L’art de vivre, ses conditions et circonstances : les besoins fondamentaux
On peut s’imaginer qu’une personne veuille réfléchir sur un art de vivre personnel parce que son mode de vie actuel la laisse insatisfaite et qu’elle pense qu’il faut changer quelque chose pour mieux profiter à l’avenir de la vie.
Afin de disposer
d’ouvertures très larges pour cette réflexion, préalable à une mise en œuvre
d’un art de vivre, on a analysé dans d’autres articles l’importance du vécu
personnel, des attitudes et mentalités, des personnalités et caractères, de
l’apport du cerveau et plein d’autres aspects.
Il semble évident
que plus une personne dispose de latitudes personnelles et plus cette personne
peut envisager de mettre en œuvre un art de vivre plus riche et satisfaisant.
Néanmoins, en
s’alignant aux stoïciens, il faut réfléchir sur les facteurs qu’un individu
peut influencer et sur les facteurs qui sont hors de portée des possibilités de
changement par l’individu, notamment en ce qui concerne la construction d’un
terrain propice pour mettre en œuvre un art de vivre.
L’individu est
embrigadé dans de nombreux contextes avec éventuellement des rôles très
différents, certains offrant des libertés d’action et d’autres imposant toutes
sortes de contraintes.
L’homme, encapsulé dans les structures sociétaires, doit satisfaire en premier lieu un certain nombre de besoins élémentaires pour survivre. Selon les circonstances et conditions de vie, cet aspect élémentaire n’est pas toujours aisé à couvrir. Si les circonstances et conditions de vie ne sont pas favorables, on risque de glisser plutôt dans une déconstruction d’un art de vivre. Ce dernier est conditionné par beaucoup de facteurs comme les désirs et les besoins plus ou moins faciles/difficiles à satisfaire. Or, les besoins et désirs satisfaits ne mènent pas nécessairement à un mode de vie s’ouvrant au bonheur (voir d’autres articles à ce sujet), mais aident à ne pas créer un contexte défavorable à un art de vivre.
En effet, si les besoins élémentaires peuvent être satisfaits par les personnes disposant de revenus leur permettant de vivre une vie décente avec les libertés nécessaires pour se développer / s’éclater, tel n’est pas le cas pour beaucoup de gens si on analyse la situation sur un plan mondial. Par ailleurs, les circonstances garantissant une vie décente peuvent rapidement s’envoler dans notre monde en changement accéléré. Avec les conflits géopolitiques actuels et en perspective, même le bien-être au Luxembourg, considéré comme un pays riche et démocratique, peut s’envoler très rapidement car notre mode de vie dépend presqu’entièrement de facteurs externes et étrangers, sans parler des crises écologiques en cours. Ceci montre l’importance d’analyser un certain nombre de facteurs considérés comme normaux alors qu’en fait ils constituent en quelque sorte un luxe, même au Luxembourg.
Ainsi, philosopher
sur l’art de vivre dans un environnement agréable et à l’abri des besoins peut
devenir un exercice élitaire qui ne tient pas compte des aléas de la vie du
commun des mortels.
Pour structurer
un peu ces réflexions heuristiques, je propose de recourir dans une première
approche au modèle des besoins de Maslow et des facteurs de Herzberg. Ces 2
modèles ne sont pas exclusifs, mais à mon avis complémentaires et permettent
même dans une conjonction, d’affiner une telle analyse sous forme d’une
matrice.
Une condition
favorable à la construction d’un art de vivre consiste certainement à
constituer un contexte « mens sana in corpore sano », laissant à
l’individu toutes les latitudes physiques et psychiques possibles et
nécessaires à l’action d’une manière générale.
La pyramide de Maslow
est une
représentation pyramidale de la hiérarchie des besoins.
Ce modèle
théorique peut se transposer dans la réalité par les facteurs suivants
(énumération non-exhaustive).
Il y a certains points de contestation, comme pour toute théorie. Certains critiques affirment que les besoins ne sont pas universels et que leur importance peut varier selon la culture, l'individu et le contexte. D’autres contestent l'idée que les besoins humains suivent une hiérarchie stricte et linéaire. Ils suggèrent plutôt que les besoins peuvent interagir de manière complexe et que les’ individus peuvent poursuivre simultanément plusieurs besoins à différents niveaux. D’autres remarquent encore que la théorie de Maslow repose en grande partie sur des observations cliniques et des études qualitatives plutôt que sur des preuves empiriques solides issues de recherches expérimentales. Malgré ces critiques, la pyramide des besoins de Maslow continue d'être largement enseignée et utilisée.
Par ailleurs, il y en a même qui prétendent que Maslow ne
l’a pas créée. Ci-après un courrier des lecteurs de sciences humaines (avril
2024).
Il n’en reste pas moins que la pyramide de Maslow est
toujours couramment utilisée car elle présente un certain cadre de réflexion,
en principe flexible dans son interprétation. Elle permet de mettre de l’ordre
dans les réflexions heuristiques.
En dehors de la pyramide de Maslow, il faut encore
mentionner la théorie de Herzberg concernant les 2 grandes catégories de
facteur, permettant aussi de classer, dans une certaine mesure, les besoins de
Maslow.
Herzberg part de deux facteurs :
« La
théorie des deux facteurs : (http://alain.battandier.free.fr/spip.php?article7 ) :
Herzberg distingue deux sortes de besoins :
ceux qui sont propres à tous les êtres vivants (facteurs d’hygiènes) et ceux
qui sont particuliers à l’homme (facteurs internes).
Les premiers (facteurs d’hygiènes) ne sont pas de
véritables sources de motivation, mais simplement de satisfaction. Les besoins
d’hygiène, dès qu’ils sont pourvus, réduisent l’insatisfaction et ne sont donc
plus motivants. Par contre, la non satisfaction de ces besoins peut être source
de mécontentement et donc de dé-motivation.
Dans ces facteurs, externes, se retrouvent les conditions de travail, les
relations d’équipe, la rémunération, etc
Seuls les facteurs internes sont source de
motivation. Cette motivation est à rapprocher du contenu des tâches, réussite,
promotion, indépendance et autonomie.
Pour satisfaire ces besoins, l’homme ne se lasse pas d’en faire le plus
possible, non seulement pour l’atteindre mais aussi pour dépasser l’objectif
qu’il s’est fixé.
On pourrait
s’imaginer de construire une matrice pour voir dans quelle mesure les 2 modèles
pourraient délimiter des champs d’hypothèses et analyser dans quelle mesure ces
champs sont pertinents dans les réflexions sur un art de vivre.
|
Matrice Maslow/Herzberg |
||
|
|
Herzberg |
|
|
Maslow |
hygiène |
motivation |
|
|
|
|
|
besoins physiologiques |
pertinent ? |
? |
|
besoins de sécurité |
pertinent ? |
? |
|
besoins d'appartenance |
pertinent ? |
pertinent ? |
|
besoins d'estime |
? |
pertinent ? |
|
besoins d'accomplissement de soi |
? |
pertinent ? |
http://alain.battandier.free.fr/IMG/pdf/CLAREE-Maslow_Herzberg.pdf
S’il semble assez
évident que la satisfaction des besoins physiologiques et des besoins de
sécurité sont des facteurs d’hygiène et que la satisfaction des besoins
d’accomplissements de soi constitue plutôt un facteur de motivation, l’analyse
des autres champs est probablement plus ambivalente sinon même ambiguë.
Prenons l’exemple
des besoins physiologiques. On peut les subdiviser en besoins d’alimentation,
d’hydratation, de respiration, de sommeil et de récupération, d’élimination des
déchets corporels et de désintoxication, de respect du rythme biologique,
d’absences de maladie, de fonctionnement des sens et autres (mens sana in
corpore sano).
Nous allons
analyser plus en détail, dans une première phase, les besoins liés aux facteurs
d’hygiène.
Si le besoin
d’accomplissement de soi est rempli, il semble aussi clair que cet état est une
motivation pour continuer les activités qui ont mené à cet état heureux.
Cependant, il y a
plein d’obstacles et l’intervention de facteurs intérieurs et extérieurs qui
peuvent rendre difficile de satisfaire par exemple le besoin d’accomplissement
de soi. Par ailleurs, il semble découler de soi qu’il est parfois impossible de
s’occuper de ce besoin si les besoins physiologiques et de sécurité ne sont pas
remplis. Il y aura à ce moment d’autres besoins à satisfaire prioritairement
que d’essayer de mener une bonne/belle vie.
Pour illustrer
cette idée, il suffit de mentionner des exemples qui parlent pour soi :
les habitants du Gaza, le peuple ukrainien sous le bombardement permanent par
les Russes, les génocides ethniques en Afrique, les immigrés et réfugiés en
Europe qui n’ont pas encore trouvé leur place par leur intégration, le racisme
aussi bien latent qu’ouvert, les maladies graves et incurables, souvent
associées à des handicapes très entravant pour mener une vie normale avec des
potentiels d’épanouissement et de développement, la vieillesse et aussi la
pauvreté progressant aussi en Europe, les prisonniers politiques et de guerre,
les soldats embrigadés de force dans des armées pour satisfaire les ambitions
d’autocrate, les victimes des guerres civiles et du banditisme, les victimes
des guerres religieuses et du terrorisme, la habitants dans les slums, toutes
les victimes de la guerre des cartels de la drogue et autres catégories. Ce ne
sont que quelques exemples pour illustrer l’enjeu de cette analyse à faire.
Voyons
l’envergure de certains de ces phénomènes.
Ainsi, certaines
estimations indiquent qu’il y a environ 1 milliard de personnes qui vivent dans
des slums ou bidonvilles à travers le monde, soit près d'un huitième de
la population mondiale. Ce chiffre, selon les Nations Unies, pourrait atteindre
3 milliards d'ici 2050 en raison de l'urbanisation rapide et de la croissance
démographique. Toutes ces personnes ont-elles une chance de bénéficier ou de
mettre tant soit peu un certain art de vivre qui leur permet de vivre une
belle/bonne vie.
Selon la Banque
mondiale, environ 700 millions de personnes vivent sous le seuil international
de pauvreté, fixé à 2,15 dollars par jour (en parité de pouvoir d'achat,
chiffres 2023). Cela représente environ 9 % de la population mondiale.
Environ 735
millions de personnes souffraient de la faim dans le monde en 2023,
selon le dernier rapport de l’ONU sur la sécurité alimentaire. Cela représente
environ 1 personne sur 9 à l’échelle mondiale.
Il est difficile
d’estimer précisément le nombre de prisonniers politiques dans le monde,
car les gouvernements autoritaires ne publient pas de statistiques officielles
et dissimulent souvent ces arrestations sous des accusations criminelles
fabriquées. Cependant, selon les principales organisations de défense des
droits humains (Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters sans
frontières), le nombre de prisonniers politiques se chiffre en dizaines
de milliers, voire plusieurs centaines de milliers à l’échelle
mondiale.
Selon le Rapport
mondial sur les drogues 2023 de l’ONU (UNODC), environ 296
millions de personnes ont consommé des drogues au moins une fois en 2021,
soit environ 1 personne sur 18 dans le monde. Ce chiffre est en
augmentation de 23 % en dix ans.
L’Onu estime
qu’il y a quelques 281 millions de migrants à travers le monde et quelques 120
millions de personnes déplacées de force, englobant les réfugiés (44 millions),
les demandeurs d'asile et les déplacés internes. Concernant les migrations
internes, la banque mondiale estime que d’ici 2050, 216 millions de personnes
vont migrer à l’intérieur de leur propre pays à cause du changement climatique.
Sur le plan international, selon les organisations et institutions, les
migrations internationales liées à l'environnement d'ici 2050 varient entre 200
millions et 1.2 milliards de personnes. Selon le monde, il y aurait eu en 10
ans 220 millions de personnes déplacées de force par les catastrophes
climatiques. Si on voit ces chiffres, on peut facilement s’imaginer les
problèmes des pays d’accueil pour loger, nourrir, loger et intégrer tout ce
beau monde et de prendre les mesures nécessaires pour endiguer les conflits
entre autochtones et nouveaux arrivants. Il suffit de suivre les problèmes
actuels des immigrés réfugiés en Europe, aussi bien sur le plan politique que
le plan de satisfaire les besoins de base de ces immigrés. À la fin de l'année
2023, l'Union européenne (UE) comptait environ 7,4 millions de personnes
reconnues comme réfugiées,ne représentant que 1.6 % sur une population totale de 450 millions de
l’UE.
Selon l'ONU et
l'OMS (rapport 2023), environ 2,2 milliards de personnes dans le
monde n'ont pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité, soit près
d'un quart de la population mondiale.
Détails de la
crise de l’eau potable :
Détails de la
crise de l’eau potable :
- 2,2 milliards n'ont pas un accès sûr à l'eau
potable.
- 771 millions de personnes n'ont aucun accès à
l'eau potable (soit environ 1 personne sur 10).
- 3,5 milliards de personnes n'ont pas accès à
des services d'assainissement adéquats (toilettes, égouts, traitement
des eaux usées).
- 1,7 milliard de personnes n'ont pas accès à un service
d'hygiène de base, comme le lavage des mains avec de l'eau et du
savon.
Ces chiffres ne
montrent que certains aspects, mais font état de beaucoup de situations pas
acceptables.
Il y a des
années, on avait divisé le monde en pays développés et sous-développés. Ce
classement n’est plus appliqué aujourd’hui car l’économie mondiale est devenue
plus complexe, et de nombreuses organisations internationales, comme l’ONU, la
Banque mondiale et le FMI, utilisent désormais des classifications plus
nuancées.
Montrons à
travers certains exemples les raisons de l’abandon de cette ancienne
classification. Il y a une émergence de puissances intermédiaires telles que la
Chine, l’Inde, le Brésil qui ne sont ni « sous-développés » ni pleinement «
développés ». Il y a des disparités internes : Les États-Unis ou la France ont
des poches de pauvreté, alors que certains pays en développement ont des villes
très avancées. Il y a aussi une évolution rapide de certains pays : Des pays
autrefois considérés « en développement » (comme la Corée du Sud ou Singapour)
sont aujourd’hui des puissances économiques.
Les
classifications aujourd’hui retenues sont les suivantes selon les
institutions :
- Pays à revenu élevé / intermédiaire / faible (Banque mondiale)
- Pays du Nord / du Sud global (ONU)
- Pays industrialisés / émergents / en développement
Mais prenant
certains pays considérés comme riches en Europe et voyant leur taux de
personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté. Et on a ses surprises.
Le seuil de
pauvreté est généralement fixé à 60 % du revenu médian dans chaque pays
(selon la définition de l'UE).
Les pays
suivants, à titre d’exemple, sont classés comme à faible revenu : Afghanistan,
Éthiopie, Haïti. On peut s’imaginer que raisonner en termes d’art de de vivre
pour ces pays serait une farce et hautement cynique.
Quelques observations :
- L’Espagne et l’Italie ont les taux de pauvreté les plus élevés parmi
ces pays, dépassant 20 %.
- Le Luxembourg, malgré son haut niveau de vie, a aussi un taux
de pauvreté élevé (18,1 %) à cause du coût de la vie très élevé. Le
logement est de loin le principal moteur de cette cherté. Le prix de
l’immobilier est extrêmement élevé, avec des loyers et des prix d'achat
parmi les plus chers d'Europe. En 2023, le prix moyen du m² dépassait 10 000
€ à Luxembourg-ville. Il y a un manque de terrains constructibles et une forte
demande de logement due à l’afflux de travailleurs étrangers voulant résider au
Luxembourg. Peu de logements sociaux et d’habitations à bon marché sont disponibles,
ce qui accentue la pression sur le marché. Rappelons que le revenu médianélevé
contribue à classer un certain nombre de personnes comme vivant sous le seuil
de pauvreté. Mais une partie de ces personnes serait considérée, avec leur
salaire, comme aisée dans les pays limitrophes. Le prix des logements et le
niveau des loyers appauvrit les résidents au Luxembourg, ce qui a aussi comme
conséquence que des luxembourgeois vont vivre dans les pays limitrophes car
leur revenu ne leur permet pas d’acquérir une habitation au Luxembourg.
- L'Allemagne et la France ont des chiffres similaires, autour de 14-15 %.
- Le Portugal reste à un niveau élevé, mais son taux de
pauvreté a diminué ces dernières années.
Voyons en
détail ce que cela peut représenter sur le plan individuel. S’il est vrai que les chiffres donnent
un aperçu global qui relativise en partie les données individuelles et le vécu
personnel, une situation tout à fait insupportable ou plus ou moins
insupportable/supportable ou agréable se vit essentiellement sur le plan
individuel, en dehors des statistiques qui ne tiennent pas compte des
conditions personnelles. Et cela peut avoir un impact sur les discussions
portant sur un art de vivre. Il ne suffit pas toujours de suivre les conseils
des gourous autoproclamés de la work-life balance pour trouver son bonheur.
Ainsi, Il suffit par
exemple, de se pencher sur l’état de santé en Europe. Environ 1 personne sur
3 souffre d’une maladie chronique affectant sa qualité de vie, ce
qui représente plus de 200 millions de personnes.
- Plus de 150 millions d’Européens ont une maladie chronique modérée
à sévère.
- Plus de 50 millions souffrent de maladies chroniques graves
qui limitent fortement leur quotidien.
- Environ 70-80 % des décès en Europe sont dus aux maladies chroniques.
Maladies
chroniques les plus courantes en Europe :
- Maladies cardiovasculaires : 85 millions de personnes
(hypertension, AVC, insuffisance cardiaque).
- Diabète : 60 millions de personnes (dont 90 % de type 2).
- Maladies respiratoires : 36 millions de personnes (asthme, BPCO).
- Cancer : 20 millions de personnes vivent avec un
cancer ou en rémission.
- Maladies neurologiques : 10 millions de personnes avec Alzheimer,
Parkinson ou sclérose en plaques.
- Troubles musculo-squelettiques : Plus de 100 millions (arthrose,
polyarthrite, douleurs chroniques
- Dépression et troubles mentaux : Environ 84 millions d'Européens
touchés par des troubles mentaux (dont 35 millions avec une dépression
chronique).
L’âge n’arrange pas non plus les affaires,
surtout si le pouvoir d’achat des pensionnés ne permet pas toujours de grands
bonds pour une vie aisée si on tient compte par exemple du coût de la vie élevé
au Luxembourg. La distribution des pensions de vieillesse au Luxembourg en
décembre 2022 était la suivante :
- Moins de 500 € : 19,51 % des bénéficiaires
- 500 € à 999 € : 10,56 %
- 1 000 € à 1 499 € : 10,04 %
- 1 500 € à 1 999 € : 12,14 %
- 2 000 € à 2 499 € : 8,28 %
- 2 500 € à 2 999 € : 7,21 %
- 3 000 € à 3 499 € : 6,38 %
- 3 500 € à 3 999 € : 6,08 %
- 4 000 € à 4 499 € : 5,47 %
- 4 500 € à 4 999 € : 4,15 %
- 5 000 € à 5 499 € : 3,13 %
- 5 500 € à 5 999 € : 2,52 %
- 6 000 € à 6 499 € : 1,77 %
- 6 500 € à 6 999 € : 1,30 %
- 7 000 € et plus : 2,10 %
54,6 % de la
population Luxembourg ont une retraite inférieure à 3.500 €. Ces pourcentages
reflètent la diversité des montants de pensions perçus, influencés par la durée
de cotisation et les salaires antérieurs des bénéficiaires.
L’évolution de la
pyramide d’âge engendre d’autres questions. Actuellement, 20 % de la population
en Europe ont plus de 65 ans. En 2050, la proportion des personnes âgées
de 65 ans et plus devrait atteindre plus de 30 % de la population, avec
une baisse importante des jeunes (moins de 15 ans). Ce vieillissement
démographique pourrait avoir un impact majeur sur les politiques
économiques, de santé et de retraite dans les prochaines décennies, sans
parler de son impact possible sur une qualité de vie douteuse pour le troisième
et quatrième âge. Cet aspect sera analysé plus en détail ci-après.
Si rien ne va
plus en ce qui concerne des conditions/circonstances permettant de vivre une
bonne/belle vie en déployant un certain un art de vivre, comment peut-on malgré
tout extorquer des plus-values d’un état et environnement peu ou pas amène. Si
on ne peut améliorer les conditions physiques et psychiques ou les
circonstances sociétaires (politique, économie, culture et autres), on ne peut
se retourner que sur soi-même en développant un certain état d’esprit faisant
preuve de force de caractère et de résilience pour développer une attitude
permettant de survivre, à l’instar de ce qu’on fait certains prisonniers dans
les KZ de Hitler. Cela devient encore plus difficile si on ne voit pas la fin
du tunnel. Un tel potentiel n’est pas donné à tout le monde.
Il peut
y avoir donc beaucoup de de
contretemps/obstacles possibles s’opposant à s’adonner facilement à un art de
vivre. Dans cet article, nous allons analyser plutôt le contexte des besoins
physiologiques et psychiques (sachant que le corps et l’esprit sont fortement
imbriqués). D’autres articles sont/seront dédiés plus spécifiquement aux
aspects psychiques Les besoins de sécurité et environnementaux, dont aussi
l’impact d’une écologie défaillante sont aussi un aspect à traiter. Il suffit
de considérer les conséquences des catastrophes actuelles (inondations,
incendies, glissement de terrains, tsunami, ouragans et autres) où le cadre de
vie d’une personne peut être anéanti en un rien de temps et où tout est à
recommencer. L’art de vivre ne fait plus sens dans une telle situation. L’art
de survivre devient la devise.
En ce qui
concerne les aspects psychiques, un certain nombre d’aspects ont été traités au
niveau de quelques article concernant le cerveau (voir la rubrique corps et
esprit dans la table des matières). On se situe, pour cadrer le contexte de
tous ces facteurs, essentiellement au
niveau des facteurs d’hygiène de Herzberg et des 2 premiers niveaux de la
pyramide de Maslow.
On peut énumérer d’une
manière générale les besoins de base de toute société humaine comme suit :
air, eau, alimentation, vêtement, habitat, énergie, sécurité, mobilité,
communication, apprentissage et transmission du savoir / connaissances, outils,
santé et soins, justice, institutions politiques, environnement sain, gestion
des ressources naturelles, moyens de production (dont agriculture), des
échanges dont le commerce, les marchés et le troc, organisation sociale et
politique et autres.
Un premier aspect,
à traiter dans cet article, concerne certainement
les besoins physiologiques : respiration,
faim, soif, sommeil, élimination. Satisfaire
ces besoins n’est pas chose évidente comme le montrent certains exemples :
- Respiration : asthme, Covid, tuberculose et autres maladies respiratoires, pollution, etc.
- Alimentation / faim : un problème mondial qui a aussi commencé par rattraper l’Europe (distribution gratuite de repas, et pas seulement pour les sdf, etc.)
- Soif : l’eau potable de bonne qualité est rare dans maintes régions et commence aussi à poser des problèmes en Europe (par exemple à cause de la pollution)
- Sexualité : combien de religions et sociétés limitent la sexualité pour des raisons idéologiques et de dominance, à commencer par l’église catholique
- Sommeil : les personnes souffrant d’insomnies sont plus nombreuses qu’on ne le croit et se retrouvent dans toutes les couches sociales. Par ailleurs, selon les rythmes de vie, souvent imposés (par exemple l’entreprise et l’organisation sociétaire) ou choisis (regarder la télé pendant 8 heures par jour), les heures de sommeil nécessaires font souvent défaut. Tous les sdf sont dans une lutte permanente pour trouver un endroit où dormir, quel que soient les conditions atmosphériques, sans parler des problèmes de sécurité lorsqu’on est sans défense pendant son sommeil.
- Élimination des déchets métaboliques corporelles est un problème peu considéré en Europe, malgré qu’il soit omniprésent. Si la qualité de vie au Luxembourg permet de faire peu état de ce problème, il faut cependant aussi dire que l’empreinte écologique du Luxembourg est la deuxième la plus grande au monde après le Qatar. Même en Europe (il ne faut même pas considérer d’autres continents/pays/régions dans le monde), les installations sanitaires ne sont pas toujours un fleuron de la culture sanitaire et hygiénique. Mais les problèmes peuvent être beaucoup plus graves encore dans d’autres parties du monde. Ainsi, l’Inde a par exemple un problème que beaucoup de gens ne veulent pas utiliser les installations sanitaires mises à leur disposition avec tous les problèmes d’insalubrités que cela implique. Nous avons déjà mentionné le problème des slums et bidonvilles. Les WC sur les aires de repos des autoroutes en Europe n’invitent pas toujours à une partie de plaisir. Par ailleurs, il suffit de s’imaginer un blackout de 2 semaines faisant que les stations d’épuration ne fonctionnent plus, que les canalisations sont bouchées, que l’eau noire/grise remonte dans les WCs et que l’eau potable et sanitaire ne peut plus être pompée au 4ième étage d’un immeuble.
Nous allons passer en revue les problèmes éventuels liés à la satisfaction
des besoins physiologiques, en ratissant parfois assez loin. Si la satisfaction
des besoins semble à première vue bien prise en charge au Luxembourg, et
encore, tel n’est pas le cas dans beaucoup de parties du monde, avec des
conséquences sur le plan mondial (par exemple, perturbation des ressources
naturelles à cause de pluies acides pouvant affecter la sécurité alimentaire).
Un autre volet concernera les besoins de sécurité, souci majeure de
l’humanité au fil de son évolution. On verra que ce n’est pas évident de
disposer des sécurités nécessaires pour vaquer librement et tranquillement à ses
occupations. On parle de sécurité physique, de la sécurité du logement, de la
sécurité du revenu, de la dangerosité de l’environnement, des moyens de se
vêtir en fonction des circonstances, de la violation de la personne sous
différentes formes, de la liberté d’agir et d’autres aspects. Ces besoins de
sécurité s’inscrivent dans les contextes familiaux et autres groupes sociaux, mais
aussi dans un contexte communal, national et international sinon même
continental. Ainsi on peut encore distinguer les sécurités civile, juridique,
économique, financière, sécurité des approvisionnements (alimentation, énergie
et autres), sécurité sanitaire, sécurité au travail, sécurité des systèmes
d’information, sécurité des transports, sécurité nucléaire et autres. Ces
aspects seront traités dans un article à part. Le problème de la sécurité prend
en importance dans un monde en flammes. Les aspects de sécurité seront traités
dans un article à part à cause de son importance dans le contexte de l’art de
vivre.
On voit que le
cadre de vie peut être perturbé de beaucoup de manières pouvant freiner
grandement un élan généreux pour se constituer un art de vivre.
Les besoins physiologiques
Les aspects
suivants seront considérés :
- Alimentation
- Eau potable
- Élimination
- Qualité de l’air et respiration
- Sommeil
Alimentation
Concernant une
alimentation saine, on a déjà développé un certain nombre d’aspects dans
l’article « Le bon fonctionnement du cerveau ». Ce qui est vrai pour
le cerveau est en principe aussi valable pour le reste du corps, sachant
cependant que les organes ont souvent besoins d’apports alimentaires plus
spécifiques selon leur nature et fonctionnement. La recherche et la littérature
concernant une alimentation de qualité font légion et les théories défendues
sont nombreuses. On retrouve par exemple souvent le principe de la cuisine
méditerranéenne en Europe dans les recommandations alimentaires pour son apport
bénéfique pour la santé.
Encore faut-il se
mettre d’accord sur la notion d’une alimentation saine et équilibrée qui doit couvrir
les besoins nutritionnels du corps tout en favorisant une bonne santé. Il faut
en principe une variété d’aliments issue de toutes les catégories : fruits,
légumes, céréales complètes, protéines (dont la viande dans certaines
proportions : les produits animaux (viande, œufs, lait) contiennent tous
les acides aminés essentiels en quantités optimales, ce qui en fait des
protéines complètes), produits laitiers (ou alternatives), matières grasses de
qualité et autres . Il faut également alterner les sources de nutriments pour
éviter les carences et bénéficier de divers bienfaits. Par ailleurs, il faut
préserver un équilibre des macronutriments tels que les glucides, les protéines
et les lipides. Il faut aussi garantir un apport suffisant en micronutriments
tels que vitamines, fibres et minéraux. Une hydratation adéquate et boire entre
1.5 et 2 litres par jour est une obligation tout en limitant les boissons
sucrées et alcoolisées. Une alimentation saine comprend aussi la prise de repas
réguliers selon les besoins. Par ailleurs, il faut aussi réduire la
consommation d’aliments ultra-transformés, riches en sel, sucre, additifs et
graisses de mauvaise qualité. L’apport calorifique doit être ajusté en fonction
de l’activité physique et adapter l’alimentation en fonction de besoins
spécifiques : sportif, femme enceinte, senior, etc. Soyons honnête :
qui dispose du temps nécessaire dans notre société frénétique de faire des
plans d’alimentation, de planifier les menus, de faire les achats nécessaires
et de cuisiner des plats frais diversifiés (selon les consignes précédemment énumérées).
Très souvent, les familles avec enfants arrivent tout juste à faire le strict
nécessaire pour faire fonctionner la famille et, avec le temps comme denrée
rare, recourent très souvent à des plats préparés plus ou moins artisanalement
ou industriellement.
Mais il faut
encore les moyens pour se procurer les ingrédients d’une telle cuisine, sachant
que ces ingrédients ne peuvent par exemple pas être produits dans leur variété
au Luxembourg. Et si on importe ces aliments, on est confronté à un problème de
transport, toujours pollueur en principe, (à des degrés divers), sans parler
d’une logistique complexe et encore une production de CO2 importante pour
garantir la fraîcheur des aliments transportés (production du froid).
Et finalement, un
autre aspect est la qualité biologique des aliments, l’agriculture biologique
ne se fait que sur 17.7 millions de hectares, représentant 11 % de la surface
agricole. en Europe. Au Luxembourg,
l’agriculture biologique bascule entre 6 et 7 %. L’Autriche atteint 27 %, est hors norme et
dépassant déjà actuellement les objectifs européens. L'UE s'est fixé un
objectif ambitieux dans le cadre de la stratégie "De la ferme à la
table" : atteindre 25 % de terres agricoles en bio d'ici 2030.
En dehors d’une
production biologique, il faut encore mentionner les objectifs d’une
alimentation durable, saisonnière et de proximité. Il suffit d’analyser les
produits vendus dans les supermarchés pour se rendre compte que ces critères
sont satisfaits d’une manière minable, sans parler du fait que beaucoup de
ménages ne peuvent se permettre d’acheter des produits biologiques pour des
raisons de budget. Quelle pourrait être une
cuisine de proximité, biologique et saisonnière. Les recettes culinaires
devraient être réinventées en partie dans ce sens. Et si on ne veut plus
importer les tomates produites aux Pays-Bas et en Belgique par exemple, le
développement de la production biologique et durable maraîchère biologique en
serre à proximité des consommateurs devrait connaître un essor et une
promotion/subside notables.
L’autonomie
alimentaire de base du Luxembourg n’est pas garantie. Bien que la production
couvre une partie des besoins nationaux, le Luxembourg dépend des importations
pour certaines céréales, notamment le maïs destiné à l'alimentation animale. Le
pays est proche de l'autosuffisance en viande bovine et porcine. Cependant,
pour la volaille, la production locale ne suffit pas à couvrir la demande,
nécessitant des importations. Le Luxembourg est autosuffisant en produits
laitiers, avec une production excédentaire permettant même des exportations. En
ce qui concerne les protéines végétales, la culture de légumineuses, telles que
le soja ou le lupin, est marginale, entraînant une dépendance aux importations
pour l'alimentation animale. De toute façon se pose la question des bonnes
proportions des aliments végétaux et animales pour disposer d’une nutrition
saine, écologique et durable.
Cependant, le
Luxembourg dépend majoritairement des importations pour assurer
l'approvisionnement alimentaire de sa population. La production locale de
fruits et légumes ne couvre qu'environ 5% de la consommation nationale. Cette
situation souligne une faible autonomie alimentaire, rendant le pays vulnérable
aux perturbations des chaînes d'approvisionnement internationales. Le Plan
d'Action National "PAN-Bio 2025" vise à augmenter la part de
l'agriculture biologique à 20% des surfaces agricoles au-delà de 2025. De plus,
des efforts sont déployés pour promouvoir les circuits courts et encourager la
consommation de produits locaux, afin de renforcer la souveraineté/autonomie
alimentaire du pays.
J’ai fait des
recherches concernant la production maraîchère au Luxembourg. Elle est plus
diversifiée qu’on puisse s’imaginer à première vue. La liste ci-après n’a pas
la prétention d’être exhaustive. Selon un certain nombre de sources le
Luxembourg produit des légumes-feuilles (salades, épinards, blettes et autres),
des légumes-fruits (tomates, courgettes, concombres, courges, citrouilles et
autres), des légumes racines (carottes, pommes de terre, radis, navets et
autres), des légumes à bulbe (oignons, ail, poireaux et autres), des
légumes-fleurs (choux-fleurs, brocolis, artichauts et autres), des herbes
aromatiques et autres.
Mais certains
aliments habituels doivent être importés tels que le café, le thé (on ne parle
pas de tisanes), le sel, le poivre et beaucoup d’autres épices. Les produits de
la mer (poissons, crustacés, mollusques, algues comestibles et Autres) sont tous importés. Il est vrai qu’il y a
aussi des aliments issus de l’eau douce comprenant des poissons, crustacés,
mollusques et certaines plantes aquatiques comestibles comme la salicorne, la
laitue d’eau douce, le nénuphar comestible. Mais ces aliments aquatiques ne
sont qu’accessoires quantitativement. Il est vrai qu’on pourrait aussi
développer aussi l’aquaponie qui est un système de culture durable qui combine
l’aquaculture (élevage de poissons) et l’hydroponie (culture de
plantes sans sol). C’est un écosystème circulaire où les déchets des poissons
servent d’engrais aux plantes, et les plantes purifient l’eau pour les
poissons. Si la mer devient trop polluée, l’aquaponie pourrait devenir une
solution essentielle pour produire des aliments aquatiques.
Supposons, pour
des raisons géopolitiques avec des conséquences graves sur la logistique
internationale avec des barrières commerciales et des guerres économiques que
le flux des aliments s’épuise. Comment le Luxembourg va-t-il s’en sortir ?
Il suffit de faire le tour des supermarchés pour se rendre compte que la
satisfaction de nos habitudes alimentaires dépend essentiellement de produits
fabriqués importés. Comment le Luxembourg va-t-il organiser son plan
alimentaire pour la population en cas d’importations réduites sinon nulles car
les pays voisins seront dans la même situation de pénurie. Quelle serait la
cuisine qui en résulterait, si jamais on disposait encore d’aliments de base ?
Supposons encore qu’il y ait en plus une crise d’énergie. Comment faire pour
conserver les quelques aliments produits au Luxembourg : sans électricité,
pas de frigos et de congélateurs. La population urbaine ne pourrait même pas
essayer de produire suffisamment pour garantir une autosuffisance basée sur une
cuisine végétarienne faute de terre disponible. Sans énergie fossile
(essentiellement bois) il n’y aura pas de possibilités pour produire des
conserves artisanales à l’échelle nationale. Il ne restera que la fermentation,
nécessitant cependant souvent certaines quantités de sel qu’il faudrait aussi
importer. Et comment acheminer les aliments produits dans la campagne vers les
villes ? Je me demande s’il y a un gouvernement européen ait conçu un tel
worst case.
Allons un peu
plus loin. Quelle production d’aliments de base serait encore possible en cas
de guerre, de rupture logistique à travers l’Europe, de blackouts, de
catastrophes naturelles (tempêtes, inondations, sécheresse ? Notre
agriculture est très automatisée et très technologique. En cas de blackouts,
comment traire à la main 2 fois par jour 200 vaches laitières dans une
exploitation agricole d’une certaine envergure ? Comment labourer et
ensemencer les champs et récolter finalement les récoltes les céréales sans
fuel pour les tracteurs ? Comme les moulins à l’eau et au vent n’existent
pas au Luxembourg, comment moudre les céréales pour produire la farine
nécessaire pour la population luxembourgeoise. En cas de champs inondés et de
sols saturés d’eau, comment ensemencer ? En cas de sécheresse, comment
apporter de l’eau aux champs. Et finalement, même si on peut produire les
produits agricoles et maraîchers de base à l’ancienne, comment acheminer la
nourriture vers la ville sans bête de trait.
J’ai posé à
ChatGPT la question suivante : Il faut combien
de terrain permettant à une famille de 4 personnes de vivre d'une manière
autarque . La réponse n’est pas
encourageante et des réflexions dans ce sens sont illusoires. Voici la
réponse :
Pour qu'une famille de 4 personnes puisse vivre en
autarcie complète, la superficie du terrain dépend de plusieurs facteurs :
alimentation, eau, énergie, climat et sol. Voici une estimation détaillée.
1.
Superficie nécessaire (estimation)
- Mode
minimaliste : 2 à 3 hectares → Possible, mais demande une gestion très
optimisée.
- Mode
autosuffisant raisonnable : 5 hectares → Plus confortable, avec plus de
résilience.
- Mode
confortable et durable : 10 hectares ou plus → Sécurise toutes les
ressources avec plus de biodiversité et de production.
2. Besoins principaux
Alimentation
🔹
Maraîchage :
- 2
000 à 3 000 m² de potager bio diversifié.
- Méthodes
de permaculture pour limiter l’arrosage et maximiser les rendements.
🔹 Verger & petits fruits :
- 50
à 100 arbres fruitiers variés (pommiers, poiriers, cerisiers, figuiers…).
- 500
m² de baies et petits fruits (framboises, fraises, cassis, mûres…).
🔹 Céréales et légumineuses :
- 1 à
2 hectares pour blé, maïs, pois chiches, lentilles, pommes de terre…
- Possible
d’éviter avec plus de permaculture, mais utile pour stockage longue durée.
🔹 Élevage
(optionnel mais recommandé) :
- Poules
(viande et œufs) : 400 à 500 m².
- Chèvres/moutons
(lait, fromage, viande) : 1 à 2 hectares de pâturage.
- Cochons
(viande et engrais) : 500 à 1 000 m² avec rotation.
- Ruches
pour le miel et la pollinisation.
- Étang
de 500 m² minimum pour poissons (carpes, tilapias).
Eau
💧 Une
autonomie en eau est cruciale :
- Récupération
des eaux de pluie : au moins 100 000 litres/an (grande citerne).
- Forage
ou puits si possible.
- Étang
+ système de filtration et irrigation pour garantir l’approvisionnement.
Énergie
⚡ Autonomie énergétique avec :
- Panneaux
solaires (minimum 5 kW pour 4 personnes).
- Éolienne
(si région venteuse) en complément.
- Bois
de chauffage : au moins 1 hectare de forêt bien gérée (coupes raisonnées).
Habitat et autonomie domestique
🏡 Maison
éco-conçue :
- Matériaux
naturels (bois, paille, terre).
- Isolation
performante pour limiter les besoins en chauffage.
- Toilettes
sèches et phytoépuration pour traiter l’eau usée.
🛠 Compétences essentielles :
- Jardinage
et conservation des aliments.
- Gestion
de l’eau et de l’énergie.
- Construction
et entretien des infrastructures.
3. Climat et type de sol
🌱 Un
terrain en climat tempéré et fertile permet de s’en sortir avec 5 hectares bien
gérés.
🌵 En
climat aride, au moins 10 hectares sont nécessaires pour compenser le manque
d’eau et la faible fertilité.
4. Conclusion
👉
Superficie recommandée pour 4 personnes :
- Minimum
: 3 à 5 hectares (très optimisé, demande beaucoup de travail).
- Idéal
: 5 à 10 hectares (meilleure sécurité alimentaire et autonomie durable).
- Confort
maximal : 10 hectares ou plus (avec forêts, étangs, biodiversité).
Avec une bonne gestion permaculturelle, on peut
optimiser les rendements et réduire l’espace nécessaire. Mais plus de terrain
permet une meilleure résilience face aux imprévus climatiques et économiques. 🌿💪
Faisons un petit
calcul. Le Luxembourg a quelques 650 000 habitants, ce qui fait 162 000
familles. Attribuons encore 7.5 hectares à chaque famille. Il faudrait donc Pour
162 000 ménages : 162 000 * 7.5 hectares = 1 215 000 hectares pour
garantir une autarcie à chaque famille ou 12 150 km2. La superficie du
Luxembourg est de 2 586 km2. Le Luxembourg consacre actuellement 1 325 km2 à
des fins agricoles. Si chaque famille produisait elle-même ses aliments, il
faudrait 10 fois plus terre que celle consacré actuellement à l’agriculture.
L’autarcie familiale est une chimère.
Avec une
superficie agricole de 1 325 km² (soit 132 500 hectares) et une agriculture
durable optimisée, le Luxembourg pourrait nourrir :
- Environ 198 750 personnes avec un régime alimentaire comprenant encore une part de produits animaux (scénario modéré).
- Jusqu’à 662 500 personnes avec un régime majoritairement végétarien ou végétal, mieux adapté à une production locale durable.
Une restructuration
optimisée de la production alimentaire professionnelle sur le plan national
pourrait permettre une autosuffisance de maximum 80 % avec une alimentation de
base, avec cependant des moyens technologiques considérables. Il faudrait
opérer une transition vers une agriculture bio-intensive (permaculture, serres,
hydroponie, agroforesterie) permettant de couvrir une part bien plus importante
des besoins alimentaires avec une intensification des cultures maraîchères et
une réduction des monocultures céréalières. Il faudrait orienter une partie des
cultures céréalières vers d’autres céréales comme le sarrasin, les pois chiches
et lentilles, le soja et autres sortes. Ceci permettrait de réduire la
dépendance aux importations. Une réduction de la consommation de viande et de
produits laitiers au profit d’un modèle plus durable (élevage extensif et
encore, plus de protéines végétales) améliorerait l’autonomie. Le développement
de bassins d’aquaculture en circuit fermé et d’aquaponie permettrait de couvrir
une part des besoins en poissons. Le Luxembourg a encore un bon accès à l’eau
(précipitations suffisantes) avec certaines réserves, mais le changement
climatique peut impacter cette disponibilité. Il y a donc un besoin d’une gestion
optimale de l’eau avec stockage, irrigation raisonnée et agroécologie. Il
faudrait calculer combien de résidents pourraient être nourris en
auto-suffisance avec les terres agricoles disponibles en supposant une
conversion adéquate et durable vers une agriculture adaptée.
Finalement, il y
a aussi des contraintes structurelles comme la forte urbanisation (seulement 51
% du territoire est Agricole). La main-d'œuvre agricole est faible. La
dépendance aux infrastructures énergétiques et industrielles externes est de
100 %.
Cela signifie
que le pays pourrait approcher l’autosuffisance alimentaire pour sa population
actuelle (environ 660 000 habitants), à condition de repenser fortement les
modes de production et de consommation (éliminer complètement la viande).
Est-ce que les résidents du Luxembourg accepteraient une telle conversion de
leur mode d’alimentation et donc en partie de leur mode de vie? J’en doute
fort. Il faudrait d’ailleurs que le gouvernement lance un projet de recherche
pour élaborer un modèle théorique optimisé de la production alimentaire au
Luxembourg pour une garantir en principe une auto-suffisance. Un tel modèle
pourrait orienter les réflexions sur les conversions à opérer en étapes. En
tout cas, une progression de la population actuelle pour garantir nos systèmes
sociaux est impensable dans un tel scénario.
Eau potable (et
le Luxembourg)
L’eau potable est un facteur indispensable à la survie. 4 à 5 jours sans
eau pour un humain risquent de provoquer la mort. Par contre, en ce qui
concerne la nourriture, on peut en général survivre entre 30 et 70 jours sans
nourriture, tant que l'on continue à boire de l'eau. Le corps va d'abord brûler
ses réserves de glucose, puis ses graisses et enfin ses muscles pour produire
de l'énergie. Beaucoup dépend de l’état de santé initial, du poids et des
conditions de repos ou de stress.
Si le Luxembourg semble privilégié dans le contexte en eau potable (on
ouvre le robinet et l’eau coule tous les jours), il n’en reste pas moins qu’il
risque de connaître de sérieux problèmes suite à son évolution démographique,
surtout en relation avec le changement climatique. Le problème n’est nullement
anodin. Précédemment on avait évoqué dans un autre contexte le problème de
l’eau potable sur le plan mondial. Par rapport à ces faits, le petit Luxembourg
baigne plutôt dans le luxe, mais il faut aussi rendre attentif à l’envergure de
quelques problèmes potentiels suite à un certain nombre de mécanismes et de
variables dans ce contexte qui risquent de perturber un équilibre de plus en
plus fragile. Mais je ne pense pas que ce problème ait émergé vraiment à
l’heure actuelle seulement dans la conscience des résidents du Luxembourg, du
moins aussi longtemps que l’eau coule du robinet. De brefs moments de lucidité
pourraient surgir s’il est interdit de laver la(les) voiture(s 😊), d’arroser le jardin ou de remplir la piscine.
Il y a cependant le risque que ce moment de lucidité sera vite anéanti si l’eau
coule de nouveau « normalement ».
Concernant l’eau potable, le Luxembourg commence à atteindre ses limites. Actuellement,
le Luxembourg consomme environ 120 000 m³ d'eau potable par jour,
répartis équitablement entre les eaux souterraines et les eaux de surface,
principalement issues du lac de la Haute-Sûre. Cependant, avec une croissance
annuelle moyenne de la population de 12 500 personnes, la demande en eau
potable est en constante augmentation. Le Luxembourg compte actuellement
presque 700.000 résidents qui consomment l’ eau de notre territoire (d’après
certaines statistiques, un résident au Luxembourg consommerait quelque 160
litres par jour). Il faut ajouter aux consommateurs d’eau résidents environ
240.000 frontaliers qui consomment également de l’eau au Luxembourg. S’y
ajoutent quelques 1.700.000 nuitées de touristes, sans parler de ceux qui ne
visitent le Luxembourg qu’en journée. Cela fait du monde qui consomme de l’eau,
sans parler des consommateurs économiques (industriels, artisanaux,
agriculteurs et autres). La consommation annuelle total du Luxembourg
s’élèverait à quelques 50 millions de mètres cubes.
Des projections indiquent que, sans mesures d'économie d'eau, la
disponibilité des ressources actuelles pourrait devenir insuffisante pour
répondre aux besoins de la population après 2026. De plus, les effets du
changement climatique pourraient perturber l'approvisionnement en eau,
notamment pendant les périodes de forte demande estivale et de sécheresse
prolongée. Pour anticiper ces défis, le Luxembourg a entrepris des initiatives
telles que l'agrandissement de la station de traitement d'Eschdorf, en augmentant
sa capacité de traitement jusqu'à 150 000 m³ par jour. Encore
faudrait-il que le lac du barrage fournisse la quantité d’eau nécessaire pour
cette opération. Dans ce contexte, il semble essentiel de renforcer les efforts
en matière de conservation de l'eau et d'explorer de nouvelles sources pour
garantir un approvisionnement durable face à une croissance démographique
soutenue.
Le lac d’Esch-sur-Sûre joue un rôle crucial dans l’approvisionnement
en eau potable du Luxembourg. Il est principalement alimenté par la rivière
Sûre qui prend sa source en Belgique et traverse le Luxembourg avant de se
jeter dans la Moselle. La Sûre a sa source en en dehors du Luxembourg, près du
village de Vaux-sur-Sûre dans la province du Luxembourg. Avant d'entrer au
Luxembourg, elle parcourt environ 30 kilomètres en Belgique. Ensuite, elle
traverse le Luxembourg sur environ 172 kilomètres, avant de rejoindre la
Moselle à Wasserbillig. Il faut se rendre compte que la partie de la Sûre en
Belgique est hors contrôle du Luxembourg et que des incidents pendant ces 30
kilomètres en amont de la frontière luxembourgeoise pourraient grandement
mettre en cause l’alimentation en eau potable du Luxembourg. On peut se poser
la question si une pollution de la Sûre en Belgique pourrait être arrêtée à la
frontière avec le Luxembourg. Ainsi, il y avait une contamination par des
pesticides en 2014 ainsi qu’une pollution d’hydrocarbures en janvier 2023,
exemples pour montrer que les possibilités de pollution plus ou moins
importantes existent réellement et qu’il ne s’agit pas d’un exercice purement
théorique. Néanmoins, la même question se pose pour les contaminations
éventuelles au niveau des affluents de la Sûre qui se déversent dans le Lac. Tous
les incidents environnementaux et de pollution survenant dans le bassin versant
de la Sûre alimentant le lac peuvent avoir des répercussions négatives sur la
qualité de l’eau potable du lac : pollution accidentelle, défauts
d’assainissement ou déversement d’eaux usées, pollution agricole, activités
industrielles (et minières), inondations emportant boues, hydrocarbures,
matières fécales et autres vers les cours d’eau, activités humaines non
réglementées (décharges sauvages, dépôts illégaux de déchets), construction en
zones sensibles sans protections, activités récréatives mal encadrées comme la navigation,
la baignade, le camping sauvage et autres.
Au Luxembourg, l’alimentation du lac dépend aussi des précipitations dans
son bassin versant, qui influencent directement le niveau de l’eau, ainsi que des
affluents de la Sûre, qui contribuent à son débit, sans parler des
infiltrations souterraines et des sources locales, qui apportent un complément
d’eau. Les affluents en amont du barrage sont assez nombreux, mais il s’agit
plutôt de ruisseaux, drainant cependant l’eau de 160 km2 (j’en étais
étonné quand j’ai essayé d’en faire l’inventaire sur base de la carte
hydrologique). Il s’agit des ruisseaux Fensterbaach, Dirbech, Betlerbaach,
Nibgserbaach, Béiwenerbaach, Haemechterbaach, Braschterflass, Bauschelbaach,
Schwarzerbaach, Bellerbaach, Haemecht, Syrbaach, Froumicht, Hommelsbaach,
Walterbaach, Haareleerbaach, Sollerbaach (et autres, pour ne rien oublier). Des
rivières, plus substantielles par leurs apports en eau, se situent en aval du
barrage et ne contribuent donc pas directement à la réserve d’eau potable
du lac. Il s’agit notamment de l’Our et de l’Alzette. Néanmoins beaucoup
d’autres ruisseaux et petites rivières se déversent dans la Sûre en aval du
barrage.
Dans ce sens, il est intéressant de connaître l’apport d’eau potable par
les sources implantées au Luxembourg. Environ 50 % de l'eau potable
proviennent de sources et de forages captant les eaux des aquifères du Grès de
Luxembourg et du Grès bigarré.
Ouvrant une parenthèse concernant les sources de la Ville de Luxembourg qui
ne fournissent qu’une partie de l’eau potable de la commune. La ville achète
aussi de l’eau potable à la SEBES. Dans certains cas se pose la question de
l’appartenance des sources et des nappes phréatiques. Selon certaines sources,
la Ville de Luxembourg exploite un total de 72 captages d'eau potable, répartis
en six secteurs hydrogéologiques distincts, tous situés à moins de 10
kilomètres de la commune . Ces captages puisent l'eau principalement de
l'aquifère du Grès de Luxembourg. La répartition des captages par secteur est
la suivante :
- Kopstal : 33 sources (22 sur la rive droite et 11 sur la
rive gauche de la Mamer)
- Siweburen et Millebaach : 4 sources
- Glaasburen et Dommeldange : 11 sources
- Birelergronn : 13 sources
- Polfermillen : 1 source
- Tubishaff : Forage-captage
Il s’en suit que presque la moitié des sources ne se situent pas sur le
territoire de la ville de Luxembourg, à savoir essentiellement les sources de
Kopstal. Par ailleurs, le site de captage du Birelergronn, comportant 13
sources, ne se situe pas non plus sur le territoire de la Ville de Luxembourg. Il
est situé sur les territoires des communes de Sandweiler, Niederanven et
Schuttrange. Ces captages sont exploités par l'Administration communale de la
Ville de Luxembourg pour la production d'eau destinée à la consommation
humaine. Cependant, la situation est encore plus spéciale. Bien que le
Birelergronn ne soit pas situé sur le territoire de la Ville de Luxembourg, il
est inclus dans les forêts communales de la ville, notamment dans le secteur Sud
qui comprend les forêts de Hamm, Cessange, Kockelscheuer, Tawioun et
Birelergronn à Sandweiler.
Supposons le scénario suivant. Il y a plusieurs années consécutives de
sécheresse et le niveau des sources diminue. Si la commune de Kopstal a des
problèmes d’eau, ne va-t-elle pas contester le titre de propriété de la Ville
de Luxembourg pour les sources sur son territoire? Par ailleurs, ne va-t-elle
pas faire éventuellement des forages-captages sur son territoire dans les
environs des sources de la Ville de Luxembourg pour constituer ses propres
réserves d’eau potable ? Cela risque éventuellement de diminuer le débit
des sources appartenant à la Ville de Luxembourg ?
Les causes de conflits liés à l’eau potable peuvent résulter d’une manière
générale :
- D’un stress hydrique, la demande en eau dépassant la quantité disponible.
- Du partage des bassins transfrontaliers où les bassins fluviaux sont partagés par deux pays ou plus (voir la Sûre et la Moselle). Ainsi les décisions d’un pays en amont peuvent affecter gravement les pays en aval.
- De la pollution de l’eau : des usines, l’agriculture intensive et le manque d'assainissement polluent les sources d’eau. Cela réduit la quantité d’eau potable disponible et crée des tensions locales.
- D’inégalités d’accès dues à des disparités entre zones rurales et urbaines, le clivage entre populations riches et pauvres, ou entre entre groupes ethniques et même entre communes et régions nationales . Ainsi, en France, de nombreuses communes françaises ont eu des désaccords sur le choix du mode de gestion de l’eau : régie publique ou délégation à des entreprises privées (ex : Veolia, Suez). Toujours en France, dans certaines communautés de communes, des conflits ont surgi sur le financement et l’entretien des réseaux, ou la répartition de l’eau dans les périodes de sécheresse. En Sardaigne et en Sicile, des tensions existent entre communes rurales et villes pour l’accès équitable à l’eau en été. En Andalousie, Murcie et Valence, il y a des Conflits entre communes agricoles et urbaines autour de l’accès à l’eau potable versus (opposé) l’irrigation de l’agriculture.
- De l’importance de la consommation d’eau par des industries, au détriment de la population locale (voir le problème à Schieren avec Google et d’autres situations).
Cela soulève la question de la propriété des eaux au Luxembourg. Au
Luxembourg, la propriété et la gestion des ressources en eau
(sources, ruisseaux, rivières, nappes phréatiques) sont encadrées par la loi,
notamment la loi modifiée du 19 décembre 2008 relative à l'eau. Voici
un aperçu :
Sources, ruisseaux et rivières
- Cours
d'eau non domaniaux (la majorité au Luxembourg) :
➤
Appartiennent aux propriétaires riverains jusqu’à la moitié du lit du cours
d’eau.
➤ Leur
usage est privé, mais sous condition du
respect des règles environnementales et hydrauliques.
- Cours
d'eau domaniaux (très rares, ex. la Moselle en partie navigable) :
➤
Appartiennent à l’État, leur usage est public.
➤ L’État est responsable de leur entretien et aménagement.
- Tous les
cours d’eau sont protégés : Les travaux, prélèvements, ou rejets dans les
cours d’eau nécessitent une autorisation du ministère de l’Environnement.
Sources d’eau potable
- Les
captages de sources (comme ceux de la Ville de Luxembourg) peuvent être
des propriétés communales, syndicales ou étatiques, selon l'exploitant.
- Même sur
terrain privé, une source peut être exploitée par une autorité publique si
elle alimente un réseau de distribution, souvent via expropriation ou
servitude d’utilité publique.
Nappes phréatiques (eaux souterraines)
- Les
nappes phréatiques n’appartiennent à personne au sens de la propriété
privée. Elles relèvent du domaine
public de l’eau.
- Leur
utilisation (captage, forage) est strictement réglementée :
➤ Toute
exploitation d'une nappe phréatique nécessite une autorisation administrative (à partir
d’un certain débit).
➤ Des
zones de protection peuvent être instaurées autour des captages.
Il y a des règlementations spécifiques pour le forage d’eau souterraine
pour un usage privé (puits) et une utilisation ou dérivation d’un ruisseau aussi
pour un usage privé (par exemple jardin, moulin, étang ou autres).
Est-ce qu’on peut s’imaginer qu’une guerre des eaux pourrait se déclarer
potentiellement au Luxembourg en cas de de sécheresse prolongée ou de tension
hydrique ? Les raisons pourraient être les suivantes :
·
Ressources
partagées : plusieurs communes exploitent les mêmes nappes phréatiques ou
captages en dehors de leur territoire, comme c’est le cas pour la Ville de
Luxembourg avec Kopstal ou Birelergronn.
·
Hiérarchisation
des usages : en période de sécheresse, certaines communes pourraient réduire ou
bloquer les prélèvements d’eau destinés à d’autres.
·
Problèmes
d’approvisionnement : si une commune dépend partiellement de captages sur une
autre commune, elle peut se retrouver vulnérable en cas de restriction imposée
localement.
- Ressources partagées : plusieurs communes exploitent les mêmes nappes phréatiques ou captages en dehors de leur territoire, comme c’est le cas pour la Ville de Luxembourg avec Kopstal ou Birelergronn.
- Hiérarchisation des usages : en période de sécheresse, certaines communes pourraient réduire ou bloquer les prélèvements d’eau destinés à d’autres.
- Problèmes d’approvisionnement : si une commune dépend partiellement de captages sur une autre commune, elle peut se retrouver vulnérable en cas de restriction imposée localement.
Les manœuvres dans de telles situations pourraient être les
suivantes :
- revoir des conventions de coopération (par ex. avec la Ville de Luxembourg ou SEBES),
- Limiter l’accès ou exiger une compensation pour les captages sur son sol,
- Refuser de renouveler certaines autorisations si la commune estime son intérêt menacé.
- Décider unilatéralement de restrictions comme imposer un moratoire sur les nouveaux forages, réduire les volumes alloués à un syndicat intercommunal.
Il y a le risque de conflits juridiques ou de recours devant les
juridictions administratives. Ces situations sont cependant assez improbables
car la loi sur l'eau (modifiée 2008) réglemente beaucoup de cesaspects.
Comme l’eau est un bien commun d’intérêt général, le gouvernement peut
imposer des priorités d’usage, restreindre ou suspendre des captages, même
autorisés. Par ailleurs, le ministère de l’Environnement peut intervenir comme
arbitre en cas de tension, peut réviser les autorisations de captage ou peut
classer certaines zones en zones prioritaires de protection. Finalement, les
syndicats intercommunaux (ex. SEBES, SIDERO) diminuent les risques de conflit
et peuvent mutualiser les ressources car leur gouvernance repose sur des
statuts contractuels entre communes.
Il me semble peu probable que de tels conflits puissent se produire au
Luxembourg.
Le gouvernement luxembourgeois a mis en place un Plan d'Intervention
d'Urgence (PIU) en cas de rupture significative de l'approvisionnement en
eau potable. Ce plan, élaboré sous la direction du Haut-Commissariat à la
protection nationale (HCPN), a été arrêté par le Conseil de gouvernement le 8
septembre 2017 et adapté le 12 février 2024. Il définit les actions à
entreprendre en cas d'événements portant préjudice aux besoins essentiels de la
population, nécessitant des décisions urgentes et une coordination nationale.
Le PIU prévoit la détermination des organes de gestion de crise, la diffusion
d'alertes, l'information au public, ainsi que les mesures d'urgence à mettre en
œuvre. Il distingue entre les problèmes d'ordre quantitatif et qualitatif et
prévoit des plans spécifiques en cas de cyberattaque, de rupture
d'approvisionnement en énergie ou d'attaque terroriste. En parallèle, le
Luxembourg élabore des plans de gestion de l'eau à long terme, conformément à
la directive-cadre sur l'eau de l'Union européenne. Le troisième plan de
gestion (2015-2021) identifie les défis liés à la qualité des eaux de surface
et souterraines, notamment en raison de la pollution agricole et de
l'urbanisation. Des zones de protection autour des captages d'eau ont été mises
en place pour préserver la qualité et la disponibilité des eaux souterraines. De
plus, la stratégie nationale d'adaptation au changement climatique souligne le
risque accru de pénuries d'eau en raison de l'augmentation des périodes de
sécheresse et de la demande en eau. Elle prévoit des mesures pour sécuriser
l'approvisionnement en eau potable, protéger les citoyens contre les effets du
changement climatique et préserver la biodiversité.
Les aspects du plan d intervention d’Urgence (PIU) du Luxembourg présente
plusieurs aspects (https://infocrise.public.lu/fr/eau-potable/plan-gouvernemental/plan-intervention-urgence-en-cas-de-rupture-en-eau-potable.html ):
- Détermination des organes de gestion de
crise : Le plan établit
les structures de coordination nécessaires pour gérer efficacement la crise, en
impliquant tous les ministères, administrations et services de l'État, ainsi
que les opérateurs et propriétaires d'infrastructures de traitement et de distribution
d'eau potable.
- Diffusion d'alertes et information au
public : Le PIU prévoit
un système de diffusion d'alertes par les autorités et d'information au public
pour assurer une communication claire et rapide en cas de crise.
- Mesures d'urgence et actions relatives : Le plan définit les mesures d'urgence à
mettre en œuvre, les actions associées, ainsi que les responsables et acteurs
respectifs. Il distingue entre les problèmes d'ordre quantitatif (manque d'eau)
et qualitatif (pollution de l'eau).
- Coordination avec d'autres plans d'urgence : En cas de rupture d'approvisionnement
en eau potable due à des causes spécifiques, le PIU prévoit l'application de
plans d'urgence complémentaires :
- Plan Vigilnat : en cas d'origine présumée terroriste.i
- PIU Blackout : en cas de problèmes d'approvisionnement en énergie affectant les installations de traitement et de distribution d'eau.
- PIU Cyber : en cas de cyberattaque ou de faille technique des systèmes d'information.
L'exécution du PIU relève du Premier ministre et du ministre ayant l'eau dans ses compétences. Tous les ministères, administrations et services de l'État, ainsi que les opérateurs et propriétaires d'infrastructures de traitement des eaux, sont tenus de coopérer par tous les moyens disponibles à la réalisation des objectifs fixés par le plan.
En dehors du PIU, l’Administration de la gestion de l'eau (AGE) a introduit le Luxembourg Water Safety Plan (LuxWSP), un outil informatique basé sur les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce plan permet aux fournisseurs d'eau de :
- Identifier les dangers potentiels tout au long du réseau, du captage
jusqu'au consommateur final.
- Évaluer les risques associés à ces dangers.
- Mettre en œuvre des mesures préventives et correctives pour maîtriser ces
risques.
Cette approche systématique est complétée par un audit de l'AGE pour
s'assurer de la conformité et de l'efficacité des mesures mises en place. Pour
valoriser les efforts des communes et syndicats dans la gestion des risques
liés à l'eau potable, un label nommé « Drëpsi » a été instauré. Ce
label, attribué en plusieurs niveaux (bronze, argent, or, platine), reflète le
degré de maîtrise des risques par le fournisseur d'eau. Par exemple, la commune
de Pétange a obtenu le label Drëpsi Or, témoignant de son engagement
exemplaire dans ce domaine.
Conformément au règlement grand-ducal modifié du 7 octobre 2002 relatif à
la qualité des eaux destinées à la consommation humaine, les communes sont
tenues de :
- Surveiller la qualité de l'eau distribuée à leurs habitants.
- Élaborer un dossier technique de leurs infrastructures
d'approvisionnement, incluant une analyse des points critiques du réseau.
- Définir des mesures pour maîtriser les risques identifiés.
- Informer annuellement les consommateurs sur la qualité de l'eau distribuée.
On ne peut nier que le Luxembourg ait entrepris des efforts considérables
en ce qui concerne l’approvisionnement correct en eau potable. Mais il y a des
facteurs externes, hors contrôle, qui échappent à une action proactive des
autorités luxembourgeoises (à tous les niveaux) en ce qui concerne la quantité
et la qualité de l’eau potable.
En ce qui concerne les quantités d’eau disponible, il faut constater qu’au
Luxembourg, les niveaux des nappes phréatiques ont connu des
fluctuations ces dernières années, principalement en raison des variations
climatiques. Après plusieurs années de précipitations insuffisantes entre 2014
et 2017, une diminution généralisée des débits des sources a été observée.
Cependant, les précipitations abondantes de l'année hydrologique 2023/2024,
notamment entre octobre 2023 et avril 2024, ont favorisé une recharge significative
des nappes phréatiques, ramenant les niveaux à la normale. Actuellement, les
réserves d'eau souterraine sont jugées suffisantes pour la production d'eau
potable à l'échelle nationale. Il est important de noter que la recharge des
nappes dépend de plusieurs facteurs, tels que la saturation préalable des sols
et la répartition saisonnière des précipitations. Par exemple, des
précipitations intenses sur une courte période peuvent entraîner un
ruissellement accru, limitant l'infiltration efficace de l'eau dans les nappes.
Les précipitations abondantes enregistrées au Luxembourg entre octobre 2023 et
avril 2024 ont significativement contribué à la recharge des nappes
phréatiques, ramenant les niveaux à la normale. Cependant, ces apports n'ont
pas entièrement compensé les déficits accumulés au cours des années précédentes
marquées par des sécheresses. Les réserves épuisées nécessitent plusieurs
périodes de recharge pour être pleinement reconstituées. Ainsi, bien que la
situation actuelle soit satisfaisante, une vigilance continue est essentielle
pour assurer la durabilité des ressources en eau souterraine.
La situation concernant l’eau potable au Luxembourg doit quand même être plus
préoccupante qu’on ne
le croit à première vue si on considère le lancement du projet en cours de
développement, visant à capter l'eau de la Moselle pour la transformer
en eau potable pour le Luxembourg. Cette initiative serait motivée par la
nécessité d'assurer une sécurité d'approvisionnement en eau potable à long
terme, notamment face aux défis posés par le changement climatique. Des études
de faisabilité ont conclu que l'utilisation de l'eau de la Moselle est
envisageable, à condition de mettre en place un traitement approprié. Le
traitement proposé est de type "multibarrière", capable d'éliminer
une large gamme de substances pour répondre aux normes strictes de qualité de
l'eau potable. Ce type de traitement est déjà utilisé avec succès dans d'autres
pays pour des rivières de qualité similaire. Par exemple, des installations en
région parisienne traitent l'eau de la Seine en combinant des techniques
avancées telles que l'ultrafiltration, l'ozonation et l'utilisation de charbon
actif. De même, des usines en Allemagne utilisent des procédés comparables pour
traiter l'eau du Rhin.
L'eau de la Moselle présenterait encore, selon certains, l'avantage (il
n’est pas certain que la situation ne risque pas de se dégrader à l’avenir) d'être
moins sujette aux fluctuations climatiques en raison de son grand bassin
d'alimentation, ce qui en fait une source potentielle fiable pour
l'approvisionnement en eau potable. Le projet luxembourgeois prévoit
l'installation d'une station de traitement des eaux de la Moselle, destinée à
desservir le sud-est du pays et à s'intégrer au réseau du SEBES (Syndicat des
Eaux du Barrage d'Esch-sur-Sûre). La concrétisation de ce projet est envisagée
à l'horizon 2035-2040, en fonction de l'augmentation des besoins en eau
potable. Les prochaines étapes incluent l'identification d'un fournisseur d'eau
et la mise en œuvre des démarches administratives, financières et techniques
nécessaires. Il est important de noter que des préoccupations existent quant à
la qualité actuelle de l'eau de la Moselle, classée comme "médiocre".
Des stations d'épuration modernes seront donc essentielles pour assurer un
traitement efficace de l'eau, éliminant les polluants et garantissant sa
potabilité. En conclusion, le projet de potabilisation de l'eau de la Moselle
au Luxembourg est une réponse proactive aux défis futurs liés à l'approvisionnement
en eau potable, intégrant des technologies éprouvées et une planification à
long terme pour assurer une ressource fiable et de qualité pour les décennies à
venir.
Une parenthèse, économique liée à la quantité de l’eau de la Moselle : Le débit de la Moselle a une
influence sur la navigation sur la Moselle qui a été entravée à plusieurs
reprises en raison de niveaux d'eau trop bas, principalement durant les
périodes estivales de sécheresse. Donc sur le plan de l’eau potable, cela
signifie qu’il peut y avoir des baisses du volume d’eau par une baisse
importante des débits qui n’entravent pas seulement la navigation, mais peuvent
aussi impacter l’approvisionnement en eau potable en provenance de la Moselle.
Mais comme notre premier ministre actuel est très orienté
« économie », on se paie le luxe de voir d’un peu plus près le
contexte du port de Mertert, en dehors de la problématique de l’eau potable.
Les conséquences pour le port de Mertert de la restriction du trafic
fluvial peuvent être importantes. Cela peut entraîner une baisse de la
rentabilité du transport fluvial si les bateaux peuvent seulement être chargés
à moitié. Cela réduit aussi la compétitivité du transport fluvial face au
transport routier ou ferroviaire. Le port de Mertert peut enregistrer une baisse
importante du trafic, parfois jusqu’à -30 à -50 % en périodes de sécheresse
prolongée. Cela impacte aussi les activités des entreprises implantées sur le
site (logistique, agroalimentaire, matériaux de construction, carburants...). Les
clients pourraient se tourner vers d'autres ports mieux desservis ou vers
d'autres modes de transport, de manière temporaire ou durable. S’il y a un report
modal vers le transport routier ou ferroviaire, cela peut saturer les
infrastructures y relatives, augmenter les délais et générer ainsi des coûts
additionnels. Il y aurait moins de souplesse et plus de ruptures de charge
(changement de mode en cours de route). Mertert est un point d’entrée
stratégique pour le carburant, les matériaux, les céréales et autres
marchandises. Une Moselle non navigable affecte directement à ce stade la sécurité
logistique du pays. Les principales catégories de marchandises traitées au port
de Mertert sont les produits sidérurgiques et métalliques, les produits
pétroliers, les matériaux de construction, les engrais et produits agricoles,
les marchandises diverses transportées en conteneurs et des marchandises
lourdes et spécialisées. En 2023, le trafic fluvial du port de Mertert a
représenté près de 790 000 tonnes, dont 69 % étaient constituées de produits
importés. En dehors de ces aspects économiques, le transport fluvial peut aussi
avoir des impacts écologiques négatifs. Les vieux moteurs diesel peuvent
rejeter des hydrocarbures, métaux lourds ou résidus chimiques dans les
rivières. Les péniches mal entretenues peuvent causer des fuites accidentelles.
L’entretien (dragage) peut déranger la faune et la flore. Le trafic fluvial
régulier modifie les berges, perturbe les habitats naturels (poissons, oiseaux,
plantes). Les péniches peuvent générer des ondes de choc dans les zones
naturelles protégées. Cela affecte les zones de nidification d’oiseaux
aquatiques ou les frayères.
On peut se demander si le transport fluvial et le prélèvement d’eau
potentiellement potable peuvent faire bon ménage, car comportant des risques
accrus. En effet, qu’est-ce qui se passe si une péniche a une avarie et perd
des hydrocarbures en amont du point de prélèvement potentiel d’eau pour la
conditionner en eau potable ? Il semble qu’on ne puisse pas
"neutraliser" complètement les hydrocarbures de manière simple et
immédiate dans un cours d’eau contaminé, surtout en amont d’un captage d’eau
potable. Les raisons en sont les suivantes : Les hydrocarbures sont
hydrophobes : ils flottent à la surface et ne se mélangent pas bien avec l’eau,
ce qui rend leur traitement in situ complexe. Une "neutralisation
chimique" directe risquerait d’introduire d’autres substances
indésirables. Certains hydrocarbures légers s’évaporent, mais d'autres (lourds,
aromatiques) persistent. On peut bien prendre certaines mesures techniques,
mais il n’y a aucune certitude qu’on puisse éliminer tous les hydrocarbures
libérés par l’avarie. Ainsi cette source d’eau potable risque d’être tarie
pendant un certain temps et quelles en seraient les conséquences.
Rappelons par ailleurs que l’eau de la Moselle est aussi utilisée pour
le refroidissement de la centrale nucléaire de Cattenom. Les textes
réglementaires imposent que la température de l'eau rejetée dans la Moselle ne
dépasse pas de plus de 3 °C celle de l'eau en amont du site. De plus, la
température absolue de l'eau rejetée ne doit pas excéder 28 °C, quelle que soit
la température de l'eau en amont. Cet aspect n’est pas anodin. Du point de vue
de la température de l’eau, le fonctionnement de la centrale de Cattenom n’est
donc pas neutre sur le plan écologique.
Comment cela fonctionne-t-il concrètement en ce qui concerne Cattenom
:
- L’eau prélevée dans la Moselle est utilisée pour condenser la vapeur produite par la turbine.
- Après utilisation, elle passe dans les tours de refroidissement pour perdre une partie de sa chaleur par évaporation dans l'air.
- L'eau qui reste, une fois refroidie partiellement, est rejetée dans la Moselle, mais elle reste en moyenne 1 à 2 degrés C plus chaude que l'eau d'origine.
En période de fortes chaleurs (été, canicule), la centrale peut :
- Réduire temporairement sa puissance pour limiter les rejets thermiques.
- Ou bénéficier de dérogations temporaires si le besoin de production d'électricité est prioritaire (ce qui reste rare et très encadré).
Il n'y a pas de stockage en bassins prolongé pour attendre un
refroidissement passif. En dehors de l’élévation de la température de l’eau de
la Moselle, l’atmosphère autour de Cattenom est donc aussi systématique
chauffée par les vapeurs qui échappent des tours de refroidissement. Mais
l’impact de cette chaleur semble cependant être faible. Cattenom fonctionne
avec des tours de refroidissements comme d’ailleurs la plupart des centrales
nucléaires en Europe. Ces tours évacuent la chaleur en faisant évaporer une
partie de l’eau dans l’air. Ce système
est utilisé lorsque la centrale ne peut pas rejeter directement de grandes
quantités de chaleur dans un plan d’eau important (fleuve, lac, mer). L’augmentation
locale de la température de l’air peut aller jusqu’à 1 degré. Son impact mesuré
est faible, mais pas inexistant. Le réchauffement atmosphérique généré par des
villes (effet d’îlot de chaleur urbain) est bien plus significatif que celui
causé par des tours de refroidissement.
Il est intéressant de connaître un peu mieux le système de refroidissement
de Cattenom qui est en fait un système mixte. Le système de refroidissement de
Cattenom fonctionne principalement en circuit fermé. L'eau est prélevée dans la
Moselle pour refroidir les condenseurs des turbines. Un condenseur de turbine
sert à refroidir et condenser la vapeur qui sort de la turbine pour la
transformer de nouveau en eau liquide.
Explication pour
une meilleure compréhension de l’enjeu : Après avoir tourné la turbine (et donc
produit de l’électricité via un alternateur), la vapeur d’eau a perdu une
grande partie de son énergie. Elle doit maintenant être reconvertie en eau liquide
pour boucler le cycle thermodynamique (cycle de Rankine). La vapeur entre dans
une grande enceinte (le condenseur) où elle entre en contact indirect avec un
réseau de tubes dans lesquels circule de l’eau froide (généralement prélevée
dans un fleuve, une mer ou une tour de refroidissement). En touchant les
surfaces froides des tubes, la vapeur condense : elle libère sa chaleur latente
et se transforme en eau. Cette eau (appelée condensat) est recueillie au fond
du condenseur. Ce condensat est pompé vers les systèmes de traitement ou
directement renvoyé dans le générateur de vapeur (ou la chaudière), où il sera
à nouveau chauffé pour redevenir vapeur. L’eau qui a refroidi la vapeur (sans
se mélanger à elle) est elle-même renvoyée soit ers un échangeur avec l’environnement
(fleuve, mer), soit vers une tour de refroidissement, où elle est refroidie par
évaporation partielle avant de repartir dans le condenseur.
Après
avoir absorbé la chaleur, cette eau est dirigée vers les tours de
refroidissement, où une partie s'évapore dans l'atmosphère, formant les
panaches de vapeur visibles. Le reste de l'eau qui s’est refroidi dans la tour
et qui ne s’est pas évaporé est réutilisé dans le circuit.
Le but
d’une centrale nucléaire est de produire de la vapeur par la fission nucléaire
qui consiste à casser les noyaux lourds comme ceux de l’uranium 235 ou du plutonium 239 qui, en
se divisant en deux atomes plus petits, libèrent de l’énergie et des
neutrons. Il s’agit de produire de la chaleur qui augmente in fine l’entropie
de l’atmosphère. Il semble que dans l’ensemble, la chaleur libérée par les
centrales nucléaires a un effet négligeable sur le changement climatique à
l’échelle planétaire. Le principal impact thermique est local, sur les milieux
aquatiques proches.
On constate que la température de l’eau sortie des tours de refroidissement
est nettement plus élevée que l’eau de la Moselle.
Une fraction de cette eau est également restituée dans la Moselle via la
retenue de Mirgenbach, un lac artificiel créé spécifiquement pour ce processus
. En 2023, la centrale a prélevé environ 243,5 millions de m³ d'eau dans la
Moselle pour ses besoins en refroidissement . Le rejet d'eau réchauffée dans la
Moselle est strictement encadré pour limiter l'impact thermique sur le cours
d'eau. Par exemple, lors de la canicule de 2003, des dérogations ont été
accordées pour permettre un échauffement maximal de 1,5 °C de la Moselle, bien
que des dépassements ponctuels aient été observés .
Mais Cattenom a aussi un effet sur la quantité de l’eau de la Moselle
dont elle diminue la quantité d’environ un quart, notamment aussi si le débit
est réduit par les étiages. Ceci peut avoir un effet sur l’équilibre écologique
de la Moselle. Sur cette quantité d’eau prélevée à la Moselle (243,5 millions
de m³ d'eau), environ 160,7 millions de mètres cubes ont été restitués à la
Moselle, soit un taux de restitution d'environ 71,2 %. La différence, soit
environ 64,6 millions de mètres cubes, correspond principalement à l'eau
évaporée dans les tours aéroréfrigérantes. En 2023, les prélèvements d'eau ont
été de 231,5 millions de mètres cubes, avec une restitution de 175,6 millions
de mètres cubes, soit un taux de restitution de 75,8 %. La consommation finale d'eau,
principalement due à l'évaporation, s'est élevée à 58,9 millions de mètres
cubes. En fonctionnement normal, la centrale prélève environ 9 m³/s d'eau de la
Moselle, dont environ 3 m³/s s'évaporent dans les aéroréfrigérants. Pour
compenser les prélèvements en période de faible débit de la Moselle (inférieur
à 26 m³/s), la centrale utilise des lâchers d'eau depuis la retenue du Vieux
Pré. La retenue du Vieux-Pré est un aménagement hydroélectrique situé dans les
Vosges, en Meurthe-et-Moselle, conçu pour soutenir le débit de la Moselle,
notamment en période d'étiage, afin de garantir le bon fonctionnement de la
centrale nucléaire de Cattenom. En 2023, ces lâchers ont totalisé environ 16,13
millions de mètres cubes. Comme déjà dit, la centrale est également équipée
d'une retenue d'eau artificielle, le lac du Mirgenbach, qui sert de tampon
thermique et de source de refroidissement en cas de besoin.
Signalons cependant aussi qu’il peut y avoir des conséquences écologiques
si l'eau servant à générer la vapeur dans une centrale nucléaire est contaminée
dans le cas où la cuve du réacteur ou les générateurs de vapeur présentent des problèmes
d'étanchéité. En effet, si le générateur de vapeur ou la cuve présente une fuite
interne, alors l’eau radioactive du circuit primaire (l’eau de la cuve) peut contaminer
le circuit secondaire (l’eau servant à produire la vapeur). La vapeur produite
peut alors transporter des éléments radioactifs. Cela peut mener à une
contamination de l’environnement ou exposer le personnel et les équipements à
la radioactivité. En plus, dans certains cas d’incident, l’eau du condenseur
contaminée radioactivement peut être rejetée dans le fleuve et pourrait
entraîner une contamination de l’environnement aquatique. C’est évidemment un
problème, surtout si le problème n’est pas détecté à temps. En plus, lors de
certains incidents ou arrêts d’urgence, de l’eau contaminée peut être évacuée
volontairement dans l’environnement pour éviter une pression excessive ou une
surcharge du système. Ces rejets sont filtrés autant que possible, mais ne sont
pas toujours exempts de radioactivité. Il s’y ajoute que, même en
fonctionnement normal, les centrales peuvent rejeter de petites quantités de
tritium ou autres isotopes (dans les limites autorisées). Et les habitants du
Sud de notre pays risquent de boire alors de l’eau contaminée radioactivement.
Pour contourner ce problème, le Luxembourg devrait demander l’autorisation à la
France de prélever l’eau de la Moselle en amont de la centrale nucléaire de
Cattenom. Cela m’étonnerait que la France se donne à ce jeu.
Dans la suite de nos réflexions générales, il faut rendre attentif au fait
que le débit de la Moselle sera aussi influencé par l’eau prélevée par le
Luxembourg pour augmenter ses réserves d’eau potable. Le projet prévoit de prélever 50.000 mètres
cubes par jour, ce qui fait par an un ordre de grandeur de 18,25 millions de
mètres cube par an. Cette quantité correspond à peu près à 28 % de l’eau non
restituée à la Moselle par le fonctionnement de Cattenom. Mais cette quantité
est plus ou moins la quantité des lâchers du Vieux-Pré en 2023 pour soutenir
les besoins d’eau de Cattenom, le débit de la Moselle ayant été insuffisant.
Donc, la centrale nucléaire de Cattenom a quand même un effet sur la quantité
et la qualité de l’eau de la Moselle en son aval, surtout si le niveau
d’eau de la Moselle baisse considérablement en cas d’étiages. Signalons qu’en juillet
2019, une température de 26,4 °C a été mesurée à Palzem, un village
situé à la frontière entre l'Allemagne et le Luxembourg. Cette température est
très proche de la valeur-clé de 28°. Si la température d’un fleuve monte
jusqu’à 28°, les conséquences sont les suivantes. Il y a une diminution de
l’oxygène dissousc ce dernier étant cependant vital pour la respiration des
poissons et des invertébrés aquatiques. Il y a un risque accru de mortalité
chez les juvéniles et les œufs. Les poissons d’eau froide (truites, ombles) ne
survivent pas au-delà de 22–24 °C. Les matières organiques (feuilles,
polluants, boues) se décomposent plus vite, ce qui consomme davantage d’oxygène
et peut libérer des substances toxiques comme l’ammoniaque. Les eaux plus
chaudes favorisent le développement d’algues, notamment de cyanobactéries
(algues bleues), potentiellement toxiques pour les poissons, les animaux
domestiques et même les humains. Il y a aussi une croissance accélérée des
organismes, mais aussi une désynchronisation des cycles de reproduction,
migration et alimentation. Les chaînes alimentaires sont détruites, faisant que
certaines espèces disparaissent tandis que d'autres prolifèrent.
Les espèces exotiques envahissantes, souvent plus tolérantes à la chaleur
(ex. : silure glane, écrevisse de Louisiane), peuvent prendre le dessus sur les
espèces locales. Par ailleurs, les débits réduits dans les rivières et fleuves
ont des conséquences directes et graves sur la pollution de l’eau, car le
pouvoir d’autoépuration du cours d’eau diminue fortement. Moins d’eau veut dire
aussi moins de dilution des polluants (pesticides, nitrates, métaux lourds,
médicaments, etc.). Les concentrations de polluants deviennent plus élevées,
même si les rejets restent constants. L’eau devient plus toxique pour la
faune et la flore. Par ailleurs, les eaux stagnantes ou à faible vitesse
favorisent la prolifération bactérienne et virale. Rappelons aussi qu’une eau à
faible débit en fait augmenter la température, avec toutes les conséquences que
cela peut apporter. Il y a des risques accrus de présence d’E. coli, de
coliformes fécaux, ou d'agents pathogènes. Un débit faible entraîne un brassage
plus faible de l’eau ce qui a pour conséquences une moindre oxygénation. Or, de
nombreux polluants sont plus toxiques en milieu pauvre en oxygène. La
décomposition des matières organiques consomme de l’oxygène ce qui peut créer
des zones mortes possibles. En 2022, le débit d’eau de la Moselle à
Grevenmacher était seulement de 20 mètres cubes par seconde alors que la
moyenne annuelle est normalement de 160 mètres cubes par seconde. On peut faire
une extrapolation de ces débits sur l’année : un débit de 20 m/s donnerait
un débit annuel de 630,72 millions de mètres cube et un débit 160 m/s donne un
débit annuel de 5.045, 76 millions de mètres cube, à mettre en relation avec
l’eau perdue définitivement à cause de Cattenom et le futur prélèvement d’eau de
la Moselle pour l’eau potable du Luxembourg, soit quelques 80 millions de
mètres cube.
Signalons que la source de la Moselle s’est tarie à plusieurs
reprises ces dernières années, sachant cependant que ce sont les affluents qui
apportent principalement l’eau à la Moselle. Or, si la source de la Moselle se
dessèche, il y a aussi le risque/probabilité que les affluents de la Moselle se
dessèchent aussi, faisant diminuer les débits de la Moselle sur toute sa
longueur.
Si on considère tous ces aspects concernant la Moselle,
qu’en faut-il penser de l’idée de constituer une réserve d’eau potable. Et l’eau de la
Moselle charriée en amont du Luxembourg est soumis à beaucoup de risques de
dégradation de la qualité, incontrôlables par le Luxembourg.
Signalons encore qu’au cours des dernières décennies, le débit de la
Moselle a montré une tendance générale à la baisse, en particulier pendant
les périodes estivales. Cette diminution est attribuée à plusieurs facteurs,
notamment les changements climatiques, l'augmentation de l'évapotranspiration
due à des températures plus élevées et des précipitations moins abondantes. Des
études ont mis en évidence une réduction progressive des débits annuels de la
Moselle depuis les années 1990. Cette tendance est particulièrement marquée en
été, avec des épisodes de basses eaux plus fréquents et plus sévères, comme
observé lors des étés de 1976, 2003 et 2018. Les régimes hydrologiques de la
Moselle ont également évolué. On observe une augmentation des précipitations hivernales,
tandis que les précipitations estivales diminuent. Cette redistribution
saisonnière des précipitations contribue à des crues hivernales plus fréquentes
et à des étiages estivaux plus prononcés. Les projections climatiques suggèrent
que ces tendances pourraient se poursuivre, voire s'accentuer, dans les
décennies à venir. Les modèles prévoient une diminution supplémentaire des
débits estivaux, ce qui pourrait avoir des implications significatives pour la
gestion de l'eau, la navigation, l'agriculture et la biodiversité dans le
bassin de la Moselle.
Le projet de la Moselle, pour garantir une bonne qualité de l’eau potable,
me semble être une entreprise difficile entachée de beaucoup d’aléas et
d’embûches. À mon avis, plein d’incidents, non encore prévus à ce moment,
peuvent faire capoter le projet en cours de route. Mais ce projet rend attentif
à un autre fait important : Le Luxembourg, à ce stade, est arrivé à un
point où il ne peut plus assurer l’autonomie en eau potable par les eaux
disponibles sur son territoire. Il est arrivé à ses limites dans ce domaine. Et
les changements climatiques vont aggraver les problèmes et la probabilité
d’incidents négatifs majeurs.
J’ai posé la question suivante (qui m’a préoccupé depuis longtemps) à
ChatGPT : Est-ce qu'on peut concevoir de capter
l'eau des inondations pour constituer des réserves d'eau potable au Luxembourg.
La réponse a été la suivante :
« Oui, il est théoriquement possible de capter l'eau des inondations
pour constituer des réserves d'eau potable au Luxembourg. Ce type de gestion
des ressources en eau est déjà étudié et mis en œuvre dans plusieurs pays pour
répondre aux défis liés au changement climatique et à la raréfaction de l'eau
douce. Voici les principaux éléments à considérer :
1. Avantages de la capture de l'eau des
inondations :
- Réduction
des risques d'inondation : La rétention de l'eau excédentaire pendant des crues peut limiter
les dommages causés en aval.
- Rechargement
des nappes phréatiques : L'eau collectée peut être redirigée vers des bassins d'infiltration
pour alimenter les réserves souterraines.
- Constitution
de réserves stratégiques : En périodes de sécheresse, ces réserves d'eau pourraient être
utilisées pour l'eau potable ou l'irrigation.
- Valorisation
d’une ressource autrement perdue : Plutôt que de laisser l’eau de crue
s’évacuer rapidement vers les rivières et fleuves, elle pourrait être
stockée et traitée.
2. Défis et contraintes
techniques :
- Qualité
de l'eau :
L'eau de crue est souvent contaminée par des polluants (hydrocarbures,
pesticides, bactéries, matières en suspension). Il faudrait donc un
traitement avancé (filtration, désinfection, décantation).
- Infrastructure
nécessaire :
La mise en place de bassins de rétention, de stations de pompage et de
traitement de l'eau représente un coût important.
- Espace
et réglementation : Le Luxembourg, étant un pays à densité de population élevée, doit
identifier des zones adaptées pour la collecte et le stockage de l’eau
sans impacter les écosystèmes locaux.
- Gestion
des flux d’eau : Il faudrait assurer une régulation efficace pour éviter que les
bassins de rétention ne soient surchargés en cas de crues extrêmes.
3. Exemples et inspirations :
- Singapour : Le pays capte l'eau de pluie et
les eaux de crue pour les stocker dans des réservoirs avant traitement.
- Pays-Bas : Utilisation de bassins
d’infiltration pour capter l’eau des crues et recharger les nappes
phréatiques.
- Allemagne
et France :
Certains projets pilotes testent la gestion des eaux pluviales pour en
faire une source d’eau potable.
4. Faisabilité au Luxembourg
:
- Le
pays pourrait envisager une approche combinée : captation de l’eau des
crues + infiltration contrôlée + stations de traitement adaptées.
- Les
infrastructures hydrauliques existantes devraient être adaptées ou
renforcées.
- Un
cadre réglementaire et environnemental clair serait nécessaire pour
garantir une gestion durable et sécurisée.
Conclusion :
Bien que complexe, la captation des eaux de crues pour constituer des
réserves d’eau potable est une piste intéressante au Luxembourg. Elle pourrait
être intégrée dans une stratégie globale de gestion des ressources en eau pour
mieux faire face aux sécheresses et au changement climatique. »
Alors, on peut toujours envisager d’utiliser les eaux de pluies pour toutes
sortes d’usages. Il y a cependant plusieurs hics.
Même l’eau de pluie tombant du ciel avant de toucher le sol n’est pas
naturellement propre car elle peut capter des substances présentes dans
l’atmosphère. Elle peut ainsi contenir les polluant suivants :
- Gaz atmosphériques naturels : dioxyde de carbone (CO₂), qui peut rendre l’eau de pluie légèrement acide.
- Polluants industriels et urbains : dioxyde de soufre (SO₂), oxydes d’azote (NOx), qui contribuent aux pluies acides.
- Particules fines : suie, poussières, métaux lourds, selon la qualité de l’air.
- Pesticides ou pollens : dans les zones agricoles.
Selon ses origines, l’eau de pluie n’est donc pas directement potable car elle peut contenir aussi des
bactéries, des virus, des spores ou des produits chimiques, surtout après avoir
ruisselé sur des surfaces (toits, gouttières). L’eau de pluie est la moins
polluée en zone rurale, loin des industries et des grandes villes. Par
ailleurs, après plusieurs minutes de pluie, elle devient moins contaminée car
les premières gouttes nettoient l’atmosphère. Donc, par déduction, les petites
pluies courtes contaminent plus les sols car l’atmosphère n’a pas été nettoyée.
En tout cas, l’eau de pluie doit être traitée pour devenir potable. Cependant,
les premières eaux de pluie vont polluer plus les nappes phréatiques par
infiltration car le sol n’est pas encore saturé.
A fortiori, l’eau de ruissellement des routes est encore plus polluée
car elle peut contenir :
1. Hydrocarbures et huiles : provenant des fuites de carburant ou
d'huile des véhicules.
2. Métaux lourds : comme le plomb, le zinc, le cuivre ou le cadmium,
libérés par l'usure des freins, des pneus et de la chaussée.
3. Microplastiques : issus de l'abrasion des pneus et des
revêtements routiers.
4. Produits chimiques de voirie : comme les sels de déneigement, les
désherbants, ou encore des résidus de peinture routière.
5. Bactéries et matières organiques : notamment dans les zones urbaines denses où les animaux (chiens, oiseaux) laissent des excréments qui sont emportés par la pluie.
6. Résidus de goudron et autres produits de construction des routes
Voici un
tableau résumant la situation :
Conséquence : cette eau polluée peut contaminer les
nappes phréatiques, les rivières et les lacs si elle n'est pas traitée, ce qui
pose des problèmes pour la biodiversité et la santé humaine.
Ces valeurs
varient selon les conditions locales (pluie, route, trafic). Les pics de
pollution sont souvent observés en début d’épisode pluvieux ("effet
premier rinçage"). Il faudrait encore mentionner certains problèmes plus
spécifiques : Ces polluants peuvent s’accumuler dans les sols, les
sédiments et atteindre les nappes phréatiques si l’infiltration n’est pas
maîtrisée. lls affectent la qualité de l’eau, la biodiversité aquatique et
parfois la santé humaine (via l’eau potable ou les cultures irriguées). En
période sèche, les polluants s’accumulent sur la chaussée puis sont
soudainement entraînés par la pluie.
Il faudrait donc
éviter que ces eaux de ruissellement ne quittent le système routier et ne se
déverse dans l’environnement des routes. Il y a actuellement la possibilité de
quelques aménagements techniques comme des caniveaux et des fossés imperméables
pour collecter l’eau de ruissellement des routes et les drainer vers des unités
de traitement. Mais il suffit de faire un peu attention en roulant en voiture
pour constater que ces aménagements techniques ne sont que rarement installés,
surtout sur les petites routes. Un tel réseau de collecte pour toutes les
routes serait probablement un projet d’investissement presqu’impossible.
Et même si on collecte l’eau de ruissellement à certains endroits (comme
les autoroutes où on le fait déjà actuellement), peut-on nettoyer cette eau de
ruissellement des routes au point de pouvoir devenir inoffensive pour la
nature.
Il existe
actuellement des installations de nettoyage pour un traitement très complet
mais nécessitant des installations sophistiquées et générant donc des coûts
élevés. Voici les étapes principales d’un tel système :
- Préfiltration pour enlever les débris.
- Décantation/séparation des graisses et hydrocarbures.
- Filtration fine (sable, charbon actif, membranes…).
- Traitements chimiques pour neutraliser les métaux lourds.
- Désinfection (UV, chloration, ozonation) pour tuer les
bactéries/virus.
- Autres ?
Les pneus classiques (en caoutchouc synthétique) libèrent microplastiques,
particules fines et composés chimiques lorsqu’ils s'usent. On estime que les
pneus sont une des premières sources de pollution microplastique terrestre. Ce
serait peut-être plus judicieux de développer des moyens de transport qui ne
nécessitent pas des pneus en caoutchouc. Le problème n’est pas négligeable car,
selon l’ADAC, l’abrasion d’une voiture sur 1000 kilomètres est de 120 grammes.
Selon certaines études, l’abrasion des pneus produirait dans l’UE 500.000
tonnes de matériaux d’abrasion par an. Il y a des études en cours pour utiliser
des pneus en matériaux biosourcés et recyclables qui utilisent du caoutchouc
naturel, des fibres végétales ou des résines biodégradables. Il y aurait une
réduction de l’impact environnemental à la source. Ces pneus ne suppriment donc
pas l’abrasion, mais rendent ses particules moins nocives. Il y a des
développements en cours chez Michelin, Continental et Goodyear. Une solution
viable ne semble donc pas être en vue prochainement.
Il faudrait aussi utiliser d’autres systèmes de freinage qui ne dégagent
pas des copeaux et poussière de métaux (lourds). De tels freins existent comme
les freins en céramique/carbone. Ils ont des avantages par rapport aux freins
classiques mais ils sont plus chers. Voici un tableau de comparaison entre
les freins céramique-carbone et les freins classiques.
Ces problèmes sont connus, mais il ne semble pas qu’on en parle beaucoup,
ni qu’on prenne des initiatives plus systématiques pour promouvoir les
changements nécessaires
On n’est pas mieux parti avec l’eau de pluie récoltée des toits : voir précédemment les facteurs
énumérés concernant la pollution de la pluie par l’atmosphère.
Je n’ai pas trouvé de statistiques des surfaces des toits du Luxembourg
permettant de calculer la quantité d’eau de pluie qui pourrait être récupérée
potentiellement.
L’État propose cependant une aide financière pour l'installation d'un
système de collecte des eaux de pluie destiné à un usage domestique non potable (comme les toilettes, le nettoyage ou
l'arrosage). Le montant de l'aide est 25 % du coût d’investissement, avec un
plafond de 1 000 € par logement. Il y a cependant des conditions techniques qui
doivent être remplies :
- Toiture raccordée d’au moins 40 m².
- Filtre sur le collecteur d’eau.
- Réservoir étanche d’au moins 3 000 litres par logement.
- Pompe de surpression intégrée.
- Système de régulation automatique du niveau d’eau.
- Alimentation de secours en eau potable pour les périodes sèches.
- Réseau de distribution séparé de l’eau potable, clairement identifié comme "eau de pluie" ou "eau non potable".
- Signalisation visible près du compteur d’eau potable
Un tel subside est plus facilement applicable à des maisons
unifamiliales qu’à des immeubles d’appartements avec des copropriétaires.
On peut se demander cependant si la récupération de l’eau de pluie collectée
des immeubles d’appartements ne pourrait pas être utilisée pour remplir des
citernes aménagées sur le toit pour combattre les incendies (voir les
gratte-ciels à Manhattan). La portée maximale verticale habituelle avec les
lances d’incendie est en général de 25 à 30 mètres, soit environ 8 à 10 étages
en conditions optimales. Avec des équipements très puissants (ex :
camions-pompes de grande capacité), on peut parfois atteindre jusqu’à 35–40 m
(11 à 13 étages), mais c’est l’exception. La pression disponible doit être cependant
élevée. Le Luxembourg a quelques immeubles où il ne fera pas bon de se trouver
dans les derniers étages lors d’un incendie, pour n’en citer que quels que
uns :
- Tour 3 de la Cour de justice de l'UE : 118 mètres, 29 étages
- Tour Infinity : 104 mètres, 25 étages
- Tours 1 et 2 de la Cour de justice de l'UE : 103 mètres, 27 étages chacune
- Tour Jean Monnet 2 : 93 mètres, 23 étages
- Tour Alcide de Gasperi : 78 mètres, 23 étages
- Parlement Européen Tours A et B : environ 70 mètres, 20 étages, achevées
en 2004.
- Tour Konrad Adenauer (KAD) : 65 mètres, 18 étages, achevée en 2018
- Siège social d'ArcelorMittal : 79 mètres, 16 étages, prévu pour 2026
Au Luxembourg, 83,5 % des habitations sont des maisons unifamiliales et 12,5 % sont des
immeubles collectifs, comprenant des immeubles entièrement destinés à
l'habitation et des immeubles à usage mixte.
Je n’ai pas trouvé de statistiques renseignant sur les quantités d’eau
(souvent potable) consommées au Luxembourg par les pompiers.
On pourrait s’imaginer que l’eau de ruissellement des routes pourrait être
utilisée pour combattre les incendies. Mais ce n’est malheureusement pas
possible car les éléments polluants ne sont pas neutralisés / anéantis par les
flammes. Le contraire est le cas. Voici un tableau qui résume la
situation :
Par ailleurs, l’eau de ruissellement des routes peut provoquer la corrosion
et l’encrassement du matériel : L’eau polluée peut endommager les pompes, les
tuyaux, ou les réservoirs si elle n’est pas filtrée. En plus, certains
polluants présents dans l’eau peuvent produire des fumées encore plus toxiques
lorsqu’ils sont chauffés ou brûlés.
Il n’y a pas d’échappatoire autre que le traitement de l’eau de
ruissellement des routes.
Le problème de l’eau d’incendie au Luxembourg n’est pas réglementé comme
dans d’autres pays. Il
n'existe pas de législation nationale imposant systématiquement l'installation
de bassins d'eau comme réserve pour la lutte contre l'incendie. Lorsque le
réseau d'eau public ou privé ne peut fournir un débit et une pression
suffisants pour la lutte contre l'incendie, l'installation de réservoirs d'eau,
naturels ou artificiels, devient obligatoire. Cette exigence est stipulée dans
les prescriptions de l'Inspection du Travail et des Mines (ITM). Certaines
communes luxembourgeoises, telles que Roeser, Flaxweiler, Ettelbruck et
Lintgen, imposent des règles spécifiques concernant l'alimentation des
installations de lutte contre l'incendie.
En Allemagne, il n'existe pas de législation nationale unique
imposant l'installation de bassins d'eau pour la lutte contre l'incendie. La
réglementation en matière de protection incendie relève principalement des Länder
(États fédérés), qui attribuent aux communes la responsabilité de gérer les
services de sapeurs-pompiers et d'assurer l'approvisionnement en eau
d'extinction. Chaque Land dispose de sa propre législation et de ses règlements
de construction en matière de protection contre les incendies. Dans treize des
seize États fédérés, la législation énonce explicitement l'obligation pour les
municipalités d'assurer l'approvisionnement en eau pour la lutte contre
l'incendie. Bien qu'il n'existe pas de loi fédérale imposant l'installation de
bassins d'eau pour la lutte contre l'incendie, des normes techniques et des
recommandations précisent les exigences en la matière. Par exemple, selon la
directive DVGW W 405, les bassins d'eau d'extinction doivent avoir une
profondeur minimale de deux mètres et une capacité d'au moins 1 000 m³, avec un
puits d'aspiration ou une conduite d'aspiration installée en permanence.
On revient à la question essentielle : S’il y a quelques années de
sécheresses consécutives et si les nappes phréatiques deviennent déficientes,
est-ce que le Luxembourg dispose de l’eau nécessaire pour lutter contre les
incendies, notamment
contre les incendies des forêts ? Il me semble que les pompiers se servent
actuellement d’eau potable pour la lutte contre l’incendie, ce qui semble en
soi une hérésie. Alors, on peut se demander pourquoi on n’utiliserait pas l’eau
impropre à la consommation humaine (par exemple l’eau grise traitée) pour
constituer des réserves d’eau pour lutter contre les incendies avec des bassins
de rétention spécifiques pour cet usage. La question se pose dans quelle mesure
on peut gérer l’eau des bassins de rétention et/ou d’orage pour constituer une
réserve d’eau pour la lutte contre les incendies ? Signalons que la ville
de Luxembourg dispose d’un volume de 23.000 m3 pour la rétention des
eaux pluviales et environs 17.5000 m3 pour les bassins d’orage.
On voit donc que l’eau potable n’est pas le seul problème, mais aussi que ses
réserves sont utilisées à des fins non propres à la consommation humaine, diminuant ainsi indument les réserves
d’eau disponibles dont aussi les réserves d’eau potable.
Tous ces aspects nous rendent attentifs qu’il ne suffit pas d’augmenter les
sources d’eau potables, mais qu’il faut chercher d’autres moyens. Une première
mesure consisterait à n’utiliser l’eau potable que pour la consommation humaine
et chercher d’autres sources d’eau pour d’autres usages.
Et puis, il existe un certain nombre de comportements qui permettent
d’économiser de l’eau (potable). Il existe des moyens dans l’installations du
sanitaire qui peuvent apporter des économies comme par ailleurs des
électroménager éco-performants, la réparation des fuites, et autres
améliorations techniques. Des études européennes précisent que 24 % de l’eau
potable sont perdus à cause des fuites. Il y a aussi des comportements plus
adéquats comme prendre des douches plus courtes, ne pas laisser couler inutilement
l’eau, collecter l’eau de pluie pour l’arrosage, réutiliser l’eau (e.g. l’eau
de cuisson refroidie pour les plantes), pratiquer un arrosage raisonné (tôt le
matin ou tard le soir, goutte-à-goutte ou tuyaux poreux), faire un paillage
pour réduire l’évaporation, utiliser des aménagements perméables et autres. Au
niveau industriel, on peut procéder au recyclage des eaux usées pour les
processus industriels, utiliser des boucles fermées pour limiter les
prélèvements, utiliser l’eau non potable quand c’est possible. Une autre
possibilité est le recyclage de l’eau grise qui est une méthode durable consistant
à récupérer et à traiter les eaux usées domestiques légèrement sales, (autres
que les eaux noires provenant des toilettes) : douche, lavabo, lave-linge
et lave-vaisselle. Cette eau peut être utilisée par exemple pour les chasses
d’eau des toilettes, le nettoyage des sols et autres. Un tel système nécessite
évidemment un entretien régulier du système et doit respecter les normes
locales.
Encore faut-il analyser la consommation d’eau en fonction des utilisateurs
(toujours au Luxembourg) pour savoir à quel niveau on doit intervenir
prioritairement:
- Ménages et autres populations (travailleurs, touristes, etc.) : 60%
- Industrie et secteur des services : 23%
- Agriculture : 8%
- Pertes (fuites, etc.) : ?%
- Autres
Il faut savoir que le Luxembourg se situe dans une zone relativement
privilégiée en ce qui concerne les précipitations et les ressources en eau
potable, mais les épisodes de sécheresse et l’augmentation de la demande
constituent des défis majeurs. Le pays reçoit en moyenne 850 à 1 200 mm de
précipitations par an, avec des variations régionales (plus élevées dans le
nord, dans les Ardennes luxembourgeoises, et plus faibles dans le sud). Les
précipitations contribuent à l’alimentation des nappes, mais leur recharge
dépend de la nature des sols et des périodes de sécheresse ou d'excès d’eau. Le
Luxembourg ne souffre pas d'un stress hydrique extrême, mais des
périodes de sécheresse récurrentes ont été observées ces dernières années. Si
l’eau potable luxembourgeoise est de bonne qualité, la pollution des
nappes phréatiques (nitrates, pesticides) nécessite une surveillance accrue. En
cas de sécheresse prolongée, le Luxembourg pourrait faire face à des problèmes
d’approvisionnement, notamment dans le sud du pays, plus densément peuplé.
La saisonnalité des précipitations peut aussi jouer un rôle. Plus de
précipitations hivernales, mais des étés plus secs, compliquent le stockage et
la recharge des nappes. Il s’ensuit une plus grande variabilité des
précipitations et un risque accru d’épisodes extrêmes (sécheresses et
inondations).
Par ailleurs, si des étiages prolongés se produisent avec des périodes de
sécheresse prolongées, l’agriculture luxembourgeoise risque d’en souffrir,
mettant même en péril l’alimentation humaine au Luxembourg qui est de toute
façon largement déficiente en matière d’autoalimentation (voir le chapitre
« alimentation »).
Il y a un autre aspect concernant les habitudes de consommation. Par
exemple, d’après certaines études, un litre d’eau embouteillé revient à
consommer 4 à 8 litres d’eau. Dans ce sens, il est préférable de boire l’eau du
robinet si la qualité est correcte.
La provenance de l’eau potable vendue au Luxembourg (on ne parle pas de
l’eau du robinet) montre bien encore une attitude un peu ambigüe des résidents
car ils ne font pas toujours entièrement confiance à la qualité de l’eau du
robinet. Le Luxembourg ne dispose que de quelques marques d’eau potable
disponibles dans le commerce : sources Rosport, Lodyss, l’eau de
Beckerich, commercialisé aussi sous le nom de Cristaline (et peut-être d’autres
encore). À cela s’opposent les marques étrangères plus nombreuses (citations de
mémoire) vendues au Luxembourg avec des chemins de transport assez longs et un
poids de transport considérable, ne faisant qu’augmenter la production de
CO » des semi-remorques concernées : Vittel, Badoit, Hepar,
Saint-Yorre, Vichy, Spa-Reine, Gerolsteiner, Fachingen, San Pelligrino,
Valvert, Appolinaris et autres. Quel est l’impact écologique si on importe au
Luxembourg de l’eau en bouteilles.
Ainsi une petite parenthèse : Plus un camion est lourd, plus il
consomme de carburant. Une
semi-remorque standard consomme entre 30 et 40 L/100 km à vide et peut
atteindre 40 à 50 L/100 km en charge maximale. 1 litre de diesel brûlé produit
environ 2,64 kg de CO₂. En moyenne, chaque tonne supplémentaire augmente la
consommation de 0,3 à 0,5 L/100 km. Le cas standard d’une semi-remorque
transportant 40 tonnes sur 100 km :
- À vide (16 tonnes poids propre) → Conso ≈ 30 L/100 km → 30 × 2,64 = 79,2 kg de CO₂/100 km
- Charge maximale (40 tonnes charge + 16 tonnes camion = 56 t) → Conso ≈ 40 L/100 km
- → 40 × 2,64 = 105,6 kg de CO₂/100 km
- La production de CO₂ pour un camion chargé augmente donc de 33 %.
La distance entre le Luxembourg et San Pelligrino Termes est environ
700 km. Le transport d’une semi-remorque entièrement chargé d’eau de San
Pelligrino serait donc de 105.6 * 7 centaines de km = 740 kilos de Co2. Et ce
camion va retourner en Italie pour sa prochaine cargaison de San Pelligrino, en
espérant qu’il ne retourne pas à vide. Ce cas illustre bien le problème de
pollution du transport des aliments à travers l’Europe et le monde. Autant
boire nos eaux minérales luxembourgeoises.
Un autre problème dans le contexte de l’eau potable n’est pas anodin non
plus. Sans électricité, les stations de traitement des eaux des sources du
territoire ne pourront pas fonctionner, sans parler du réseau d’eau potable qui
ne peut renoncer à des pompes tels que les réseaux actuels sont conçus. Je me
demande par ailleurs combien de communes au Luxembourg ont prévu un plan de
secours au cas où elles manqueraient d’eau ou que l’eau des réseaux serait
imbuvable ou qu’il y a un blackout de plusieurs jours empêchant une
distribution normale de l’eau.
Concernant le problème de la qualité de l’eau, signalons qu’il
existe une directive cadre eau (DCE)sur le plan européen. Elle établit
des règles pour mettre fin à la détérioration de l’état des masses d’eau de l’Union européenne (UE)
et parvenir au «bon état» des rivières, lacs et eaux souterraines en Europe.
Il s’agit notamment:
- de protéger toutes les formes d’eau (de surface, souterraines, intérieures et de transition);
- de restaurer les écosystèmes à l’intérieur et autour de ces masses d’eau ;
- de réduire la pollution dans les masses d’eau ;
- de garantir une utilisation durable de l’eau par les particuliers et les entreprises.
POINTS CLÉS
Cette législation confère aux autorités nationales des responsabilités
claires. Elle doit:
- recenser les bassins hydrographiques qui se trouvent sur leur territoire national, à savoir les zones environnantes qui drainent certains réseaux hydrographiques;
- désigner les autorités pour gérer ces bassins conformément aux règles de l’UE ;
- analyser les caractéristiques de chaque bassin hydrographique et fixer des conditions de référence pour chaque type de masse d’eau afin de qualifier leur état;
- analyser l’impact de l’activité humaine et une analyse économique de l’utilisation de l’eau et produire une analyse économique de l’utilisation de l’eau;
- surveiller l’état des eaux dans chaque bassin ;,
- établir un registre des zones protégées, comme celles utilisées pour l’eau potable, qui nécessitent une attention particulière ;
- élaborer et mettre en œuvre des «plans de gestion des bassins hydrographiques» afin d’empêcher la détérioration des eaux de surface, de protéger et d’améliorer les eaux souterraines et de préserver les zones protégées ;
- garantir la récupération des coûts des services liés à l’utilisation de l’eau pour une utilisation efficace des ressources et conformément au principe du pollueur-payeur ;
- veiller à l’information et à la consultation du public sur les plans de gestion des bassins hydrographiques.
Les nature d’eau suivantes sont concernées :
- Eaux de surface: toutes les eaux intérieures sauf les eaux souterraines, les eaux de transition ou les eaux côtières.
- Eaux souterraines: toutes les eaux se trouvant sous la surface du sol.
- Eaux intérieures: toutes les eaux stagnantes et les eaux courantes à la surface du sol.
- Eaux de transition: des eaux à proximité des embouchures de rivières, qui sont partiellement salines, mais qui sont fondamentalement influencées par des courants d’eau douce.
La DCE a été transposée en droit luxembourgeois par la loi modifiée du 19
décembre 2008 relative à l’eau. Depuis sa création en 2004, l’Administration de la gestion de l'eau
(AGE), placée sous la tutelle du ministère de l'Environnement, du Climat
et de la Biodiversité , a pour mission d'assurer une gestion durable et intégrée
des ressources en eau au Luxembourg. Le travail de l’AGE, en collaboration
avec un grand nombre de partenaires, comprend notamment la supervision de
l'approvisionnement en eau potable, la surveillance et la protection des eaux
de surface ainsi que des eaux souterraines et la gestion intégrée des risques
d’inondation. L’AGE coordonne également la planification du traitement des eaux
usées, s’occupe du volet des pollutions accidentelles des eaux, de la prévision
des crues ainsi que des autorisations liées à l'eau.
L’état qualitatif des eaux du Luxembourg est une autre préoccupation. Ainsi, l’état qualitatif des masses d’eau souterraine ,
évalué en 2021 à partir du réseau DCE, montre que toutes les masses d’eau
souterraine définies pour le Grand-Duché ont connu des dépassements des normes
de qualité. Ces dépassements sont dus en grande partie à trois produits de
dégradation de produits phytopharmaceutiques (métabolites) ou à la
minéralisation des fertilisants utilisés principalement dans l’agriculture :
- les métazachlore-ESA et OXA, dont la substance mère était utilisée jusqu’en 2015 comme herbicide sur les cultures de colza,
- le métolachlore-ESA, dont la substance mère était utilisée jusqu’en 2015 comme herbicide sur les cultures de maïs,
- le chlorothalonil-M-R471811, dont la substance mère était utilisée jusqu’en 2020 comme fongicide, notamment dans les cultures de céréales,
- et les nitrates.
D’une manière générale, selon un rapport de la commission européenne, 0%
des lacs et des rivières du Luxembourg sont dans un bon état écologique. Ce
constat marque une dégradation par rapport aux années précédentes: lors du
premier rapport, en 2009, 7% des eaux de surface du pays étaient dans un bon
état écologique (qui prend en compte la température, le bilan d’oxygène, la
salinité, les nutriments ou encore la flore aquatique), avant de baisser à 3%
en 2015, puis d’atteindre finalement 0% en 2021. Dans le détail, en 2021, 41%
des eaux de surface sont dans un état écologique modéré, 20% dans un état
écologique médiocre et 39% dans un état écologique mauvais, selon le rapport.
«Au total, cela signifie malheureusement que 100% des masses d’eau sont dans un
état (ou un potentiel) écologique inférieur au bon état», en déduisent les
auteurs du rapport. Quelles sont les causes d’une telle situation? De manière
générale en Europe, la pollution causée par les dépôts atmosphériques est citée
parmi les principales causes, suivie des changements hydromorphologiques
(drainage, irrigation dans l’agriculture, hydroélectricité, protection contre
les inondations, navigation, approvisionnement en eau potable) et de la
pollution provenant de l’agriculture. À cela s’ajoutent les rejets d’eaux
résiduaires urbaines, le captage à des fins multiples, la pollution causée par
le ruissellement urbain, les surcharges dues aux pluies d’orage ou encore les
rejets provenant des installations industrielles. Plus spécifiquement pour le
Luxembourg, «les principales pressions sont les nutriments et les pesticides
d’origine agricole, ainsi que les pressions hydromorphologiques», soit
l’altération du lit de la rivière ou des rives par des canaux ou des barrages.
Le rapport pointe aussi du doigt des sources ponctuelles de pollution, comme
les rejets industriels ou les stations d’épuration urbaines.
Par ailleurs, il faut aussi réfléchir sur la gestion de l’eau dans une
optique d’économie circulaire. En effet, nous ne consommons pas d'eau, nous utilisons et polluons l'eau.
Le vrai problème n'est dès lors pas notre consommation d'eau, mais la charge
polluante que nous laissons derrière nous. La plupart des usages pour
lesquels nous avons besoin d'eau, comme l'hydratation de notre corps, la chasse
d'eau ou le refroidissement des serveurs, utilisent bien plus d'eau qu'ils n'en
consomment. Même lorsque nous buvons de l'eau, la plus grande partie quitte à
nouveau notre corps, mais elle est alors polluée. Actuellement, l’économie
linéaire consiste à mettre à disposition la même qualité d'eau pour tous les
usages. Par exemple, est-il nécessaire de tirer la chasse d'eau avec la même
eau que celle que nous buvons ? La réutilisation de l'eau des douches dans les
toilettes après reconditionnement devrait devenir la nouvelle norme. De manière
générale, des cycles de réutilisation plus intelligents pour optimiser l'utilisation
de l'eau sont nécessaires à l'avenir, même si cela entraînera des coûts plus
élevés au début. On peut s’imaginer un
modèle en « cascade », selon lequel la qualité de l'eau, qui diminue à chaque
utilisation, est adaptée à l'usage qui en est fait. Cela permet de réduire
considérablement la quantité d'eau utilisée.
Cependant, lors de l'utilisation "en cascade", l'eau ne doit pas
être contaminée par des substances dangereuses impossibles à retirer.
Toutes ces considérations montrent les limites de la prise en charge des
eaux-usées liées à la satisfaction d’un besoin physiologique. Mais il faudrait
ajouter le « no go » de la pollution de nos nappes phréatiques et de
nos eaux de surface. Ainsi, les nappes phréatiques peuvent être contaminées par
un accident nucléaire entraînant des retombées radioactives sur le sol. Lors
d'un accident nucléaire, des matières radioactives sont projetées dans
l’atmosphère sous forme de poussières et d’aérosols. Ces particules retombent
ensuite sur le sol sous l’effet de la gravité ou des précipitations. Les pluies
et la neige peuvent alors entraîner les substances radioactives présentes en
surface vers le sol qui vont s’infiltrer progressivement dans le sous-sol et
atteindre les nappes phréatiques. Il peut y avoir aussi des infiltrations de
l’eau contaminée si un accident nucléaire survient dans une centrale proche
d’un cours d’eau ou d’une zone d’alimentation d’une nappe. On peut s’imaginer
encore plein d’autres exemples. Les mêmes scénarios sont valables pour toutes
les industries produisant des toxines lors de leur production.
La situation au Luxembourg est telle que la directive cadre sur l’eau, qui
veut que toutes les masses d’eau de surface soient dans un bon état d’ici à
2027, ne pourra être satisfaite selon l’objectif de la commission européenne.
Revenons à notre plus grande réserve d’eau potable du Luxembourg : le
lac d’Esch-sur-Sûre.
La dernière vidange complète du lac de la Haute-Sûre, situé à
Esch-sur-Sûre, a eu lieu en 1991. Cette opération visait à effectuer
d'importants travaux de réparation sur le barrage, notamment pour résoudre des
problèmes d'étanchéité et installer un bras d'aspiration réglable à 140 mètres
de la digue
Avant cela, le lac avait été vidé une première fois en 1965-1966
pour permettre l'installation d'une conduite fixe d'aspiration d'eau brute
Une nouvelle vidange complète était initialement prévue pour 2023,
dans le cadre de l'inspection décennale obligatoire du barrage . Cependant,
selon les informations disponibles, cette opération n'a pas encore été réalisée
à ce jour
Le Luxembourg dispose de mesures pour assurer l'approvisionnement en eau
potable même en cas de vidange complète du lac de la Haute-Sûre, bien que cela
représente un défi logistique important.
En prévision de situations exceptionnelles comme une vidange, le SEBES
(Syndicat des Eaux du Barrage d’Esch-sur-Sûre) a développé des solutions
alternatives :
- Forages d'eau souterraine : Un réseau de 19 forages répartis sur 4
sites, avec une capacité de production d'environ 40 000 m³ par jour, a été mis
en place pour servir de solution de rechange.
- Nouvelle station de traitement : Inaugurée en juin 2023 à Eschdorf,
cette station moderne dispose d'une capacité de traitement de 110 000 m³ par
jour, répartie en deux filières indépendantes de 55 000 m³ chacune. Elle est
conçue pour fonctionner même en cas de vidange du lac, grâce à une prise d'eau
directement dans la Sûre .
Mais est ce que le lac d’Esch-sur-Sûre pourra fournir la quantité d’eau
nécessaire de 110000 m³ et plus par jour si notre population augmente fortement
et si nos activités économiques nécessitent aussi plus d’eau, surtout en cas
sécheresse de plusieurs années ? Je n’ai trouvé nulle part un calcul de ce
genre.
Il faut aussi considérer l’évolution de la
démographie au Luxembourg en ce qui concerne la problématique de l’eau. À entendre nos politiciens, le Luxembourg
ne peut pas renoncer à la croissance, ne serait-ce qu’à cause de notre système
social. Ceci a, entre autres, un impact sur la population qui ne cesse
d’augmenter au Luxembourg. Où sont les limites de notre population en ce qui
concerne les besoins d’eau. Assez régulièrement, le Luxembourg crée en
moyenne tous les ans 10.000 emplois supplémentaires, occupés par des résidents
étrangers et luxembourgeois (avec des familles plus ou moins grandes) et par
des frontaliers. La population du Luxembourg était de 681.973 unités au 1er
janvier 2025. En Mars 2025, l’emploi interne était de 522.559 unités. Les
emplois constituent 76.6 % de la population résidente où les luxembourgeois
totalisent 361.247 unités, donc 53 %. Il y a 230.962 frontaliers travaillant au
Luxembourg. Les salariés résidents comptabilisent 274.519 unités. Ces
proportions sont anormales. Selon les estimations normalement appliquées, 65 %
d’une population sont en âge de travailler, ce qui ferait environ 442000
personnes pour le Luxembourg. Parmi ces personnes en âge de travailler, environ
70 % sont normalement effectivement en emploi, ce qui correspond à
environ 309 400 personnes. Ceci explique la nécessité de recourir
massivement à des frontaliers. Si on considérait que le Luxembourg ne serait
occupé que par ses 361.000 Luxembourgeois (donc sans ses résidents étrangers)
dont 65 % serait en âge de travailler, on aurait 201.000 salariés potentiels
luxembourgeois. Comme, selon les statistiques internationales, seulement 70 %
de la population en âge de travailler travaillent réellement, seulement 141.000
Luxembourgeois travailleraient alors effectivement au Luxembourg. Donc, ce sont
essentiellement les étrangers qui créent la richesse du Luxembourg. Tous ces
chiffres donnent l’impression que le Luxembourg, avec son territoire exigu, vit
au-dessus de ses moyens à cause de toutes les personnes qui grouillent sur son
terroir. Malgré tous les investissements dans nos infrastructures, le rythme
est insuffisant pour satisfaire les besoins, surtout en heures de pointe, sans
parler de effets écologiques néfastes à court, moyen et long terme. D’un autre
côté, en dehors des heures de travail, on a l’impression que le pays semble
être mort. Les grandes infrastructures ne sont utilisées que pour un tiers.
Le Luxembourg a donc une structure démographique
complétement farfelue. Même si les nouveaux emplois étaient complètement
occupés par des frontaliers (sachant que la Grande Région est vide), on sait
que ceci est impossible. Il ne faut pas oublier qu’il faudrait renforcer tout
le temps nos infrastructures si on continue la logique actuelle. Rappelons que
nos frontaliers consomment aussi de l’eau pendant leur travail, même si c’est
dans une moindre mesure que les résidents. Parler croissance démographique est
tabou dans la politique luxembourgeoise. Tous les partis luxembourgeois, à
l’exception de l’ADR (ce qui ne m’arrange pas), ne s’opposent pas à une
croissance. Les emplois engendrent des promesses de pension à moyen et long
terme. Le Luxembourg est incapable, par son système de pension généreux, de
tenir ses promesses de paiement de pension à long terme. Préserver le
financement du système de santé ou de celui des pensions apparaît déjà
compliqué avec sa dynamique à l’heure actuelle. Il faudrait découpler à moyen
et long terme la sécurité sociale et le système des pensions des croissances
économique et démographique de ce pays. Mais est-ce possible ? Signalons
en passant, en dehors de la problématique de l’eau potable, que la situation de
l’emploi au Luxembourg avec ses conséquences pour les pensions est telle que
sur les 220 137 pensions versées en 2023, 111 960 (donc plus de la moitié) l'ont
été à des personnes vivant hors du Luxembourg. Ces pensions ont été distribuées
dans 116 pays. En 2023, environ 2,02 milliards d’euros de pensions ont été
transférés à l’étranger par le système luxembourgeois, principalement vers les
pays voisins, en raison de la forte proportion de travailleurs frontaliers et
de carrières internationales. Les 108 117 pensions versées à des résidents
luxembourgeois (comprenant les résidents étrangers) ont totalisé 4,37 milliards
d’euros, soit environ 68,3 % des dépenses totales de pension. Cela indique que,
bien que plus de la moitié des bénéficiaires vivent à l’étranger, les montants
versés aux résidents sont en moyenne plus élevés.
Il n’en reste pas moins qu’il faudrait
calculer un plafond de résidents en fonction des disponibilités de l’eau (et de l’autosuffisance alimentaire :
voir précédemment). Et si ce plafond est atteint se pose la
question suivante : comment faire pour maintenir ce plafond en tenant
compte des naissances et décès, des besoins en compétences sur le plan national
(tenant compte de l’évolution des compétences en fonction des changements
économiques) et des profils d’immigrés potentiels nécessaires, des immigrations
nécessaires en fonction du taux de natalité et autres aspects. Rien que la
libre circulation en Europe pourrait constituer un obstacle, sans oublier les
aspects moraux d’une telle politique. Par ailleurs, en supposant qu’on puisse
mettre sur pied une telle politique du maintien d’un plafond de la population
« judicieussement calculé », comment faire pour contrer les effets du
renversement de la pyramide d’âge lorsque les actifs deviennent de moins en
moins nombreux et ne suffisent plus à subvenir aux besoins de toutes sortes,
individuels et collectifs.
On voit donc que beaucoup de
considérations, facteurs et paramètres caractérisent la situation de l’eau
potable au Luxembourg et que sa distribution suivant les modalités actuelles
n’est pas garantie à moyen et long terme. D’ailleurs Robert Goebbels s’est
aussi penché sur la question -> link vers l’article :. https://www.wort.lu/politik/luxemburg-unterschaetzt-das-problem-der-wasserversorgung/36530126.html
Élimination
Si le corps
humain ingurgite de l’eau et des aliments, il doit aussi se débarrasser des
déchets métaboliques (excréments et urine, résidus médicamenteux et autres), qui
en résultent. La culture des toilettes à travers les âges pourrait être très instructive dans ce
sens. On sait que l’hygiène dans les villes d’antan était désastreuse alors
qu’à cette époque l’urbanisation et la population était moins élevée. Donc, on
doit aussi parler de l’élimination des déchets humains dans le cadre de
la gestion des eaux usées.
Le problème se
pose sur deux niveaux. En effet, d’un côté, il peut y avoir pleines de raisons
d’ordre corporel pour lesquelles des personnes peuvent avoir des difficultés
déféquer. Ces raisons vont dans les deux sens. Il peut y avoir des raisons
pathologiques rendant la défécation difficile sinon impossible. D’un autre
côté, il peut y avoir des habitudes et comportements qui peuvent mener à des
problèmes de défécation et par la suite à des maladies. Il n’est pas inutile de
s’attarder sur cet aspect qui peut sembler un peu scabreux, mais des
difficultés à ce niveau peuvent diminuer la qualité de vie et donc aussi
entraver les activités liées à l’art de vivre. À côté de ces problèmes
corporels, il y a évidemment le problème de conditions hygiéniques et sanitaires
désastreuses diminuant aussi la qualité de vie. Ainsi les problèmes
d’élimination des excréments ou au contraire la constipation, peuvent avoir
plusieurs causes physiologiques
Revenons aux
problèmes corporels. La vie trépignante de nos jours peut nous amener à adopter
des comportements qui ne sont pas nécessairement bénéfiques à une bonne santé. .
Ainsi, l’alimentation peut ne pas comprendre assez d fibres alimentaires.
L’hydratation peut être insuffisante. Il y a peut-être un manque d’exercice
physique, ce dernier stimulant le transit intestinal. On peut avoir de
mauvaises habitudes pour aller aux toilettes comme par exemple ignorer l’envie
d’y aller parce que ni l’endroit et/ou le moment ne sont pas propices. Ceci
peut perturber le réflexe de la défécation. On peut aussi adopter de mauvaises
postures qui peuvent engendrer une mauvaise ouverture de l’angle anorectal ou
rendre la pression intra-abdominale inefficace. Le stress et l’anxiété peuvent
perturber le fonctionnement du système digestif comme par exemple ralentir le
transit intestinal. Les changements de routine comme par exemple modifier les
horaires des repas peut perturber le transit intestinal et entraîner une
difficulté passagère à aller à la selle. La consommation trop importante de
certains aliments comme les produits transformés, les produits laitiers,
l’alcool et le café peuvent aussi perturber la défécation. Finalement, il peut
y avoir des effets secondaires de certains médicaments comme les suppléments de
fer ou de calcium, les antihistaminiques, certains antidépresseurs, des
antiacides contenant de l’aluminium ou du calcium (hypercalcémie), des
opioïdes, des antihypertenseurs et autres.
D’un autre côté,
un certain nombre de pathologies peuvent aussi être à l’origine de problèmes
d’élimination des excréments, ne rendant certainement pas la vie plus agréable
sinon handicapante même jusqu’à créer des situations dangereuses. Des
pathologies / gênes entravantes sur le plan intestinal et digestif peuvent même
avoir un impact considérable sur la vie sociale car les personnes
concernées ont peur de sortir ou de rencontrer d’autres personnes. Cela peut se
manifester par la peur de ne pas avoir accès à des toilettes. Certains troubles
digestifs provoquent des ballonnements excessifs, des flatulences
incontrôlables ou des borborygmes (bruits intestinaux), accompagnées par la
peur que ces symptômes ne se manifestent en public pouvant ainsi décourager les
interactions sociales, générer un sentiment de honte et même provoquer de
l’anxiété. Les personnes souffrant de troubles digestifs et devant suivre des
régimes stricts peuvent avoir des difficultés à manger au restaurant. Après
avoir mangé, certains ressentent des crampes, des envies urgentes d’aller aux
toilettes ou des reflux gastriques, ce qui peut rendre un dîner entre amis
stressant au lieu d’être agréable. Les pathologies intestinales chroniques
(comme la maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, SII) peuvent provoquer
une fatigue intense. L’inconfort abdominal permanent peut aussi affecter la
concentration et l’envie de participer à des activités sociales. L’anticipation
négative des symptômes peut déclencher un cercle vicieux entre stress et
troubles digestifs. Beaucoup développent ainsi une phobie sociale, évitant les
lieux publics et limitant leurs interactions avec les autres. Certaines
personnes peuvent même souffrir de dépression à force d’être limitées dans leur
quotidien.
Les pathologies
digestives et intestinales peuvent se manifester de diverses manières. Il y a ci-après
une énumération non exhaustive permettant d’illustrer l’envergure possible du
problèmes.
1. Facteurs
digestifs et intestinaux
- Transit intestinal ralenti : Un ralentissement du péristaltisme
(mouvements de l’intestin) peut entraîner une stagnation des selles.
- Dysfonctionnement du côlon : Un côlon paresseux ou un mégacôlon
peut réduire l’efficacité de l’élimination.
- Syndrome de l’intestin irritable (SII) : Certaines formes du SII provoquent
une constipation chronique.
- Occlusion intestinale partielle : Une obstruction due à une tumeur,
une sténose intestinale ou une adhérence peut ralentir l’élimination.
2. Facteurs neurologiques
- Maladies neurologiques : Parkinson, sclérose en plaques,
AVC ou lésions de la moelle épinière peuvent altérer les signaux nerveux
contrôlant le côlon.
- Neuropathie autonome : Présente chez certains
diabétiques, elle affecte le contrôle nerveux du transit intestinal.
3. Facteurs musculaires et mécaniques
- Dysfonction du plancher pelvien : Une mauvaise coordination des
muscles du rectum et du sphincter anal peuvent empêcher l’évacuation des
selles (dyssynergie anale).
- Hémorroïdes ou fissures anales : La douleur liée à ces pathologies
peut entraîner une rétention volontaire des selles, aggravant la
constipation.
- Rectocèle (hernie du rectum vers le vagin) : Peut
empêcher l’élimination correcte des selles chez certaines femmes.
4. Facteurs hormonaux et métaboliques
- Hypothyroïdie : Un métabolisme ralenti diminue la
motilité intestinale.
- Hypercalcémie : Un excès de calcium dans le sang
peut provoquer une constipation.
- Diabète : Peut affecter le système nerveux autonome
et ralentir le transit.
- Grossesse : Les hormones (progestérone) et la pression
de l’utérus sur l’intestin peuvent ralentir l’élimination.
Selon certaines
statistiques de 2020, les maladies de l'appareil digestif seraient responsables
de 4,9 % de l'ensemble des décès au Luxembourg (Luxembourg Profil de santé par
pays 2023). Par ailleurs, les maladies digestives affectent plus de 300
millions de personnes en Europe, avec une morbidité qui augmente avec le
vieillissement de la population.
En ce qui
concerne l’élimination physique des déchets organiques des habitants, c’est un sujet
nullement anodin et qui qui peut poser un problème dans notre société si
certaines conditions ne sont plus satisfaites. Actuellement on tire au
Luxembourg la chasse d’eau de la toilette et on ne se pose pas de questions sur
ce qui se passe par après. Mais il y a beaucoup d’endroits dans le monde où on ne
peut pas tirer tout simplement la chasse d’eau de la toilette parce qu’il n’y a
pas de toilettes et que l’eau n’est pas disponible pour alimenter les chasses
d’eau.
Le pire des cas pour
le citoyen pourrait consister dans le problème que les toilettes ne
fonctionnent plus pendant plusieurs jours ou mêmes semaines à cause de
problèmes dus à un certain nombre de facteurs : blackout, incidents
techniques, canalisation saturée, station d’épuration non-fonctionnels,
inondations et autres dont les effets durent plusieurs jours sinon semaines. Il
suffit de s’imaginer un blackout d’une semaine avec une coupure de l’eau
courante : On voit le pensionné de 70 ans trimbaler ses seaux d’eau au 10ième
étage pour rincer sa toilette après l’avoir remplie par l’eau fournie par un
camion-citerne.
S’il y a par exemple un blackout sur plusieurs
semaines, les grandes villes risquent de ne plus pouvoir éliminer les eaux
usées qui contiennent aussi les excréments humains, sans parler de la pollution
des eaux et des risques sanitaires.
Des inondations
importantes peuvent aussi rendre les stations d’épuration inopérables.
Pour la petite
anecdote : « 0,9 kilogrammes, c’est le poids moyen des excréments
d’un être humain au quotidien. Et que trouve-t-on à l’intérieur de ces
excréments ? Dans cette masse, on recense normalement 75 % d’eau, 8 % de fibres
indigestes, 8 % de bactéries mortes, 4 % de sel, 4 % de graisses et 1 % de
protéines. » (Internet). Mais les excréments risquent aussi de charrier
des éléments pathogènes, en cas de pandémie par exemple : virus,
bactéries, protozoaires et parasites
Voyons d’abord
l’enjeu quantitatif.
La population
luxembourgeoise compte 660.000 résidents et plus de 210.000 frontaliers, donc
au total : 856.000 personnes vivant en partie journée mais aussi pendant
la nuit au Luxembourg. Calculons la quantité de matières fécales produite par
an (ordre de grandeur) : 0.9 * 856.000 * 365 = 281.196 tonnes de matières
fécales à gérer par an en essayant de limiter au maximum la pollution de nos
eaux de surface puisque les eaux traitées (mais jamais complètement purifiées)
sont versées dans les eaux de surface. À cela s’ajouteront 390.000 m3 d’urine
par an (la quantité considérée comme normale est entre 1 et 1,5 litres par
jour).
D’autres calculs
font état 35.3 millions de mètres cubes d’eaus usée au Luxembourg.
Et ces déchets
humains, malgré les progrès de la médecine, sont chargés de plein d’agents
pathogènes et de médicaments (métabolisés ou non) qui se retrouvent pour
beaucoup dans nos cours d’eau et qui risques de poser des problèmes de santé,
une diminution de la diversité des espèces (indispensable à la survie de
l’homme). Et si on va plus loin, ces polluants vont être charriés à la fin du
compte dans les mers et seront bouffés par les poissons qu’on va retrouver dans
nos assiettes. Des études montrent que la pollution des rivières et fleuves est
considérables car agressant ou tuant la faune aquatique. Or, les stations d'épuration n'éliminent pas complètement les médicaments et les agents pathogènes. Leur efficacité
est variable selon les procédés de traitement mis en œuvre et elle reste assez
faible pour certaines substances. Il y a des études qui ont montré que
l’ozonisation de l’eau peut éliminer beaucoup de médicaments. Mais il faut
alors faire subir à l’eau ce processus pendant 20 minutes. Je vois mal des
installations aussi puissantes pour traiter toutes les eaux des stations
d’épuration, surtout s’il y a un afflux extraordinaire dû à des inondations.
Le livre de Gary
White et Matt Damon (Der Wert des Wassers : Unser gemeinsamer Kampf gegen das drängendste
Entwicklungsproblem der Welt) dit à ce sujet :
Donc, satisfaire
les besoins physiologiques peut causer maints problèmes, aussi pour un petit
pays riche vivant de toute façon au-dessus de ses moyens. Quid si nos nappes
phréatiques sont trop polluées pour fournir l’eau potable nécessaire ou si
elles descendent dangereusement en niveau à cause de plusieurs années de
sécheresse. Et la concentration de la pollution va encore augmenter si on se
retrouve confronté pendant plusieurs années à des sécheresses car les
substances nuisibles sont moins diluées dans des volumes d’eau réduits. Et le
Luxembourg va venir prochainement à ses limites avec les constellations
géopolitiques et les problèmes de climat. Le problème de la pollution de l’eau
est analogue à celui du CO2 : on augmente par exemple sa concentration en
substances nuisibles si on continue à prendre de plus en plus de médicaments et
si la population augmente dans des proportions considérables faisant que la
concentration des substances nuisible va encore augmenter dans les eaux de
surface et les nappes phréatiques. Et les pays sous-développés ou en
développement ou en guerre sur le plan de la santé ou frappés par des
catastrophes naturelles ou déclenchés par les agissements humains auront un
problème de pollution qui va devenir de plus en plus grave. Ces pays ont déjà
et auront toujours plus de problèmes pour satisfaire les besoins physiologues
d’une manière décente.
Suite à ces
réflexions, on voit que les stations d’épuration jouent un rôle crucial dans la
gestion des eaux usées.
Une petite
déviation : Si les
quantités des eaux usées sont importantes, cela veut dire aussi qu’on a enlevé
au moins la même quantité d’eau potable à la nature pour des usages non
naturels. Le prélèvement d'eau potable à partir des circuits naturels (nappes
phréatiques, rivières, lacs) peut modifier l'équilibre hydrologique et, par
conséquent, avoir plusieurs répercussions sur l'environnement. Une extraction
excessive peut :
- Diminuer les débits naturels : en réduisant la quantité d'eau qui
alimente les cours d'eau, cela peut entraîner la raréfaction des habitats
aquatiques essentiels pour de nombreuses espèces.
- Assécher des zones humides : ces écosystèmes, qui dépendent d’un
apport régulier en eau, risquent de disparaître ou de se dégrader, affectant la
biodiversité et les services écosystémiques qu'ils offrent.
- Modifier la qualité de l'eau : la baisse des niveaux d'eau peut
concentrer des polluants et impacter négativement la qualité de l'eau,
affectant aussi bien la faune que la flore.
- Provoquer une intrusions salines : dans les zones côtières, une
surextraction des aquifères peut entraîner une intrusion d'eau salée, altérant
la composition de l'eau et menaçant les écosystèmes d’eau douce.
Parlons aussi du
stress hydrologique : Le stress hydrologique désigne une situation dans
laquelle la demande en eau (pour l'agriculture, l'industrie, la consommation
humaine, etc.) dépasse la quantité d'eau disponible dans une région, ou lorsque
l'approvisionnement en eau est insuffisant pour satisfaire ces besoins sans
compromettre les écosystèmes naturels. Autrement dit, il s'agit d'une pression
exercée sur les ressources hydriques due à une surextraction ou à une faible
disponibilité d'eau, ce qui peut conduire à des impacts négatifs sur
l'environnement, la biodiversité et les activités humaines.
Les pays les plus
exposés au stress hydrologique dans l’Union européenne sont principalement ceux
de la région méditerranéenne. En effet, en raison de leur climat caractérisé
par des étés chauds et secs, une pluviométrie irrégulière ainsi qu’une forte demande
en eau (notamment pour l’agriculture et le tourisme), plusieurs États membres
subissent une pression importante sur leurs ressources hydriques. Parmi
ceux‑ci, on peut citer :
- L’Espagne : qui connaît des épisodes récurrents de
sécheresse et une forte demande en eau.
- L’Italie : en particulier dans le sud et les zones méditerranéennes où les
ressources en eau sont limitées.
- La Grèce : confrontée à des conditions climatiques difficiles et à une gestion
complexe de l’eau.
- Le Portugal : où les périodes de sécheresse accentuent la
pression sur les nappes phréatiques.
- Chypre et Malte : deux petits États insulaires dont les
ressources en eau sont naturellement restreintes.
Il est à noter
que certaines régions d’autres pays européens, comme le sud de la France,
peuvent également présenter un stress hydrologique à l’échelle locale. Il faut
cependant aussi rendre attentif que le changement climatique a provoqué ces
dernières années beaucoup d’inondations importantes causant des dégâts
considérables, dont aussi sur le plan de la pollution.
Revenons aux
stations d’épuration et prenant comme exemple les aspects concernant le
Luxembourg, pays considéré encore comme préservé des sécheresses à cause de sa
situation géographique avec des précipitations raisonnables.
Les études
indiquent que les ressources en eau renouvelable utilisées pour
l’approvisionnement en eau potable au Luxembourg, principalement issues des
nappes phréatiques (dont le Grès de Luxembourg joue un rôle majeur), se
situeraient dans l’ordre de 2 000 à 2 500 millions de m³ par an (soit environ 2
km³). Ces chiffres, qui varient légèrement selon les méthodes de calcul et les
sources, traduisent la richesse relative du pays en eau, tout en soulignant
l’importance d’une gestion durable pour préserver l’équilibre des écosystèmes
aquatiques. A cela s’oppose une consommation annuelle totale d’eau potable de
35 millions de m3 par an. Les réserves seraient donc suffisantes sous la
condition qu’elles ne seraient pas polluées et qu’elles pourraient être
régulièrement renouvelées.
Il se pose une
autre question : A partir de quel volume de prélèvement d'eau potable des
réserves d'eau du Luxembourg les cycles naturels de la nature sont préservés ?
Les experts en gestion durable de l’eau estiment généralement qu’il faut
limiter le prélèvement à une faible proportion de la ressource renouvelable
afin de préserver les débits naturels et les fonctions écosystémiques. Dans de
nombreux contextes, un seuil de l’ordre de 2 % de la ressource annuelle
renouvelable est souvent retenu comme indicateur permettant de maintenir
l’équilibre des cycles hydrologiques. Pour le Luxembourg, où les ressources
renouvelables en eau se situeraient entre 2 000 et 2 500 millions de m³ par an,
ce seuil correspond à environ 40 à 50 millions de m³ annuels. À titre
indicatif, la consommation annuelle d’eau potable au Luxembourg est d’environ
35 millions de m³, ce qui signifie que les prélèvements actuels restent en
dessous de cette limite et contribuent ainsi à préserver les cycles naturels. Il
convient toutefois de noter que ces estimations dépendent de nombreux facteurs
locaux (comme les caractéristiques des aquifères, la variabilité climatique et
les exigences écologiques locales) et qu’une gestion adaptative reste
nécessaire pour garantir la durabilité des ressources en eau.
Concernant le
Luxembourg, 99% de la population du Luxembourg est raccordée à un réseau
d’égouttage. On distingue deux types de réseau d’égouttage, à savoir :
- un réseau de canalisation séparatif
- un réseau de canalisation mixte
La majeure partie
de la population est raccordée à un réseau de canalisation d’eaux mixtes.
En ce qui
concerne le taux de raccordement à une station d’épuration biologique, on
estime qu’au Luxembourg 98% des personnes sont accordées à une station
d’épuration communale. Le Luxembourg comporte stations d’épuration biologiques
avec une capacité total de 1 129 950 équivalents-habitants.
Cela ne semble
pas a priori pas si mal. Cependant, il faudrait encore connaître la qualité
d’épuration des eaux usées. Ces stations d’épuration fonctionnent suivants
différents procédés d’épuration en fonction de leur grandeur et de la charge
polluante raccordée. Les stations d´épuration biologiques utilisent des
micro-organismes naturels, généralement des bactéries ou des plantes, qui
dépolluent les eaux en se nourrissant des déchets y présents. Le rendement de
ces installations dépasse nettement les 90%. Ceci veut cependant dire que 10 %
de saleté échappent à l’épuration.
Néanmoins pas
toutes les stations d’épuration ne sont pas de ce modèle. En 2016, le nombre de
stations d'épuration mécaniques publiques s'élève à 125. La plupart de ces
stations ont une capacité comprise entre 100 et 200 équivalents-habitants et
ont été construites il y a plus de 30 ans. Aujourd’hui elles ne sont plus que
de l’ordre de 40 stations. Malgré le nombre élevé de stations d’épurations
mécaniques, dont le rendement épuratoire ne s’élève qu’à seulement 30% (ou
moins), la charge polluante totale raccordée à ces ne représente que 5 % de la
population. Les stations d'épuration mécaniques sont généralement constituées
de bassins de décantation, où les déchets lourds des eaux usées se déposent
sous forme de boues épuratoires. Elles s'y décomposent biochimiquement
(digestion / minéralisation). Les déchets légers (huiles/graisses) sont captés
en surface par parois plongeantes. Ces ouvrages appartiennent essentiellement
au passé, et ils sont en voie d'être entièrement remplacés par des stations
d'épuration biologiques, tel qu’il est prévu par le programme des mesures du
plan de gestion.
Il faut encore
relever que les eaux usées non décontaminées rejetées dans la mer peuvent, en
partie, retourner sur la terre ferme par le cycle de l’eau. Elles peuvent
contenir des contaminants chimiques (pesticides, métaux lourds, hydrocarbures),
des polluants biologiques (bactéries, virus, parasites) et des microparticules
et plastiques (nanoplastiques, microplastiques. Ces éléments se dispersent dans
l'eau selon plusieurs mécanismes comme la dissolution dans l’eau, la
sédimentation (accumulation au fond de l’océan) et la dispersion par les
courants et les vagues. L’eau de mer s’évapore sous l’effet du soleil, formant
des nuages. Cependant, les sels, les métaux lourds et la majorité des
particules polluantes ne s'évaporent pas directement avec l'eau et restent donc
dans les mers (la faune aquatique les ingurgitant aussi). Les polluants gazeux
(comme certains composés organiques volatils, ou des produits chimiques comme
le mercure sous forme gazeuse) peuvent cependant être entraînés dans
l’atmosphère. Certains polluants
atmosphériques issus de la mer peuvent être captés par l’humidité de l’air et
redescendre sous forme de pluie. Ainsi,
le mercure rejeté dans l’océan peut s’évaporer sous forme de méthylmercure et
être transporté par les nuages avant de retomber sur terre avec les
précipitations. Les embruns marins contenant des particules fines polluées
(microplastiques, substances chimiques) peuvent être transportés par le vent et
retomber sur la terre. Des études ont montré que des agents pathogènes présents
dans les eaux marines peuvent être projetés dans l’air sous forme de
microgouttelettes et se déplacer avec les vents marins. Les conséquences environnementales sont des dépôts
toxiques sur les sols et cultures agricoles (les pluies contaminées peuvent
polluer les sols et les nappes phréatiques).Il peut y avoir ddes effets
sanitaires car certaines particules toxiques présentes dans les précipitations
peuvent provoquer des maladies respiratoires ou cutanées. Un autre effet peut
être l’acidification des pluies : bien que souvent associée aux émissions
industrielles, l’eau de mer polluée peut contenir des gaz qui influencent la
composition des pluies.
Donc, des
épurations des eaux usées, ne décontaminant pas à 100 % (ce qui semble être la
règle puisqu’aucune station d’épuration ne peut sembler atteindre 100 %
d’efficacité), contribuent à un cumul de polluants dans la mer et dans les
pluies.
Les produits
d'hygiène corporelle
(comme les savons, shampoings, dentifrices, déodorants) et les produits de
nettoyage (détergents, désinfectants, nettoyants ménagers) se retrouvent
très couramment dans les eaux usées, principalement via les rinçages et les
usages quotidiens. Certains estiment que ces composants peuvent représenter
entre 10 et 20 % de la charge. Mais il n’existe pas de chiffres précis. Ces
polluants contiennent divers composés chimiques tels que des tensioactifs, des
conservateurs, des antimicrobiens (par exemple le triclosan ou le
triclocarban), des parfums, des colorants, voire des microplastiques issus de
certains exfoliants. Certains de ces composés résistent aux procédés
conventionnels et biologiques d’épuration, ce qui peut les faire apparaître
dans les effluents traités ou s’accumuler dans les boues d’épuration. Mais ils
peuvent avoir des effets sur l’environnement et la santé de plusieurs manières.
Les tensioactifs et autres produits chimiques peuvent altérer la composition et
la fonction des communautés microbiennes dans les milieux aquatiques. À certaines concentrations, ces substances
peuvent être toxiques pour la faune aquatique, affectant la reproduction, le
développement ou la survie de certaines espèces. Des composés œstrogéniques
présents dans certains produits (comme l’éthinylestradiol provenant de
contraceptifs) peuvent perturber les systèmes hormonaux des organismes
aquatiques. La présence d’antimicrobiens, même à faibles doses, favorise la
sélection de bactéries résistantes, ce qui représente un enjeu de santé
publique. En somme, même si la concentration de ces produits dans les eaux
usées peut paraître faible, leur persistance et leurs effets cumulatifs posent
des défis importants en matière de préservation de la qualité de l’eau et de la
biodiversité aquatique.
Un autre problème
concerne les boues restantes des stations d’épuration. Les boues d’épuration
sont les résidus solides issus du traitement des eaux usées dans les stations
d’épuration. Elles contiennent :
- Des matières organiques (éléments fertilisants comme l'azote et le
phosphore).
- Des minéraux bénéfiques pour les sols (potassium, calcium,
magnésium).
- Des contaminants potentiels, tels que des métaux lourds, des résidus
de médicaments et des polluants organiques.
La gestion des
boues d'épuration reste un défi. Actuellement, environ 9 100 tonnes de
boues sont produites annuellement au Luxembourg, avec une projection atteignant
15 000 tonnes d'ici 2040. La majorité de ces boues est exportée vers les
pays voisins pour être incinérée, faute de solutions nationales adéquates. Des
études sont en cours pour développer des installations locales de traitement,
incluant la récupération de phosphore à partir des cendres résultantes.
Il y a 50 ans, on
les répandait sans souci sur les champs et on ne se rendait pas compte qu’elles
polluaient aussi, malgré leur apport en engrais. Actuellement, les choses sont
devenues plus compliquées car les risques environnementaux (micropolluants ,plastiques,
perturbateurs endocriniens, métaux lourds et autres) imposent un contrôle
strict. Dans l’Union européenne, la directive 86/278/CEE encadre l'utilisation
des boues en agriculture pour protéger les sols et la santé humaine.
Au Luxembourg,
l’épandage agricole des boues d’épuration a été progressivement réduit,
notamment en raison de préoccupations liées aux contaminants et à l’impact
environnemental. Aujourd’hui :
- La majorité des boues est envoyée pour incinération à l’étranger, principalement en Allemagne et en Belgique.
- Une partie des boues est transformée en compost ou utilisée en valorisation énergétique (production de biogaz).
- Le gouvernement envisage de nouvelles solutions pour traiter et recycler les boues de manière plus durable, notamment la récupération du phosphore à partir des cendres d’incinération.
Le Luxembourg va donc
plutôt dans la direction d’incinération (avec la récupération de phosphore) et
de valorisation énergétique en envoyant les boues à l’étranger ou de la
méthanisation en biogaz ou encore de la transformation en biochar. Ce
dernier procédé est intéressant car on obtient un charbon par pyrolyse de la
biomasse pouvant servir à l’amendement du sol, la séquestration du carbone (en intégrant
durablement le carbone dans le sol), la restauration de sols dégradés, le
traitement de l’eau et des effluents (grâce à ses propriétés absorbantes, le
biochar est parfois utilisé pour capter certains polluants (métaux lourds,
résidus de pesticides, etc.) dans les eaux usées ou les effluents, contribuant
ainsi à leur dépollution). Le biochar est une piste intéressante et cela vaut
la peine d’approfondir un peut les aspects y relatifs. Le biochar est un
matériau riche en carbone, semblable au charbon, et obtenu par la pyrolyse de
biomasse, c’est-à-dire la chauffe de matières organiques (comme les résidus
agricoles, du bois ou du fumier) à haute température en absence ou
quasi-absence d’oxygène. Le biochar se décompose très lentement, ce qui le rend
utile pour le stockage du carbone. Comme il a une porosité élevée, il retient
l’eau et les nutriments. Comme il présente une grande surface spécifique, il
peut héberger des microorganismes bénéfiques. En agriculture, il peut améliorer
la structure du sol, accroître la rétention d’eau et de nutriments, réduire les
besoins en engrais et favoriser le vie microbienne du sol. Concernant le
climat, il peut servir de puits de carbone car le carbone stocké dans la
biomasse est stocké à long terme dans le sol et contribue ainsi à la lutte
contre le changement climatique. Il peut encore être utilisée comme filtre pour
absorber les polluants (métaux lourds, produits chimiques). Le biochar peut
aussi contribuer à la réduction des volumes des boues et diminuer ainsi les
coûts liés à l’enfouissement ou l’incinération. Mais comme les boues peuvent
contenir des métaux lourds, des composés organiques toxiques et des résidus
pharmaceutiques, le biochar doit donc être soigneusement caractérisé avant
d’être utilisé.
On peut entrevoir
aussi que le dysfonctionnement des stations d’épuration peut causer des
problèmes écologiques substantiels. Les incidents peuvent avoir maintes
raisons .
- Surcharge d’eaux usées : Une inondation ou un déversement
exceptionnel (par exemple, après de fortes pluies ou une crue) peut dépasser la
capacité de traitement, saturant ainsi les bassins et perturbant les processus
biologiques.
- Défaillance technique ou pannes mécaniques : Des problèmes avec les pompes, moteurs,
systèmes de contrôle ou équipements de mélange peuvent interrompre le
fonctionnement de l’installation.
- Incidents chimiques : L’arrivée de substances toxiques ou
d’agents chimiques inhibiteurs (comme certains produits industriels,
pesticides, ou médicaments) peut perturber l’activité microbienne essentielle
au traitement biologique.
- Problèmes d’alimentation en énergie : Des coupures de courant prolongées ou des
dysfonctionnements dans les systèmes électriques peuvent stopper les opérations
de la station.
- Obstructions et accumulation de boues ou de
débris : L’accumulation
excessive de boues ou d’objets dans les canalisations peut entraîner des
blocages, perturbant l’acheminement des eaux usées dans l’installation.
- Erreurs humaines et défaillance de la
maintenance : Une
mauvaise gestion, des erreurs d’exploitation ou un entretien insuffisant
peuvent compromettre le bon déroulement des traitements.
- Catastrophes naturelles : Les tremblements de terre, inondations ou
autres événements extrêmes peuvent endommager les infrastructures et rendre la
station inopérante.
Le cas de
l’inondation semble devenir un aspect assez pertinent parce que la fréquence
des inondations augmente et parce que les inondations deviennent puissantes,
parfois avec du jamais vu dans certaines régions.
Il faut
considérer un autre problème, à savoir
les conséquences de fortes inondations. L'eau qui déborde peut emporter une
grande quantité de polluants. Les crues mobilisent des sédiments et de l'eau
contaminée provenant de zones urbaines, industrielles ou agricoles. Ces eaux
inondées peuvent contenir des hydrocarbures, des métaux lourds, des pesticides,
ainsi que divers produits chimiques domestiques et industriels. Lorsque l'eau
se retire, ces polluants se déposent sur les sols et peuvent entraîner une contamination
qui persiste dans le temps, affectant la qualité du sol et potentiellement les
nappes phréatiques. La gravité de cette contamination dépend de plusieurs
facteurs, notamment la durée de l'inondation, la quantité et le type de
polluants présents, ainsi que les caractéristiques du sol (capacité
d'adsorption, drainage, etc.). Dans certains cas, des mesures de remédiation
peuvent être nécessaires pour restaurer la qualité des sols et prévenir des
impacts sur la santé humaine et l'environnement.
Concernant
directement les stations d’épuration et les réseaux de canalisations, en cas
d’inondation, ces installations peuvent être rendues inopérables pour diverses
raisons. Une station d’épuration submergée peut voir ses équipements
électriques et mécaniques endommagés. Le débit excessif d’eau pluviale peut
diluer les eaux usées, réduisant l’efficacité du traitement. Certaines stations
peuvent être conçues pour déborder en cas de crue, rejetant ainsi des eaux
partiellement traitées. Par ailleurs, en cas de fortes inondations , les égouts
unitaires (qui collectent à la fois eaux usées et eaux pluviales) peuvent être surchargés.
Si le réseau ne peut plus évacuer l’eau vers les stations d’épuration, les
conduites deviennent pleines, empêchant l’évacuation normale des eaux usées.
Selon la nature de l’inondation et si le niveau d’inondation est plus haut que
le réseau d’égouts, l’eau exerce une pression hydrostatique sur les conduites. Cette
pression empêche l’écoulement des eaux usées, qui peuvent alors remonter dans
les habitations par les sanitaires (toilettes, éviers, douches).
On voit donc que
la gestion des eaux usées est d’une importance primordiale, d’autant plus
sollicitée en cas d’inondations et d’autres incidents comme des blackouts par
exemple. Je ne pense pas que la population est réellement consciente de la
gravité de ces problèmes parce que tout fonctionne la plupart de temps
normalement.
Mais il faudrait aussi parler brièvement des problèmes liés à l’urine. La population luxembourgeoise compte 660.000 résidents et plus de 230.000 frontaliers, donc au total : quelques 900 000 personnes vivant en journée au Luxembourg. Ces personnes produisent 500 000 m3 d’urine par an (la quantité considérée comme normale est entre 1 et 1,5 litres par jour). Or l’urine a un impact négatif sur l’environnement, et cela de plusieurs manières. Les stations d’épuration peuvent en éliminer une partie. Mais cette considération ne concerne que les humains. L’urine produite par les animaux de l’agriculture est beaucoup
On voit donc
qu’en gros les animaux de l’agriculture produisent 3 fois plus d’urine que les
hommes, avec la différence que cette urine passe quelque part dans la nature
sous une forme ou une autre.
L'urine est
principalement composée d'eau, d'urée, de sels minéraux (sodium, potassium,
chlorures), et de composés azotés et phosphorés. Une station d’épuration
biologique traite les substances de l’urine de la façon suivante :
L'urée (CH₄N₂O) est rapidement hydrolysée en ammoniac
(NH₃) et ammonium (NH₄⁺). Dans la phase biologique de la station,
les bactéries nitrifiantes transforment l’ammonium en nitrites (NO₂⁻) puis
en nitrates (NO₃⁻) (nitrification). Ensuite, les bactéries dénitrifiantes
convertissent ces nitrates en azote gazeux (N₂), qui est libéré dans
l'atmosphère (dénitrification). Le phosphore contenu dans l’urine est éliminé
par précipitation chimique (avec du fer ou de l'aluminium) ou par
assimilation biologique dans les boues activées. Certaines stations
utilisent des bactéries polyphosphatantes, qui absorbent le phosphore
sous forme de polyphosphates stockés dans leur biomasse. L’urine contient
souvent des résidus médicamenteux (antibiotiques, contraceptifs,
antidépresseurs). Les processus biologiques classiques ne sont pas
toujours efficaces pour éliminer ces micropolluants. Certaines stations
intègrent des traitements avancés comme l’ozonation, les filtres à charbon
actif ou l’oxydation avancée pour améliorer leur élimination.
Les stations ont
cependant des limites pour ces traitements. Les hormones et les résidus
pharmaceutiques ne sont pas totalement dégradés. Si la dénitrification est
incomplète, des nitrates peuvent être rejetés dans les rivières. les bactéries
qui traitent l’urine génèrent des boues qui doivent être traitées séparément.
Ainsi, si les stations
d’épuration biologiques éliminent efficacement l’azote, le phosphore et les
matières organiques contenues dans l’urine, elles sont moins performantes
pour les micropolluants.
Si les urines ne
sont pas traitées efficacement (ce qui semble être probablement la règle à
travers le monde), elles peuvent avoir des impacts négatifs sur
l’environnement.
Les urines peuvent ainsi provoquer une eutrophisation des milieux
aquatiques car ils sont riches riche en azote (urée) et en phosphore, deux
nutriments qui, lorsqu’ils sont rejetés en grande quantité dans les eaux
naturelles (rivières, lacs, océans), peuvent provoquer la prolifération
excessive d’algues (bloom algal). Ce phénomène entraîne un déséquilibre
écologique, réduisant la quantité d’oxygène disponible pour les poissons et
autres organismes aquatiques, causant des zones mortes.
Dans certaines régions où les systèmes d’assainissement sont défectueux,
l’azote de l’urine peut s’infiltrer dans les nappes phréatiques sous forme de nitrates,
contaminant l’eau potable. Une forte concentration de nitrates dans l’eau peut
être toxique pour la santé humaine, notamment pour les nourrissons (syndrome du
bébé bleu).
Environ 30% de l’eau potable consommée dans les foyers est utilisée pour la
chasse d’eau des toilettes. Cela représente un gaspillage considérable d’eau
potable, surtout dans les régions où l’eau est rare.
Le traitement des eaux usées contenant de l’urine dans les stations
d’épuration consomme de l’énergie et peut générer des gaz à effet de serre,
notamment du protoxyde d’azote (N₂O), un gaz 300 fois plus puissant que le CO₂
en termes de réchauffement climatique
Alors, pour la
galerie, mentionnons encore les « uritrottoirs » qu’on pourrait
aussi installer dans les maisons.
Mais ce système peut comprendre un cercle vicieux. En effet, une telle
installation peut poser des problèmes. Il est certain que les substances
nuisibles dans les déchets humains ne rentrent pas directement dans les
rivières, fleuves et autres avec une telle infrastructure. Mais, à la fin du
compostage, sont-ils (entièrement) détruits ? Si tel n’est pas le cas,
peut-on utiliser ce compost comme fertilisant dans le jardin de légumes ?
Ou les substances nuisible contenus dans le composte risquent-t-ils de remonter
dans les légumes qu’on cultive et qu’on bouffe à la fin du compte une partie de
son propre urine ? Si on a des doutes, on peut alors utiliser ce compost
pour tout ce qui est jardin d’agrément dont on ne bouffe pas les
« produits ». Mais si ces plantes arrachées ou coupées aboutissent de
nouveau sur le compost comprenant aussi le compost de l’uritrottoir et si les
déchets résiduels nuisibles subsistent en partie, on ne peut pas, en toute
logique, utiliser ce compost pour le jardin de légumes. Alors on doit disposer
déjà de 2 tas de compost : un pour le jardin de légumes sans le compost du
« uritrottoir » et un autre pour la partie agrément. Et dans le
deuxième tas s’additionnent les substances nuisibles résiduels à chaque cycle. Cela
devient compliqué.
On voit donc que
la satisfaction du besoin physiologique de l’élimination dans des conditions
sanitaires et hygiéniques correctes, tout en semblant évidente et allant de
soi, induit finalement des problèmes de toutes sortes. Les résidents au
Luxembourg entrevoient peut-être le problème s’il y a une coupure d’eau potable
pendant 1 jour pour des raisons techniques. Si la durée de coupure dépasse 1
jour, la commodité habituelle bat de l’ail et les communes sont sollicitées
pour trouver des solutions provisoires. Le confort habituel mis en déroute peut
nous rendre attentif à la réflexion que nos pratiques d’élimination sont un
grand luxe nullement évident dans une très grande partie du monde.
« Selon
les estimations les plus récentes de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS),
en 2022, 57 % de la population mondiale, soit 4,6 milliards de
personnes, avaient accès à des services d’assainissement gérés de manière sûre.
Cela signifie que 43 % de la population mondiale, soit environ
3,5 milliards de personnes, ne disposent pas d'un accès à des
installations sanitaires adéquates.
Parmi ceux qui
n'ont pas accès à des services d'assainissement de base, plus de
1,5 milliard de personnes ne disposent toujours pas de services
d’assainissement de base, tels que des toilettes privées ou des latrines. Parmi
elles, 419 millions de personnes pratiquent encore la défécation à l’air
libre, ce qui pose de graves risques pour la santé publique et la dignité
humaine.
L'absence
d'installations sanitaires adéquates est liée à la transmission de maladies
diarrhéiques telles que le choléra et la dysenterie, ainsi qu'à la typhoïde,
aux infections par les vers intestinaux et à la poliomyélite. Elle exacerbe
également le retard de croissance chez les enfants et contribue à la
propagation de la résistance aux antimicrobiens.
Pour la petite
anecdote : Rappelons le rush sur le papier WC lors de la crise du Covid.
Le papier WC est entièrement importé. Un manque de papier WC changerait
grandement une partie des habitudes hygiéniques.
La qualité de
l’air et la respiration
Quelques mots clés pour mettre de l’ambiance : asthme, Covid,
tuberculose et autres maladies respiratoires, pollution, ozones etc.
Un autre besoin
physiologique fondamental est une respiration correcte, chose qui n’est plus
garantie automatiquement de nos jours, aussi bien pour des raisons
physiologiques personnelles que pour des problèmes de qualité de l’air. On peut
se représenter aisément qu’une personne avec des problèmes respiratoires
luttant contre une suffocation ne va pas se préoccuper d’un art de vivre
élaboré. Si la respiration est un processus normal et automatique, tout change
s’il y a des problèmes à ce niveau. Et les causes d’une respiration défaillante
peuvent être multiples.
D’une certaine
manière, on peut établir une hiérarchie dans le temps des divers besoins
physiologiques considérés à ce stade (air, eau, alimentation, élimination )
pour montrer leur impact de dysfonctionnement dans le temps.
Sans
respiration, la mort suit
dans peu de temps : La perte de
conscience suit environ 30 secondes à 2 minutes après l'arrêt complet de
l'apport en oxygène. Entre 3 et 5 minutes sans oxygène, le cerveau commence à
subir des lésions graves et souvent irréversibles. Généralement entre 5 et 10
minutes suit la mort clinique (réanimation encore possible). Après 10 à 15
minutes, la plupart des fonctions vitales cessent définitivement, et la
réanimation devient pratiquement impossible : mort biologique.
Si on ne peut
plus boire, la mort suit entre 3 et 5 jours. Sans eau, les reins ne
peuvent plus filtrer les toxines, le sang s'épaissit et les organes commencent
à défaillir.
Sans alimentation,
l’homme peut survivre entre 30 et 60 jours s’il est bien hydraté. Lorsqu'une personne
est privée à la fois d'eau et de nourriture, la mort s’en suit après 3 à 5
jours.
Dans les cas
extrêmes d'obstruction intestinale totale, la mort peut survenir en 1 à
2 semaines, voire plus rapidement si des complications graves apparaissent
Revenons à la
respiration. Les problèmes de respiration peuvent avoir leur origine dans des
raisons corporelles / physiologiques, mais aussi trouver leur cause dans des
facteurs environnementaux qui ont un impact sur le système respiratoire.
Les problèmes
respiratoires peuvent se manifester de multiples manières et affecter le
bien-être et les activités courantes : difficultés de respirer, toux
persistante, oppression thoracique, respiration sifflante ou bruyante, fatigue
et manque d’énergie, difficulté de dormir, coloration anormale de la peau ou
des lèvres (cyanose ou pâleur excessive) pouvant déclencher de l’anxiété ou de
la panique. Tous ces symptômes n’invitent pas à une vie paisible et peuvent
grandement diminuer les capacités d’action. Il semble que les personnes
subissant ces malheurs ont certainement des problèmes pour se préoccuper d’un
art de vivre car trop absorbées par les efforts pour mener une vie tant soit
peu normale. Ces efforts risquent de leur pomper beaucoup d’énergie, leur en laissant
très peu pour des projets « transcendants ». Qui ne connaît pas des
personnes luttant contre leur asthme, leur enlevant une partie de leur qualité
de vie. Le covid a aussi son lot de détresse sur le plan respiratoire avec des
symptômes plus ou moins graves, sans parler du long covid avec ses problèmes
respiratoires persistants.
Et il ne faut pas
oublier le tabagisme, fléau avec ses conséquences de toutes les couleurs. Le tabagisme
est l’une des principales causes de problèmes respiratoires, affectant à
la fois les fumeurs actifs et passifs. Il peut entraîner des maladies
pulmonaires chroniques et augmenter la vulnérabilité aux infections
respiratoires.
Le tabac a des effets immédiats sur la respiration par l’irritation des
voies respiratoires, la réduction de la capacité pulmonaire et l’inflammation
et le rétrécissement des bronches.
Le tabac est à l’origine d’un certain nombre de maladies comme la
bronchopneumopathie (irréversible), le cancer, l’asthme aggravé, des infections
respiratoires fréquentes et autres.
Les problèmes de
respiration peuvent avoir pour cause des problèmes physiologiques comme un
certain nombre de maladies pulmonaires, des problèmes cardiaques (le cœur joue
un rôle clé dans l’oxygénation du sang), des causes neurologiques et
musculaires (sclérose latérale amyotrophique ou myasthénie), mais aussi par
exemple un AVC qui peut affecter les centres respiratoires. L’apnée du sommeil
et l’anémie sont d’autres causes possibles. Ceci n’est qu’une énumération
limitative pour illustrer les problèmes.
Mais en dehors du
contexte physiologique, il y a de plus en plus des causes environnementales et
toxiques liées à la constellation de notre économie avec ses industries qui ne
cessent de grandir à travers le globe pour satisfaire toujours à la fin de la
chaîne de production (avec éventuellement beaucoup de produits intermédiaires) un
consommateur pour un produit final donné, souvent superflu car non-nécessaire à
la vie. Il suffit de rappeler tous les gadgets éphémères à la mode, la plupart
du temps peu utilisés.
Illustrons le
problème par un cas concret comme la fabrication d’un vêtement synthétique pour montrer l’impact
environnemental et la logique de production générale actuelle de tous les
produits fabriqués de nos jours. Cet exemple est d’autant plus parlant pour les
pays riches si on considère le caractère éphémère de la mode, l’achat de
vêtements sans nécessité pour être à la mode, le gaspillage des nouveaux
vêtements non vendus, les coûts de recyclage des vêtements non vendus au
meilleur des cas, mais souvent une simple destruction de l’invendu et autres
phénomènes, tous signes d’une hyperconsommation d’une société pourrie jusqu’à
l’os, du moins pour les pays considérés comme riche.
Examinons d’abord
en détail, à titre exemplaire, la chaîne de production de produits
intermédiaires pour réaliser un vêtement synthétique. Ce schéma peut être
transposé sans problèmes à d’autres productions industrielles.
La première opération est l’extraction des matières premières. Les
vêtements synthétiques sont généralement fabriqués à partir de fibres issues de
la pétrochimie. Il y a d’abord l’extraction du pétrole brut ou du gaz naturel
qui est raffiné pour obtenir des monomères chimiques. Un monomère est une
molécule simple qui peut s’assembler avec d’autres molécules identiques ou
compatibles pour former un polymère par un processus appelé polymérisation, qui
est le deuxième processus dans notre exemple. Cette polymérisation produit le
polyester (PET), le nylon, l’acrylique ou l’élasthanne.
La prochaine étape est la production de fibres synthétiques. Le premier
processus est le filage chimique dans lequel les polymères sont fondus ou
dissous pour être extrudés sous forme de fils. Ces fils sont solidifiés par
refroidissement (polyester, nylon) ou évaporation de solvants (acrylique).
Finalement a lieu la texturation qui est une modification des fibres pour
améliorer leur élasticité, douceur ou aspect (torsion, frisage, etc.).
La prochaine étape est la fabrication du tissu. Les fils sont transformés
en textile brute par tissage ou tricotage. Par la suite, les tissus sont
traités, comprenant le blanchiment la teinture, l’impression de motifs et les
apprêts (hydrofuges, anti-rides, ignifuges, etc.).
On procède ensuite à la coupe et l’assemblage du vêtement (couture,
collage, thermocollage) et l’ajout de composants (fermeture éclair, boutons,
étiquettes, etc.)
On procède par après à la finition (repassage, pliage, emballage)et au
contrôle de qualité (vérifications des couleurs, des coutures, des finitions et
de la résistance du tissu).
La dernière étape est la distribution et la commercialisation :
expédition vers des entrepôts, magasins ou plateformes de vente en ligne et
distribution aux consommateurs.
Concernant les
effets nuisibles de ces différentes étapes, il y a d’abord les déchets
chimiques issus de la production des fibres.
Les fibres synthétiques comme le polyester, le nylon et l’acrylique sont
fabriquées à partir de produits pétrochimiques qui produisent des émissions de
gaz toxiques comme le dioxyde de soufre (SO₂), oxydes d’azote (NOₓ), composés
organiques volatils (COV). Leur production a aussi pour cause des rejets de
solvants toxiques comme par exemple le diméthylformamide pour le polyuréthane. Par
ailleurs, les fibres synthétiques libèrent des microplastiques dans
l’environnement, notamment lors du lavage des vêtements.
Les procédés de teinture, d’impression et de finissage utilisent des
substances toxiques. Ainsi certains colorants contiennent des amines
aromatiques cancérigènes. Parfois des métaux lourds comme le chrome, plomb,
cadmium et mercure sont utilisés dans les colorants et finitions.
Le Formaldéhyde est employé pour éviter le froissement des tissus. Il est
irritant et potentiellement cancérigène.
Les PFC (perfluorocarbures) sont Utilisés pour rendre les vêtements
imperméables. Ils sont polluants et persistants dans l’environnement.
Les Phtalates sont Présents dans certains revêtements plastiques et encres
d’impression. Ils sont des perturbateurs endocriniens.
Des produits alcalins et acides sont utilisés dans le blanchiment et le
traitement des tissus et modifient le pH des eaux rejetées.
Les détergents et agents de blanchiment contiennent du chlore ou du
peroxyde d’hydrogène qui peuvent être toxiques pour les écosystèmes aquatiques
Si les eaux usées
de ces usines sont chargées en colorants et produits chimiques et rejetés dans
les fleuves, elles contaminent les des rivières et nappes phréatiques.
La production
textile produit aussi des déchets solides dangereux comme les chutes de tissus
imprégnés de produits chimiques et les emballages plastiques et résidus de
colles.
La production
textile provoque également des émissions atmosphériques polluantes comme
certains gaz à effet de serre (méthane et Co2). Les COV (Composés Organiques
Volatils), Issus des colles et solvants utilisés dans les finitions textiles,
sont aussi souvent rejetés dans l’air. Par ailleurs, dans des usines textiles
mal ventilées et sans filtres, des particules fines et fibres sont en
suspension et sont à un moment donné rejetées dans l’atmosphère.
Cela en fait des
étapes, chacune avec leur lot de matière première, d’énergie et autres
inputs. Et beaucoup de ces étapes ont
donc des impacts environnementaux non-négligeables.
Mais la pollution
ne s’arrêts pas là. Il faut aussi considérer les déchets textiles
post-consommation. Ainsi, beaucoup de vêtements synthétiques ne sont pas
biodégradables. En plus, lors des lavages des microplastiques sont libérés. Les
tissus des vêtements, lorsqu’ils sont incinérés et enfouis, peuvent contaminer
les sols et les eaux par les teintures et les additifs toxiques persistants.
Il n’y a rien à
faire : nos élans pour une mode, trop souvent renouvelée pour des raisons
exhibitionnistes produisent une pollution des eaux, du sol et de l’air. Il y a ainsi un impact désastreux sur la
faune aquatique par une bioaccumulation des toxines et des effets désastreux
sur la santé humaine par les cancers, troubles respiratoires, perturbations
hormonales.
Il y a des
solutions pour y remédier, la propension apparemment incompressible pour
renouveler (trop) souvent sa garde-robe pour être à la mode, exige des prix
modérés pour une vente en masse et donc des processus industriels optimisés à
grand renfort chimique. Aussi longtemps qu’il n’y aura pas un changement
d’attitude dans ce domaine, les problèmes environnementaux de l’industrie
textile vont persister. Il y a cependant des solutions pour réduire ces déchets
toxiques :
- Utilisation de teintures naturelles ou de procédés sans eau.
- Adoption de procédés moins polluants (ex : impression digitale, enzymatique).
- Développement du recyclage textile et des fibres biodégradables.
- Renforcement des réglementations environnementales (ex : normes REACH en Europe).
L’industrie
textile est l’une des plus polluantes au monde, mais des innovations existent cependant
pour limiter ces impacts.
Mais la mauvaise
qualité de l’air ne résulte pas seulement des activités industrielles.
Il y a en premier
lieu le trafic routier qui émettent évidemment aussi du CO2, mais aussi
massivement des particules fines comme les oxydes d'azote et d'autres polluants
issus de la combustion des carburants fossiles. Et il ne faut pas se faire des
illusions sur les voitures électriques. Aussi longtemps qu’il n’y a pas
d’électricité à 100 % verte qui sort de nos prises, les voitures électriques
restent polluantes dans certaines proportions selon le mix de l’électricité. Selon
certaines statistiques, le transport en général émettrait environ 25 % des
émissions mondiales de GES, et le transport routier en est responsable à
hauteur de 75 %. Environ 18 % des émissions mondiales de CO₂ proviennent
uniquement des véhicules routiers (voitures, camions, bus, motos). Au
Luxembourg, Le secteur des transports est le principal contributeur aux
émissions de gaz à effet de serre (GES), représentant plus de 60 % des
émissions totales du pays. Il est important de noter que ces chiffres incluent
les émissions dues au trafic routier national, mais aussi celles résultant du
transit international et des ventes de carburant aux non-résidents. Cette
distinction est cruciale, car une part significative des émissions est
attribuable aux véhicules étrangers profitant des prix avantageux du carburant
au Luxembourg. Mais en dehors des gaz à effet de serre, il faut aussi
considérer l’émission de particules fines.
Les PM10 (diamètre ≤ 10 µm) sont les particules inhalables qui peuvent
pénétrer dans les voies respiratoires supérieures. Elles proviennent principalement
de l’usure des pneus, des freins et de la chaussée, ainsi que des émissions des
moteurs.
Les PM2.5 (diamètre ≤ 2,5 µm) sont des particules plus fines qui peuvent
atteindre les alvéoles pulmonairse et sont issues principalement de la
combustion du carburant (essence et diesel) et du diesel sans filtre à
particules.
Les PM0.1 (particules ultrafines, ≤ 0,1 µm) peuvent passer directement dans
la circulation sanguine via les poumons et sont générées par la combustion
incomplète des carburants et présentes en grande quantité dans les gaz
d’échappement.
Il faut néanmoins
signaler que la circulation des véhicules soulève des particules déjà déposées
sur la chaussée. Dans ce sens, il faut
dire que l’eau de pluie des routes n’est pas directement réutilisable sans
traitement car elle peut se charger de métaux lourds (plomb, zinc, cuivre,
cadmium, nickel issus de l’usure des freins, pneus et de la chaussée),
d’hydrocarbures (huiles, carburants, goudron provenant des fuites de véhicules
et des résidus de combustion), de microplastiques et particules fines libérées
par l’usure des pneus et des revêtements routiers. Il s’en suit logiquement que
l’eau de ruissellement des routes non collectée et traitée, peut provoquer des
dégâts écologiques à plusieurs degrés en raison de la pollution qu’elle imprime
à son environnement. Sans réservoirs ni systèmes de filtration, l’eau de pluie
des routes finit souvent dans les rivières, lacs et nappes phréatiques et
provoque la pollution des milieux aquatiques. Si l’eau de pluie des routes
s’infiltre dans les sols sans traitement, ce qui est normalement le cas en
dehors des agglomérations, elle peut polluer les nappes phréatiques, contaminer
les sols avec des hydrocarbures et des métaux lourds, rendant certaines terres
impropres à l’agriculture et tuer la végétation en modifiant la qualité des
sols et en introduisant des substances nuisibles aux plantes. Pour toutes ces
raisons, l’eau de pluie des routes a aussi des effets néfastes sur la
biodiversité. Les stations d’épuration peuvent neutraliser seulement une partie
des eaux de ruissellement des routes pour autant qu’elles y sont déversées par
le système de canalisation.
Conduire sa
voiture n’est donc pas exempt de risques écologiques de toutes sortes.
Si le trafic
international au Luxembourg remplit bien les caisses de l’état, il contribue
aussi pour beaucoup à la mauvaise qualité de l’air au Luxembourg.
En 2023, le secteur
de l'aviation a émis dans sa totalité près de 950 millions de tonnes de CO₂,
représentant environ 2,5 % des émissions mondiales de CO₂ liées à
l'énergie. Les émissions directes du tourisme s'élevaient à 1,8 Gt d'équivalent
CO₂, dont 52 % provenaient de l'aviation.
Le transport
maritime est responsable d'environ 3 % des émissions mondiales de gaz à
effet de serre (GES). Il semble avéré que le tourisme maritime représente une
fraction des émissions globales de CO2 mais que son impact est disproportionné
par rapport au nombre de passagers transportés.
Si l’homme est
responsable pour beaucoup dans la pollution de l’air, il ne faut pas oublier
les catastrophes naturelles qui peuvent contribuer largement à la
mauvaise qualité de l’air en libérant de grandes quantités de particules et de
gaz nocifs.
Ainsi, les
incendies de forêt libèrent des particules fines (PM2.5, PM10), monoxyde de
carbone (CO), dioxyde de carbone (CO₂), oxydes d’azote (NOₓ), composés
organiques volatils (COV) qui peuvent augmenter les maladies
respiratoires (asthme, bronchites, insuffisance pulmonaire) et créant des
pollutions transfrontalières pouvant voyager sur des milliers de kilomètres. Par
exemple, les incendies de forêt rejettent chaque année environ 2 000
millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO₂), soit 1,45 fois les émissions
annuelles des États-Unis
Les éruptions
volcaniques libèrent du dioxyde de soufre (SO₂), des cendres
volcaniques (silice, oxydes métalliques), du dioxyde de carbone (CO₂) et
des fluorures contribuant à l’acidification de l’air et des pluies (formation
d’acide sulfurique) et qui peuvent avoir des effets à long terme sur le climat
provoquant un refroidissement temporaire dû aux particules bloquant la lumière
solaire. Par exemple, l’éruption du volcan Eyjafjallajökull (Islande,
2010) a perturbé le trafic aérien en Europe et rejeté des millions de tonnes de
cendres dans l’atmosphère.
Les tempêtes
de sable et de poussières libèrent des particules fines (PM10, PM2.5) comme
des minéraux, bactéries et polluants chimiques transportés par le vent et ayant
un impact sur la santé respiratoire (pneumopathies, irritation des yeux et de
la peau). Les dépôts de poussière sur les glaciers et la neige peuvent
accélérer leur fonte. Ainsi les tempêtes de sable du Sahara affectent
régulièrement l’Europe et les Caraïbes, réduisant la qualité de l’air.
Les ouragans et typhons libèrent des polluants comme des substances
toxiques par les industries endommagées (hydrocarbures, solvants et autres ), des
moisissures et des particules fines des débris et provoquent ainsi une
contamination de l’air par les fuites de produits chimiques et d’eaux usées et
créent ainsi une pollution secondaire due aux inondations et aux débris.
Les tremblements
de terre et tsunamis frappant
les infrastructures libèrent de
l’amiante, des poussières de
béton, des fumées toxiques d’incendies industriels, des émissions de gaz
souterrain et le cas échéant des substances radioactives.
La fonte du
permafrost libère du méthane (CH₄, gaz à effet de
serre puissant), du dioxyde de carbone (CO₂) et du mercure accélérant
ainsi le changement climatique et libérant des . polluants biologiques piégés
dans la glace (virus, bactéries anciennes). Ainsi, le permafrost sibérien
libère chaque année des quantités croissantes de méthane, amplifiant l’effet de
serre.
Il faut encore
mentionner l’ozone (O3) qui est un polluant atmosphérique
majeur qui se forme par des réactions chimiques entre des polluants primaires
(oxydes d’azote et composés organiques volatils) sous l’effet du soleil. Il ne
provient donc pas directement d’une source de pollution, mais se forme à partir
de réactions chimiques entre plusieurs polluants sous l’effet du soleil. À des
niveaux élevés, il a des effets néfastes sur la santé et la vie quotidienne. L’ozone
est un irritant puissant qui affecte principalement les voies respiratoires
(mais pas seulement) et peut causer des troubles graves, notamment chez les
populations vulnérables. Les causes principales des pics de pollution à l’ozone
sont un fort ensoleillement et des températures élevées, des émissions de NOₓ
et de COV par l’activité humaine, la stagnation de l’air et l’inversion
thermique, le transport des polluants sur de longues distance et les émissions
naturelles de COV. Les incendies de forêt génèrent de grandes quantités de COV
et de NOₓ.
Il existe un
autre phénomène moins connu, à savoir l’inversion thermique qui un
phénomène météorologique qui inverse le gradient normal de température dans
l’atmosphère. En temps normal, la température diminue avec l’altitude. Lors
d'une inversion thermique, une couche d’air chaud se forme au-dessus d’une
couche d’air froid, emprisonnant ainsi l’air plus frais en dessous. Ce
phénomène empêche la dispersion des polluants et modifie les conditions
climatiques locales. Actuellement, il n'existe pas de données concluantes
indiquant une augmentation de la fréquence des inversions thermiques en lien
avec le changement climatique.
Il est difficile
d’échapper à la pollution atmosphérique mondiale et même dans les régions
éloignées, des polluants comme les particules fines et les gaz à effet de serre
voyagent à travers l’atmosphère. Ainsi, la présence de microplastiques a été
détectée sur les pics de l’Himalaya et dans l’Arctique. La pollution est omniprésente,
même à des concentrations infimes et il n’existe aucun endroit absolument
vierge de toute trace humaine ou industrielle. Les régions les plus touchées
par la pollution atmosphérique se trouvent en Asie du Sud et de l'Est (Inde,
Chine, Pakistan, Bangladesh), au Moyen Orient (Iran, Arabie Saoudite, Irak), en
Afrique du Nord et du sud.
Les régions les
plus touchées par les industries toxiques sont la Chine et l’Inde, la Russie
(Sibérie, Norilsk), Tchernobyl en Ukraine et les États-Unis (Louisiane, Texas,
Californie).
L’Europe, malgré
ses efforts et des réglementations environnementales strictes, n’échappe pas à
la pollution. Certaines régions et pays restent quand même plus touchées par la
pollution.
Le sommeil
Pourquoi mêler le
sommeil à la discussion de l’art de vivre ? Pour moi, après toutes les
recherches sur le sommeil, il semble évident qu’un mauvais sommeil chronique
enlève plein de moyens à la personne pour toutes sortes de ses activités, dont
aussi la réflexion, l’élaboration et la réalisation d’un art de vivre. Il y a
le risque qu’un zombie ne va probablement pas s’évertuer à chercher le bonheur
et se concocter un art de vivre, sinon il ne serait pas un zombie.
Le sommeil est
considéré comme besoin physiologique fondamental, au même titre que la
nourriture et l’eau. Qui ne connaît pas
des personnes se plaignant d’être fatiguées et qu’elles ne se sentent pas en
forme parce qu’elles ont passé une mauvaise nuit. Selon les circonstances, on
invoque parfois le cycle lunaire comme cause d’insomnie alors que le problème
peut être tout à fait ailleurs. Les personnes souffrant d’insomnie chronique peuvent
être aussi examinées à leur demande ou sur le conseil d’un médecin dans des
laboratoires de sommeil, parfois cependant avec des temps d’attente d’un an et
plus. On trouve aussi plein de conseils pour un bon sommeil dans les magazines,
de vulgarisation, mais aussi scientifiques. Cela veut dire qu’il y a une
certaine quantité de gens qui se sentent concernés par ce problème. La
publicité à la TV rend attentif à des produits qui devraient faciliter le
sommeil en prônant par exemple la prise de mélatonine ou d’autres conseils de
grand-mère, dont des tisanes par exemple.
Mais on a aussi
l’impression qu’on accepte de nos jours plus facilementle mauvais sommeil en
pensant qu’il faut y passer parce qu’on est impuissant face à problème :
« On vit avec ». On ne s’interroge pas trop (ou on a arrêté de
s’interroger) sur les causes parce qu’on pense souvent qu’on est impuissant
pour changer les circonstances néfastes à l’origine de la fatigue. Il est vrai
que beaucoup d’horaires dans notre société sont imposés et qu’ils vont aussi
souvent à l’encontre de notre horloge biologique. Mais il faut aussi dire que
l’homme s’impose lui-même aussi de nos jours pleins de contraintes par des
choix personnels. Il suffit de penser aux voyages organisés qui ne sont pas
toujours de tout repos parce qu’on en veut pour son argent. La fatigue
chronique est devenue une marque de notre société contemporaine, où le rythme
effréné, la pression sociale et l’hyperconnexion épuisent nos ressources
physiques et mentales. Loin d’être un simple état passager, la fatigue est
devenue un phénomène de masse, touchant toutes les classes sociales et tranches
d’âge.
Ce qui est encore
plus grave est le fait que les conséquences d’un mauvais sommeil sont largement
sous-estimées. Mais une fois qu’on s’est renseigné sur l’importance du sommeil
avec ses effets non seulement bénéfiques mais aussi indispensables pour la
réparation du corps et de l’esprit, on devrait être normalement motivé pour
entreprendre les changements nécessaires pour se ménager un sommeil réparateur
sous maints points de vue. Mais il est fort possible qu’on risque de se
retrouver devant des contraintes négatives incontournables, mais aussi qu’on
retombe dans les mauvaises habitudes par commodité ou par goût, à cause de
pressions sociales ou simplement en ne voulant pas renoncer à certaines choses auxquelles
on est devenu accro tout en acceptant alors de subir les conséquences négatives
d’un mauvais sommeil.
Il me semble
important, d’apporter un soin particulier à ce chapitre.
Je dois dire que
j’ai moi-même jusqu’à récemment sous-estimé l’importance du sommeil car
connaissant les récits sur les habitudes de sommeil de Leonardo da Vinci, grand
créateur et ayant atteint un âge assez avancé pour son époque (67 ans). Cela a
faussé à une certaine époque mes idées sur le sommeil en pensant gagner du
temps actif en dormant moins.
Leonardo da Vinci aurait suivi un cycle de sommeil polyphasique,
connu sous le nom de sommeil d’Uberman. Ce mode de sommeil consiste à dormir en
plusieurs courtes périodes tout au long de la journée, plutôt qu’un long
sommeil nocturne. Da Vinci aurait ainsi dormi environ 20 minutes toutes les 4
heures, soit environ 2 heures de sommeil par jour. Ce rythme lui permettait apparemment
de rester éveillé 22 heures sur 24, maximisant ainsi son temps de travail et de
créativité. Il aurait adopté cette méthode pour augmenter son productivité et
son état de vigilance. Cette approche est mathématiquement intéressante. Cela
lui ferait gagner 6 heures d’éveil par jour. Sur 50 ans, cela représenterait 6
heures * 365 jours * 50 ans = 109 500 heures. Pour une personne normalement
éveillée pendant 16 heures, ce surplus représenterait 109500/ 16 = 6843 jours
d’éveil en plus, équivalent à 18.75 années, toutes choses égales par ailleurs.
Donc, Da Vinci n’aurait pas seulement travaillé 50 ans Il aurait commencé à
travailler à 17 ans), mais 50 + 18.75 années. C’est comme s’il avait vécu
jusqu’à l’âge de 67 + 18.75 = 85.75 ans. Je dois avouer que l’idée est plutôt
tordue. Encore faudrait-il savoir, avec les connaissances d’aujourd’hui sur le
sommeil, si la qualité de son travail n’aurait pas (un peu ?) souffert à
cause du manque d’un sommeil réparateur. Si tel n’est pas le cas, il a dû avoir
une bonne tête et c’était certainement un sacré personnage.
Mais il y a des bémols à ce narratif. Les récits concernant les habitudes
de dormir de Da Vinci sont basés sur des anecdotes et non sur des documents
historiques fiables. Par ailleurs, nous allons voir par la suite que le sommeil
polyphasique extrême (2 heures par jour) est insoutenable sur le long terme
pour la majorité des humains. Le sommeil est crucial pour la mémoire, la
consolidation des apprentissages et la récupération physique. Les expériences
modernes sur des cycles comme l’Uberman Sleep Schedule montrent que très peu de
personnes peuvent y résister sans conséquences négatives sur la santé et les
performances cognitives. Même en admettant que Da Vinci ait dormi si peu, cela
ne signifie pas que chaque heure éveillée était aussi productive qu’une heure
normale de travail. La fatigue chronique due au manque de sommeil réduit la
concentration, la créativité et les capacités cognitives. L’efficacité d’un
individu ne se mesure pas uniquement au nombre d’heures d’éveil, mais aussi à
la qualité de ces heures.
Signalons une autre curiosité. Léonard de Vinci était connu pour ne pas
terminer bon nombre de ses travaux. Son génie et sa curiosité sans limites
l’amenaient souvent à commencer des projets ambitieux, mais il se lassait
rapidement ou se laissait distraire par de nouvelles idées et expériences. Il
semble qu’il y avait raisons de ne pas terminer. On disait de Léonard qu’il était
un perfectionniste obsessionnel. Il cherchait constamment des moyens
d’améliorer ses œuvres, ce qui retardait leur achèvement. Il pouvait passer des
années sur une peinture ou un projet, insatisfait du moindre détail. Par
ailleurs, il ne se limitait pas à la peinture : il explorait l’anatomie,
l’ingénierie, l’architecture, la musique, l’astronomie et bien d’autres
disciplines. Son esprit hyperactif le poussait à se disperser et à abandonner
certains projets au profit de nouvelles découvertes. Tout ceci pour l’anecdote.
Mais Da Vinci a dû avoir une tête bien remplie pour la massacrer par un manque
de sommeil tout en réalisant des merveilles.
À la fin de sa vie, Léonard de Vinci était moins productif qu'à son apogée,
mais il restait actif intellectuellement et artistiquement. Après avoir quitté
l’Italie pour la France en 1516, il s’installa au château du Clos Lucé sous la
protection de François Ier. À cette époque, il souffrait probablement de
paralysie partielle du bras droit, ce qui limitait sa capacité à peindre, mais
il continuait à travailler sur des projets d’ingénierie, d’anatomie et
d’urbanisme. Certains pensent qu’il aurait eu un AVC. On va voir dans la suite
que le manque de sommeil peut être une cause d’un AVC. Cela corroborerait le
narratif que Da Vinci n’aurait pas dormi tout son soûl, sans peut-être tomber
dans l’excès de veille qu’on lui attribue.
En tout cas, je
suis revenu de ma marotte de gagner du temps en dormant moins, surtout après
avoir lu, entre autres, le livre de Mathew Walker : « Das grosse
Buch vom Schlaf ». Je me suis rendu compte que j’avais peut-être
affligé des dégâts, possiblement irréversibles à long terme, à mon corps par
mes mauvaises habitudes de sommeil.
C’est pour ces raisons que je propose d’examiner les différents aspects
plus en détail.
On peut supposer
que la fatigue chronique est devenue une marque de notre société contemporaine.
Loin d’être un simple état passager, la fatigue est devenue un phénomène de
masse, touchant toutes les classes sociales et tranches d’âge. Mais un sommeil
de mauvaise qualité n’est pas la seule cause de la fatigue chronique. Ainsi, au
Luxembourg, selon un rapport du gouvernement, 20 à 30% de la population
souffrent d’une forme d’insomnie. Et d’après les prescriptions, la quantité des
somnifères consommés augmente avec l’âge : 10.3% des 50/54 ans, 17.5% des
65/69 ans, 26.6% des plus de 85 ans.
Une étude prétend
que la Belgique est le pays où on dort le mieux. Cependant d’autres études
estiment que seulement 10% des Belges (sondés) estiment dormir suffisamment,
trois quarts disent souffrir d’insomnie. Quant au pire pays européen pour
dormir, la palme est décernée au Luxembourg, avec en plus le pire score de
pollution lumineuse. Il est difficile de trouver des statistiques fiables sur
l’insomnie. En France, une enquête de Santé Publique France (2022) révèle que 70
% des adultes déclarent ressentir une fatigue chronique, contre 50 % dans les
années 90. Aux États-Unis, une étude de la National Sleep Foundation montre qu’une
personne sur trois dort moins de 6 heures par nuit, bien en dessous du minimum
recommandé.
Comment le
mode de vie moderne peut-il perturber le sommeil. Une première cause est évidemment l’organisation
des heures de travail :
Travail de nuit et horaires décalés, horaires de bureau rigides, obligation
de travailler tard pour répondre aux exigences professionnelles, travail à
domicile (télétravail) brouillant la frontière entre vie pro et vie privée et
autres formes.
Une charge de travail excessive est un autre facteur possible. Il y a de
nos jours la pression professionnelle entraînant du stress et de
l’anxiété (emails en dehors des heures de travail, attentes de disponibilité
constante, sans parler de la charge mentale et le stress en
résultant -> Notion de "travail 24/7" : mails et
notifications en dehors des horaires de bureau.
Selon la nature du travail il y a le problème de la lumière bleue
liée à l’exposition à des écrans (téléphones, ordinateurs et télévisions) réduisant
la production de mélatonine et retardent l’endormissement. On se trouve aussi
en présence d’une hyperconnexion aux réseaux sociaux et aux actualités
anxiogènes. Les réseaux sociaux continuent de jouer un rôle central dans la vie
quotidienne, avec une utilisation en constante augmentation. La planète compte
8,20 milliards d'habitants, dont 5,78 milliards sont des utilisateurs de
téléphones mobiles (70,5 %) et 5,56 milliards sont des internautes (67,9 %). Parmi
eux, 5,24 milliards sont des utilisateurs actifs des réseaux sociaux,
représentant 63,9 % de la population mondiale. Entre janvier 2024 et janvier
2025, le nombre d'utilisateurs des réseaux sociaux a augmenté de 200 millions,
soit une croissance de 4,1 %. Ainsi, à titre d’exemple, 78,2 % des Français
possèdent un compte sur les réseaux sociaux (50,7 millions de personnes) et le
temps moyen passé sur les réseaux sociaux en France est de 1h48 en un an. Cela
fait pas mal de quantités de lumière bleue frappant les français, sans parler
le temps passé devant la télévision. En 2022, les Français ont consacré en
moyenne 3 heures et 26 minutes par jour à la télévision, en incluant le
visionnage à domicile, hors domicile et en replay, mais hors service du
streaming par abonnement comme Netflix.
D’autres facteurs pouvant contribuer aux insomnies peuvent être la
pollution sonore et la pollution lumineuse, perturbant le cycle circadien
(horloge biologique). Les gens se couchent en général plus tard (les français
en semaine en moyenne à 23 :15) et se lèvent en moyenne à 6 :48 et
ceci en partie à cause de l’omniprésence des écrans et du numérique. D’autre
part, le temps passé en famille ou entre amis en fin de journée a tendance à
s’allonger. En plus, les sorties tardives, les restaurants et les plateformes
de divertissement encouragent les couchers plus tardifs. Il ne faut pas oublier
que les divertissements ont connu une explosion : streaming et vidéos à la
demande, jeux vidéo, réseaux sociaux et contenus courts, podcasts et livres
audio et autres formes. Les smartphones y contribuent car grâce à eux, nous
avons désormais accès en permanence à du contenu divertissant : vidéos,
musique, jeux, actualités, réseaux sociaux. On assiste aussi à une explosion de
la culture et des événements en ligne. Ainsi, beaucoup repoussent l’heure du
coucher pour profiter de loisirs après une journée chargée.
Concernant les jeunes, un autre phénomène est connu depuis longtemps mais
aucun gouvernement s’y attaque. On sait en effet que les horaires scolaires ne
sont pas adaptés à l’horloge biologique des enfants et adolescents à
cause des paramètres de développement du cerveau. On sait que les enfants et
les adolescents ont naturellement une tendance à se réveiller plus tard et à sa
coucher aussi plus tard. Or, les horaires scolaires sont calqués sur
l’organisation du monde adulte et de leur vie active. Ainsi les adolescents
(13-18 ans) ont une tendance naturelle à se coucher plus tard (22h30 – minuit)
et à se réveiller aussi plus tard (7h30 – 9h). Si les adolescents sont obligés
de se réveiller plus tôt, ils risquent d’accumuler une dette de sommeil avec
tout ce que cela implique. En résumé, cela veut dire que le sommeil des enfants
suit un rythme biologique évolutif, avec un besoin de sommeil important en bas
âge et un décalage naturel vers des couchers plus tardifs à l’adolescence.
En dehors des
circonstances liées à la physiologie humaines, il y a évidemment aussi des
facteurs environnements qui influencent le sommeil.
Ainsi, un horaire de coucher irrégulier et des siestes trop longues peuvent
perturber le sommeil.
On a déjà mentionné l’exposition à la lumière bleue qui inhibe la
mélatonine et empêche l’endormissement.
Un endroit trop chaud ou trop froid perturbe aussi le sommeil.
On a déjà mentionné la pollution sonore et lumineuse.
Les matelas et oreiller ainsi le ressort peuvent aussi être inadaptés pour
un bon sommeil.
Une alimentation trop lourde ou trop épicée comme un dîner tardif et
copieux peut être une autre cause d’un mauvais sommeil.
Il est évident que les stimulants comme la caféine/théine et la nicotine
retardent l’endormissement. Si l’alcool favorise l’endormissement, il est connu
qu’il perturbe le sommeil paradoxal, important pour la récupération mentale.
La sédentarité semble provoquer un sommeil léger et fragmenté tandis qu’un
sport intense en soirée excite et exhorte la hausse du cortisol. Une baisse du
cortisol le soir est cruciale pour permettre au corps de se détendre et
d'initier le sommeil réparateur.
Il y a évidemment
aussi des facteurs psychologiques qui troublent le sommeil. Il y a les
troubles courant du sommeil comme l’insomnie chronique, le syndrome des jambes
sans repos et les parasomnies comme les cauchemars, les terreurs nocturnes, le
somnambulisme et les éveils confusionnels. Les parasomnies du Sommeil
Paradoxal (REM, sommeil des rêves) comportent :
Trouble du comportement en sommeil paradoxal où la personne agit
physiquement ses rêves (mouvements brusques, coups de poing, cris). Il est fréquent
chez les personnes âgées et peut être un signe précurseur de maladies
neurologiques comme Parkinson.
Il y a aussi la paralysie du sommeil qui se produit à l'endormissement ou
au réveil. La personne est consciente mais incapable de bouger, souvent
accompagnée d’hallucinations effrayantes. Elle est associée au stress et à la
privation de sommeil.
Il faut aussi mentionner certains médicaments comme les antidépresseurs,
les corticoïdes, les antihypertenseurs, les diurétiques. Les Benzodiazépines et
somnifères aident à s’endormir mais perturbent la structure du sommeil à long
terme.
On a fait le tour
des besoins fondamentaux physiologiques dont la satisfaction décente est
certainement un facteur important pour que l’individu dispose des facultés
nécessaires pour élaborer son art de vivre en étant en possession des moyens
physiques et psychiques nécessaires. Mais la satisfaction des besoins
fondamentaux ne veut pas dire qu’on se trouve en bonne santé. Une personne peut
manger à sa faim, disposer d’une eau potable de qualité, avoir une digestion
normale et pouvant éliminer ses déchets corporels dans des conditions
hygiéniques, respirer un air encore tant soit peu convenable et n’être pourtant
pas en bonne santé. Les hommes peuvent être sujets à des maladies, aussi bien
endogènes qu’exogènes, malgré la satisfaction des besoins physiologiques
fondamentaux. Ainsi, les maladies endogènes ont une origine interne à
l’organisme (facteurs génétiques, métaboliques, dégénératifs, auto-immuns,
etc.) tandis que les maladies exogènes sont dues à des causes extérieures comme
des infections, des traumatismes, des toxines, des causes environnementales et
autres. Il y a cependant de nombreuses maladies qui ont une étiologie
multifactorielle, mêlant facteurs internes et externes. Par exemple, le diabète
de type 2 peut avoir comme cause une interaction entre prédispositions génétiques
(endogène) et mode de vie (exogène). Certains cancers sont dus à mutations
génétiques (endogènes) influencées par l’exposition à des carcinogènes
(exogènes).
Un autre article
sera consacré à l’art de vivre en relation avec la santé.










Commentaires
Enregistrer un commentaire