Bonne/belle vie
Si on part du principe que l’art de vivre n’a pas pour but de vivre une mauvaise vie, plein de déplaisirs, de souffrances et autres déboires, l’art de vivre viserait une bonne/belle vie, quelle que soit la manière dont on définit bonne ou mauvaise vie. Il s’agirait donc de trouver soi-même les procédés permettant de vivre une bonne/belle vie, telle qu’on la définisse pour soi-même.
Donc, si on s’intéresse à l’art de vivre, on vise une technique/démarche
pour créer/améliorer perfectionner quelque chose qui a un objectif fondamental
pour tout être vivant : vivre. Si on est né, on l’est pour vivre et pour
continuer à vivre. Vivre est inscrit dans la nature animale, donc aussi
humaine. C’est un instinct. Certains philosophes parlent d’élan vital
(Bergson), d’autres de volonté (Schopenhauer), d’autres encore de l’instinct de
(sur)vie (tendance naturelle des êtres vivants à préserver leur propre
existence), pulsion de vie (Freud) et autres. Le concept de pulsion fait
référence à une force interne qui motive le comportement. Ces pulsions peuvent
être physiologiques, comme la faim ou la soif, ou psychologiques, comme le
désir sexuel ou le besoin d'affiliation sociale. En psychologie, un instinct
est un motif inné et automatique qui guide le comportement d'un organisme dans
certaines situations. Contrairement aux comportements appris, les instincts
sont généralement présents dès la naissance et sont universels au sein d'une
espèce donnée. Les instincts sont souvent considérés comme des réponses
adaptatives à des stimuli spécifiques de l'environnement, visant à assurer la
survie et la reproduction de l'organisme. C’est donc un comportement inné,
héréditaire et spécifique, accompli sans apprentissage préalable et en toute
perfection
Donc, il n’est pas dans la nature de cet élan fondamental et vital de
vivre une mauvaise vie sinon même douloureuse. Tout animal (en considérant
l’homme aussi comme un animal) recherche à satisfaire ses différents besoins en
visant le bien-être physique et psychique. Mais est-ce que se sentir bien (par
exemple après un bon repas avec de bons vins et une petite sieste ou par exemple
le lion repu après un repas copieux ou encore un bonobo qui une fois de plus a
satisfait ses besoins sexuels d’une manière agréable ou autre exemple) suffit
pour trouver le(un) bonheur (éphémère) ou le bonheur est-il lié à des sphères
plus sublimes dans un contexte de l’art de vivre. Une lecture des besoins
humains peut se faire avec la fameuse pyramide de Maslow (voir ultérieurement),
la hiérarchie des besoins comprenant à la base des besoins bien fondamentaux, dont
physiques et autres et des besoins sociaux, plutôt terre-à-terre pour arriver
au dernier niveau, à savoir le besoin de réalisation. D’où la question
peut-être saugrenue : peut-on avoir une bonne/belle vie sans baigner dans
le bien-être ? Selon Herzberg, les(ses) facteurs d’hygiène seraient plutôt
de l’ordre de la satisfaction des besoins physiques et sociaux, souvent
malheureusement dans un contexte de survie. Mais la satisfaction des facteurs
d’hygiène ne crée pas une motivation intrinsèque. Elle crée surtout une
condition propice permettant aux facteurs de motivation de devenir
fonctionnels. Les facteurs de motivations de Herzberg seraient plutôt des
facteurs intrinsèques, correspondant aux derniers niveaux de la pyramide de
Maslow. Nous allons approfondir ces aspects dans le contexte de l’analyse des
conditions permettant de développer un art de vivre.
Encore faut-il savoir s’il y a une différence entre le simple faut
d’exister et une bonne/belle vie, ces derniers concepts étant souvent utilisés
indistinctement. Est-ce qu’on peut avoir une bonne vie sans qu’elle soit
belle ? Ou est-ce qu’on peut avoir une bonne vie parce que la vie est
belle. Á l’inverse, il semble difficilement concevable qu’on puisse vivre une
belle vie si elle n’est pas bonne.
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