Art de vivre et contrariétés

On peut s’imaginer qu’à ce niveau des considérations, l’art de vivre peut entrer en jeu : s’organiser malgré les contraintes de façon à vivre quand même la meilleure vie possible et y prendre un maximum de plaisir tout en évitant un maximum de déplaisir. Mais ce serait étonnant que tout déplaisir puisse être évité/empêché, surtout s’il est généré par des facteurs externes qu’on ne peut influencer. Dans ce sens, la connaissance des contraintes est essentielle pour tirer malgré tout le plus de profit possible de la situation pour vivre une vie dont on peut encore tirer des plus-values malgré les obstacles externes. Mais se connaître soi-même afin d’équilibrer les attentes personnelles est d’autant plus essentiel pour éviter de surévaluer les compétences personnelles en vue des actions à mener. Connaître ses limites est l’autre face des compétences.

Un extrait d’un article de Wikipédia formule bien cette problématique :

Das Spektrum an Vorstellungen zur Lebenskunst reicht von unbeschwertem Lebensgenuss, dem französischen Savoir-vivre, über den gelassenen Umgang mit allen Anforderungen und Verwicklungen, die das Leben mit sich bringt, bis hin zu dem Anspruch, das eigene Leben als Kunstwerk zu gestalten, wie es etwa Goethe, Friedrich Nietzsche und Thomas Mann propagiert und versucht haben.

Immer gehören zur Lebenskunst aber die Bereitschaft, die Fähigkeit und der Wille, die eigenen Lebensumstände wahrzunehmen, zu verarbeiten und die Lebensführung im Rahmen der Möglichkeiten persönlich und gezielt zu gestalten. Der Volksmund spricht davon, dass jemand sein eigenes Leben schmiedet bzw. jeder seines eigenen Glückes Schmied ist. Diese Art geistiges ‚Handwerks dient der Verwirklichung, Wahrung und Erfahrbarkeit des Selbst im Sein – eine ständige Herausforderung an die Persönlichkeit mit Wirkung auf den Lebensstil. Lebenskunst bringt es als vorwiegend innerer Ausdruck individueller mentaler Einstellungen und Prozesse aber oft mit sich, dass sie nicht äußerlich sichtbar und nachweisbar in Erscheinung tritt.

Als Extremfall mündet der Begriff Lebenskunst in den der Überlebenskunst (mit der Kunst zur vollständigen Improvisation, Anpassung und Selbstbeherrschung) in besonders schwierigen, kritischen und existenziellen Lebenssituationen.“

Il faudra donc examiner les différentes situations de vie de la personne concernée pour analyser quelles latitudes restent disponibles pour se construire un art de vivre, pour autant qu’on soit conscient de l’utilité d’une telle démarche. Il y a de fortes chances que l’art de vivre risque de sombrer à cause de circonstances réductrices car les contretemps sociaux, sociétaires, (géo)politiques environnementaux et autres ainsi que les déboires physiques et psychiques individuels (chroniques ou non, des long covids, des burnout etc.) sont nombreux dans notre vie moderne trépignante qui souvent épuise les hommes par les efforts nécessaires de fonctionner tant soit peu dans leur environnement. La fatigue est devenue un sujet majeur de discussion dans nos sociétés modernes. Il s’y ajoute des angoisses existentielles à cause des pronostics néfastes dans notre contexte mondial actuel qui peut être caractérisé par des multi-crises difficiles à vaincre. Il y a des couples qui ne veulent plus avoir d’enfants parce qu’ils ne veulent pas les mettre dans un monde qui risque de glisser vers la destruction de notre monde actuel. Il suffit d’une étincelle pour faire imploser/exploser notre terre. Il y a aujourd’hui suffisamment d’autocrates fous avec des moyens considérables pour mettre le feu au monde par des cascades politiques d’alliances et contre-alliances. Mais, dans un tel contexte négatif, ne faudrait-il pas tirer un maximum d’un art de vivre avant l’apocalypse totale, même s’il est plutôt minimaliste, pour ne pas sombrer dans le désespoir, la déprime et autres contextes anéantissants ? Ceci n’invite pas à une attitude « après moi le déluge », bien au contraire. Si les contretemps sont vraiment très durs, au point de mettre en jeu une vie tant soit peu normale sur le plan pratique, l’art de vivre ne peut plus se jouer que sur le plan mental pour développer une résilience face à ces déboires (migration des fugitifs, guerre, famine, terrorisme, autocratisme, torture, criminalité [Mexique par exemple], environnement dévastateur, etc.). D’une certaine manière, on revient aux stoïciens :  « s’il y a des coups du sort qui ne dépendent pas de moi, il dépend cependant de moi de ne pas les laisser m’atteindre, m’attrister, me désespérer. » Mais c’est plus facile à dire que de faire si on ne fait que vivre dans le contexte de l’instinct de survie.


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L’art de vivre et les religions