Préambule et mise en garde
Préambule
À un moment donné de la vie, surtout après être passé
dans la catégorie « senior » tout en étant moins embarqué dans la vie
pour toutes sortes de raisons, on se demande si la vie « n’est que
ça et seulement cela». Et on se demande aussi s’il existe peut-être une
autre, meilleure manière de vivre pour mieux profiter des années qui restent.
J’ai pensé qu’une approche par la réflexion sur l’art de vivre pourrait être
une possibilité pour ouvrir de nouvelles voies/perspectives après avoir évalué mon
passé. Mais je ne savais pas que cela pourrait devenir une histoire sans fin.
Je risque peut-être de rendre l’âme (à qui ?), soit par la mort biologique
de mon cerveau ou soit en étant devenu sénile sinon même dément, avant que
j’arrive à des conclusions en vue de les appliquer pour enrichir ma vie.
Mise en garde
Il s’agit d’un exercice de questionnement personnel
plutôt pêle-mêle et nullement d’un essai structuré d’un bout à l’autre. À la
fin du compte et à l’autopsie, le résultat est/sera plutôt chaotique. En effet,
le but est une démarche heuristique par intérêt personnel concernant l’art de
vivre, d’où son caractère foisonnant et tentaculaire au gré des associations
d’idées avec des poussées protéiformes pour clarifier certains aspects
difficilement saisissables de prime abord. Ce questionnement risque de devenir
sans fin et on risque de se perdre dans des méandres réflexifs associatifs. Ce
texte n’a aucune autre intention que de rassembler et de mettre un peu d’ordre (c’est
beaucoup dire) dans mes idées car les textes et ouvrages par des spécialistes
concernant l’art de vivre sont innombrables. Même une méta-analyse des textes existants
sur l’art de vivre me semble presqu’impossible à cause du volume des
publications. Suite au foisonnement de tous ces textes érudits, on se sent tout
petit et on se demande finalement si on n’est pas plutôt arrogant pour oser
réfléchir sur ce problème. À la fin de la démarche, on risque de ne toujours
pas savoir ce qu’est l’art de vivre. Ce serait peut-être plus facile de
recourir à une démarche inverse en définissant tout ce que l’art de vivre n’est
pas et voir s’il reste quelque chose.
Dans un numéro de Sciences humaines (Hors série N°
14 : De Platon à Habermas : Les grands philosophes), j’ai trouvé un
article présentant brièvement Montaigne.
Les essais de Montaigne semblent avoir trouvé leurs
origines dans des perturbations mentales quand, à 37 ans, il voulait se
consacrer à une heureuse oisiveté lettrée.
Ici l’extrait y relatif de l’article : « Retiré
à 37 ans dans sa librairie (bibliothèque), Montaigne croit pouvoir jouir d’une
heureuse oisiveté lettrée. Il découvre, au rebours de ses espérances, que son
esprit oisif ne lui enfante que « monstres et chimères » ;
il décide alors de noter ses folies pour pouvoir les contempler, « en
faire honte » à son esprit et s’en guérir. Les Essais naissent
ainsi d’une découverte et d’une décision : la découverte que l’esprit est
naturellement déréglé, et qu’il faut l’occuper à quelque chose pour l’empêcher de
délirer ; la décision d’écrire pour discipliner son esprit. Montaigne
n’écrit pas d’abord parce qu’il aurait quelque chose à dire, encore moins parce
qu’il aimerait communiquer une vérité qu’il aurait trouvée (il se montre au
contraire volontiers sceptique, notamment dans l’immense chapitre « apologie
de Raymond Sebon » , II.12). Il écrit pour régler son esprit. »
Montaigne a donc fait de l’écriture une thérapie, en
utilisant en quelque sorte un journal personnel de thérapie. Le commun des
mortels a rarement l’occasion de jouir d’une « heureuse oisiveté
littéraire ». Mais il y a certes/probablement des moments d’oisiveté,
notamment à la retraite par rapport à la vie professionnelles active. Mais s’il
ne s’oriente pas vers l’écriture, tous les champs du possible sont ouverts en
principe, sauf s’il y a des contraintes externes où le possible se réduit comme
une peau de chagrin.
Cependant, les réflexions personnelles, formulées
finalement dans un langage parlé (il y avait le langage parlé avant le langage
écrit, non ?) ne sont pas nécessairement durablement consistantes, même si
on trouve des exemples concrets pour les étayer. D’abord, un exemple n’est que
la description d’un événement ponctuel momentané. Par ailleurs, les prémisses
d’une réflexion sont (nécessairement ?) subjectives, même si elles ont à
l’origine des acteurs/penseurs reconnus, plus ou moins profonds. Même la
science ne tient pas durablement la route concernant la véracité de ses
constats, sachant que la science travaille beaucoup sur base d’hypothèses. Rien
que se mettre d’accord sur le sens des mots peut devenir un pari impossible
(voir la signification de la notion « art de vivre »). Il suffit de
voir les disputes/discussions/querelles/autres entre les philosophes et autres
penseurs. Donc, on peut s’interroger sur l’utilité de formuler des énoncés,
aussi bien pour soi que pour les autres. Mais la plus-value pourrait consister
à relancer la réflexion personnelle (trigger), même si on a mal interprété le
sens de la réflexion d’une autre personne (les chances ne sont pas minces pour
tomber dans un tel traquenard). Ou autrement dit, même l’erreur peut mener à un
enrichissement personnel.
Le questionnement sur l’art de vivre était devenu pour
moi un sujet émergeant à un moment donné. À partir de ce moment un travail s’est
mis en route et a fait naître des questions, réflexions, souvenirs, hypothèses
de travail, théories connues, savoirs et autres. Et ce cheminement nous rend attentif
à ce que nous ne savons pas encore ou nous rend conscient à des choses
auxquelles nous n’avions pas pensé. De ce travail ont surgi de nouvelles
questions et de nouveaux problèmes ayant mené à des recherches supplémentaires.
Cela risque de devenir une histoire sans fin et on doit décider à un certain
moment de conclure le processus. Donc, le résultat n’est pas un système
structuré d’idées cohérant et logique mais un essai personnel réflectif,
cahotant, divagant selon les triggers surgis en cours de route. C’est un essai
de réflexion se déroulant par associations, analogies et autres mécanismes
mentaux. Finalement, j’ai dû constater après coup que c’est devenu une « histoire
sans fin de tout et de rien », mais très enrichissant pour moi pour maints
aspects. Mais les thèmes abordés par leur importance au fil des réflexions
nécessiteraient en soi des recherches plus importantes. Je n’ai pu que les
effleurer dans le présent contexte.
Ceci mène à un autre problème : nous ne savons pas
ce que nous ne savons pas. Il y a, pour moi, deux sortes de non-connaissance.
Il y a des choses dont nous savons qu’elles existent (comme par exemple la
physique quantique) mais nous ne savons pas à quel point nous sommes ignorants à
ce sujet. Et il y a des choses que nous n’avons pas sur le radar parce que nous
ne savons tout simplement pas qu’elles existent. De ces choses, nous n’avons a
priori aucun savoir sur leur nature, leurs relations dans les choses du monde,
leur fonctionnement, etc. Et même si nous croyons savoir quelque chose sur la
nature d’un objet/chose/entité etc., notre savoir s’arrête à l’état de l’art
sur l’objet au moment de l’acquis du savoir sur cet objet, en n’étant même pas
sûr d’être à jour. Comme je n’ai pas une formation systématique dans les
domaines de recherche concernés dans cet exercice, les démarches sont plutôt
contingentes au gré des trouvailles et associations et probablement pleines de
lacunes. Je plaide donc pour l’indulgence chez le lecteur. Je ne demande que de
me laisser instruire par les remarques et suggestions des lecteurs avertis.
Il y a une certitude : tout change, même les objets
que nous croyons immuables. Alors il se peut que nous ne sachions même pas
nécessairement les changements que cet objet a subis. Donc, toutes les
réflexions sont nécessairement des conjectures à un certain point ou moment donné.
Il faut donc prendre les élucubrations qui suivent avec des pincettes.
J’espère avoir pris ainsi toutes les précautions
nécessaires
Remarque : Plein de
sujets dans leurs interactions avec l’art de vivre ont été abordés dans ce
document par associations d’idées émergeant au cours des réflexions. Chacun de
ces sujets mériterait des approfondissements et les documentation/littérature y
relative est inépuisable, très riche mais aussi controverse. Mais une telle
démarche approfondissante n’est pas le but de cet essai. Si des
réflexions/considérations seraient à côté de la plaque (chose inévitable), je
serais reconnaissant au lecteur éventuel de ce pavé (que je ne lirais peut-être
pas si on me le mettait sous le nez) de me faire parvenir ses
commentaires/rectifications. La recherche s’est concrétisée donc par une brique
documentaire que la plupart sinon tous n’auront pas envie de lire. Mais on peut
bien lire certains paragraphes car il y a beaucoup de développements parallèles
dans les idées qui ne sont pas directement interconnecté. Le but n’était pas de
créer un système cohérent et structuré d l’art de vivre.
Avertissement : Après
coup et à la fin de mon écriture, je me suis rendu compte que ma démarche a
abouti en grande partie à une déconstruction de l’art de vivre par les nombreux
facteurs négatifs potentiels (ou les facteurs positifs nécessaires qui n’ont
pas pu se développer pour beaucoup de personnes) qui empêchent/freinent la
construction d’un art de vivre avec toutes les potentialités possibles.
Finalement il faut une certaine chance personnelle pour réunir les facteurs
positifs ainsi que beaucoup de capacités de toutes sortes, dont par exemple la
résilience pour vaincre les circonstances négatives. D’une certaine manière,
l’analyse des facteurs est devenue en quelque sort un mode d’emploi partiel de
la vie dans le sens qu’il permet de réfléchir ce qu’il faudrait faire ou ne pas
faire dans la vie pour mettre toutes les chances de son côté. Ce serait déjà
cela, à défaut de plus. Même si on ne vise pas un (super) art de vivre, les
questionnements soulevés permettent peut-être de prendre certaines décisions pratiques
pour un mode de vie.
En plus il faut de la volonté et de la persévérance pour
ce travail personnel car l’art de vivre ne tombe pas du ciel. Et finalement, il
reste la question de savoir, si les conditions/circonstances sont
contreproductives pour un art de vivre riche et diversifié en contenu, quel
genre d’art de vivre reste possible pour une meilleure vie. Peut-on trouver son
bonheur avec peu de choix possibles.
Je dois dire, en anticipant à ce stade sur les
conclusions des réflexions (s’il y en a), que je me demande si le titre de
l’essai ne devrait pas être « Misères et déboires de l’art de
vivre ». Finalement, l’art de vivre est un produit résultant de beaucoup
de facteurs et processus permettant d’enrichir le vécu personnel en permanence
si les conditions sont favorables. J’ai essayé d’approfondir au maximum les
aspects de toutes sortes rencontrées en cours de route (ce qui peut sembler
bien trop pour maints lecteurs potentiels), pour m’apercevoir que l’envergure
du conditionnement de l’individu dépassait mon entendement passé sur la nature
humaine. C’est cette diversité et multitude des facteurs « tordus »
qui risque de faire foirer l’élaboration d’un art de vivre car il y a beaucoup
d’embûches au cours de ce cheminement. Il y a peut-être/probablement plus de
chances de faire capoter ce cheminement que de le mener à une bonne fin. Tout se
tient dans un modèle holistique de l’homme qui fonctionne comme un tout, chaque
changement au niveau d’un facteur pouvant avoir des conséquences pour
l’enveloppe « homme ». Cependant, les résultats des recherches ont
généré des canevas d’interrogation sur ma propre personne et m’ont permis de me
situer un peu mieux par rapport à différents aspects de la vie. C’est au moins
cela, même si le résultat n’est pas ce à quoi je me suis attendu et pas aussi
glorieux que je l’espérais.
La notion de bonheur prend aussi une place importante car
le but d’un art de vivre est finalement l’atteinte du bonheur où l’art de vivre
est le chemin/moyen pour y parvenir (peut-être ?). L’art de vivre n’est
pas le but en soi. Le bien-être est finalement bien lié aux concepts de bonheur
et de l’art de vivre.
En anticipant sur les conclusions éventuelles, les
recherches sur la pensée et la réflexion (est-ce qu’on peut élaborer un art de
vivre sans pensée et réflexion ?) et le système de récompenses dans le cerveau
ont montré que la pensée/réflexion est un facteur très important sinon central et
que le rôle du fonctionnement du cerveau (dont la pensée/réflexion et le
système de récompense et autres) est primordial car l’homme semble être peu
autonome et libre dans ses réflexions à cause des mécanismes cérébraux qui se
déroulent à son insu. Même les émergences dans le conscient sont régies par des
processus inconscients. Le travail du cerveau est boosté par notre vécu
personnel et les nouveaux stimuli entrants et les stimuli internes rarement
conscients. Le tout est remanié en permanence. Même des réflexions logiques
conscientes (par exemple par des raisonnements couchés sur le papier)
deviennent des stimuli qui relancent le travail inconscient du cerveau. Aussi
les recherches sur le cerveau étaient très importantes et leur ampleur est
peut-être devenue beaucoup trop étendue. J’ai essayé d’approfondir, pour ma
propre gouverne, ces aspects pour voir ce qui reste du libre-arbitre suite à
toutes ses recherches. En effet, ma conclusion après-coup est que l’homme n’a
aucune sinon très peu de maîtrise consciente sur les mécanismes cérébraux de
son cerveau. Mais je peux concevoir que ces aspects peuvent emmerder son monde.
Alors le lecteur éventuel peut sauter le paragraphe « modes de pensée et
mémoire », « pensée et réflexion » (et d’autres) en acceptant
que le libre-arbitre a peu à dire. Il restera beaucoup moins à lire 😊 😊. Si on
se laisse aller dans ses considérations, il me semble évident que notre vécu
personnel nous rattrape à tout bout de champ et qu’on risque de ne pas sortir de
si vite de ses acquis mentaux. Or, la recherche d’un art de vivre vise
justement le changement. Quelles chances a-t-on de se départir de tous ses
conditionnements.
D’un autre côté, les inputs de notre cerveau sont la
nourriture de nos pensées/réflexions et ces inputs sont tributaires de
conditions/environnements plus ou moins favorables. La curiosité non spécifique
(c’est-à-dire libre sans poursuivre un but précis) joue un rôle prédominant
dans la dynamique de l’alimentation de notre cerveau en commençant chez le
nouveau-né et se poursuit tout au long du développement personnel. Un
paragraphe est consacré à cette démarche mentale. Mes recherches documentaires ont
aussi porté sur ces aspects et ont montré qu’il plutôt rare de disposer d’un
environnement et de conditions favorables dans son ensemble pour cogiter sur un
art de vivre riche, les entraves de notre vie courante pouvant être très
contraignantes et dévastatrices. On peut remédier à certaines de ces
contraintes par les propres soins, mais il y en a beaucoup qu’on ne peut que
subir ou les fuir si on en a les moyens.
Il n’en reste pas moins que l’homme est un être très
complexe et cependant très peu maître du jeu des processus mentaux. En outre
plein de mécanismes mentaux et autres facteurs, en dehors des processus neuro-cérébraux
de la mémoire, de la pensée et de la réflexion, jouent un rôle important :
émotions, sentiments, imagination, curiosité, créativité, intuition, valeurs,
croyances, degré de liberté, besoins, récompenses, cognition, image de soi,
autoperception, personnalité, mentalité, tempérament et autres.
N.B. Il est évident que je n’ai pu inventer cette brique par
mes connaissances personnelles et que je me suis documenté, une fois le
processus associatif en branle, par des livres, magazines, articles de toute
provenance, recherche sur Internet mais aussi l’intelligence artificielle qui a
aidé à ouvrir pas mal de nouvelles pistes de réflexion que je n’aurais pas
découvertes ni suivi sans son aide.
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