Un art de vivre diversifié ?
Mais est-ce qu’un art de vivre peut se « splitter » en sous-arts
de vivre, car la vie comme art peut prendre des facettes différentes,
cohabitant certes dans une même logique, mais prenant des formes différentes.
Ceci pose la question générale des composants d’un art de vivre : leurs
formes, contenus, techniques, outputs et autres. Il semble ainsi probable que
le dandy, à titre d’exemple, doit disposer de moyens assez importants pour
jouer son jeu.
Si on ne fait pas dans la
transcendance et l’élitisme, des recherches ont énuméré les aspects psychiques
possibles d’un art de vivre : bien-être physique, bien-être mental,
relations interpersonnelles, épanouissement personnel, éthique et valeurs,
contribution sociale, work-balance, gratitude (en reconnaissant les aspects
positifs de la vie : le verre à moitié vide ou à moitié plein) et cultiver
une attitude positive pour les réussites personnelles (ce serait embêtant de
n’avoir que des échecs dans la vie). L’importance relative de ces facteurs
dépend évidemment des valeurs, croyances et préférences individuelles et des
moyens disponibles. On revient évidemment au « connais-toi
toi-même ». Il me semble évident qu’il faut se connaître pour savoir ce
qu’on veut ou ne veut pas. L’homme doit chercher en lui-même les réponses en
posant les bonnes questions. C’est un processus difficile, ne serait-ce que
parce que nos mécanismes de défense risquent d’obnubiler nos réflexions sur
nous-même. C’est en se connaissant que l’homme peut trouver son équilibre
personnel. Il y a des démarches heuristiques pour mieux se connaître et en
voici quelques-unes. Il faut donc réfléchir sur ses valeurs pour identifier
celles qui sont importantes pour orienter la vie.
On peut évidemment axer le
contenu de son art de vivre sur des aspects d’absence de tension comme le
bien-être physique, mental et émotionnel. L’art de vivre pourrait aussi
comporter des démarches de développement et croissance personnelle. D’autres
trouvent leur bonheur dans l’engagement social. D’autres vivent pour
l’expression créative, artistique ou autre.
Ce questionnement est un peu
analogue à celui de l’intelligence. Au début, on parlait d’une intelligence
générale. Par après on s’est aperçu que l’homme développe plusieurs sortes
d’intelligence et les chercheurs pensent en trouver encore des nouvelles. Peut-être
une approche heuristique par sorte d’intelligence peut aider car elle peut nous
rendre attentif à nos forces et faiblesses. Peut-être elle nous empêcherait aussi
de choisir des activités qui facilitent des flows en éliminant les activités où
nos compétences sont sur- ou sous-développées, nous épargnant soit l’ennui parce
que les activités ne nous sollicitent pas, soit le stress parce qu’on ne réussit
pas à réussir les activités prévues.
On parle ainsi des intelligences
suivantes :
· L'intelligence logico-mathématique : mathématiciens,
scientifiques, ingénieurs informaticiens, développeurs de logiciels, statisticiens,
économistes avec les applications suivantes : résolution de problèmes complexes, puzzles logiques,
jeux de stratégie, expériences scientifiques, modélisation de phénomènes, programmation
informatique et codage, analyse des données et statistiques, jeux de société basés
sur la logique, calculs mathématiques, algorithmique et autres
·
L’intelligence spatiale : artistes visuels
(peintres, sculpteurs, designers graphiques), architectes, photographes, ingénieurs
civils, urbanistes, pilotes, capitaine de navire, avec les applications suivantes :
dessin, peinture, sculpture, création visuelle numérique, jeux de vidéo et jeux
de réalité virtuelle (3D), conception de maquettes, architecture, cartographie,
navigation et autres.
·
L'intelligence linguistique : écrivains,
romanciers, poètes, journalistes, avocats, orateurs, conférenciers, professeurs
de littératures, linguistes, traducteurs, interprètes, publicitaires, rédacteurs
avec les applications suivantes : lecture, rédaction/écriture, débats, jeux
de mots (scrabble, mots croisés), apprentissage de langues étrangères, traduction,
écriture créative, rédaction de blogs, journaux, scénarios et autres.
·
L'intelligence kinesthésique : athlètes,
danseurs, chirurgiens, artisans, sculpteurs, acteurs, comédiens, physiothérapeutes
avec les applications suivantes : sports, danse, arts martiaux, yoga, gymnastique,
activités manuelles (bricolage, poterie, sculpture), cuisine, expression corporelle,
chirurgie, métiers nécessitant de la dextérité comme horloger, activités nécessitant
de la coordination comme la jonglerie, la manipulation d’objets (magiciens), danse
et autres.
·
L’intelligence musicale : musiciens (instrumentistes
et chanteurs), compositeurs, chefs d'orchestre, ingénieurs du son, professeurs de
musique, écriture de chansons, critiques musicaux, techniciens du son avec les applications
suivantes : composition musicale, interprétation, éducation musicale, apprentissage
d’un instrument, danse, composition musicale, karaoké 😊, participer à des concerts et
autres événements musicaux et autres.
·
L’intelligence interpersonnelle : thérapeutes,
psychologues, enseignants, formateurs, leaders, négociateurs, politiciens, vendeurs,
managers avec les applications suivantes : travail en équipe, collaboration
sur des projets, jeux de rôle, activités de résolution de problèmes, organisation
d’événements sociaux ou rencontres, encadrement d’équipes, entraînement de sportifs,
volontariat, mentorat, conseils, médiation, gestion des relations humaines et autres.
·
L’intelligence intrapersonnelle : philosophe,
écrivains, thérapeutes, psychologues, théologiens. Conseillers en développement
personnel avec les applications suivantes : tenir un journal intime, écrire
des essais 😊, pratique de la méditation et de la pleine conscience,
lectures philosophiques et introspectives, prise de décision personnelle, introspection,
développement personnel, auto-évaluation et autres.
·
L'intelligence naturaliste : biologistes,
zoologistes, jardinier, vétérinaires, écologistes, agriculteurs, environnementalistes,
botanistes avec les applications suivantes : protection de
l’environnement, agriculture, exploration scientifique de la nature, observation
de la nature, jardinage, horticulture, collecte d’échantillons naturels, activités
liées à l’écologie, participation à des projets de conservation de la nature (nettoyage
de plages et reforestation), visites de zoo, parcs naturels et aquariums et autres.
·
L'intelligence existentielle (ou
philosophique) : philosophes, théologiens, penseurs spirituels, clercs religieux,
conseillers en développement personnel avec les applications suivantes : débat
philosophique, recherche de sens, questionnement existentiel, lecture d'œuvres philosophiques
ou spirituelles, participation à des débats ou cercles de réflexion sur des
questions profondes (le sens de la vie, la mort, l’éthique), pratique de la
méditation contemplative ou religieuse, participation à des retraites
spirituelles ou des ateliers de réflexion sur soi et autres.
·
L'intelligence créative (ou de l'innovation) :
artistes, inventeurs, entrepreneurs avec les applications suivantes : invention,
conception de nouveaux produits, résolution créative de problèmes et autres.
·
L'intelligence pratique : hommes d'affaires,
politiciens, travailleurs de terrain avec les applications suivantes : gestion
de situations complexes, compétences en affaires, leadership et autres.
·
L'intelligence émotionnelle (Daniel Goleman)
: thérapeutes, leaders, conseillers avec les applications suivantes : gestion
des relations interpersonnelles, développement de l’empathie, leadership et autres.
Il est évident que ces listes ne
sont pas exhaustives et servent seulement à titre d’illustration.
Howard Gardner propose une théorie des intelligences multiples qui dit qu’il existe plusieurs formes distinctes d’intelligence, chacune étant indépendante mais pouvant interagir dans la pratique. Par exemple, un enseignant peut avoir besoin d'intelligence linguistique (pour communiquer clairement), interpersonnelle (pour interagir avec ses élèves), et intrapersonnelle (pour comprendre ses propres motivations) sans parler des connaissances nécessaires pour enseigner les matières.
On pourrait s’imaginer que
l’art de vivre en général consiste à développer un mode d’action dans les
différents domaines de la vie pour vivre, par cette structure des activités,
une meilleure vie en général. Ceci est d’autant plus vrai si on rencontre des
adversités, obstacles, inconvénient dans la vie où il faut développer une
résilience et vivre quand même la meilleure vie possible. On se trouve en
quelques sorte dans le cadre d’un art de vivre proactif général se splittant en
différents arts de vivre « réactifs » face aux situations. On peut
même aller un peu plus loin en prétendant que l’art de vivre est une attitude
générale, positive réagissant à des triggers événementiels en appliquant des
méthodes artisanales (dans le sens primaire de techniques performantes) pour
minimiser le déplaisir. Mais c’est évidemment une pure spéculation réflexive/réactive
(Tautologie ?).
On peut se poser la question
s’il faut accompagner une bonne vie toujours d’aspects
esthétiques pour qu’elle soit bonne ? Je ne le pense pas. Bien sûr, on
peut par exemple cultiver son jardin japonais : on s’en occupe avec art
tout en créant un produit en principe esthétique.
Concernant l’aspect vie dans
la notion de l’art de vivre, les réflexions peuvent ainsi proliférer dans tous
les sens (voir autres articles du blog).
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