une demande croissante. Changer sa mentalité, ou son état d'esprit, est un processus de transformation interne qui nécessite du temps, de la réflexion et des efforts conscients. Il est fort possible qu’on n’arrive pas à changer grande chose, malgré tous les efforts entrepris. Pour commencer, il faudrait essayer de reconnaître et à comprendre les croyances et les schémas de pensée qui constituent la propre mentalité actuelle. Il faudra évaluer alors ce qui ne va pas. Une nouvelle étape consistera à définir les changements qu’on voudrait mettre en place et être prêt à ces changements. Selon l’envergure des changements nécessaires, cette décision ne sera pas aisée. Il faudra éliminer les pensées négatives et limitantes pour adopter des croyances plus constructives. Selon la situation il faudrait changer éventuellement son environnement, chose difficile, si on doit opérer une rupture totale. Il faudra encore mettre en place de nouvelles habitudes et comportements qui permettent de renforcer les changements envisagés. Le changement de mentalité peut être inconfortable, car il force à sortir de la zone de confort. Dans ce parcours, il faudra éviter de se comparer de manière négative aux autres et se concentrer plutôt sur son propre cheminement( « Lao Tseu : Le but n’est pas le but, c’est la voie » ?). Entreprendre un changement personnel est un processus de longue haleine nécessitant de la persévérance sans faillir aux motivations. Du soutien extérieur peut s’avérer nécessaire car il est fort probable que les propres mécanismes de défense vont entrer en action malgré la volonté d’un changement. N’oublions pas que nos mécanismes de défense sont des stratégies psychologiques inconscientes utilisées par l'individu pour protéger le "moi" (ou "ego") contre des pensées, des sentiments ou des réalités qui sont perçus comme menaçants ou stressants. Ces mécanismes ont pour but de préserver l'intégrité psychique du "moi" en réduisant l'anxiété et en maintenant l'équilibre émotionnel. Les mécanismes de défense agissent pour réduire ou éviter l'anxiété qui pourrait survenir si l'individu était confronté directement à des pensées ou émotions inconfortables. Certains mécanismes de défense, comme le refoulement ou la rationalisation aident à préserver une image de soi cohérente et stable. Si une situation ou une émotion menace cette image, ces mécanismes interviennent pour minimiser l'impact de la menace. Par ailleurs, la sublimation permet de canaliser des pulsions potentiellement destructrices en activités socialement acceptables. Le "moi" utilise encore les mécanismes de défense pour protéger l'estime de soi contre les menaces. Le déni, par exemple, peut être utilisé pour rejeter la réalité d'une situation difficile, maintenant ainsi une illusion de contrôle ou de bien-être. Mais les mécanismes de défense ne sont pas toujours négatifs. Ils peuvent aussi jouer un rôle adaptatif en permettant à l'individu de fonctionner malgré des situations difficiles. Par exemple, l'humour est un mécanisme de défense qui permet de faire face aux situations stressantes en les transformant en quelque chose de plus gérable. La plupart des mécanismes de défense opèrent de manière inconsciente, ce qui signifie que l'individu n'est pas toujours conscient de leur activation ou de leur rôle dans la protection du "moi". Cela peut rendre ces mécanismes difficiles à identifier et à changer, même s'ils ne sont plus adaptés.

Même si on sait que des choses ne vont pas, il y a des risques qu’on n’arrive pas à se dépasser pour les surmonter. On peut avoir des peurs inconscientes comme la peur de l’échec ou la peur du changement. On peut cependant ressentir que quelque chose ne va pas, mais on n’est pas à même d’identifier clairement ce malaise, donc ne sachant pas d’emblée comment les corriger. Le manque de clarté ou d'objectifs spécifiques peut donc rendre difficile la mise en œuvre de changements. Il se peut aussi qu’on manque de motivation à cause d’une fatigue mentale ou émotionnelle, une dépression ou un manque d’une vision claire des bénéfices du changement. On peut par ailleurs être limité dans ses croyances avec des pensées comme "je ne peux pas changer", "c'est trop difficile", ou "je suis condamné à rester comme ça ». Il m’arrive de rencontrer assez souvent ce genre de réflexions auprès de certaines de mes connaissances plus âgées. On sait que les habitudes sont parfois difficiles à changer, surtout si elles ont été renforcées pendant de nombreuses années. Même si on reconnaît qu'une habitude est nuisible, l'inertie et le confort qu'elle procure malgré tout peuvent rendre le changement difficile. Être épuisé ou proche du burnout peut saper l’énergie nécessaire au changement. Finalement une autocritique sévère peut saper la confiance en soi en laissant douter des capacités personnelles. Cela peut créer un cercle vicieux où la peur de ne pas réussir peut empêcher de prendre les mesures nécessaires. Une autocritique sévère peut aussi saper la confiance en soi et donc la capacité de changer. Cela peut créer un cercle vicieux où la peur de ne pas réussir peut empêcher de prendre les mesures nécessaires. Le processus de changement est donc souvent long et semé d'embûches.

Il y a une relation entre autocritique et perfectionnisme. L’autocritique consiste dans une tendance à juger et à critiquer sévèrement ses propres actions, comportements ou caractéristiques personnelles. Elle peut conduire à des sentiments de culpabilité, d'inadéquation ou d'insatisfaction personnelle. Le perfectionnisme est une tendance à rechercher des standards extrêmement élevés, souvent irréalistes, et à se fixer des objectifs perfectionnistes. Il implique une pression constante pour atteindre des niveaux parfaits ou presque parfaits dans divers aspects de la vie. Le perfectionnisme peut avoir des conséquences psychiques néfastes. Il peut créer des troubles de l’anxiété, mener à la dépression ou à l’épuisement et au burnout. Le perfectionniste peut développer des comportements obsessionnels ou compulsifs pour s’assurer que tout est fait de manière « parfaite ». Cela peut inclure des rituels répétitifs ou des vérifications constantes. Par ailleurs, la rigidité des normes perfectionnistes peut entraîner des conflits avec les autres. Les perfectionnistes peuvent avoir des attentes irréalistes envers les autres, ce qui peut générer des tensions et des disputes. Le besoin de répondre à des standards élevés peut amener les perfectionnistes à se retirer des relations sociales ou à éviter les interactions par peur de ne pas être à la hauteur. Les perfectionnistes peuvent encore avoir du mal à prendre des décisions en raison de la peur de faire des erreurs ou de ne pas atteindre le niveau parfait. Cela peut entraîner une procrastination ou une indécision chronique. Les perfectionnistes peuvent se sentir constamment inadéquats, indépendamment de leurs réalisations. Le fait de ne jamais être satisfait de leurs accomplissements contribue à une faible estime de soi.

Cependant, l’autocritique peut aussi agir comme moteur du perfectionnisme comme par ailleurs le perfectionnisme peut alimenter l’autocritique. Ainsi un cercle vicieux peut s’installer. L’autocritique renforce les croyances perfectionnistes en accentuant les sentiments d'échec lorsque les attentes ne sont pas atteintes. À son tour, le perfectionnisme pousse l’individu à continuer à se critiquer sévèrement en raison de l'incapacité à atteindre des standards toujours plus élevés.

La mentalité peut devenir l’objet d’une réflexion inépuisable. Malgré les nombreuses facettes relevées, il y en a certainement encore un tas qui n’ont pas été touchées. Comme déjà dit quelque part, « on ne sait pas ce qu’on ne sait pas ». Mais le peu qu’on a tant soit peu analysé nous montre la complexité de la mentalité et le rôle éminent qu’elle joue dans la vie des gens, malgré une certaine volatilité conceptuelle.

Résumons très succinctement. Il y a donc d’abord la personnalité, déjà une construction de pleins de facteurs (voir l’article La personnalité, le tempérament, le caractère et les systèmes de valeurs sur laquelle se greffe ensuite la mentalité. D’une certaine manière, la mentalité caractérise comment une personne avec sa personnalité et autres attributs aborde les moments de sa vie et, par accommodation et redondance, crée les habitudes de son esprit. Mais la personnalité d’une personne (voir typologies de la personnalité) influence et oriente les mécanismes qui sont à la base de la constitution de la mentalité.

La mentalité peut être façonnée par divers facteurs tels que l'éducation, l'environnement culturel, les expériences personnelles et les trajectoires de la vie, l’apprentissage et la socialisation, le développement cognitif, les influences/normes sociales et les pressions. Le contexte historique, les événements sociaux, politiques et économiques, ainsi que les expériences collectives, façonnent également la mentalité en influençant les attitudes, les perspectives et les réactions des individus et des groupes (voir le mouvement hippie et les soixante-huitards à titre d’exemple). L'identification à un groupe, une communauté ou une culture et le sentiment d'appartenance influencent la manière dont une personne perçoit le monde, se positionne et interagit avec les autres.

La mentalité est donc en quelque sorte la réaction de l’individu aux aléas du vécu personnel, l’individu adoptant des habitudes (de toutes sortes) pour évoluer dans son milieu en agissant et en s’adaptant continuellement. Ceci induit automatiquement une évolution de la mentalité.

Dans ce sens, on ne peut pas s’imaginer que la mentalité n’ait pas d’influence sur la manière d’aborder l’art de vivre.



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L’art de vivre et les religions