Art de vivre et préceptes moraux
Le questionnement sur le bénévolat soulève incidemment la
question si l’art de vivre doit suivre des préceptes
moraux ou s’il s’agit simplement de remplir les conditions formelles de
l’art de vivre, surtout selon la première connotation d’ « ars » :
« savoir-faire », métier », adresse ou talent ». Le
tortionnaire sadique a plus que probablement érigé son activité en art de vivre
et les manières de torturer ont évolué de pire en pire et ceux qui usent de la
torture ne cessent de perfectionner leur art.
Ainsi la romancière Émilienne Malfatto raconte dans son
livre « Le colonel ne dort pas » le
quotidien d’un officier passé maître dans l’art de la torture : Mais un
tel art peut aussi avoir ses retours. Dans le roman, le colonel, tortionnaire
devient un torturé par les fantômes qui le visitent pendant la nuit. La nuit,
le colonel ne dort pas. Une armée de fantômes, ses victimes, a pris possession
de ses songes. On peut donc supposer que ce colonel a érigé la torture en art
par devoir, mais sans y prendre plaisir. Ou, en termes plus généraux : un
art ne fait pas nécessairement partie de l’art de vivre, même si l’art
technique est parfait alors que le cœur ne suit pas. Dans ce cas, la torture
n’est pas érigée en art de vivre. Mais on peut s’imaginer que des tortionnaires
prennent plaisir à torturer leurs victimes. Rappelons les révélations
concernant les tortures à Guantanamo : les soldat(e)s semblaient vraiment
prendre plaisir à détraquer leurs prisonniers. Ou encore : où faut-il
ranger Sade, « longtemps voué à l'anathème en raison
de la part accordée dans son œuvre à l'érotisme et à
la pornographie, associés à des actes de violence et de cruauté (tortures, incestes, viols, pédophilie, meurtres,
etc.) » (Wikipédia).
De telles réflexions sont du moins déconcertantes et ne correspondent nullement à une approche intuitive
positive de l’art de vivre. Mais peut-on bannir cet aspect dans la présente
discussion sur l’art de vivre.
Commentaires
Enregistrer un commentaire