La personnalité, le tempérament, le caractère et les systèmes de valeurs
On a vu que le système de croyances (lire l’article à ce sujet) a son mot à dire dans l’élaboration d’un art de vivre mais il semble aussi probable que le système de croyances soit en étroite relation avec la personnalité. D’une certaine manière, le système de croyances est un « sous-ensemble de la personnalité qui est le facteur-clé dans l’élaboration d’un art de vivre. La personnalité a été mentionnée à maintes reprises. Il faudra donc s’en occuper plus en profondeur et voir dans quelle mesure elle peut interférer avec l’art de vivre.
Certains définissent la personnalité comme la structure
psychique qui constitue la nature profonde d’une personne et qui fonde sa
singularité. Si on considère que l’art de vivre est une affaire propre à un
individu ,il devrait être cohérent avec la personnalité de la personne
élaborant son art de vivre pour une meilleure vie. La personnalité est donc ce
qui appartient à une personne et qui lui est propre. Cet ensemble de traits le
différencie des autres personnes. Elle constitue l’originalité et la singularité
d’une personne. D’autres définissent la personnalité comme une somme de traits
provenant d'une part du tempérament (inné) et d'autre part
du caractère (acquis). Le tempérament
serait ainsi fixé à la naissance (génétique) et le caractère forgé avec le
temps par l’environnement de la personne concernée comme l’environnement
familiale, l’éducation, les expériences de la vie, la culture, les interactions
sociales et des facteurs plutôt biologiques (systèmes neuronal et hormonales et
autres).
Mais les nuances entre personnalité, tempérament et
caractère ne sont pas vraiment tranchées. Ainsi, certains considèrent que la
personnalité est l’ensemble des traits visibles et souvent plus superficielles
tandis que le caractère représente les aspects plus profonds et éthiques de
l’identité globale d’une personne. L’aspect « visible » de la
personnalité concorde bien avec l’étymologie du mot personnalité. La
personnalité d’une personne s’exprimerait extérieurement dans les différents
rôles qu’une personne joue dans les différentes situations de sa vie, ces rôles
dérivant néanmoins des couches plus profondes telles que le tempérament et le
caractère. Et ces couches profondes auraient également un soubassement
consistant dans les croyances et les valeurs personnelles.
L’étymologie de ce mot est curieuse : Personnalité
dérive du nom latin persona qui désignait le masque de l’acteur dans le théâtre
antique et qui est l’interface entre l’acteur, son rôle et le public.
D’autres pensent que la personnalité se réfère à des
traits psychologiques durables qui influencent la manière dont une personne
pense, ressent et se comporte tandis que le caractère se réfère aux qualités
morales et éthiques qui déterminent la manière dont une personne interagit avec
les autres et prend des décisions. Ainsi, une liste (parmi d’autres) des traits
de caractère pourrait être la suivante :
1. Intégrité : Honnêteté et éthique dans
les actions et les décisions.
2. Honnêteté : Dire la vérité et être
digne de confiance.
3. Compassion : Empathie et préoccupation
pour le bien-être des autres.
4. Responsabilité : Assumer les conséquences de
ses actions et de ses décisions.
5. Courage : Capacité à affronter les
défis et à prendre des risques pour ce qui est juste.
6.
Persévérance : Capacité à persister dans une tâche ou un objectif
malgré les obstacles ou les difficultés. Une personne persévérante ne se
décourage pas facilement et continue d'essayer jusqu'à ce qu'elle atteigne ses
objectifs.
7.
Modestie : Humilité et absence d'orgueil excessif. Une personne
modeste ne se vante pas de ses réussites et reconnaît les contributions des
autres.
8.
Générosité : Désir de partager avec les autres, que ce soit du
temps, des ressources ou de l'affection. Une personne généreuse est prête à
donner sans attendre de retour.
9.
Tolérance : Ouverture d'esprit et respect des opinions, des
croyances et des modes de vie des autres. Une personne tolérante accepte la
diversité et évite le jugement hâtif.
10.
Courtoisie : Politesse et respect envers les autres. Une personne
courtoise traite les autres avec respect et considération.
11.
Sincérité : Authenticité et transparence dans les interactions
avec les autres. Une personne sincère exprime ses sentiments et ses opinions de
manière honnête et authentique.
12.
Équité : Traitement juste et égal des autres, sans favoritisme
ni partialité. Une personne équitable est impartiale et traite tout le monde
avec justice.
13.
Authenticité : rester fidèle à soi-même
14.
Bienveillance : envers soi et les autres
15.
Simplicité :une approche de la vie simple et épurée
16.
Respect : cultiver le respect envers soi-même et les autres
17.
Liberté : valoriser la liberté individuelle dans le respect des
droits des autres
18.
Sens du
service : reconnaître
l’importance de servir les autres
19.
Humilité : cultiver l’humilité en reconnaissant ses propres
limites, en apprenant des autres et en restant ouvert aux nouvelles idées et
perspectives.
20. Autres ?
Finalement, en suivant cette logique, on est en plein
dans l’exercice des vertus en concordance avec les traits de personnalité.
D’une certaine manière, ces valeurs/vertus peuvent aussi être associées à la
quête du sens de la vie.
Je pense cependant que les différences entre les notions
de personnalité et de caractère sont très étroites et s’entremêlent à certains
égards. Peut-être pourrait on associer la notion de caractère plus étroitement
à la notion des systèmes de valeurs et de croyances.
Trouver une configuration cohérente entre les notions de
personnalité, de caractère, de tempérament, de système de valeurs et systèmes
de croyances ne sera pas une chose aisé et il n’est pas certain qu’on y
parviendra.
Un système de valeurs est un ensemble organisé de
croyances, de principes et de normes qui guident les attitudes, les
comportements et les choix d'une personne ou d'un groupe. Ce système influence
la manière dont une personne perçoit le monde, prend des décisions et interagit
avec les autres. Il est souvent développé et influencé par des facteurs tels
que la culture, la religion, l'éducation, l'expérience personnelle, l'environnement social et autres.
Nathalie Van Laethem, Jean-Marc Josset : « Le système de valeurs est propre à chaque
individu. Il intervient dans chacun de ses choix, est à la source de ses
motivations et participe à la définition de ses objectifs personnels. Être en
phase avec son système de valeurs apporte de l’énergie et mobilise, alors
qu’être en contradiction avec son système de valeurs démotive et génère de
l’insatisfaction. Or, le système de valeurs s’adapte et évolue avec le temps et
selon l’environnement. Pour ne pas « juger aujourd’hui avec les lunettes d’hier »,
on a donc tout intérêt à comprendre l’ajustement de son système de valeurs et à
aller dans son sens. L’impact des valeurs sur le comportement est rarement
conscient. Identifier celui-ci à un instant t permet de mieux connaître ce qui
nous motive ou nous freine, et de conduire son évolution personnelle et
professionnelle, en congruence avec soi-même. »
Nos systèmes de valeurs engagent notre futur. Ils
représentent une sorte de filtre à travers lequel nous percevons ce qui
constitue « notre » réalité. Les systèmes de valeurs sont des
«structures organisatrices » agissant à l’intérieur d’un système (un individu,
une ethnie, une nation…) et provoquent une manière de voir, de concevoir, de
penser. Les systèmes de valeurs sont donc un état d’esprit, agissant à
l’intérieur d’un système
Wikipédia : « En psychologie, les valeurs (du
latin « valor », dérivé de « valere » qui
signifie « être fort, puissant ») sont « des motivations trans-situationnelles, organisées hiérarchiquement,
qui guident la vie »
Les valeurs sont
considérées comme des variables latentes, qui ne sont pas directement
observables mais qui se manifestent à partir de nos perceptions, nos attitudes, nos choix, nos comportements, nos jugements et nos actions
Dans ce sens, elles
permettent de répondre à la question pourquoi agissons-nous comme nous
agissons ? La psychologie des valeurs peut aider à comprendre ce qui
est le plus important pour un individu (ou pour un groupe) et ceci à travers
différents contextes et situations sociales. …. «
Les valeurs
sont des conceptions centrales du désirable dans chaque individu et dans
la société . Elles influencent, en grande partie,
les attitudes et les comportements des personnes. Elles ont pour fonctions
principales l'orientation de nos choix, la justification de nos comportements
et l'adaptation au contexte social. « Les valeurs sont des conceptions
centrales du désirable dans chaque individu et dans la société» . Elles influencent, en
grande partie, les attitudes et les comportements des personnes5. Elles ont pour fonctions
principales l'orientation de nos choix, la justification de nos comportements
et l'adaptation au contexte social. Chaque personne porte en elle un certain
nombre de valeurs qui peuvent varier par ordre d'importance. Elles se
transforment peu pendant l'âge adulte et sont donc des caractéristiques
relativement stables. L'internalisation des valeurs se déroule en deux étapes:
premièrement, il y a une reconnaissance des règles données par les
agents de la socialisation (parents, école, culture, etc.), ensuite, la
deuxième étape consiste en l'acceptation par l'enfant des valeurs
dans ses attitudes et conduites. Le processus d'internalisation passe donc
d'abord par une soumission aux valeurs portées par les normes. Ensuite, par une
identification à ces valeurs et enfin par une véritable internalisation de ces
dernières.
Certains facteurs
sont susceptibles d'influencer les valeurs. L'âge des personnes a une
importance sur le poids donné à certaines valeurs. Ainsi, les personnes plus
âgées accordent davantage d'importance aux valeurs de conservation (tradition,
sécurité, conformité), tandis que les jeunes accordent plus d'importance aux
valeurs d'ouverture et au changement (autonomie et stimulation).
Outre l'âge,
d'autres facteurs comme la culture et la nationalité, expliquent en grande
partie la différence d'importance accordée aux valeurs aussi bien dans le
domaine religieux, le genre (même si cette différence est petite),
l'orientation professionnelle, le travail, etc.
Un exemple d’un
modèle de valeurs.
Maintes théories des systèmes de valeurs se sont
établies : Thomas et Znaniecki, Spranger, Vernon et Allport,
Postman, Bruner et McGinnies, Rokeach, Hofstede, Shalom, Schwartz, Maio et
Olson et autres. Nous n’allons pas dans le détail. Mais si une introspection de
votre système de valeurs vous intéresse, ces modèles pourraient vous aider dans
votre introspection.
On peut s’imaginer parfaitement que ces traits/(valeurs ?)
peuvent jouer un rôle dans l’élaboration d’un art de vivre.
Revenons au tempérament. Le tempérament fait
référence aux traits innés et biologiquement déterminés de la personnalité. Ces
traits ont tendance à émerger dès la petite enfance et restent relativement
stables tout au long de la vie. Les chercheurs ont identifié plusieurs
dimensions du tempérament. Les influences génétiques jouent un rôle important
dans le développement du tempérament qui influence la manière dont les traits
de personnalité se développent. Le tempérament fournit la base biologique et
innée sur laquelle se construit la personnalité. La personnalité en revanche reflète
la manière dont une personne perçoit le monde. Elle interagit avec son
environnement et réagit aux stimuli internes et externes.
Une carte permet de visualiser les facteurs possibles en jeu
Pour souligner l’intérêt de la génétique du
comportement citons Kári Stefánsson, un scientifique islandais:« Si
l'on considère notre espèce, nous sommes nés des informations contenues dans
notre génome, puis de leur interaction avec l'environnement".
Robert Plomin, chercheur renommé, est généticien
comportemental. Robert Plomin dans son livre – L’ architecture
invisible. Comment l’ADN façonne notre personnalité – met
en exergue la primauté de la génétique dans la construction de l’individu,
contrairement aux théories habituellement émises. ChatGPT définit sa théorie de
la manières suivante :
1. Influence
Génétique sur la Personnalité :
- Plomin affirme que la génétique joue un rôle majeur
dans la formation de la personnalité. Selon ses recherches, environ 40 à
50 % des différences individuelles dans la personnalité sont attribuables
à des facteurs génétiques. Cela signifie que les traits de personnalité
comme l'extraversion, la névrosisme, ou l'ouverture à l'expérience sont en
grande partie hérités.
2. Concept de l'Héritabilité :
- L'héritabilité est un concept central dans les
travaux de Plomin. Elle se réfère à la proportion de la variation dans un
trait (comme la personnalité) qui peut être attribuée à des différences
génétiques entre les individus dans une population donnée. Plomin a montré
que même des aspects complexes de la personnalité sont influencés par de
multiples gènes, chacun ayant un effet relativement faible mais cumulatif.
3. Environnement
Partagé et Non Partagé :
- Plomin distingue entre l'environnement partagé
(comme la famille ou le foyer) et l'environnement non partagé (expériences
uniques à chaque individu, comme les relations avec des pairs ou des
événements personnels). Il souligne que l'environnement partagé a une
influence moins marquée sur la personnalité que l'on ne le pensait
autrefois. Au contraire, les expériences uniques (environnement non
partagé) et les influences génétiques jouent un rôle plus crucial.
4. Génétique et Environnement :
- Plomin ne nie pas l'importance de l'environnement,
mais il souligne que les gènes influencent également la manière dont les
individus interagissent avec leur environnement. Par exemple, une personne
avec une prédisposition génétique à l'extraversion pourrait rechercher et
créer des environnements sociaux qui renforcent ce trait.
5. "DNA is Not
Destiny" (L'ADN n'est pas une fatalité) :
- Plomin insiste sur le fait que bien que les gènes jouent un rôle crucial dans la détermination de la personnalité, ils ne dictent pas le destin d'une personne. L'ADN fournit une propension, ou une prédisposition, mais l'expression de ces traits peut être modulée par l'environnement, les choix individuels, et d'autres facteurs extérieurs. Par exemple, une personne peut avoir une prédisposition génétique à l'anxiété, mais son environnement et ses expériences peuvent atténuer ou exacerber ce trait.
Affaire à suivre dans un débat qui ne semble pas
déterminé.
Jusqu’à présent, l’acquis – facteurs
environnementaux : famille, pays où nous vivons – était considéré comme LE facteur
déterminant de notre individualité jusqu’à ce que les chercheurs démontrent l’importance
de la génétique par des études sur les familles de jumeaux (vrais ou
faux) et les enfants adoptés.
D’après les résultats de ces études, l’héritabilité contribue
aux spécificités comportementales variant entre les individus. La
génétique constitue l’élément le plus influant dans notre individualité puisque
1% de notre ADN détermine à plus de 50% ce que nous sommes :
sensibilité aux maladies mentales, capacités cognitives, traits de
personnalités et autres.
Les facteurs environnementaux sont influencés par la
génétique. C’est ce que Robert Plomi appelle l’inné de l’acquis.
Pour le scientifique « les effets environnementaux ne sont
souvent que des ricochets d’effets génétiques. Le poids de la nature est
prépondérant sur celui de l’environnement ».
Ces positions ne font pas l’unanimité dans le milieu
scientifique mais ne mettent pas en défaut la notion de tempérament. Les
travaux récents sur l’épigénétique démontrent une influence non négligeable des
facteurs environnementaux dans l’expression des gènes et tempèrent donc le
déterminisme génétique et l’influence des facteurs génétiques sur
l’environnement
Voici un exemple marrant (pour la galerie) concernant les
possibilités génétiques influençant certains comportements. La génétique
pourrait expliquer pourquoi certaines personnes boivent plus de café que
d’autres : des chercheurs européens ont identifié un nouveau gène (PDSS2)
associé à la consommation de café, et impliqué dans le métabolisme de la
caféine. Selon des chercheurs britanniques, la consommation de café est (en
partie) génétique. Le gène PDSS2 influerait donc votre envie de consommation de
caféine. A un niveau élevé de caféine dans l’organisme, la consommation de
caféine est moindre. Par ailleurs, les personnes ressentent les effets plus
longtemps et en consomment moins A l’inverse, a un niveau bas de caféinr, la
personne à un besoin plus élevé de boire du café. Par conséquent, ce gène
affecte la façon dont le corps métabolise la caféine. Mais ce n’est pas le seul
gène. De nombreuses études scientifiques ont démontrées l’existence de nombreux
gènes à l’origine de notre consommation de café. Certains sont liés au
métabolisme de la caféine et d’autres aux effets psychoactifs.
Voici une de ces études (pour montrer le
« sérieux » de ces études sans discuter l’utilité d’une telle
recherche) : Non-additive genome-wide association scan reveals a
new gene associated with habitual coffee consumption (Nicola Pirastu, Maarten Kooyman, et autres) :
« Abstract
Coffee is
one of the most consumed beverages world-wide and one of the primary sources of
caffeine intake. Given its important health and economic impact, the underlying
genetics of its consumption has been widely studied. Despite these efforts,
much has still to be uncovered. In particular, the use of non-additive genetic
models may uncover new information about the genetic variants driving coffee
consumption. We have conducted a genome-wide association study in two Italian
populations using additive, recessive and dominant models for analysis. This
has uncovered a significant association in the PDSS2 gene under the recessive
model that has been replicated in an independent cohort from the Netherlands
(ERF). The identified gene has been shown to negatively regulate the expression
of the caffeine metabolism genes and can thus be linked to coffee consumption.
Further bioinformatics analysis of eQTL and histone marks from Roadmap data has
evidenced a possible role of the identified SNPs in regulating PDSS2 gene
expression through enhancers present in its intron. Our results highlight a
novel gene which regulates coffee consumption by regulating the expression of
the genes linked to caffeine metabolism. Further studies will be needed to
clarify the biological mechanism which links PDSS2 and coffee
consumption. »
Don’t act.
Que la propension à consommer du café fasse partie des
recherches sur le tempérament est une autre histoire. Mais encore faut-il avoir
du café à disposition é pour en consommer et avoir eu des
« triggers » pour s’adonner au café. Les anglais boivent du thé et
les italiens leur café . Le départ de l’histoire pourrait être culturel pour
être pris en charge par après par la génétique. J’ai fait une recherche
concernant le gène PDSS2 en relation avec la consommation de thé puisque la
caféine et la théine ont la même formule chimique. Je n’ai rien trouvé sur le
WEB. J’ai posé la question à ChatGPT qui a dit ne pas trouver de réponse. Mais
il a donné des précisions sur ce gène : « Le gène PDSS2
(diméthylallyltranstransférasedécylpyrophosphatesynthase2) est impliqué dans la
biosynthèse de la coenzyme Q10 (CoQ10), une molécule essentielle dans la
production d'énergie cellulaire. » Peut-être que cette molécule
explique pourquoi le niveau de cette molécule dans le corps incite à boire plus
ou moins de café.Je concède que tout cela est un peu osé.
selon Thomas et Chess se sont penchés sur les caractéristiques
et types de tempérament infantile.
L’étude réalisée par Thomas et Chess consistait
à observer les caractéristiques de 141 enfants de 85 familles. A partir de leur
étude, ils ont identifié neuf traits ou caractéristiques du tempérament chez
l’enfant. Déjà présentes à la naissance, ces caractéristiques façonneront
les origines de la personnalité.
·
Niveau d’activité : est liée à
l’activité motrice de l’enfant.
·
Rythmicité : indique la
régularité des fonctions biologiques. Il s’agit des cycles sommeil-éveil,
nutrition-dépositions, etc.
·
Approche/évitement (réaction à la nouveauté) : détermine
la disposition du petit face aux situations, lieux, personnes ou choses
nouvelles. Autrement dit, cette caractéristique évalue la réaction initiale de
l’enfant face à de nouvelles stimulations ou nouveaux individus.
·
Adaptabilité : observe la capacité
d’adaptation face aux stimulus évalués dans le point précédent. Ainsi, cela
décrit comment l’enfant affronte les changements ou les transitions.
·
Intensité : fait référence à
l’expression de l’enfant. On observe l’intensité de la réaction face à des
émotions telles que la joie, la tristesse ou la colère. I s’agit du niveau
d’énergie manifesté par un enfant lorsqu’il réagit à quelque chose de positif
ou de négatif.
·
Seuil sensoriel (sensibilité sensorielle : définit la
sensibilité de l’enfant face aux stimulations physiques comme le bruit, la
température, la lumière, etc. On peut ainsi observer le niveau de stimulation
nécessaire à l’enfant pour répondre à un stimulus.
·
Humeur : détermine la quantité de réactions
positives ou négatives chez l’enfant. Une disposition positive reflète des
enfants joyeux et expansifs. En revanche, une disposition négative reflète des
enfants sérieux et irritables.
·
Distractibilité ou la capacité de concentration : indique le
niveau de concentration et de distraction par des stimulus externes
lorsque l’enfant réalise une tâche. De même, la distractibilité est liée à la
manière dont ces stimuli externes interfèrent avec le comportement de l’enfant.
·
Persistance/attention : détermine la
capacité de l’enfant à poursuivre une activité lorsqu’elle est difficile ou
qu’il rencontre des obstacles.
Cela a abouti à définir 3 catégories de tempérament chez
l’enfant :
·
Les enfants faciles : ils s’adaptent
facilement, sont de bonne humeur et ont un rythme biologique régulier;
·
Les enfants difficiles : ils ont des réactions
intenses, sont plutôt irritables et réagissent mal à la nouveauté;
·
Les enfants lents à réagir : ils sont peu
expressifs et s’adaptent à des situations nouvelles, mais seulement après un certain temps.
Des chercheurs ont observé que le tempérament d’un enfant
est relativement stable dans le temps. Toutefois, peu d’enfants considérés
comme étant très difficiles conservent ce type de tempérament en
grandissant.
Après cette excursion, revenons à la personnalité.
La personnalité peut donc être considérée comme l’ensemble des comportements
qui constituent l’individualité d’une personne. Elle rend compte de ce qui
qualifie l’individu : permanence et continuité des modes d’action et de
réaction, originalité et spécificité de sa manière d’être. C’est un noyau
relativement stable, une sorte de synthèse complexe et évolutive des données
innées et des éléments disponibles dans le milieu social et l’environnement en
général. Mais comme on parle de comportements, il faut aussi envisager de
décrire ces comportements avant d’essayer dans deuxième phase les causes de ces
comportements.
Il y a bien une branche de la psychologie qui œuvre dans
cette direction. Il s’agit de la psychologie comportementale ou behaviorisme,
cette discipline ayant cependant évolué par rapport à ses théories initiales. Cette
approche de la psychologie se concentre principalement sur l'étude des
comportements observables plutôt que sur les processus mentaux internes
(pensées, émotions, sentiments et autres), qui sont plus difficiles à mesurer
de manière objective. Une des principales critiques du béhaviorisme est son
approche réductionniste, qui tend à négliger les aspects cognitifs et
émotionnels de la psychologie. Les critiques soutiennent que cette approche
simplifie trop la complexité de l'esprit humain en se concentrant uniquement
sur les comportements observables. En réponse aux critiques, la psychologie
comportementale a évolué pour intégrer des aspects cognitifs. Cela a donné
naissance à la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), qui combine les
principes du béhaviorisme avec une attention portée aux processus mentaux,
comme les pensées et les croyances, dans la compréhension et le traitement des
comportements.
La personnalité d’une personne est dite relativement
stable dans le temps (mais pas immuable) et à travers les situations et ses
caractéristiques influencent de façon unique les cognitions, les motivations et
les comportements d’une personne. Ceci permet de prédire tant soit peu le
comportement d’une personne non-étrangère dans une situation donnée.
On peut décrire une personnalité par un ensemble de
traits. J’ai mis ci-après une liste à titre d’illustration qui n’est évidemment
pas exhaustive et pas nécessairement objective. On peut s’amuser à se décrire
soi-même sur base de cette liste comme inspiration et demander aussi à un ami
de me décrire sur base de la même liste pour voir les différences, avec
une belle perspective de discussions. En effet, cette approche permettrait de
s’interroger si une personne vous attribue des traits que vous ne voyez pas.
Elle permet aussi de voir dans quelle mesure votre comportement, lié à une
intention de votre part, peut être perçu tout à fait différemment par une autre
personne. Parfois on n’en revient pas. Il y a lieu alors de s’interroger. Ceci
peut être aussi intéressant dans une démarche d’élucidation personnelle selon
l’adage « connais-toi toi-même »
On pourrait même en faire un jeu de société lors d’un
dîner d’amis en espérant qu’après l’exercice il n’y ait pas de divorces ou d’autres
conflits. En tout cas, la discussion sera assez sûrement préprogrammée. Mais
dans la description d’une personnalité peuvent rentrer en plus des aptitudes,
des intérêts, des valeurs, des besoins et autres éléments descriptifs.
Voici une des « check-lists » possibles, parmi
beaucoup d’autres pour cet exercice. C’est plutôt une technique heuristique
descriptive informelle qu’un système.
Une méthode courante travaille avec 5 grands traits
caractéristiques. C’est une méthode combinatoire, en quelque sorte matricielle.
Ce sont des paires d’opposés qui peuvent se combiner.
·
Ouverture contre fermeture,
·
Conscience contre spontanéité,
·
Extraversion contre Introversion,
·
Agréabilité contre hostilité,
·
Névrosisme v. Stabilité émotionnelle.
La théorie de Myers Briggs utilise les 4 pairs d’opposés
suivantes et leur combinaison donne 16 types de personnalité.
·
Extraversion vs Introversion ;
·
Intuition vs Sensation ;
·
Pensée vs Sentiment,
·
Jugement vs Perception.
Version anglaise :
Chaque combinaison de 4 facteurs est affublée d’une
dénomination « parlante ». Il faut utilisation les lettres des noms
anglais.
Par exemple, la combinaison ISTJ est dénommée
« inspecteur » et comprend les traits suivants : Introversion-sensing-thinking-judging.
Autre exemple : la combinaison de la dénomination
artiste est ISFP : Introversion-sensing-feeling-judging
C’est une méthode plutôt réductionniste par apport à une
description d’éléments par des listes d’items plus exhaustives. On s’en sert
souvent lors des recrutements et elle est toujours mis sur le tapis pendant des
séminaires. La conception originale de cette approche est déjà vieille car elle
date de C.G.Jung pour qui il existe quatre fonctions psychologiques de base :
penser, ressentir, avoir l’intuition et percevoir.
En dehors de la théorie de Myers Briggs, il y en bien
d’autres :ennéagramme, Hexaco, théories selon R. B. Cattel ou H.-J.
Eysenck ou J. P. Guilford et bien d’autres.
Ainsi, à titre d’exemple, l’ennéagramme travaille avec 9
types de personnalité : le perfectionniste, l’aidant, le performant,
l’artiste, l’observateur, le loyaliste, l’épicurien, le leader et le médiateur.
Toute cette panoplie de traits, systèmes, définitions
montrent que l’étude de la personnalité n’a pas abouti à une théorie
scientifique se concluant dans un modèle
un tantinet homogène, mais plutôt à des techniques de travail utilisées dans la
thérapie, le recrutement et autres procédures. La présente démarche est donc
plutôt une approche heuristique pour se faire une idée sur une personne et pour
calculer sa prévisibilité d’action. On pourrait aussi utiliser cette
heuristique pour faire sa propre introspection (Connais-toi toi-même) pour
autant que les mécanismes de défense n’obnubilent pas une approche objective.
Il s’agirait donc d’appréhender la personnalité à travers la description et
l’analyse du vécu de la personne dans une approche phénoménologique.
Wikipédia : La phénoménologie (du grec
φαινόμενον / phainómenon, « ce qui apparaît », et λόγος /
lógos, « étude ») est un courant de pensée du XXe siècle fondé par Edmund Husserl dans
l'optique de faire de la philosophie une
discipline empirique. Elle tire
son nom de sa démarche, qui est d'appréhender la réalité telle qu'elle se
donne, à travers les phénomènes.
En faisant des recherches sur cette approche, je suis
tombé sur la théorie de la personnalité de Carl Rogers considérée comme une
approche phénoménologique. Son approche est structurée et basée sur un certain
nombre de propositions qu’il est intéressant de citer pour en montrer aussi le
caractère holistique de la personnalité. Par ailleurs, sa théorie comporte pas
mal de notions qu’on a abordées déjà antérieurement dans notre approche
pêle-mêle. Ses propositions sont une description du cheminement de la personne
lors de son évolution pour devenir la personne telle qu’elle va apparaître à
soi-même et aux autres et qu’on peut observer et aussi décrire par conséquent.
Les propositions :
I- Chaque individu existe dans un monde,
celui de son expérience, qui est en perpétuel
mouvement et dont il est lui-même le centre.
II- L'organisme réagit à l'égard du champ
phénomènal en fonction de la perception et de
l'expérience qu'il en a. C'est cela la
réalité pour l'individu.
III- L'organisme réagit comme une totalité
organisée à l'égard de ce champ phénoménal.
IV- L'organisme a une tendance fondamentale
visant - à actualiser, à maintenir et à
rehausser l'organisme engagé dans
l'expérience.
V- Le comportement est fondamentalement une
tentative téléologique de l'organisme de
satisfaire ses besoins, tels qu'il les
ressent à l'intérieur de son champ perceptif.
VI- L'émotion accompagne et facilite en
général un tel comportement dirigé vers un but, le
type d'émotion étant en rapport avec la
recherche à l'encontre des aspects de
consommation du comportement, et l'intensité
de l'émotion étant en rapport avec la
signification perçue du comportement à
l'égard du maintien et du rehaussement de
l'organisme.
VII- Le meilleur angle de vue pour comprendre
le comportement est celui qui se situe au
niveau du cadre de référence interne de
l'individu lui-même.
VIII- Une partie du champ perceptif total
sera progressivement différenciée pour
constituer le Moi.
IX- C'est en tant que résultat d'interactions
avec l'environnement, et plus particulièrement
en tant que résultat d'interactions
évaluatives avec d'autres, que la structure du Moi se
forme comme un schéma conceptuel organisé,
fluide mais consistant des perceptions, des
caractéristiques et des relations du
"Je" ou du "Moi", ensemble avec des valeurs attachées
à ces concepts.
X- Les valeurs attachées aux expériences et
les valeurs qui font partie de la structure du
Moi sont pour certaines des valeurs
directement expérimentées par l'organisme, et pour
d'autres des valeurs introjectées ou
empruntées aux autres mais perçues d'une manière
déformée, comme si elles avaient été
expérimentées directement.
XI- Au fur et à mesure que les expériences se
présentent dans la vie de l'individu, elles sont
o soit
symbolisées, perçues et organisées en relation avec le Moi,
o soit
ignorées parce qu'aucune relation au Moi n'est perçue,
o soit
refusées à la symbolisation
ou pourvues d'une
symbolisation déformée parce que l'expérience n'est pas compatible avec la
structure du Moi.
XII- La plupart des modes de comportement
adoptés par l'organisme sont ceux qui sont
compatibles avec le concept du Moi.
XIII- Le comportement peut, en certaines
circonstances, provenir d'expériences organiques
et de besoins qui n'ont pas été symbolisés.
Un tel comportement peut être incompatible avec
la structure du Moi, mais dans ce cas ce
comportement "n'appartient" pas à l'individu.
XIV- L'inadaptation psychologique existe
quand l'organisme refuse à des expériences
sensorielles et viscérales significatives
l'accès à la conscience, et par conséquent celles-ci ne
sont ni symbolisées ni organisées en une
Gestalt au niveau de la structure du Moi. Lorsque
cette situation existe, il se produit une
tension physiologique fondamentale ou potentielle.
XV- L'adaptation psychologique existe lorsque
le concept du Moi est tel, que toutes les
expériences sensorielles et viscérales de
l'organisme sont, ou pourraient être assimilées sous
une forme symbolique à une relation avec le
concept du Moi.
XVI- Toute expérience qui est incompatible
avec l'organisation ou la structure du Moi, peut
être perçue comme une menace, et plus il y a
de telles perceptions, plus la structure du Moi
s'organise de manière rigide pour se
maintenir elle-même.
XVII- Dans certaines conditions, notamment
lorsqu'il n'y a aucune menace pour la
structure du Moi au départ, des expériences
en dépit de leur incompatibilité avec celle-ci,
seront perçues et examinées, et la structure
du Moi sera révisée pour assimiler et incorporer
de telles expériences.7
XVIII- Lorsque l'individu perçoit et accepte
toutes ses expériences sensorielles et viscérales
à l'intérieur d'un système intégré, il
devient nécessairement plus compréhensif à l'égard des
autres et il lui est plus facile d'accepter
les autres comme des individus séparés.9
XIX- Dans la mesure où l'individu perçoit et
accepte au niveau de la structure du Moi
davantage d'expériences organiques, il
découvre qu'il est en train de remplacer son système
de valeurs actuel - fondé si largement sur
des introjections qui ont été symbolisées de
manière déformée - par un processus organique
de validation continu.
Si on considère le riche potentiel de la description
d’une personnalité, il devient évident que l’élaboration d’un art de vivre
(non-copié quelque part) de chaque personne ne peut être qu’unique. On peut se
demander si on ne pourrait pas déduire de la connaissance/description d’un art
de vivre d’une personne ses traits de personnalité avec évidemment un certain
risque de se tromper. Ainsi un fêtard semble avoir peu de chances de verser
dans l’introversion. En effet, l’art de vivre peut être considéré d’une certaine
manière comment une personne avec sa personnalité aborde la vie, fait face aux
défis, et trouve son bonheur dans son quotidien. Cela se reflète dans
l’attitude envers la vie. Une personne optimiste, résiliente et ouverte
d’esprit cherchera à tirer le meilleur parti de chaque expérience. La
personnalité peut être aussi liée à des valeurs et la personne est incitée à
vivre d’une manière intègre, responsable et morale. La gestion du stress peut
être un autre élément de la personnalité, permettant de vivre d’une manière
plus équilibrée. Une personne résiliente peut inciter à voir les défis comme
des opportunités de croissance au lieu de tomber dans le défaitisme.
L’ouverture à l’expérience et la curiosité intellectuelle peuvent promouvoir
une quête du sens de et dans la vie. L’adaptabilité permettra à une personne
d’aborder les changements et les nouvelles situations, à embrasser la variété
et à aborder l’imprévu. Donc, la personnalité, si elle est orientée
positivement peut bien permettre à créer un art de vivre plus enrichissant.
L’absence de ce genre de « qualités » positives peut au contraire
confiner une personne dans un mode de vie pauvre et ne va certainement pas
inciter une telle personne à aborder la vie avec un questionnement sur l’art de
vivre. L’art de vivre va donc émerger, entre autres, aussi des caractéristiques
de la personnalité d’une personne et évidemment aussi de facteurs situationnels
et contextuels.
Je pense que la quête d’un sens de la vie rentre dans
l’élaboration d’un art de vivre, sachant que beaucoup ne s’interrogent pas sur
le sens de la vie, se contentant de vivre sur ses rails, choisis ou imposés.
Mais si une personne s’est donné un ensemble de valeurs comme trame de
décisions pour ses activités, le sens de sa vie est fonction de ces valeurs qui
déterminent en quelque sorte les buts existentiels qui le guident dans le choix
des objectifs à court et long terme. Ainsi le sens de la vie peut émerger de la
recherche d’un alignement entre ces valeurs et les actions quotidiennes qui
sont un enchaînement d’actions momentanées, un peu comme la mélodie qui émerge
de la suite des sons. Cette adéquation peut contribuer à un bien-être
émotionnel, mental et physique d’une personne. Ainsi, l’art de vivre peut être
considéré comme une manière de donner du sens à chaque expérience quotidienne.
On peut se demander s’il existe un sens all-round de la
vie ou si le sens de la vie est composé de « sous-sens » qui sont
vécus ensembles en interagissant ou encore si le sens de la vie est tourné vers
des orientations plus spécifiques de la vie.
Ainsi, maintes personnes trouvent le sens de leur vie
dans des croyances religieuses ou spirituelles. Ces personnes optent pour un
sens de la vie préfabriqué en quelque sorte. Leur seule liberté était de choisir
cette orientation encore qu’on puisse soupçonner que maints conditionnements
sinon psychopathologies étaient à l’origine de ce choix.
D’autres, comme les existentialistes, affirment que le
monde est dépourvu d’une signification intrinsèque et que chaque individu doit
créer son propre sens de la vie par ses choix et ses actions.
Tournons-nous vers Sartre (L’existentialisme est
un humanisme). Wikipédia présente la thèse existentialiste comme suit :
« L’axiome de cette conférence, « l’existence précède l’essence », est expliqué
par l’idée que si Dieu n’existe pas, « il n’y
a pas de nature humaine ». Le point
de vue essentialiste oublie de tenir compte de l’historicité de l’homme.
Selon Sartre, celui-ci est libre de devenir ce qu’il veut. L’homme n’est en
fait rien d’autre que ce qu’il se fait, se définissant à travers ses
engagements et ses actes.
C’est parce que l’homme n’est rien au
départ que le choix est possible, dans la mesure où c’est à travers celui-ci
qu’il devient ce qu’il veut être, ainsi « l’homme
est condamné à être libre ».
Cette liberté n’est pas sans provoquer un certain sentiment
d’angoisse puisque l’homme n’a pas d’excuse, qu’il est responsable de ce qu’il est et qu’en choisissant ce qu’il veut
être il choisit également une certaine image de ce que devrait être l’humanité.
Non seulement l’homme est libre et de ce
fait angoissé, mais dans la construction de son identité, il se trouve laissé à lui-même, ne trouvant nulle part
à l’extérieur de lui des valeurs éternelles sur lesquelles il pourrait s’appuyer
pour guider son action dans la mesure précisément où il n’y a pas de Dieu pour
les concevoir. Aussi, les morales, qu’elles soient religieuses ou rationnelles, sont trop
générales pour nous indiquer quoi faire dans des situations données. On est
condamné à choisir et rien ne peut garantir que ce choix est le bon, ni ses
passions, ni ses sentiments, ni quelconque signe dont l’hommel serait le seul
interprète
Ce qui précède implique qu’on ne peut se
déresponsabiliser en évoquant le destin ou les circonstances, qu’on ne vaut pas
mieux que ce qu’on est et que les déterminismes biologique, psychologique ou sociologique ne peuvent servir de refuge. C’est ce que Sartre
nomme la dureté optimiste soit l’idée que le choix est toujours possible et que
seuls l’action et l’engagement comptent »
Dans notre contexte, la thèse de Sartre ne fonctionne pas
vraiment car nous avons préconisé que l’homme est soumis à plein d’influences
dans ses choix. Mais ce qu’on peut retenir est le fait que l’homme ne devient
ce qu’il est que par ce qu’il fait, encore que le choix de ses actions ne soit
certainement pas entièrement libre. Rappelons notre excursion sur une
personnalité évolutive tout au long du cycle de vie.
Concernant Camus, un article de « Tomorrow Bio » présente la philosophie de Camus comme suit (une
présentation parmi beaucoup d’autres possibles):
« Camus pensait
que la condition humaine était caractérisée par une tension fondamentale entre
notre désir de sens et l'absence de sens inhérente au monde. Il soutenait que
cette tension ne pouvait jamais être totalement résolue et que la seule façon
de vivre une vie pleine de sens était d'accepter l'absurdité de l'existence et
de créer notre propre sens. Dans
la philosophie de Camus, l'absurdité fait référence au conflit entre notre désir de
sens et l'absence de sens inhérente à notre existence. Nous sommes constamment
à la recherche d'un but et d'une signification, mais le monde ne nous offre
rien en retour. Cela crée un sentiment de désorientation et de confusion que
Camus appelle l'absurde.
La philosophie de
Camus est ancrée dans l'idée que nous devons faire face à l'absurdité de notre
existence. Il pensait que la seule façon de trouver un sens à la vie était
d'accepter le fait que la vie est intrinsèquement dépourvue de sens. Cette
acceptation ne signifie toutefois pas que nous devions renoncer à la recherche
d'un sens. Au contraire, cela signifie que nous devons accepter cette recherche
et créer notre propre sens face à l'absurde.
Selon Camus, la
condition humaine se définit par notre lutte contre l'absurde. Nous sommes
constamment aux prises avec l'absence de sens de notre existence, à la
recherche d'un but et d'une signification. Cela crée un sentiment d'anxiété et
de désespoir inhérent à l'expérience humaine.
La philosophie de
Camus est souvent considérée comme une réponse au nihilisme du XXe siècle. Le
nihilisme est la croyance que la vie n'a pas de sens et que l'existence n'a pas
de raison d'être. Camus rejette le nihilisme, arguant que si la vie est intrinsèquement
dénuée de sens, il est toujours possible de lui trouver un sens et un but. »
Donc l’existentialisme soutien que la vie n’a pas de sens
intrinsèque en soi et que l’individu doit créer son propre sens de la vie à
travers ses choix et actions. L’individu est libre, mais aussi responsable pour
donner un sens à la vie. Dans quelle mesure l’homme est vraiment libre est une
autre question et nos déconstructions de l’art de vivre ont montré que souvent
une liberté apparente n’est que factice. Il est vrai que l’existence précède la
production de l’essence. L’essence du bébé est une autre que l’essence de
l’adulte ou du senior à cause de l’accumulation du vécu et de l’adaptation de
l’individu à son environnement. En général, l'essence se réfère à la nature
fondamentale, aux caractéristiques intrinsèques ou aux propriétés essentielles
d'une chose qui la définissent en tant qu'entité distincte et la distinguent
des autres.
Les existentialistes préconisent aussi
l’engagement authentique de la prise de décisions en accord avec les propres
valeurs au lieu de suivre des normes établies. Cela implique de
réfléchir sur sa propre existence, ses choix et la nature de sa liberté (voir
l’article sur l’autodétermination). L’existentialisme implique un engagement
envers la vie malgré l’absence de sens établi et l’affrontement de l’angoisse
existentielle. L’existentialisme ne nie pas l’incertitude et l’absurdité
inhérente à la vie (voir Camus). Ne pas avoir des réponses à des questions
essentielles peut évidemment générer de l’angoisse.
L'angoisse existentielle est un concept psychologique et
philosophique qui se réfère à un sentiment profond d'anxiété, de malaise ou de
désarroi face aux questions fondamentales de l'existence humaine, telles que la
mort, la liberté, le sens de la vie et l'isolement dans un univers apparemment
dépourvu de sens. L'angoisse existentielle peut survenir lorsque les individus
prennent conscience de leur propre existence en tant qu'êtres conscients,
libres et mortels. Elle peut être déclenchée par des événements de vie tels que
la confrontation avec la mort, la perte d'un être cher, des crises personnelles
ou des moments de profonde réflexion sur le sens de la vie. Les symptômes de
l'angoisse existentielle peuvent varier d'une personne à l'autre, mais ils
peuvent inclure une sensation d'oppression, d'incertitude, de vide intérieur,
ainsi que des questionnements incessants sur le but de l'existence et la
signification de la vie. Pour certains, l'angoisse existentielle peut conduire
à une quête de sens plus profonde, à une exploration philosophique ou
spirituelle, voire à une transformation personnelle. Pour d'autres, cela peut
entraîner des difficultés psychologiques telles que la dépression, l'anxiété ou
des crises d'identité. Il est important de noter que l'angoisse existentielle
est une expérience humaine universelle et que, bien qu'elle puisse être
dérangeante, elle peut également être une source de croissance personnelle et
de compréhension plus profonde de soi-même et du monde qui nous entoure. Ces
dernières années, les changements climatiques et une conscientisation des
conséquences commencent à faire surgir et amplifier une autre angoisse
existentielle de survie de l’espèce humaine (le monde peut continuer à tourner
sans la présence de l’homme).
Aussi une psychothérapie existentialiste vient de se
créer suite à ces développements. Je pense que la plupart des personnes ne se
confronte pas aux questions existentialistes et une psychothérapie
existentialiste risque fort d’être inconnue à l’adresse pour la grande majorité.
Il me semble possible qu’une psychothérapie existentialiste peut déboucher sur
le questionnement d’un art de vivre.
Il n’existe pas de formation spécifique pour cette
thérapie, mais les personnes suivantes sont régulièrement citées dans ce
contexte :Viktor Frankl, Rollo May, Yrvin Yalom. R.D. Laing et James
Bugental.
Le psychothérapeute existentialiste aide son client à
réfléchir sur les questions fondamentales liées à l’existence humaine telles
que le sens de la vie, la liberté, la responsabilité, la mort, la solitude et
d’autres aspects. Les clients sont encouragés à développer leurs capacités de
choix et d’assumer la responsabilité de leurs actions et décisions. Les clients
sont encore invités et guidées pour trouver des significations qui
correspondent à leurs propres convictions et aspirations. Les thérapeutes existentiels
reconnaissent l’existence de l’anxiété et de l’absurdité de la vie et aident
leurs patients à accepter ces réalités, à développer des mécanismes
d’adaptation et de trouver malgré tout des moyens de vivre de manière tant soit
peu épanouissante. Ceci nécessite évidemment des changements et le thérapeute
motive ses patients à trouver de nouvelles perspectives et à transformer leur
vie de manière significative.
Toute cette démarche peut contribuer à contrecarrer la
réduction de la qualité de vie, de la limitation des expériences, d’un impact
négatif sur les relations, de ne pas prendre de décisions, de laisser mourir la
créativité, de l’altération du bien physique et de la difficulté de planifier
l’avenir.
Remarquons encore que l’angoisse existentialiste doit
être distinguée de l’angoisse courante. L’angoisse existentialiste n’est pas
nécessairement liée à une menace immédiate ou un danger spécifique. Elle
résulte plutôt des non-réponses sur les questions du sens de l’existence.
D’ailleurs, les religions sont les seules entités à préconiser un sens absolu
de l’existence dans un souci de domination et de pouvoir.
Alors se pose la question s’il est possible de- cultiver
un art de vivre sans avoir trouvé (ou même cherché) un sens de la vie. Il semble possible de cultiver un "art de vivre" sans nécessairement
avoir une réponse claire ou définitive sur le sens de la vie. Les pratiques et
les valeurs qui sous-tendent ce genre d’art de vivre" peuvent contribuer
au bien-être et à l'épanouissement personnel, même en l'absence d'une
compréhension globale ou d'une conviction sur le sens de l'existence.
L’hédonisme est une forme de réponse à cette question. Mais il y en a bien
d’autres, surtout pour les personnes qui ne s’interrogent pas sur le sens de la
vie. Il y a un risque que ces personnes soient nombreuses, surtout aussi
d’abord à cause de conditions de vie difficiles, mais aussi à cause d’un
engrenage infernal dans la vie quotidienne ou encore parce qu’ils manquent d’un
certain degré de la faculté de l’abstraction (ce qui compte est le présent matériel
pur et dur qui doit être aussi agréable que possible). Selon leur milieu
d’évolution et leur niveau culturel, ces questions ne sont pas nécessairement à
l’ordre du jour.
Ces orientations philosophiques existentialistes me
semblent plus riches, mêmes si elles sont pleines d’obstacles et plus à même de
conformer l’art de vivre à la propre personnalité qui résume finalement tout
mon vécu à un moment donné de ma vie. Mais toutes les déconstructions qu’on a
trouvées en cours de route peuvent rendre une telle démarche heuristique
peut-être impossible.
En dehors d’orientations spirituelles (religion,
philosophie), on peut se simplifier la vie en réduisant le sens de la vie à
l’hédonisme en se consacrant à la recherche du plaisir, d’un bonheur dérivé du
plaisir (une bonne bouffe, une bonne cuite 😊) et de la
satisfaction personnelle. Le plaisir devient le but essentiel de l’existence et
sa recherche est le mobile principal de l’activité humaines, mais à quel prix
par rapport aux autres personnes et avec quelles nuisances pour la société
? Dans ce sens, 'hédonisme vulgaire est la recherche du plaisir brut comme
pulsion quasi-instinctive et animale, égoïste et solitaire, souvent au
détriment des autres, dans le genre « après moi le déluge ». Avec notre hyperconsommation actuelle au
détriment de toutes considérations écologiques, l’hédonisme vulgaire semble
omniprésent, même si maintes personnes ne s’en rendent pas compte. Heureusement
qu’il y a aussi des gens qui trouvent le sens de leur vie dans l’humanitaire et
l’engagement social, quelles que soient leurs raisons personnelles (voir
l’article « Égoïsme versus philanthropie »).
Rappelons que, par l’intermédiaire du tempérament, du
fonctionnement neurologique, hormonal et génétique et des neurotransmetteurs (tous
contribuant à gérer les processus cognitifs et émotionnels et à aider à
concocter la personnalité), l’élaboration d’un art de vivre a aussi des bases
biologiques, du moins indirectement.
Ainsi les gènes peuvent influencer la manière dont un
organisme réagit à son environnement et l’environnement peut affecter la
manière dont les gènes sont exprimés (voir épigénétique). Par exemple, une même
larve d'abeille deviendra une
reine ou une ouvrière en fonction de la façon dont elle est nourrie et un même
œuf de tortue peut éclore
en mâle ou femelle en fonction de la température.
Wikipédia : L'épigénétique (mot-valise de épigenèse et génétique) est la discipline
de la biologie qui
étudie la nature des mécanismes modifiant de manière réversible, transmissible
(lors des divisions cellulaires) et adaptative l'expression
des gènes sans en changer la séquence
nucléotidique (ADN). Alors que la génétique correspond à
l’étude des gènes,
l’épigénétique s’intéresse à une « couche » d’informations
complémentaires qui définit comment ces gènes sont susceptibles d'être utilisés
par une cellule.
L’épigénétique est une information additionnelle qui se
superpose sur notre code génétique – c’est une information qui détermine
comment le code génétique est utilisé. Ainsi, les mécanismes de la transmission
comportementale ont été étudiés et cela vaut la peine de citer un
exemple :
Transmission transgénérationnelle des traits acquis par
l'épigénétique par Pauline Monhonval, Françoise Lotstra :
Comme l’a démontré
Weaver, la perturbation des soins maternels durant la période post natale
précoce peut avoir un impact sévère et persistant à l’âge adulte au
travers de modifications épigénétiques retrouvées dans le cerveau de la
progéniture. La qualité des soins maternels, évaluée au travers des conduites
de léchage et toilettage, peut altérer la méthylation de l’ADN au travers du
génome. En particulier, de « bons » soins entrainent une réduction de
la méthylation de l’ADN au niveau du site de liaison aux facteurs de
transcription dans le gène qui code pour le récepteur aux glucocorticoïdes de
l’hippocampe, augmentant ainsi l’expression de ce récepteur.
Cet effet peut être
transmis aux générations suivantes au travers des comportements
maternels : en effet, les femelles qui ont reçu de « bons »
soins durant la période post natale précoce deviennent elles-mêmes de
« bonnes » mères, rétablissant un profil de méthylation d’ADN
similaire dans le cerveau de leur progéniture. Inversement, les mères ayant
elles-mêmes reçu des soins inadéquats développeront un comportement anxieux
qu’elles communiqueront à leur progéniture qui développera un profil de
méthylation excessive. Cet effet de transmission par le comportement n’est pas
permanent et nécessite d’être réinstitué à chaque génération.
Explication de la méthylation : L'expression d'un gène peut également être régulée par
une modification chimique de l'ADN : la méthylation, précisément la méthylation de cytosine en 5-méthylcytosine des paires de base (ou dimères) C-G53. Cette méthylation peut inhiber l'expression génétique d'un brin d'ADN : une faible méthylation se
traduit le plus souvent par une forte expression du gène, alors qu'un haut
niveau de méthylation inactive le gène. Cependant, il existe des exemples où
une forte méthylation n'a pas de répercussions sur le niveau d'expression.
Cet exemple très (trop) technique sert uniquement jusqu’à
quel point certaines recherches sont avancées, ce qui n’empêche pas certaines
personnes de nier le bien-fondé de l’épigénétique, domaine ayant émergé assez
récemment.
Un autre mécanisme de base de l’épigénétique est la
modification des histones (protéines autour desquelles l’ADN s’enroule) qui
peuvent se modifier suite à des processus d’acétylation, phosphorylation et la
méthylation, favorisant ou réprimant l’expression génique (entre autres).
Pour mieux comprendre l’influence majeure de facteurs
neurophysiologiques sur l’épigénétique, j’ai fait une recherche et ChatGPT m’a
donné la réponse suivante à ma question : qu’est-ce qui déclenche la
méthylation des histones (c’est un peu pour meubler la galerie de curiosités
pour le commun des mortels).
La méthylation des histones est un processus complexe
régulé par différents facteurs, et plusieurs mécanismes peuvent déclencher ce
processus. Voici quelques-uns des déclencheurs potentiels de la méthylation des
histones :
1. Signaux
cellulaires : Des signaux
cellulaires provenant de l'environnement externe ou de l'état interne de la
cellule peuvent déclencher la méthylation des histones. Ces signaux peuvent
inclure des hormones, des facteurs de croissance, des cytokines, des
neurotransmetteurs et d'autres molécules de signalisation qui activent ou
inhibent les voies de signalisation intracellulaires impliquées dans la
régulation de l'activité des enzymes de méthylation des histones.
2. Facteurs
de transcription : Certains facteurs de
transcription, tels que les facteurs de transcription spécifiques aux tissus ou
aux stimuli, peuvent recruter des complexes protéiques contenant des enzymes de
méthylation des histones vers des régions spécifiques de la chromatine, déclenchant
ainsi la méthylation des histones et modulant l'accessibilité de l'ADN.
3. Modification
de l'ADN : Des modifications de
l'ADN, telles que la méthylation de l'ADN, peuvent être associées à la
méthylation des histones et déclencher des modifications épigénétiques
supplémentaires dans la région chromatinienne concernée. Il existe des
interactions complexes entre les modifications de l'ADN et des histones qui
peuvent réguler l'expression des gènes.
4. Interactions
protéine-protéine : Les interactions entre
différentes protéines impliquées dans la régulation de la chromatine, y compris
les enzymes de méthylation des histones, les facteurs de transcription, les
coactivateurs et les corépresseurs, peuvent déclencher des modifications de la
structure chromatinienne et de l'activité transcriptionnelle des gènes.
5. Stress
environnementaux : Des stress
environnementaux, tels que l'exposition à des toxines, des agents pathogènes,
des radiations ou des changements de conditions nutritionnelles, peuvent
induire des changements dans la méthylation des histones en modifiant
l'expression des gènes impliqués dans la réponse au stress et l'adaptation aux
conditions environnementales.
6. Développement
embryonnaire : La méthylation des
histones est étroitement régulée pendant le développement embryonnaire pour
contrôler la différenciation cellulaire, la prolifération cellulaire et la
formation de différents tissus et organes. Des signaux spécifiques au
développement et des facteurs de transcription sont impliqués dans la
régulation de la méthylation des histones à différentes étapes du développement
embryonnaire.
En résumé, la méthylation des histones est déclenchée par
une combinaison complexe de signaux cellulaires, de facteurs de transcription,
d'interactions protéine-protéine, de modifications de l'ADN, de stress
environnementaux et de signaux de développement. Ces déclencheurs coordonnent
les modifications de la structure chromatinienne et de l'activité
transcriptionnelle des gènes pour réguler divers processus biologiques dans les
cellules et les organismes.
Notre esprit n’est pas un nuage volatile, éthéré et éthéréen, libre et dépendant de nos pensées seulement accessibles quand elles sont devenues conscientes. Il est le produit neuronal de notre cerveau matériel.
On parle aussi de la plasticité génétique qui est la
capacité des gènes à répondre et à s'adapter aux expériences de vie et à
l'environnement. Les mêmes gènes peuvent s'exprimer de manière différente en
fonction des influences environnementales.
Il se peut aussi qu’ une personne puisse avoir une
prédisposition génétique à la dépression, mais cette susceptibilité peut être
déclenchée ou atténuée par des expériences de vie spécifiques.
L’épistasie constitue un autre aspect dans ce contexte.
Elle fait référence à l'influence de certains gènes sur d'autres gènes. Les
interactions génétiques complexes peuvent influencer la manière dont les traits
sont hérités et exprimés, ce qui ajoute une couche supplémentaire de complexité
à la relation entre la génétique et l'environnement.
Donc, tout n’est pas esprit chez l’homme et le corps a
son mot à dire dans pleins d’expression du comportement. Il faut donc
considérer l’homme et sa personnalité dans une approche holistique
« corps-esprit ». Par ailleurs, l’homme est pour une grande partie
façonnée par des facteurs sur lesquels il n’a pas d’influence (La mère
ne peut pas régler elle-même le niveau de la méthylation de façon appropriée).
La génétique peut donc avoir une certaine influence sur
certains aspects de la personnalité, et par extension, sur la façon dont une
personne aborde la vie, mais il est important de noter que l'influence
génétique n'est qu'un des nombreux facteurs qui contribuent à la complexité de
la personnalité et de l'art de vivre. La génétique n'est pas le seul
déterminant et interagit avec des facteurs environnementaux, sociaux et
individuels
En résumé, certains traits de personnalité qui peuvent
influencer l'art de vivre ont des composantes génétiques dont le tempérament, qui
comprend des aspects tels que la réactivité émotionnelle, les niveaux d'énergie
et la sociabilité, peut être influencé par des facteurs génétiques.
Certaines personnes peuvent avoir une prédisposition
génétique à certains comportements ou traits de personnalité qui influencent
leur art de vivre. Cela peut inclure des traits comme la propension à
l'optimisme, la résilience au stress ou la tendance à rechercher de nouvelles
expériences.
Nous avions déjà affirmé que l’art de vivre est un
chantier permanent au gré des changements que l’individu rencontre. La
réaction aux changements peut engendrer du stress. La manière dont une personne
réagit au stress peut avoir des bases génétiques. Certains individus peuvent
être génétiquement plus sensibles ou résistants au stress, ce qui peut
influencer leur façon de faire face aux difficultés de la vie. La même chose
vaut pour les réponses émotionnelles telles que le niveau d'anxiété ou de
dépression et qui peuvent avoir des composantes génétiques. Ces réponses
émotionnelles peuvent à leur tour influencer l'approche générale de la vie et
l'art de vivre d'une personne.
Cependant, il est crucial de souligner que la génétique
n'est qu'une partie de l'équation. Les expériences de vie, l'éducation,
l'environnement familial, les influences culturelles et sociales, ainsi que les
choix personnels jouent tous un rôle essentiel dans la formation de la
personnalité et de l'art de vivre. Les interactions complexes entre les
facteurs génétiques et environnementaux rendent difficile la prévision précise
du comportement ou des choix de vie d'une personne uniquement à partir de sa génétique
Un article « Interaction gènes-environnement et
processus épigénétiques » de Marla B. Sokolowski, Ph.D., MSRC, W. Thomas
Boyce, M.D. formalise le sujet de la manière suivante :
« Il existe au
moins trois catégories de processus où les voies de développement sont altérées
par les interactions entre les gènes/l’expression des gènes et l’environnement
et ont un impact sur la santé mentale et le bien-être. Tout d’abord, il existe
une corrélation entre les gènes et l’environnement, caractérisée par une
prédisposition génétique en termes de sélection, de modification et de création
de catégories d’expériences : par exemple, un enfant présentant des inhibitions
comportementales a tendance à choisir des environnements moins difficiles ou
moins intenses sur le plan social. Deuxièmement, les gènes et l’environnement
peuvent s’influencer mutuellement, de manière réciproque. Par exemple, il
existe des cas où les variations génétiques deviennent visibles uniquement en
présence de conditions environnementales particulières. À l’opposé, dans
certains exemples, les influences environnementales se manifestent uniquement
chez les individus porteurs d’un variant génétique particulier (un génotype).
La troisième catégorie d’interactions implique des processus épigénétiques lors
desquels des signaux environnementaux marquent l’ADN et peuvent modifier la
transcription et l’expression des gènes dans certains cas. Ces processus sont
présentés plus en détail dans le premier article de ce chapitre. »
Cette interaction gènes – environnement peut dépasser le
cas de l’individu et s’appliquer à des populations spécifiques. .Des mêmes
auteurs.
« L’une des
découvertes récentes les plus intrigantes est que les processus épigénétiques
peuvent influencer le développement de populations spécifiques, chez l’être
humain. Par exemple, une relation a été établie entre la maltraitance des
enfants et la mauvaise régulation de l’axe hypothalamo-pituito-surrénalien
(HPS)11 (un ensemble complexe d’interactions entre les glandes endocrines
qui synthétisent les hormones visant à réguler des processus physiologiques, y
compris le stress, l’humeur, la sexualité, la digestion, le système immunitaire
et le stockage d’énergie), la stimulation des voies de signalisation
inflammatoire,12 et les modifications à long terme des structures
neuronales sensibles au stress.13 . «
Les références des études de cet aspect.
Plus on avance dans les considérations
et plus on a l’impression que l’homme n’est pas vraiment maître chez soi. Il se
pose la question pour l’homme, lors de la construction de son art de vivre,
dans quelle mesure il est libre dans ses choix. La personnalité avec ses
soubassements génétiques, ses environnements (l’homme bourge dans beaucoup
d’environnements) et l’influence d’autres facteurs lui laissent-ils vraiment la
latitude de choisir en âme et conscience ? Quelle est la part du
déterminisme et du libre-arbitre dans ces choix. Peut-être que les hommes se
croient libres pour la seule raison qu’ils ont seulement conscience de leurs
propres actions mais qu’ils ignorent les causes qui les déterminent. Peut-on
dire que leurs actions dépendent de leur volonté alors qu’on ne connaît pas
vraiment la volonté et ses soubassements neurophysiologiques et psychologiques.
Un exemple parlant est le somnambule qui vadrouille dans sa maison sans être
conscient de ce qu’il fait et son somnambulisme n’a pas été déclenché par sa
volonté. Il n’y a pas de prise de conscience de cette action ni de décision
éveillée. Si le cerveau est mort, il n’y a plus de pensée. Si l’esprit est
intégré au corps et si le corps obéit au principe de chaînes infinies de cause
à effet, linéaires ou en réseau, qui régissent la matière, cela signifie que
l’esprit est aussi déterminé par une chaîne infinie de cause à effet. On sait
bien que, si le corps ne va pas bien, par exemple en cas de fortes fièvre, que
l’esprit n’est pas toujours capable de penser correctement, (confusion,
irritabilité, léthargie mentale, désorientation, hallucinations, délires et
autres) même si l’esprit est toujours en
activité. Notre cerveau, au stade de son développement actuel, n’est que le
fruit de l’évolution pour les êtres vivants par des mécanismes d’adaptation.
Mais la nature n’agit pas selon un objectif. Tout au plus la concomitance de
nouveaux facteurs induit des changements au niveau de la configuration
matérielle de la terre (anthropocène par exemple) parce que l’interaction entre
les facteurs/éléments est soumise à un déséquilibre que l’homéostasie essaie de
neutraliser (Caractéristique d'un écosystème qui résiste aux changements/perturbations
et conserve un état d'équilibre). On est de nouveau au plan de la chaîne/réseau
(plusieurs sinon infiniment de dimensions) infini des causes à effets. Pour
s’en rendre compte, il suffit de construire un arbre logique pour un simple
mécanisme. Si l’arbre logique aboutit à n niveaux, on peut être sûr que n
facteurs interagissent, linéairement et ou parallèlement. Une matrice à
plusieurs dimensions permet de représenter un tel système si les facteurs et
dimensions ne sont pas trop nombreux. Le résultat de cette adaptation de la
nature à son déroulement habituel risque de ne pas plaire toujours à l’homme.
Mais la nature elle-même n'a pas décidé de s’adapter.
Je prends mon propre exemple comme
quoi l’idée de l’art de vivre est devenue émergente et consciente à un certain
moment. Je n’ai pas décidé d’un coup de tête de réfléchir sur l’art de vivre.
L’émergence de cette idée a d’abord fait son chemin dans mon inconscient et
s’est manifesté suite à certaines situations où j’ai ressenti le besoin de
l’approfondir. Tout à coup je me suis senti le besoin d’aller dans cette
direction. Il y a bien eu des « triggers » externes et probablement
aussi internes pour ouvrir cette voie. L’émergence de cette idée n’a pas
résulté d’une décision rationnelle à son départ. Ce que j’ai cependant décidé,
c’est de m’occuper à ce moment (pour des raisons obscures à analyser encore) de
l’approfondissement de cette notion et des conséquences pratiques possibles.
Mais j’aurais aussi bien pu décider de ne pas m’occuper de cette notion dès
maintenant, mais ultérieurement, peut-être parce que j’ai des priorités plus
urgentes. Et on se retrouve de nouveau de l’engrenage de la chaîne plus ou
moins longue des causes à effets.
Comme on l’a vu, des recherches plus
récentes portent sur l’influence de l’épigénétique sur la mentalité en
modifiant l’expression des gènes qui sont impliqués dans les processus
cognitifs, émotionnels et comportementaux. L’homme devient de plus en plus au cours de cet exercice le
produit d’un jeu qu’il ne maîtrise pas.
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