La personnalité, le tempérament, le caractère et les systèmes de valeurs

On a vu que le système de croyances (lire l’article à ce sujet) a son mot à dire dans l’élaboration d’un art de vivre mais il semble aussi probable que le système de croyances soit en étroite relation avec la personnalité. D’une certaine manière, le système de croyances est un « sous-ensemble de la personnalité qui est le facteur-clé dans l’élaboration d’un art de vivre. La personnalité a été mentionnée à maintes reprises. Il faudra donc s’en occuper plus en profondeur et voir dans quelle mesure elle peut interférer avec l’art de vivre.

Certains définissent la personnalité comme la structure psychique qui constitue la nature profonde d’une personne et qui fonde sa singularité. Si on considère que l’art de vivre est une affaire propre à un individu ,il devrait être cohérent avec la personnalité de la personne élaborant son art de vivre pour une meilleure vie. La personnalité est donc ce qui appartient à une personne et qui lui est propre. Cet ensemble de traits le différencie des autres personnes. Elle constitue l’originalité et la singularité d’une personne. D’autres définissent la personnalité comme une somme de traits provenant d'une part du tempérament (inné) et d'autre part du caractère (acquis). Le tempérament serait ainsi fixé à la naissance (génétique) et le caractère forgé avec le temps par l’environnement de la personne concernée comme l’environnement familiale, l’éducation, les expériences de la vie, la culture, les interactions sociales et des facteurs plutôt biologiques (systèmes neuronal et hormonales et autres).

Mais les nuances entre personnalité, tempérament et caractère ne sont pas vraiment tranchées. Ainsi, certains considèrent que la personnalité est l’ensemble des traits visibles et souvent plus superficielles tandis que le caractère représente les aspects plus profonds et éthiques de l’identité globale d’une personne. L’aspect « visible » de la personnalité concorde bien avec l’étymologie du mot personnalité. La personnalité d’une personne s’exprimerait extérieurement dans les différents rôles qu’une personne joue dans les différentes situations de sa vie, ces rôles dérivant néanmoins des couches plus profondes telles que le tempérament et le caractère. Et ces couches profondes auraient également un soubassement consistant dans les croyances et les valeurs personnelles.

L’étymologie de ce mot est curieuse : Personnalité dérive du nom latin persona qui désignait le masque de l’acteur dans le théâtre antique et qui est l’interface entre l’acteur, son rôle et le public.

D’autres pensent que la personnalité se réfère à des traits psychologiques durables qui influencent la manière dont une personne pense, ressent et se comporte tandis que le caractère se réfère aux qualités morales et éthiques qui déterminent la manière dont une personne interagit avec les autres et prend des décisions. Ainsi, une liste (parmi d’autres) des traits de caractère pourrait être la suivante :

1.    Intégrité : Honnêteté et éthique dans les actions et les décisions.

2.    Honnêteté : Dire la vérité et être digne de confiance.

3.    Compassion : Empathie et préoccupation pour le bien-être des autres.

4.    Responsabilité : Assumer les conséquences de ses actions et de ses décisions.

5.    Courage : Capacité à affronter les défis et à prendre des risques pour ce qui est juste.

6.    Persévérance : Capacité à persister dans une tâche ou un objectif malgré les obstacles ou les difficultés. Une personne persévérante ne se décourage pas facilement et continue d'essayer jusqu'à ce qu'elle atteigne ses objectifs.

7.    Modestie : Humilité et absence d'orgueil excessif. Une personne modeste ne se vante pas de ses réussites et reconnaît les contributions des autres.

8.    Générosité : Désir de partager avec les autres, que ce soit du temps, des ressources ou de l'affection. Une personne généreuse est prête à donner sans attendre de retour.

9.    Tolérance : Ouverture d'esprit et respect des opinions, des croyances et des modes de vie des autres. Une personne tolérante accepte la diversité et évite le jugement hâtif.

10.  Courtoisie : Politesse et respect envers les autres. Une personne courtoise traite les autres avec respect et considération.

11.  Sincérité : Authenticité et transparence dans les interactions avec les autres. Une personne sincère exprime ses sentiments et ses opinions de manière honnête et authentique.

12.  Équité : Traitement juste et égal des autres, sans favoritisme ni partialité. Une personne équitable est impartiale et traite tout le monde avec justice.

13.  Authenticité : rester fidèle à soi-même

14.  Bienveillance : envers soi et les autres

15.  Simplicité :une approche de la vie simple et épurée

16.  Respect : cultiver le respect envers soi-même et les autres

17.  Liberté : valoriser la liberté individuelle dans le respect des droits des autres

18.  Sens du service : reconnaître l’importance de servir les autres

19.  Humilité : cultiver l’humilité en reconnaissant ses propres limites, en apprenant des autres et en restant ouvert aux nouvelles idées et perspectives.

20.  Autres ?

Finalement, en suivant cette logique, on est en plein dans l’exercice des vertus en concordance avec les traits de personnalité. D’une certaine manière, ces valeurs/vertus peuvent aussi être associées à la quête du sens de la vie.

Je pense cependant que les différences entre les notions de personnalité et de caractère sont très étroites et s’entremêlent à certains égards. Peut-être pourrait on associer la notion de caractère plus étroitement à la notion des systèmes de valeurs et de croyances.

Trouver une configuration cohérente entre les notions de personnalité, de caractère, de tempérament, de système de valeurs et systèmes de croyances ne sera pas une chose aisé et il n’est pas certain qu’on y parviendra.

Un système de valeurs est un ensemble organisé de croyances, de principes et de normes qui guident les attitudes, les comportements et les choix d'une personne ou d'un groupe. Ce système influence la manière dont une personne perçoit le monde, prend des décisions et interagit avec les autres. Il est souvent développé et influencé par des facteurs tels que la culture, la religion, l'éducation, l'expérience personnelle,  l'environnement social et autres.

Nathalie Van LaethemJean-Marc Josset : « Le système de valeurs est propre à chaque individu. Il intervient dans chacun de ses choix, est à la source de ses motivations et participe à la définition de ses objectifs personnels. Être en phase avec son système de valeurs apporte de l’énergie et mobilise, alors qu’être en contradiction avec son système de valeurs démotive et génère de l’insatisfaction. Or, le système de valeurs s’adapte et évolue avec le temps et selon l’environnement. Pour ne pas « juger aujourd’hui avec les lunettes d’hier », on a donc tout intérêt à comprendre l’ajustement de son système de valeurs et à aller dans son sens. L’impact des valeurs sur le comportement est rarement conscient. Identifier celui-ci à un instant t permet de mieux connaître ce qui nous motive ou nous freine, et de conduire son évolution personnelle et professionnelle, en congruence avec soi-même. »

Nos systèmes de valeurs engagent notre futur. Ils représentent une sorte de filtre à travers lequel nous percevons ce qui constitue « notre » réalité. Les systèmes de valeurs sont des «structures organisatrices » agissant à l’intérieur d’un système (un individu, une ethnie, une nation…) et provoquent une manière de voir, de concevoir, de penser. Les systèmes de valeurs sont donc un état d’esprit, agissant à l’intérieur d’un système

Wikipédia : « En psychologie, les valeurs (du latin « valor », dérivé de « valere » qui signifie « être fort, puissant ») sont « des motivations trans-situationnelles, organisées hiérarchiquement, qui guident la vie »

Les valeurs sont considérées comme des variables latentes, qui ne sont pas directement observables mais qui se manifestent à partir de nos perceptions, nos attitudes, nos choix, nos comportements, nos jugements et nos actions

Dans ce sens, elles permettent de répondre à la question pourquoi agissons-nous comme nous agissons ? La psychologie des valeurs peut aider à comprendre ce qui est le plus important pour un individu (ou pour un groupe) et ceci à travers différents contextes et situations sociales. …. «

 Les valeurs sont des conceptions centrales du désirable dans chaque individu et dans la société . Elles influencent, en grande partie, les attitudes et les comportements des personnes. Elles ont pour fonctions principales l'orientation de nos choix, la justification de nos comportements et l'adaptation au contexte social. « Les valeurs sont des conceptions centrales du désirable dans chaque individu et dans la société» . Elles influencent, en grande partie, les attitudes et les comportements des personnes5. Elles ont pour fonctions principales l'orientation de nos choix, la justification de nos comportements et l'adaptation au contexte social. Chaque personne porte en elle un certain nombre de valeurs qui peuvent varier par ordre d'importance. Elles se transforment peu pendant l'âge adulte et sont donc des caractéristiques relativement stables. L'internalisation des valeurs se déroule en deux étapes: premièrement, il y a une reconnaissance des règles données par les agents de la socialisation (parents, école, culture, etc.), ensuite, la deuxième étape consiste en l'acceptation par l'enfant des valeurs dans ses attitudes et conduites. Le processus d'internalisation passe donc d'abord par une soumission aux valeurs portées par les normes. Ensuite, par une identification à ces valeurs et enfin par une véritable internalisation de ces dernières.

Certains facteurs sont susceptibles d'influencer les valeurs. L'âge des personnes a une importance sur le poids donné à certaines valeurs. Ainsi, les personnes plus âgées accordent davantage d'importance aux valeurs de conservation (tradition, sécurité, conformité), tandis que les jeunes accordent plus d'importance aux valeurs d'ouverture et au changement (autonomie et stimulation).

Outre l'âge, d'autres facteurs comme la culture et la nationalité, expliquent en grande partie la différence d'importance accordée aux valeurs aussi bien dans le domaine religieux, le genre (même si cette différence est petite), l'orientation professionnelle, le travail, etc.

Un exemple d’un modèle de valeurs.



Maintes théories des systèmes de valeurs se sont établies : Thomas et Znaniecki, Spranger, Vernon et Allport,  Postman, Bruner et McGinnies, Rokeach, Hofstede, Shalom, Schwartz, Maio et Olson et autres. Nous n’allons pas dans le détail. Mais si une introspection de votre système de valeurs vous intéresse, ces modèles pourraient vous aider dans votre introspection.

On peut s’imaginer parfaitement que ces traits/(valeurs ?) peuvent jouer un rôle dans l’élaboration d’un art de vivre.

Revenons au tempérament. Le tempérament fait référence aux traits innés et biologiquement déterminés de la personnalité. Ces traits ont tendance à émerger dès la petite enfance et restent relativement stables tout au long de la vie. Les chercheurs ont identifié plusieurs dimensions du tempérament. Les influences génétiques jouent un rôle important dans le développement du tempérament qui influence la manière dont les traits de personnalité se développent. Le tempérament fournit la base biologique et innée sur laquelle se construit la personnalité. La personnalité en revanche reflète la manière dont une personne perçoit le monde. Elle interagit avec son environnement et réagit aux stimuli internes et externes.

Une carte permet de visualiser les facteurs possibles en jeu


Pour souligner l’intérêt de la génétique du comportement citons Kári Stefánsson, un scientifique islandais:« Si l'on considère notre espèce, nous sommes nés des informations contenues dans notre génome, puis de leur interaction avec l'environnement".

Robert Plomin, chercheur renommé, est généticien comportemental. Robert Plomin dans son livre  – L’ architecture invisible.  Comment l’ADN façonne notre personnalité – met en exergue la primauté de la génétique dans la construction de l’individu, contrairement aux théories habituellement émises. ChatGPT définit sa théorie de la manières suivante :

1. Influence Génétique sur la Personnalité :

  • Plomin affirme que la génétique joue un rôle majeur dans la formation de la personnalité. Selon ses recherches, environ 40 à 50 % des différences individuelles dans la personnalité sont attribuables à des facteurs génétiques. Cela signifie que les traits de personnalité comme l'extraversion, la névrosisme, ou l'ouverture à l'expérience sont en grande partie hérités.

2. Concept de l'Héritabilité :

  • L'héritabilité est un concept central dans les travaux de Plomin. Elle se réfère à la proportion de la variation dans un trait (comme la personnalité) qui peut être attribuée à des différences génétiques entre les individus dans une population donnée. Plomin a montré que même des aspects complexes de la personnalité sont influencés par de multiples gènes, chacun ayant un effet relativement faible mais cumulatif.

3. Environnement Partagé et Non Partagé :

  • Plomin distingue entre l'environnement partagé (comme la famille ou le foyer) et l'environnement non partagé (expériences uniques à chaque individu, comme les relations avec des pairs ou des événements personnels). Il souligne que l'environnement partagé a une influence moins marquée sur la personnalité que l'on ne le pensait autrefois. Au contraire, les expériences uniques (environnement non partagé) et les influences génétiques jouent un rôle plus crucial.

4. Génétique et Environnement :

  • Plomin ne nie pas l'importance de l'environnement, mais il souligne que les gènes influencent également la manière dont les individus interagissent avec leur environnement. Par exemple, une personne avec une prédisposition génétique à l'extraversion pourrait rechercher et créer des environnements sociaux qui renforcent ce trait.

5. "DNA is Not Destiny" (L'ADN n'est pas une fatalité) :

  • Plomin insiste sur le fait que bien que les gènes jouent un rôle crucial dans la détermination de la personnalité, ils ne dictent pas le destin d'une personne. L'ADN fournit une propension, ou une prédisposition, mais l'expression de ces traits peut être modulée par l'environnement, les choix individuels, et d'autres facteurs extérieurs. Par exemple, une personne peut avoir une prédisposition génétique à l'anxiété, mais son environnement et ses expériences peuvent atténuer ou exacerber ce trait.

Affaire à suivre dans un débat qui ne semble pas déterminé.

Jusqu’à présent,  l’acquis – facteurs  environnementaux : famille, pays où nous vivons  –  était considéré comme LE facteur déterminant de notre individualité jusqu’à ce que les chercheurs démontrent l’importance  de la génétique par des études sur les familles de jumeaux (vrais ou faux) et les enfants adoptés.

 D’après les résultats de ces études, l’héritabilité contribue aux spécificités comportementales  variant entre les individus. La génétique constitue l’élément le plus influant dans notre individualité puisque  1% de notre ADN détermine à plus de 50%  ce que nous sommes :  sensibilité aux maladies  mentales, capacités cognitives, traits de personnalités et autres.

Les facteurs environnementaux sont influencés par la génétique.  C’est ce que Robert Plomi  appelle l’inné de l’acquis. Pour le scientifique « les effets environnementaux  ne sont souvent que des ricochets d’effets génétiques. Le poids de la nature est prépondérant sur celui de l’environnement ».

Ces positions ne font pas l’unanimité dans le milieu scientifique mais ne mettent pas en défaut la notion de tempérament. Les travaux récents sur l’épigénétique démontrent une influence non négligeable des facteurs environnementaux dans l’expression des gènes et tempèrent donc le déterminisme génétique et l’influence des facteurs génétiques sur l’environnement 

Voici un exemple marrant (pour la galerie) concernant les possibilités génétiques influençant certains comportements. La génétique pourrait expliquer pourquoi certaines personnes boivent plus de café que d’autres : des chercheurs européens ont identifié un nouveau gène (PDSS2) associé à la consommation de café, et impliqué dans le métabolisme de la caféine. Selon des chercheurs britanniques, la consommation de café est (en partie) génétique. Le gène PDSS2 influerait donc votre envie de consommation de caféine. A un niveau élevé de caféine dans l’organisme, la consommation de caféine est moindre. Par ailleurs, les personnes ressentent les effets plus longtemps et en consomment moins A l’inverse, a un niveau bas de caféinr, la personne à un besoin plus élevé de boire du café. Par conséquent, ce gène affecte la façon dont le corps métabolise la caféine. Mais ce n’est pas le seul gène. De nombreuses études scientifiques ont démontrées l’existence de nombreux gènes à l’origine de notre consommation de café. Certains sont liés au métabolisme de la caféine et d’autres aux effets psychoactifs.

Voici une de ces études (pour montrer le « sérieux » de ces études sans discuter l’utilité d’une telle recherche) : Non-additive genome-wide association scan reveals a new gene associated with habitual coffee consumption (Nicola PirastuMaarten Kooyman, et autres) :

« Abstract

Coffee is one of the most consumed beverages world-wide and one of the primary sources of caffeine intake. Given its important health and economic impact, the underlying genetics of its consumption has been widely studied. Despite these efforts, much has still to be uncovered. In particular, the use of non-additive genetic models may uncover new information about the genetic variants driving coffee consumption. We have conducted a genome-wide association study in two Italian populations using additive, recessive and dominant models for analysis. This has uncovered a significant association in the PDSS2 gene under the recessive model that has been replicated in an independent cohort from the Netherlands (ERF). The identified gene has been shown to negatively regulate the expression of the caffeine metabolism genes and can thus be linked to coffee consumption. Further bioinformatics analysis of eQTL and histone marks from Roadmap data has evidenced a possible role of the identified SNPs in regulating PDSS2 gene expression through enhancers present in its intron. Our results highlight a novel gene which regulates coffee consumption by regulating the expression of the genes linked to caffeine metabolism. Further studies will be needed to clarify the biological mechanism which links PDSS2 and coffee consumption. »

Don’t act.

Que la propension à consommer du café fasse partie des recherches sur le tempérament est une autre histoire. Mais encore faut-il avoir du café à disposition é pour en consommer et avoir eu des « triggers » pour s’adonner au café. Les anglais boivent du thé et les italiens leur café . Le départ de l’histoire pourrait être culturel pour être pris en charge par après par la génétique. J’ai fait une recherche concernant le gène PDSS2 en relation avec la consommation de thé puisque la caféine et la théine ont la même formule chimique. Je n’ai rien trouvé sur le WEB. J’ai posé la question à ChatGPT qui a dit ne pas trouver de réponse. Mais il a donné des précisions sur ce gène : « Le gène PDSS2 (diméthylallyltranstransférasedécylpyrophosphatesynthase2) est impliqué dans la biosynthèse de la coenzyme Q10 (CoQ10), une molécule essentielle dans la production d'énergie cellulaire. » Peut-être que cette molécule explique pourquoi le niveau de cette molécule dans le corps incite à boire plus ou moins de café.Je concède que tout cela est un peu osé.

selon Thomas et Chess se sont penchés sur les caractéristiques et types de tempérament infantile.

L’étude réalisée par Thomas et Chess consistait à observer les caractéristiques de 141 enfants de 85 familles. A partir de leur étude, ils ont identifié neuf traits ou caractéristiques du tempérament chez l’enfant. Déjà présentes à la naissance, ces caractéristiques façonneront les origines de la personnalité. 

·         Niveau d’activité : est liée à l’activité motrice de l’enfant.

·         Rythmicité : indique la régularité des fonctions biologiques. Il s’agit des cycles sommeil-éveil, nutrition-dépositions, etc.

·         Approche/évitement (réaction à la nouveauté) : détermine la disposition du petit face aux situations, lieux, personnes ou choses nouvelles. Autrement dit, cette caractéristique évalue la réaction initiale de l’enfant face à de nouvelles stimulations ou nouveaux individus.

·         Adaptabilité : observe la capacité d’adaptation face aux stimulus évalués dans le point précédent. Ainsi, cela décrit comment l’enfant affronte les changements ou les transitions.

·         Intensité : fait référence à l’expression de l’enfant. On observe l’intensité de la réaction face à des émotions telles que la joie, la tristesse ou la colère. I s’agit du niveau d’énergie manifesté par un enfant lorsqu’il réagit à quelque chose de positif ou de négatif.

·         Seuil sensoriel (sensibilité sensorielle : définit la sensibilité de l’enfant face aux stimulations physiques comme le bruit, la température, la lumière, etc. On peut ainsi observer le niveau de stimulation nécessaire à l’enfant pour répondre à un stimulus.

·         Humeur : détermine la quantité de réactions positives ou négatives chez l’enfant. Une disposition positive reflète des enfants joyeux et expansifs. En revanche, une disposition négative reflète des enfants sérieux et irritables.

·         Distractibilité ou la capacité de concentration : indique le niveau de concentration et de distraction par des stimulus externes lorsque l’enfant réalise une tâche. De même, la distractibilité est liée à la manière dont ces stimuli externes interfèrent avec le comportement de l’enfant.

·         Persistance/attention : détermine la capacité de l’enfant à poursuivre une activité lorsqu’elle est difficile ou qu’il rencontre des obstacles.


Cela a abouti à définir 3 catégories de tempérament chez l’enfant :

·         Les enfants faciles : ils s’adaptent facilement, sont de bonne humeur et ont un rythme biologique régulier;

·         Les enfants difficiles : ils ont des réactions intenses, sont plutôt irritables et réagissent mal à la nouveauté;

·         Les enfants lents à réagir : ils sont peu expressifs et s’adaptent à des situations nouvelles, mais seulement après un certain temps.


Des chercheurs ont observé que le tempérament d’un enfant est relativement stable dans le temps. Toutefois, peu d’enfants considérés comme étant très difficiles conservent ce type de tempérament en grandissant.

Après cette excursion, revenons à la personnalité. La personnalité peut donc être considérée comme l’ensemble des comportements qui constituent l’individualité d’une personne. Elle rend compte de ce qui qualifie l’individu : permanence et continuité des modes d’action et de réaction, originalité et spécificité de sa manière d’être. C’est un noyau relativement stable, une sorte de synthèse complexe et évolutive des données innées et des éléments disponibles dans le milieu social et l’environnement en général. Mais comme on parle de comportements, il faut aussi envisager de décrire ces comportements avant d’essayer dans deuxième phase les causes de ces comportements.

Il y a bien une branche de la psychologie qui œuvre dans cette direction. Il s’agit de la psychologie comportementale ou behaviorisme, cette discipline ayant cependant évolué par rapport à ses théories initiales. Cette approche de la psychologie se concentre principalement sur l'étude des comportements observables plutôt que sur les processus mentaux internes (pensées, émotions, sentiments et autres), qui sont plus difficiles à mesurer de manière objective. Une des principales critiques du béhaviorisme est son approche réductionniste, qui tend à négliger les aspects cognitifs et émotionnels de la psychologie. Les critiques soutiennent que cette approche simplifie trop la complexité de l'esprit humain en se concentrant uniquement sur les comportements observables. En réponse aux critiques, la psychologie comportementale a évolué pour intégrer des aspects cognitifs. Cela a donné naissance à la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), qui combine les principes du béhaviorisme avec une attention portée aux processus mentaux, comme les pensées et les croyances, dans la compréhension et le traitement des comportements.

 

La personnalité d’une personne est dite relativement stable dans le temps (mais pas immuable) et à travers les situations et ses caractéristiques influencent de façon unique les cognitions, les motivations et les comportements d’une personne. Ceci permet de prédire tant soit peu le comportement d’une personne non-étrangère dans une situation donnée.

On peut décrire une personnalité par un ensemble de traits. J’ai mis ci-après une liste à titre d’illustration qui n’est évidemment pas exhaustive et pas nécessairement objective. On peut s’amuser à se décrire soi-même sur base de cette liste comme inspiration et demander aussi à un ami de me décrire sur base de la même liste pour voir les différences, avec une belle perspective de discussions. En effet, cette approche permettrait de s’interroger si une personne vous attribue des traits que vous ne voyez pas. Elle permet aussi de voir dans quelle mesure votre comportement, lié à une intention de votre part, peut être perçu tout à fait différemment par une autre personne. Parfois on n’en revient pas. Il y a lieu alors de s’interroger. Ceci peut être aussi intéressant dans une démarche d’élucidation personnelle selon l’adage « connais-toi toi-même »

On pourrait même en faire un jeu de société lors d’un dîner d’amis en espérant qu’après l’exercice il n’y ait pas de divorces ou d’autres conflits. En tout cas, la discussion sera assez sûrement préprogrammée. Mais dans la description d’une personnalité peuvent rentrer en plus des aptitudes, des intérêts, des valeurs, des besoins et autres éléments descriptifs.

Voici une des « check-lists » possibles, parmi beaucoup d’autres pour cet exercice. C’est plutôt une technique heuristique descriptive informelle qu’un système.

Une méthode courante travaille avec 5 grands traits caractéristiques. C’est une méthode combinatoire, en quelque sorte matricielle. Ce sont des paires d’opposés qui peuvent se combiner.

·         Ouverture contre fermeture,

·         Conscience contre spontanéité,

·         Extraversion contre Introversion,

·         Agréabilité contre hostilité,

·         Névrosisme v. Stabilité émotionnelle.

La théorie de Myers Briggs utilise les 4 pairs d’opposés suivantes et leur combinaison donne 16 types de personnalité.

·         Extraversion vs Introversion ;

·         Intuition vs Sensation ;

·         Pensée vs Sentiment,

·         Jugement vs Perception.

Version anglaise :


Chaque combinaison de 4 facteurs est affublée d’une dénomination « parlante ». Il faut utilisation les lettres des noms anglais.

Par exemple, la combinaison ISTJ est dénommée « inspecteur » et comprend les traits suivants : Introversion-sensing-thinking-judging.

Autre exemple : la combinaison de la dénomination artiste est ISFP : Introversion-sensing-feeling-judging

C’est une méthode plutôt réductionniste par apport à une description d’éléments par des listes d’items plus exhaustives. On s’en sert souvent lors des recrutements et elle est toujours mis sur le tapis pendant des séminaires. La conception originale de cette approche est déjà vieille car elle date de C.G.Jung pour qui il existe quatre fonctions psychologiques de base : penser, ressentir, avoir l’intuition et percevoir.

En dehors de la théorie de Myers Briggs, il y en bien d’autres :ennéagramme, Hexaco, théories selon R. B. Cattel ou H.-J. Eysenck ou J. P. Guilford et bien d’autres.

Ainsi, à titre d’exemple, l’ennéagramme travaille avec 9 types de personnalité : le perfectionniste, l’aidant, le performant, l’artiste, l’observateur, le loyaliste, l’épicurien, le leader et le médiateur.

Toute cette panoplie de traits, systèmes, définitions montrent que l’étude de la personnalité n’a pas abouti à une théorie scientifique se concluant  dans un modèle un tantinet homogène, mais plutôt à des techniques de travail utilisées dans la thérapie, le recrutement et autres procédures. La présente démarche est donc plutôt une approche heuristique pour se faire une idée sur une personne et pour calculer sa prévisibilité d’action. On pourrait aussi utiliser cette heuristique pour faire sa propre introspection (Connais-toi toi-même) pour autant que les mécanismes de défense n’obnubilent pas une approche objective. Il s’agirait donc d’appréhender la personnalité à travers la description et l’analyse du vécu de la personne dans une approche phénoménologique.

Wikipédia : La phénoménologie (du grec φαινόμενον / phainómenon, « ce qui apparaît », et λόγος / lógos, « étude ») est un courant de pensée du XXe siècle fondé par Edmund Husserl dans l'optique de faire de la philosophie une discipline empirique. Elle tire son nom de sa démarche, qui est d'appréhender la réalité telle qu'elle se donne, à travers les phénomènes.

En faisant des recherches sur cette approche, je suis tombé sur la théorie de la personnalité de Carl Rogers considérée comme une approche phénoménologique. Son approche est structurée et basée sur un certain nombre de propositions qu’il est intéressant de citer pour en montrer aussi le caractère holistique de la personnalité. Par ailleurs, sa théorie comporte pas mal de notions qu’on a abordées déjà antérieurement dans notre approche pêle-mêle. Ses propositions sont une description du cheminement de la personne lors de son évolution pour devenir la personne telle qu’elle va apparaître à soi-même et aux autres et qu’on peut observer et aussi décrire par conséquent.

Les propositions :

I- Chaque individu existe dans un monde, celui de son expérience, qui est en perpétuel

mouvement et dont il est lui-même le centre.

II- L'organisme réagit à l'égard du champ phénomènal en fonction de la perception et de

l'expérience qu'il en a. C'est cela la réalité pour l'individu.

III- L'organisme réagit comme une totalité organisée à l'égard de ce champ phénoménal.

IV- L'organisme a une tendance fondamentale visant - à actualiser, à maintenir et à

rehausser l'organisme engagé dans l'expérience.

V- Le comportement est fondamentalement une tentative téléologique de l'organisme de

satisfaire ses besoins, tels qu'il les ressent à l'intérieur de son champ perceptif.

VI- L'émotion accompagne et facilite en général un tel comportement dirigé vers un but, le

type d'émotion étant en rapport avec la recherche à l'encontre des aspects de

consommation du comportement, et l'intensité de l'émotion étant en rapport avec la

signification perçue du comportement à l'égard du maintien et du rehaussement de

l'organisme.

VII- Le meilleur angle de vue pour comprendre le comportement est celui qui se situe au

niveau du cadre de référence interne de l'individu lui-même.

VIII- Une partie du champ perceptif total sera progressivement différenciée pour

constituer le Moi.

IX- C'est en tant que résultat d'interactions avec l'environnement, et plus particulièrement

en tant que résultat d'interactions évaluatives avec d'autres, que la structure du Moi se

forme comme un schéma conceptuel organisé, fluide mais consistant des perceptions, des

caractéristiques et des relations du "Je" ou du "Moi", ensemble avec des valeurs attachées

à ces concepts.

X- Les valeurs attachées aux expériences et les valeurs qui font partie de la structure du

Moi sont pour certaines des valeurs directement expérimentées par l'organisme, et pour

d'autres des valeurs introjectées ou empruntées aux autres mais perçues d'une manière

déformée, comme si elles avaient été expérimentées directement.

XI- Au fur et à mesure que les expériences se présentent dans la vie de l'individu, elles sont

o   soit symbolisées, perçues et organisées en relation avec le Moi,

o   soit ignorées parce qu'aucune relation au Moi n'est perçue,

o   soit refusées à la symbolisation

ou pourvues d'une symbolisation déformée parce que l'expérience n'est pas compatible avec la structure du Moi.

XII- La plupart des modes de comportement adoptés par l'organisme sont ceux qui sont

compatibles avec le concept du Moi.

XIII- Le comportement peut, en certaines circonstances, provenir d'expériences organiques

et de besoins qui n'ont pas été symbolisés. Un tel comportement peut être incompatible avec

la structure du Moi, mais dans ce cas ce comportement "n'appartient" pas à l'individu.

XIV- L'inadaptation psychologique existe quand l'organisme refuse à des expériences

sensorielles et viscérales significatives l'accès à la conscience, et par conséquent celles-ci ne

sont ni symbolisées ni organisées en une Gestalt au niveau de la structure du Moi. Lorsque

cette situation existe, il se produit une tension physiologique fondamentale ou potentielle.

XV- L'adaptation psychologique existe lorsque le concept du Moi est tel, que toutes les

expériences sensorielles et viscérales de l'organisme sont, ou pourraient être assimilées sous

une forme symbolique à une relation avec le concept du Moi.

XVI- Toute expérience qui est incompatible avec l'organisation ou la structure du Moi, peut

être perçue comme une menace, et plus il y a de telles perceptions, plus la structure du Moi

s'organise de manière rigide pour se maintenir elle-même.

XVII- Dans certaines conditions, notamment lorsqu'il n'y a aucune menace pour la

structure du Moi au départ, des expériences en dépit de leur incompatibilité avec celle-ci,

seront perçues et examinées, et la structure du Moi sera révisée pour assimiler et incorporer

de telles expériences.7

XVIII- Lorsque l'individu perçoit et accepte toutes ses expériences sensorielles et viscérales

à l'intérieur d'un système intégré, il devient nécessairement plus compréhensif à l'égard des

autres et il lui est plus facile d'accepter les autres comme des individus séparés.9

XIX- Dans la mesure où l'individu perçoit et accepte au niveau de la structure du Moi

davantage d'expériences organiques, il découvre qu'il est en train de remplacer son système

de valeurs actuel - fondé si largement sur des introjections qui ont été symbolisées de

manière déformée - par un processus organique de validation continu.

  

Si on considère le riche potentiel de la description d’une personnalité, il devient évident que l’élaboration d’un art de vivre (non-copié quelque part) de chaque personne ne peut être qu’unique. On peut se demander si on ne pourrait pas déduire de la connaissance/description d’un art de vivre d’une personne ses traits de personnalité avec évidemment un certain risque de se tromper. Ainsi un fêtard semble avoir peu de chances de verser dans l’introversion. En effet, l’art de vivre peut être considéré d’une certaine manière comment une personne avec sa personnalité aborde la vie, fait face aux défis, et trouve son bonheur dans son quotidien. Cela se reflète dans l’attitude envers la vie. Une personne optimiste, résiliente et ouverte d’esprit cherchera à tirer le meilleur parti de chaque expérience. La personnalité peut être aussi liée à des valeurs et la personne est incitée à vivre d’une manière intègre, responsable et morale. La gestion du stress peut être un autre élément de la personnalité, permettant de vivre d’une manière plus équilibrée. Une personne résiliente peut inciter à voir les défis comme des opportunités de croissance au lieu de tomber dans le défaitisme. L’ouverture à l’expérience et la curiosité intellectuelle peuvent promouvoir une quête du sens de et dans la vie. L’adaptabilité permettra à une personne d’aborder les changements et les nouvelles situations, à embrasser la variété et à aborder l’imprévu. Donc, la personnalité, si elle est orientée positivement peut bien permettre à créer un art de vivre plus enrichissant. L’absence de ce genre de « qualités » positives peut au contraire confiner une personne dans un mode de vie pauvre et ne va certainement pas inciter une telle personne à aborder la vie avec un questionnement sur l’art de vivre. L’art de vivre va donc émerger, entre autres, aussi des caractéristiques de la personnalité d’une personne et évidemment aussi de facteurs situationnels et contextuels.

Je pense que la quête d’un sens de la vie rentre dans l’élaboration d’un art de vivre, sachant que beaucoup ne s’interrogent pas sur le sens de la vie, se contentant de vivre sur ses rails, choisis ou imposés. Mais si une personne s’est donné un ensemble de valeurs comme trame de décisions pour ses activités, le sens de sa vie est fonction de ces valeurs qui déterminent en quelque sorte les buts existentiels qui le guident dans le choix des objectifs à court et long terme. Ainsi le sens de la vie peut émerger de la recherche d’un alignement entre ces valeurs et les actions quotidiennes qui sont un enchaînement d’actions momentanées, un peu comme la mélodie qui émerge de la suite des sons. Cette adéquation peut contribuer à un bien-être émotionnel, mental et physique d’une personne. Ainsi, l’art de vivre peut être considéré comme une manière de donner du sens à chaque expérience quotidienne.

On peut se demander s’il existe un sens all-round de la vie ou si le sens de la vie est composé de « sous-sens » qui sont vécus ensembles en interagissant ou encore si le sens de la vie est tourné vers des orientations plus spécifiques de la vie.

Ainsi, maintes personnes trouvent le sens de leur vie dans des croyances religieuses ou spirituelles. Ces personnes optent pour un sens de la vie préfabriqué en quelque sorte. Leur seule liberté était de choisir cette orientation encore qu’on puisse soupçonner que maints conditionnements sinon psychopathologies étaient à l’origine de ce choix.

D’autres, comme les existentialistes, affirment que le monde est dépourvu d’une signification intrinsèque et que chaque individu doit créer son propre sens de la vie par ses choix et ses actions.

Tournons-nous vers Sartre (L’existentialisme est un humanisme). Wikipédia présente la thèse existentialiste comme suit :

« L’axiome de cette conférence, « l’existence précède l’essence », est expliqué par l’idée que si Dieu n’existe pas, « il n’y a pas de nature humaine ». Le point de vue essentialiste oublie de tenir compte de l’historicité de l’homme. Selon Sartre, celui-ci est libre de devenir ce qu’il veut. L’homme n’est en fait rien d’autre que ce qu’il se fait, se définissant à travers ses engagements et ses actes.

C’est parce que l’homme n’est rien au départ que le choix est possible, dans la mesure où c’est à travers celui-ci qu’il devient ce qu’il veut être, ainsi « l’homme est condamné à être libre ». Cette liberté n’est pas sans provoquer un certain sentiment d’angoisse puisque l’homme n’a pas d’excuse, qu’il est responsable de ce qu’il est et qu’en choisissant ce qu’il veut être il choisit également une certaine image de ce que devrait être l’humanité.

Non seulement l’homme est libre et de ce fait angoissé, mais dans la construction de son identité, il se trouve laissé à lui-même, ne trouvant nulle part à l’extérieur de lui des valeurs éternelles sur lesquelles il pourrait s’appuyer pour guider son action dans la mesure précisément où il n’y a pas de Dieu pour les concevoir. Aussi, les morales, qu’elles soient religieuses ou rationnelles, sont trop générales pour nous indiquer quoi faire dans des situations données. On est condamné à choisir et rien ne peut garantir que ce choix est le bon, ni ses passions, ni ses sentiments, ni quelconque signe dont l’hommel serait le seul interprète

Ce qui précède implique qu’on ne peut se déresponsabiliser en évoquant le destin ou les circonstances, qu’on ne vaut pas mieux que ce qu’on est et que les déterminismes biologique, psychologique ou sociologique ne peuvent servir de refuge. C’est ce que Sartre nomme la dureté optimiste soit l’idée que le choix est toujours possible et que seuls l’action et l’engagement comptent »

 

Dans notre contexte, la thèse de Sartre ne fonctionne pas vraiment car nous avons préconisé que l’homme est soumis à plein d’influences dans ses choix. Mais ce qu’on peut retenir est le fait que l’homme ne devient ce qu’il est que par ce qu’il fait, encore que le choix de ses actions ne soit certainement pas entièrement libre. Rappelons notre excursion sur une personnalité évolutive tout au long du cycle de vie.

Concernant Camus, un article de « Tomorrow Bio » présente la philosophie de Camus comme suit  (une présentation parmi beaucoup d’autres possibles):

« Camus pensait que la condition humaine était caractérisée par une tension fondamentale entre notre désir de sens et l'absence de sens inhérente au monde. Il soutenait que cette tension ne pouvait jamais être totalement résolue et que la seule façon de vivre une vie pleine de sens était d'accepter l'absurdité de l'existence et de créer notre propre sens. Dans la philosophie de Camus, l'absurdité fait référence au conflit entre notre désir de sens et l'absence de sens inhérente à notre existence. Nous sommes constamment à la recherche d'un but et d'une signification, mais le monde ne nous offre rien en retour. Cela crée un sentiment de désorientation et de confusion que Camus appelle l'absurde.

La philosophie de Camus est ancrée dans l'idée que nous devons faire face à l'absurdité de notre existence. Il pensait que la seule façon de trouver un sens à la vie était d'accepter le fait que la vie est intrinsèquement dépourvue de sens. Cette acceptation ne signifie toutefois pas que nous devions renoncer à la recherche d'un sens. Au contraire, cela signifie que nous devons accepter cette recherche et créer notre propre sens face à l'absurde.

Selon Camus, la condition humaine se définit par notre lutte contre l'absurde. Nous sommes constamment aux prises avec l'absence de sens de notre existence, à la recherche d'un but et d'une signification. Cela crée un sentiment d'anxiété et de désespoir inhérent à l'expérience humaine.

La philosophie de Camus est souvent considérée comme une réponse au nihilisme du XXe siècle. Le nihilisme est la croyance que la vie n'a pas de sens et que l'existence n'a pas de raison d'être. Camus rejette le nihilisme, arguant que si la vie est intrinsèquement dénuée de sens, il est toujours possible de lui trouver un sens et un but. »

Donc l’existentialisme soutien que la vie n’a pas de sens intrinsèque en soi et que l’individu doit créer son propre sens de la vie à travers ses choix et actions. L’individu est libre, mais aussi responsable pour donner un sens à la vie. Dans quelle mesure l’homme est vraiment libre est une autre question et nos déconstructions de l’art de vivre ont montré que souvent une liberté apparente n’est que factice. Il est vrai que l’existence précède la production de l’essence. L’essence du bébé est une autre que l’essence de l’adulte ou du senior à cause de l’accumulation du vécu et de l’adaptation de l’individu à son environnement. En général, l'essence se réfère à la nature fondamentale, aux caractéristiques intrinsèques ou aux propriétés essentielles d'une chose qui la définissent en tant qu'entité distincte et la distinguent des autres.

Les existentialistes préconisent aussi l’engagement authentique de la prise de décisions en accord avec les propres valeurs au lieu de suivre des normes établies. Cela implique de réfléchir sur sa propre existence, ses choix et la nature de sa liberté (voir l’article sur l’autodétermination). L’existentialisme implique un engagement envers la vie malgré l’absence de sens établi et l’affrontement de l’angoisse existentielle. L’existentialisme ne nie pas l’incertitude et l’absurdité inhérente à la vie (voir Camus). Ne pas avoir des réponses à des questions essentielles peut évidemment générer de l’angoisse.

L'angoisse existentielle est un concept psychologique et philosophique qui se réfère à un sentiment profond d'anxiété, de malaise ou de désarroi face aux questions fondamentales de l'existence humaine, telles que la mort, la liberté, le sens de la vie et l'isolement dans un univers apparemment dépourvu de sens. L'angoisse existentielle peut survenir lorsque les individus prennent conscience de leur propre existence en tant qu'êtres conscients, libres et mortels. Elle peut être déclenchée par des événements de vie tels que la confrontation avec la mort, la perte d'un être cher, des crises personnelles ou des moments de profonde réflexion sur le sens de la vie. Les symptômes de l'angoisse existentielle peuvent varier d'une personne à l'autre, mais ils peuvent inclure une sensation d'oppression, d'incertitude, de vide intérieur, ainsi que des questionnements incessants sur le but de l'existence et la signification de la vie. Pour certains, l'angoisse existentielle peut conduire à une quête de sens plus profonde, à une exploration philosophique ou spirituelle, voire à une transformation personnelle. Pour d'autres, cela peut entraîner des difficultés psychologiques telles que la dépression, l'anxiété ou des crises d'identité. Il est important de noter que l'angoisse existentielle est une expérience humaine universelle et que, bien qu'elle puisse être dérangeante, elle peut également être une source de croissance personnelle et de compréhension plus profonde de soi-même et du monde qui nous entoure. Ces dernières années, les changements climatiques et une conscientisation des conséquences commencent à faire surgir et amplifier une autre angoisse existentielle de survie de l’espèce humaine (le monde peut continuer à tourner sans la présence de l’homme).

Aussi une psychothérapie existentialiste vient de se créer suite à ces développements. Je pense que la plupart des personnes ne se confronte pas aux questions existentialistes et une psychothérapie existentialiste risque fort d’être inconnue à l’adresse pour la grande majorité. Il me semble possible qu’une psychothérapie existentialiste peut déboucher sur le questionnement d’un art de vivre.

Il n’existe pas de formation spécifique pour cette thérapie, mais les personnes suivantes sont régulièrement citées dans ce contexte :Viktor Frankl, Rollo May, Yrvin Yalom. R.D. Laing et James Bugental.

Le psychothérapeute existentialiste aide son client à réfléchir sur les questions fondamentales liées à l’existence humaine telles que le sens de la vie, la liberté, la responsabilité, la mort, la solitude et d’autres aspects. Les clients sont encouragés à développer leurs capacités de choix et d’assumer la responsabilité de leurs actions et décisions. Les clients sont encore invités et guidées pour trouver des significations qui correspondent à leurs propres convictions et aspirations. Les thérapeutes existentiels reconnaissent l’existence de l’anxiété et de l’absurdité de la vie et aident leurs patients à accepter ces réalités, à développer des mécanismes d’adaptation et de trouver malgré tout des moyens de vivre de manière tant soit peu épanouissante. Ceci nécessite évidemment des changements et le thérapeute motive ses patients à trouver de nouvelles perspectives et à transformer leur vie de manière significative.

Toute cette démarche peut contribuer à contrecarrer la réduction de la qualité de vie, de la limitation des expériences, d’un impact négatif sur les relations, de ne pas prendre de décisions, de laisser mourir la créativité, de l’altération du bien physique et de la difficulté de planifier l’avenir.

Remarquons encore que l’angoisse existentialiste doit être distinguée de l’angoisse courante. L’angoisse existentialiste n’est pas nécessairement liée à une menace immédiate ou un danger spécifique. Elle résulte plutôt des non-réponses sur les questions du sens de l’existence. D’ailleurs, les religions sont les seules entités à préconiser un sens absolu de l’existence dans un souci de domination et de pouvoir.

Alors se pose la question s’il est possible de- cultiver un art de vivre sans avoir trouvé (ou même cherché) un sens de la vie. Il semble possible de cultiver un "art de vivre" sans nécessairement avoir une réponse claire ou définitive sur le sens de la vie. Les pratiques et les valeurs qui sous-tendent ce genre d’art de vivre" peuvent contribuer au bien-être et à l'épanouissement personnel, même en l'absence d'une compréhension globale ou d'une conviction sur le sens de l'existence. L’hédonisme est une forme de réponse à cette question. Mais il y en a bien d’autres, surtout pour les personnes qui ne s’interrogent pas sur le sens de la vie. Il y a un risque que ces personnes soient nombreuses, surtout aussi d’abord à cause de conditions de vie difficiles, mais aussi à cause d’un engrenage infernal dans la vie quotidienne ou encore parce qu’ils manquent d’un certain degré de la faculté de l’abstraction (ce qui compte est le présent matériel pur et dur qui doit être aussi agréable que possible). Selon leur milieu d’évolution et leur niveau culturel, ces questions ne sont pas nécessairement à l’ordre du jour.

Ces orientations philosophiques existentialistes me semblent plus riches, mêmes si elles sont pleines d’obstacles et plus à même de conformer l’art de vivre à la propre personnalité qui résume finalement tout mon vécu à un moment donné de ma vie. Mais toutes les déconstructions qu’on a trouvées en cours de route peuvent rendre une telle démarche heuristique peut-être impossible.

En dehors d’orientations spirituelles (religion, philosophie), on peut se simplifier la vie en réduisant le sens de la vie à l’hédonisme en se consacrant à la recherche du plaisir, d’un bonheur dérivé du plaisir (une bonne bouffe, une bonne cuite 😊) et de la satisfaction personnelle. Le plaisir devient le but essentiel de l’existence et sa recherche est le mobile principal de l’activité humaines, mais à quel prix par rapport aux autres personnes et avec quelles nuisances pour la société ? Dans ce sens, 'hédonisme vulgaire est la recherche du plaisir brut comme pulsion quasi-instinctive et animale, égoïste et solitaire, souvent au détriment des autres, dans le genre « après moi le déluge ». Avec notre hyperconsommation actuelle au détriment de toutes considérations écologiques, l’hédonisme vulgaire semble omniprésent, même si maintes personnes ne s’en rendent pas compte. Heureusement qu’il y a aussi des gens qui trouvent le sens de leur vie dans l’humanitaire et l’engagement social, quelles que soient leurs raisons personnelles (voir l’article « Égoïsme versus philanthropie »).

Rappelons que, par l’intermédiaire du tempérament, du fonctionnement neurologique, hormonal et génétique et des neurotransmetteurs (tous contribuant à gérer les processus cognitifs et émotionnels et à aider à concocter la personnalité), l’élaboration d’un art de vivre a aussi des bases biologiques, du moins indirectement.

Ainsi les gènes peuvent influencer la manière dont un organisme réagit à son environnement et l’environnement peut affecter la manière dont les gènes sont exprimés (voir épigénétique). Par exemple, une même larve d'abeille deviendra une reine ou une ouvrière en fonction de la façon dont elle est nourrie et un même œuf de tortue peut éclore en mâle ou femelle en fonction de la température.

Wikipédia : L'épigénétique (mot-valise de épigenèse et génétique) est la discipline de la biologie qui étudie la nature des mécanismes modifiant de manière réversible, transmissible (lors des divisions cellulaires) et adaptative l'expression des gènes sans en changer la séquence nucléotidique (ADN). Alors que la génétique correspond à l’étude des gènes, l’épigénétique s’intéresse à une « couche » d’informations complémentaires qui définit comment ces gènes sont susceptibles d'être utilisés par une cellule.

L’épigénétique est une information additionnelle qui se superpose sur notre code génétique – c’est une information qui détermine comment le code génétique est utilisé. Ainsi, les mécanismes de la transmission comportementale ont été étudiés et cela vaut la peine de citer un exemple :

Transmission transgénérationnelle des traits acquis par l'épigénétique par Pauline MonhonvalFrançoise Lotstra :

Comme l’a démontré Weaver, la perturbation des soins maternels durant la période post natale précoce peut avoir un impact sévère et persistant à l’âge adulte  au travers de modifications épigénétiques retrouvées dans le cerveau de la progéniture. La qualité des soins maternels, évaluée au travers des conduites de léchage et toilettage, peut altérer la méthylation de l’ADN au travers du génome. En particulier, de « bons » soins entrainent une réduction de la méthylation de l’ADN au niveau du site de liaison aux facteurs de transcription dans le gène qui code pour le récepteur aux glucocorticoïdes de l’hippocampe, augmentant ainsi l’expression de ce récepteur.

Cet effet peut être transmis aux générations suivantes au travers des comportements maternels : en effet, les femelles qui ont reçu de « bons » soins durant la période post natale précoce deviennent elles-mêmes de « bonnes » mères, rétablissant un profil de méthylation d’ADN similaire dans le cerveau de leur progéniture. Inversement, les mères ayant elles-mêmes reçu des soins inadéquats développeront un comportement anxieux qu’elles communiqueront à leur progéniture qui développera un profil de méthylation excessive. Cet effet de transmission par le comportement n’est pas permanent et nécessite d’être réinstitué à chaque génération.

Explication de la méthylation : L'expression d'un gène peut également être régulée par une modification chimique de l'ADN : la méthylation, précisément la méthylation de cytosine en 5-méthylcytosine des paires de base (ou dimèresC-G53. Cette méthylation peut inhiber l'expression génétique d'un brin d'ADN : une faible méthylation se traduit le plus souvent par une forte expression du gène, alors qu'un haut niveau de méthylation inactive le gène. Cependant, il existe des exemples où une forte méthylation n'a pas de répercussions sur le niveau d'expression.

Cet exemple très (trop) technique sert uniquement jusqu’à quel point certaines recherches sont avancées, ce qui n’empêche pas certaines personnes de nier le bien-fondé de l’épigénétique, domaine ayant émergé assez récemment.

Un autre mécanisme de base de l’épigénétique est la modification des histones (protéines autour desquelles l’ADN s’enroule) qui peuvent se modifier suite à des processus d’acétylation, phosphorylation et la méthylation, favorisant ou réprimant l’expression génique (entre autres).

Pour mieux comprendre l’influence majeure de facteurs neurophysiologiques sur l’épigénétique, j’ai fait une recherche et ChatGPT m’a donné la réponse suivante à ma question : qu’est-ce qui déclenche la méthylation des histones (c’est un peu pour meubler la galerie de curiosités pour le commun des mortels).

La méthylation des histones est un processus complexe régulé par différents facteurs, et plusieurs mécanismes peuvent déclencher ce processus. Voici quelques-uns des déclencheurs potentiels de la méthylation des histones :

1.     Signaux cellulaires : Des signaux cellulaires provenant de l'environnement externe ou de l'état interne de la cellule peuvent déclencher la méthylation des histones. Ces signaux peuvent inclure des hormones, des facteurs de croissance, des cytokines, des neurotransmetteurs et d'autres molécules de signalisation qui activent ou inhibent les voies de signalisation intracellulaires impliquées dans la régulation de l'activité des enzymes de méthylation des histones.

2.     Facteurs de transcription : Certains facteurs de transcription, tels que les facteurs de transcription spécifiques aux tissus ou aux stimuli, peuvent recruter des complexes protéiques contenant des enzymes de méthylation des histones vers des régions spécifiques de la chromatine, déclenchant ainsi la méthylation des histones et modulant l'accessibilité de l'ADN.

3.     Modification de l'ADN : Des modifications de l'ADN, telles que la méthylation de l'ADN, peuvent être associées à la méthylation des histones et déclencher des modifications épigénétiques supplémentaires dans la région chromatinienne concernée. Il existe des interactions complexes entre les modifications de l'ADN et des histones qui peuvent réguler l'expression des gènes.

4.     Interactions protéine-protéine : Les interactions entre différentes protéines impliquées dans la régulation de la chromatine, y compris les enzymes de méthylation des histones, les facteurs de transcription, les coactivateurs et les corépresseurs, peuvent déclencher des modifications de la structure chromatinienne et de l'activité transcriptionnelle des gènes.

5.     Stress environnementaux : Des stress environnementaux, tels que l'exposition à des toxines, des agents pathogènes, des radiations ou des changements de conditions nutritionnelles, peuvent induire des changements dans la méthylation des histones en modifiant l'expression des gènes impliqués dans la réponse au stress et l'adaptation aux conditions environnementales.

6.     Développement embryonnaire : La méthylation des histones est étroitement régulée pendant le développement embryonnaire pour contrôler la différenciation cellulaire, la prolifération cellulaire et la formation de différents tissus et organes. Des signaux spécifiques au développement et des facteurs de transcription sont impliqués dans la régulation de la méthylation des histones à différentes étapes du développement embryonnaire.

En résumé, la méthylation des histones est déclenchée par une combinaison complexe de signaux cellulaires, de facteurs de transcription, d'interactions protéine-protéine, de modifications de l'ADN, de stress environnementaux et de signaux de développement. Ces déclencheurs coordonnent les modifications de la structure chromatinienne et de l'activité transcriptionnelle des gènes pour réguler divers processus biologiques dans les cellules et les organismes.

 Notre esprit n’est pas un nuage volatile, éthéré et éthéréen, libre et dépendant de nos pensées seulement accessibles quand elles sont devenues conscientes. Il est le produit neuronal de notre cerveau matériel.

On parle aussi de la plasticité génétique qui est la capacité des gènes à répondre et à s'adapter aux expériences de vie et à l'environnement. Les mêmes gènes peuvent s'exprimer de manière différente en fonction des influences environnementales.

Il se peut aussi qu’ une personne puisse avoir une prédisposition génétique à la dépression, mais cette susceptibilité peut être déclenchée ou atténuée par des expériences de vie spécifiques.

L’épistasie constitue un autre aspect dans ce contexte. Elle fait référence à l'influence de certains gènes sur d'autres gènes. Les interactions génétiques complexes peuvent influencer la manière dont les traits sont hérités et exprimés, ce qui ajoute une couche supplémentaire de complexité à la relation entre la génétique et l'environnement.

Donc, tout n’est pas esprit chez l’homme et le corps a son mot à dire dans pleins d’expression du comportement. Il faut donc considérer l’homme et sa personnalité dans une approche holistique « corps-esprit ». Par ailleurs, l’homme est pour une grande partie façonnée par des facteurs sur lesquels il n’a pas d’influence (La mère ne peut pas régler elle-même le niveau de la méthylation de façon appropriée).

La génétique peut donc avoir une certaine influence sur certains aspects de la personnalité, et par extension, sur la façon dont une personne aborde la vie, mais il est important de noter que l'influence génétique n'est qu'un des nombreux facteurs qui contribuent à la complexité de la personnalité et de l'art de vivre. La génétique n'est pas le seul déterminant et interagit avec des facteurs environnementaux, sociaux et individuels

En résumé, certains traits de personnalité qui peuvent influencer l'art de vivre ont des composantes génétiques dont le tempérament, qui comprend des aspects tels que la réactivité émotionnelle, les niveaux d'énergie et la sociabilité, peut être influencé par des facteurs génétiques.

Certaines personnes peuvent avoir une prédisposition génétique à certains comportements ou traits de personnalité qui influencent leur art de vivre. Cela peut inclure des traits comme la propension à l'optimisme, la résilience au stress ou la tendance à rechercher de nouvelles expériences.

Nous avions déjà affirmé que l’art de vivre est un chantier permanent au gré des changements que l’individu rencontre. La réaction aux changements peut engendrer du stress. La manière dont une personne réagit au stress peut avoir des bases génétiques. Certains individus peuvent être génétiquement plus sensibles ou résistants au stress, ce qui peut influencer leur façon de faire face aux difficultés de la vie. La même chose vaut pour les réponses émotionnelles telles que le niveau d'anxiété ou de dépression et qui peuvent avoir des composantes génétiques. Ces réponses émotionnelles peuvent à leur tour influencer l'approche générale de la vie et l'art de vivre d'une personne.

Cependant, il est crucial de souligner que la génétique n'est qu'une partie de l'équation. Les expériences de vie, l'éducation, l'environnement familial, les influences culturelles et sociales, ainsi que les choix personnels jouent tous un rôle essentiel dans la formation de la personnalité et de l'art de vivre. Les interactions complexes entre les facteurs génétiques et environnementaux rendent difficile la prévision précise du comportement ou des choix de vie d'une personne uniquement à partir de sa génétique

Un article « Interaction gènes-environnement et processus épigénétiques » de Marla B. Sokolowski, Ph.D., MSRC, W. Thomas Boyce, M.D. formalise le sujet de la manière suivante :

« Il existe au moins trois catégories de processus où les voies de développement sont altérées par les interactions entre les gènes/l’expression des gènes et l’environnement et ont un impact sur la santé mentale et le bien-être. Tout d’abord, il existe une corrélation entre les gènes et l’environnement, caractérisée par une prédisposition génétique en termes de sélection, de modification et de création de catégories d’expériences : par exemple, un enfant présentant des inhibitions comportementales a tendance à choisir des environnements moins difficiles ou moins intenses sur le plan social. Deuxièmement, les gènes et l’environnement peuvent s’influencer mutuellement, de manière réciproque. Par exemple, il existe des cas où les variations génétiques deviennent visibles uniquement en présence de conditions environnementales particulières. À l’opposé, dans certains exemples, les influences environnementales se manifestent uniquement chez les individus porteurs d’un variant génétique particulier (un génotype). La troisième catégorie d’interactions implique des processus épigénétiques lors desquels des signaux environnementaux marquent l’ADN et peuvent modifier la transcription et l’expression des gènes dans certains cas. Ces processus sont présentés plus en détail dans le premier article de ce chapitre. » 

Cette interaction gènes – environnement peut dépasser le cas de l’individu et s’appliquer à des populations spécifiques. .Des mêmes auteurs.

« L’une des découvertes récentes les plus intrigantes est que les processus épigénétiques peuvent influencer le développement de populations spécifiques, chez l’être humain. Par exemple, une relation a été établie entre la maltraitance des enfants et la mauvaise régulation de l’axe hypothalamo-pituito-surrénalien (HPS)11 (un ensemble complexe d’interactions entre les glandes endocrines qui synthétisent les hormones visant à réguler des processus physiologiques, y compris le stress, l’humeur, la sexualité, la digestion, le système immunitaire et le stockage d’énergie), la stimulation des voies de signalisation inflammatoire,12 et les modifications à long terme des structures neuronales sensibles au stress.13 . « 

Les références des études de cet aspect.

Plus on avance dans les considérations et plus on a l’impression que l’homme n’est pas vraiment maître chez soi. Il se pose la question pour l’homme, lors de la construction de son art de vivre, dans quelle mesure il est libre dans ses choix. La personnalité avec ses soubassements génétiques, ses environnements (l’homme bourge dans beaucoup d’environnements) et l’influence d’autres facteurs lui laissent-ils vraiment la latitude de choisir en âme et conscience ? Quelle est la part du déterminisme et du libre-arbitre dans ces choix. Peut-être que les hommes se croient libres pour la seule raison qu’ils ont seulement conscience de leurs propres actions mais qu’ils ignorent les causes qui les déterminent. Peut-on dire que leurs actions dépendent de leur volonté alors qu’on ne connaît pas vraiment la volonté et ses soubassements neurophysiologiques et psychologiques. Un exemple parlant est le somnambule qui vadrouille dans sa maison sans être conscient de ce qu’il fait et son somnambulisme n’a pas été déclenché par sa volonté. Il n’y a pas de prise de conscience de cette action ni de décision éveillée. Si le cerveau est mort, il n’y a plus de pensée. Si l’esprit est intégré au corps et si le corps obéit au principe de chaînes infinies de cause à effet, linéaires ou en réseau, qui régissent la matière, cela signifie que l’esprit est aussi déterminé par une chaîne infinie de cause à effet. On sait bien que, si le corps ne va pas bien, par exemple en cas de fortes fièvre, que l’esprit n’est pas toujours capable de penser correctement, (confusion, irritabilité, léthargie mentale, désorientation, hallucinations, délires et autres)  même si l’esprit est toujours en activité. Notre cerveau, au stade de son développement actuel, n’est que le fruit de l’évolution pour les êtres vivants par des mécanismes d’adaptation. Mais la nature n’agit pas selon un objectif. Tout au plus la concomitance de nouveaux facteurs induit des changements au niveau de la configuration matérielle de la terre (anthropocène par exemple) parce que l’interaction entre les facteurs/éléments est soumise à un déséquilibre que l’homéostasie essaie de neutraliser (Caractéristique d'un écosystème qui résiste aux changements/perturbations et conserve un état d'équilibre). On est de nouveau au plan de la chaîne/réseau (plusieurs sinon infiniment de dimensions) infini des causes à effets. Pour s’en rendre compte, il suffit de construire un arbre logique pour un simple mécanisme. Si l’arbre logique aboutit à n niveaux, on peut être sûr que n facteurs interagissent, linéairement et ou parallèlement. Une matrice à plusieurs dimensions permet de représenter un tel système si les facteurs et dimensions ne sont pas trop nombreux. Le résultat de cette adaptation de la nature à son déroulement habituel risque de ne pas plaire toujours à l’homme. Mais la nature elle-même n'a pas décidé de s’adapter.

Je prends mon propre exemple comme quoi l’idée de l’art de vivre est devenue émergente et consciente à un certain moment. Je n’ai pas décidé d’un coup de tête de réfléchir sur l’art de vivre. L’émergence de cette idée a d’abord fait son chemin dans mon inconscient et s’est manifesté suite à certaines situations où j’ai ressenti le besoin de l’approfondir. Tout à coup je me suis senti le besoin d’aller dans cette direction. Il y a bien eu des « triggers » externes et probablement aussi internes pour ouvrir cette voie. L’émergence de cette idée n’a pas résulté d’une décision rationnelle à son départ. Ce que j’ai cependant décidé, c’est de m’occuper à ce moment (pour des raisons obscures à analyser encore) de l’approfondissement de cette notion et des conséquences pratiques possibles. Mais j’aurais aussi bien pu décider de ne pas m’occuper de cette notion dès maintenant, mais ultérieurement, peut-être parce que j’ai des priorités plus urgentes. Et on se retrouve de nouveau de l’engrenage de la chaîne plus ou moins longue des causes à effets.

Comme on l’a vu, des recherches plus récentes portent sur l’influence de l’épigénétique sur la mentalité en modifiant l’expression des gènes qui sont impliqués dans les processus cognitifs, émotionnels et comportementaux. L’homme devient de plus en plus au cours de cet exercice le produit d’un jeu qu’il ne maîtrise pas.









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